Jean Marie Desbois, auteur/autrice sur GénéProvence https://www.geneprovence.com/author/jmdesbois/ 500 ans de faits divers en Provence Tue, 13 Jan 2026 09:02:47 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Jean Marie Desbois, auteur/autrice sur GénéProvence https://www.geneprovence.com/author/jmdesbois/ 32 32 La mort du conducteur de barque (Boulbon, 11 février 1724) https://www.geneprovence.com/la-mort-du-conducteur-de-barque-boulbon-11-fevrier-1724/ https://www.geneprovence.com/la-mort-du-conducteur-de-barque-boulbon-11-fevrier-1724/#respond Tue, 13 Jan 2026 09:02:47 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27316 Au début du XVIIIe siècle, le Rhône demeure l’artère vitale du commerce provençal, où les patrons de barques assurent le transport du grain entre Lyon et les ports du Bas-Rhône…

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Au début du XVIIIe siècle, le Rhône demeure l’artère vitale du commerce provençal, où les patrons de barques assurent le transport du grain entre Lyon et les ports du Bas-Rhône comme Tarascon. La mort de Guillaume Guiot à soixante-quinze ans, loin de son domicile lyonnais, souligne la rudesse de ce métier exercé jusqu’à un âge avancé. Sa découverte au pied de la Croix de la Mission de Boulbon suggère un malaise fatal survenu lors d’un trajet pédestre, probablement pour rejoindre son point d’attache ou chercher du secours après avoir quitté le fleuve à Avignon.

« Le 12 février 1724, a été enseveli sieur Guillaume Guiot, âgé d’environ 75 ans, originaire de Tarascon, habitant de Lyon depuis quelque temps,
Lequel étant descendu à la conduite d’une barque chargée de blé pour Tarascon, il aurait pris terre à Avignon, et serait venu jusqu’en ce lieu où on l’aurait trouvé mort à la Croix de la Mission, hier, onzième du courant, à deux heures après midi.
Requiescat in pace.1« 
[Perier vicaire]

« Repose en paix. »

  • Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 222.

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Un refus d’enterrement religieux (Arles, 25 janvier 1840) https://www.geneprovence.com/un-refus-denterrement-religieux-arles-25-janvier-1840/ https://www.geneprovence.com/un-refus-denterrement-religieux-arles-25-janvier-1840/#respond Thu, 08 Jan 2026 14:02:36 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27301 Ce récit n’est pas celui d’un assassinat ni d’une émeute politique, mais celui d’une mort simple et d’un refus lourd de conséquences, un jour où la charité fut niée et…

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Ce récit n’est pas celui d’un assassinat ni d’une émeute politique, mais celui d’une mort simple et d’un refus lourd de conséquences, un jour où la charité fut niée et où le peuple se prit de colère.

La chute du maçon

Le malheur frappa François-Xavier Clément, un maçon de 43 ans, né à Arles (Bouches-du-Rhône). Son métier, noble mais périlleux, fut sa perte. Alors qu’il travaillait sur un chantier de démolition, un accident survint : il fit une chute et se brisa le crâne. C’était une mort subite, brutale, sur le lieu même de son labeur.
La nouvelle de la tragédie, comme souvent, se répandit rapidement. Mais l’histoire ne s’arrêta pas à cet accident, d’autant plus triste que l’homme avait déjà perdu ses deux parents, mais aussi ses deux précédentes femmes. Non, cette histoire commença avec l’ultime devoir : celui de la sépulture.

Le refus de la bénédiction

Lorsque la famille et les proches sollicitèrent les services de l’Église, ils se heurtèrent à une fin de non-recevoir glaciale. Le curé de la paroisse prononça un refus catégorique d’accorder la sépulture ecclésiastique à François-Xavier Clément.
La raison de ce refus, aussi douloureuse que l’accident lui-même, plongeait le défunt dans l’infamie, le privant du repos en terre consacrée, peut-être en raison de ses idées, de sa conduite, ou de son appartenance à un courant jugé hostile à l’Église. C’était une condamnation morale posthume.

L’immense procession de la colère

Face à l’inflexibilité du prêtre, la famille et les amis de Xavier Clément ne cédèrent pas. Loin d’accepter l’anathème, ils décidèrent d’agir.
Ils prirent le corps du défunt et le portèrent eux-mêmes jusqu’au cimetière. Ce qui aurait dû être une simple marche funèbre devint un événement social retentissant, une véritable démonstration de force morale et populaire.
Ils ne marchaient pas seuls. Ils étaient suivis de près de trois mille personnes. Cette foule immense, portée par l’indignation et la solidarité, accompagnait le maçon déchu. Dans un acte de défiance solennelle et d’hommage vibrant, la foule traversa les rues, chantant les prières des morts, se faisant elle-même l’officiante de la cérémonie que l’Église avait refusée.
L’émotion était palpable. Et la conséquence de l’entêtement du curé fut claire : le peuple entier était fort irrité contre lui et tous blâmaient son intransigeance. Dans cette affaire, la piété populaire avait jugé l’institution, et la voix de trois mille âmes en colère résonnait plus fort que la sentence de l’autel.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 15 février 1840, p. 4.
  • Registre d’état civil de la ville d’Arles, année 1840, 203 E 1170, acte no 41, Archives départementales des Bouches-du-Rhône.

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Une exécution spectaculaire de suicidés (Bollène, 14 juillet 1783) https://www.geneprovence.com/une-execution-spectaculaire-de-suicides-bollene-14-juillet-1783/ https://www.geneprovence.com/une-execution-spectaculaire-de-suicides-bollene-14-juillet-1783/#respond Mon, 05 Jan 2026 17:10:08 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27283 Quelques années avant la Révolution, le Comtat Venaissin, territoire pontifical, applique une justice criminelle où le suicide est perçu comme un double crime : un attentat contre Dieu et une…

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Quelques années avant la Révolution, le Comtat Venaissin, territoire pontifical, applique une justice criminelle où le suicide est perçu comme un double crime : un attentat contre Dieu et une désobéissance au souverain. La législation en vigueur autorise le procès des cadavres pour éviter que la mort n’éteigne l’action publique. En 1720, la condamnation de Mégioule et de Gabrielle Sicard révèle la rigueur de la procédure de « mémoire » visant à flétrir les restes des assassins de Jacques Philip. Ce supplice posthume, marqué par la traîne sur la claie et l’exposition des têtes, prive les défunts de sépulture chrétienne.
« Un jugement condamne les cadavres du nommé Mégioule et de Gabrielle Sicard, épouse de Pierre Ville, habitants de Bollène, à être successivement traînés sur la claie, pendus par les pieds, jetés à la voirie sous les fourches patibulaires – leurs têtes coupées –, et exposées en ladite ville de Bollène, pour crime de suicide.
L’exécution de ce jugement a lieu le lendemain.
Il paraît que ces deux criminels s’étaient donné la mort afin de se soustraire au supplice qui devait les atteindre comme assassins d’un nommé Jacques Philip dit Coulomb. »
  • Source : “Fais particuliers arrivés dans la ville d’Avignon depuis l’année 795 jusqu’à l’année 1720”, Registre manuscrit, Archives municipales d’Avignon, 1Z8.

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Drame fatal au village (Correns, 26 mai 1895) https://www.geneprovence.com/drame-fatal-au-village-correns-26-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/drame-fatal-au-village-correns-26-mai-1895/#respond Sun, 04 Jan 2026 18:34:37 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27271 Le 26 mai 1895, la commune de Correns (Var) fut frappée par un événement tragique. En effet, dans la matinée, aux alentours de huit heures, Louis Sylvain Brenguier, un propriétaire…

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Le 26 mai 1895, la commune de Correns (Var) fut frappée par un événement tragique. En effet, dans la matinée, aux alentours de huit heures, Louis Sylvain Brenguier, un propriétaire de la localité, âgé de 81 ans et né au village, tenta de s’ôter la vie. L’homme, qui avait depuis quelque temps des idées suicidaires, profita de l’absence de son épouse, Marie Madeleine Rose Roux, pour agir.
Ainsi, il se tira un coup de fusil dans la bouche. Hélas, l’arme fut mal orientée et le coup ne le tua pas immédiatement. Au lieu de cela, l’explosion lui enleva une moitié du visage, le mutilant horriblement.
Le docteur Antéling, de Correns, fut alerté d’urgence. Immédiatement, il arriva sur les lieux et prodigua des soins empressés au blessé. Pourtant, l’état du vieil homme restait désespéré. Finalement, il expira dans l’après-midi, vers quinze heures, succombant à ses blessures.

Informations généalogiques
Louis Sylvain Brenguier était le fils de feus Jean-Baptiste Brenguier et Marie Ollivier, tous deux de Correns.
  • Source : La République du Var, 28 mai 1895, p. 2.
  • Registre d’état civil de Correns, année 1895, Archives départementales du Var, 7 E 48 23.

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Le premier mort de la Peste (Salon-de-Provence, 13 septembre 1720) https://www.geneprovence.com/le-premier-mort-de-la-peste-salon-de-provence-13-septembre-1720/ https://www.geneprovence.com/le-premier-mort-de-la-peste-salon-de-provence-13-septembre-1720/#respond Fri, 02 Jan 2026 13:39:23 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27256 En 1720, la Provence affronte l’épidémie de peste bubonique, propagée depuis le port de Marseille par le navire Grand-Saint-Antoine. À Salon, les autorités appliquent rigoureusement les mesures sanitaires de l’époque…

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En 1720, la Provence affronte l’épidémie de peste bubonique, propagée depuis le port de Marseille par le navire Grand-Saint-Antoine. À Salon, les autorités appliquent rigoureusement les mesures sanitaires de l’époque : le billet de santé et la quarantaine. Guillaume Delerse, ancien artisan chapelier, incarne ces exclus confinés hors des murs, dans des abris précaires, pour protéger la communauté. Sa mort solitaire et son inhumation immédiate en terre profane, ordonnées par le juge Michel Tourre, témoignent de la suspension des rites funéraires chrétiens face au risque de contagion, transformant une gestion administrative en tragédie humaine.

L’acte qui suit semble fait état du premier décès officiel à Salon du fait de la Peste de Marseille :

« L’an que dessus [1720] et le treize, a été enseveli à la campagne Guillaume Delerse, jadis chapelier, âgé de quarante ans, lequel faisant quarantaine à cause qu’il venait de Marseille où la mal contagion règne depuis environ deux mois, serait décédé dans sa cabane et aurait été trouvé mort, et ensuite enseveli dans un champ, par ordre de Messire Michel Tourre, juge de cette ville de Salon. »
[Pignard chanoine et curé]

  • Registre paroissial de Salon, année 1720, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 202 E 275.

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La mort du fils d’un pauvre mendiant (Graveson, 27 juin 1715) https://www.geneprovence.com/la-mort-du-fils-dun-pauvre-mendiant-graveson-27-juin-1715/ https://www.geneprovence.com/la-mort-du-fils-dun-pauvre-mendiant-graveson-27-juin-1715/#respond Thu, 01 Jan 2026 21:38:07 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27246 En 1715, la Provence et le Comtat Venaissin subissent les contrecoups des hivers rigoureux et des crises de subsistance marquant la fin du règne de Louis XIV. Ce décès illustre…

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En 1715, la Provence et le Comtat Venaissin subissent les contrecoups des hivers rigoureux et des crises de subsistance marquant la fin du règne de Louis XIV. Ce décès illustre la condition des « errants » et des familles de mendiants qui franchissaient les frontières entre les terres du Pape et le royaume de France. La mention d’Aubignan souligne cette mobilité forcée par l’indigence. Sur le plan médical, la mort précoce d’un enfant de dix ans, fils de pauvres, renvoie souvent à des pathologies infectieuses ou aux carences alimentaires sévères fréquentes chez les populations déplacées sans ancrage paroissial fixe.

“L’an 1715 et le vingt-huit juin, a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps de Louis Morel, âgé d’environ dix ans, et décédé le jour précédent.
Il était fils d’Henry Morel, pauvre mendiant, à ce qu’a déclaré Marie Barailler, qui s’en est déclaré la mère, et natif d’Aubignan1, au Comtat venaissin.
Laquelle déclaration a été faite en présence des sieurs Jean Amiel, prêtre, Antoine Bertrand, écolier, qui ont assisté à l’inhumation dudit Louis Morel, de laquelle les cérémonies ont été faites par moi, soussigné prêtre curé de cette dite paroisse.”
[Amiel, prêtre, Bertrand, Guignard, curé, P. Bertrand]

1. La présence de la famille Morel à Graveson (en Provence, royaume de France) au moment du décès confirme leur statut d’itinérants, voyageant entre le Comtat et la Provence, vraisemblablement pour mendier.

  • Registre paroissial de Graveson, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 446.

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Drame sur les quais du Vieux-Port (Marseille, 24 mars 1865) https://www.geneprovence.com/drame-sur-les-quais-du-vieux-port-marseille-24-mars-1865/ https://www.geneprovence.com/drame-sur-les-quais-du-vieux-port-marseille-24-mars-1865/#respond Thu, 18 Dec 2025 14:46:51 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27226 Le 24 mars 1865, on apprit que venait d’avoir lieu un terrible accident dans le Vieux-Port, à Marseille. Il était entre 19 heures et 20 heures et trois jeunes femmes,…

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Le 24 mars 1865, on apprit que venait d’avoir lieu un terrible accident dans le Vieux-Port, à Marseille. Il était entre 19 heures et 20 heures et trois jeunes femmes, dont le nom n’a malheureusement pas été retrouvé, se rendaient en voiture en suivant la ligne des quais du Vieux-Port au Grand Théâtre, où l’on donnait la dernière représentation des Vieux Garçons.
Lorsque celle-ci arriva à la hauteur de la place Neuve, le cheval s’emporta soudain et, malgré les efforts du cocher pour le retenir, il entraîna avec lui la voiture et ses occupants dans l’eau.
Bien sûr, plusieurs personnes avaient assisté à l’accident et aussitôt on organisa le sauvetage.
Mais, malgré la promptitude des secours, on ne retira du coupé que trois cadavres. Le cocher, lui, avait pu se sauver à la nage.
Les quais du Vieux-Port sont toujours dangereux, mais particulièrement à ces époques où les transports se faisaient à cheval et où la rapidité de l’animal pouvait se révéler fatale. La disparition de ces trois jeunes femmes, à la veille d’une soirée de plaisir, laissa le quartier en état de choc.
  • Sources : L’Annonciateur, édition du 8 avril 1865, p. 2.

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Mort d’un pauvre mendiant (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 31 juillet 1696) https://www.geneprovence.com/mort-dun-pauvre-mendiant-saint-maximin-la-sainte-baume-31-juillet-1696/ https://www.geneprovence.com/mort-dun-pauvre-mendiant-saint-maximin-la-sainte-baume-31-juillet-1696/#respond Wed, 17 Dec 2025 18:57:57 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27211 À la fin du XVIIe siècle, la Provence subit les contrecoups des famines de 1693-1694 et des exigences fiscales de la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Ce décès à Saint-Maximin…

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À la fin du XVIIe siècle, la Provence subit les contrecoups des famines de 1693-1694 et des exigences fiscales de la guerre de la Ligue d’Augsbourg. Ce décès à Saint-Maximin révèle la mobilité de survie des indigents quittant les zones montagneuses du Glandevès vers les plaines agricoles plus riches. À soixante-dix ans, cet homme appartient à une frange de la population dont l’épuisement physiologique, souvent lié à des carences alimentaires chroniques ou des pathologies respiratoires, rendait tout secours médical inutile. La rapidité de l’ensevelissement répondait alors aux strictes impératifs de salubrité publique imposés aux propriétaires de métairies.

 

« L’an que dessus [1696] et le trente-unième juillet, est décédé dans une métairie un pauvre mendiant qu’on dit être natif du voisinage d’Annot, diocèse de Glandevès, âgé de soixante-dix ans, sans qu’on ait pu lui donner du secours, et a été enseveli le même jour.
Présents Vincent Maurel et Jean Audric. »
  • Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2810R1.

 

Le diocèse de Glandevès : l’évêché de la montagne
La mention du diocèse de Glandevès dans cet acte nous plonge dans l’histoire d’une circonscription ecclésiastique aujourd’hui disparue. Situé dans les hautes vallées du Var et du Verdon, cet évêché était l’un des plus petits et des plus pauvres de Provence. Sa particularité résidait dans son siège : la cité antique de Glandevès, devenue insalubre, fut délaissée au profit de la place forte d’Entrevaux.
En 1696, lorsqu’on identifie ce mendiant comme natif du « voisinage d’Annot », on souligne son statut d’étranger. Annot, bourg montagnard et forestier, appartenait à ce diocèse rude où les hivers longs poussaient souvent les plus fragiles à l’exode vers la basse-Provence. Ce vieillard de 70 ans a ainsi parcouru plus de cent kilomètres à travers les Maures et la Sainte-Baume, fuyant la rigueur des Alpes pour mourir dans une métairie de Saint-Maximin. Supprimé à la Révolution, le diocèse de Glandevès demeure le symbole d’une Provence alpine oubliée, dont les enfants venaient parfois s’éteindre anonymement dans les plaines varoises.

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Le cordonnier et la caisse vide (Toulon, 30 mai 1869) https://www.geneprovence.com/le-cordonnier-et-la-caisse-vide-toulon-30-mai-1869/ https://www.geneprovence.com/le-cordonnier-et-la-caisse-vide-toulon-30-mai-1869/#respond Wed, 17 Dec 2025 18:37:06 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27205 C’est devant la Cour d’assises de Draguignan (Var) que fut jugé Joseph Malfatto, un jeune homme de vingt ans, ouvrier cordonnier, natif de Dessecci, en Italie, mais résidant en dernier…

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C’est devant la Cour d’assises de Draguignan (Var) que fut jugé Joseph Malfatto, un jeune homme de vingt ans, ouvrier cordonnier, natif de Dessecci, en Italie, mais résidant en dernier lieu à Toulon. Il était traduit pour abus de confiance au préjudice de son employeur.

La confiance brisée

Malfatto était au service du sieur Marquet, fabricant de chaussures établi place Sainte-Pierre, à Toulon. Il y occupait une position de confiance en tant que commis, chargé de la vente des marchandises dans la boutique proche de la place Royale, pour un salaire de vingt francs par semaine.
L’arrangement dura longtemps, mais Marquet commença à s’apercevoir que les comptes de son employé étaient en déficit considérable, tarissant les bénéfices attendus. Les habitudes de dépense de Malfatto, jugées excessive, n’aidaient pas à dissiper les soupçons.

Le stratagème des dix francs

Pour vérifier la fidélité de son commis, M. Marquet mit au point un ingénieux stratagème.
Le 30 mai 1869, il pria deux de ses amis d’aller acheter des chaussures au magasin de la rue Royale. À chacun, il remit la somme de dix francs. Les amis procédèrent à l’achat et rapportèrent à Marquet le montant exact payé. Le soir, lors du relevé des comptes de la journée, Malfatto ne fit état que de la vente, et avait retenu pour lui la somme de 15 francs 50 centimes.
Il s’agissait là d’un mode opératoire habituel. Une autre fois, au mois de mars, une somme de 37 francs avait été détournée de la même façon. L’employeur estimait que les détournements commis par Malfatto s’élevaient à une somme approximative de 2 000 francs, bien qu’il ne pût préciser tous les faits.

Le procès et l’incroyable verdict

Une perquisition au domicile de Malfatto confirma les soupçons : elle y amena la découverte d’un morceau de veau et d’une empeigne (une partie de chaussure) que le sieur Marquet reconnut formellement comme étant sa propriété.
Tous ces faits furent reprochés à Malfatto devant la cour. Cependant, le jury en délibérant donna un verdict négatif. Contre toute attente, Malfatto, accusé d’abus de confiance, fut acquitté.
  • Source : Le Progrès du Var, 15 novembre 1869, p. 3.

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Le ciel ouvre les sépultures (Simiane-la-Rotonde, 25 avril 1841) https://www.geneprovence.com/le-ciel-ouvre-les-sepultures-simiane-la-rotonde-25-avril-1841/ https://www.geneprovence.com/le-ciel-ouvre-les-sepultures-simiane-la-rotonde-25-avril-1841/#respond Tue, 16 Dec 2025 19:59:27 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27194 Cet événement de 1841 à Simiane-la-Rotonde, village typique de Haute-Provence, s’inscrit dans un contexte où la salubrité publique et les conditions d’inhumation dans les petits cimetières ruraux demeuraient précaires. Les…

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Cet événement de 1841 à Simiane-la-Rotonde, village typique de Haute-Provence, s’inscrit dans un contexte où la salubrité publique et les conditions d’inhumation dans les petits cimetières ruraux demeuraient précaires. Les pratiques médicales de l’époque, qui ne requéraient pas toujours de sépulture profonde, combinées à l’absence de régulation stricte des matériaux de construction, rendaient de tels « accidents » relativement fréquents. Le rôle de la municipalité, alors limitée dans ses moyens, se concentrait sur la constatation des faits et le rétablissement de l’ordre, témoignant de la fragilité de la vie et des infrastructures face aux éléments naturels. La peur et l’impression des habitants soulignent l’importance de la religion et du respect des morts dans cette société rurale.

Un événement tragique frappa Simiane-la-Rotonde (Basses-Alpes) dans les derniers jours d’avril 1841. En effet, de fortes pluies dévastèrent une partie du cimetière local. Les murs de clôture s’écroulèrent. Par conséquent, le terrain s’éboua sur une « longueur considérable ».
Le désastre révéla un spectacle sinistre. Des cadavres furent « entraînés loin de leur dernier asile ». À la mairie de Simiane, on attribua cet événement à deux causes principales. Premièrement, la vétusté des anciennes murailles était en cause. Deuxièmement, la « filtration des eaux » avait fragilisé la structure.
Toujours est-il que les habitants furent longtemps impressionnés par cette triste scène.
  • Sources : Le Mercure aptésien, 2 mai 1841, p. 2.

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