13 - Aix-en-Provence Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/13-aix-en-provence/ 500 ans de faits divers en Provence Sun, 11 Oct 2026 15:59:48 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.1.3 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 13 - Aix-en-Provence Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/13-aix-en-provence/ 32 32 Marc-Antoine d’Escalis (vers 1555-1621) : un premier président enseveli à Ansouis https://www.geneprovence.com/marc-antoine-descalis-vers-1555-1621-un-premier-president-enseveli-a-ansouis/ https://www.geneprovence.com/marc-antoine-descalis-vers-1555-1621-un-premier-president-enseveli-a-ansouis/#respond Sat, 10 Oct 2026 13:54:52 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29275 Marc-Antoine d’Escalis, baron de Bras et seigneur d’Estoublon, est premier président du Parlement de Provence de 1616 à sa mort. Magistrat aixois à la carrière longue et discrète, il est…

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Marc-Antoine d’Escalis, baron de Bras et seigneur d’Estoublon, est premier président du Parlement de Provence de 1616 à sa mort. Magistrat aixois à la carrière longue et discrète, il est mal connu, et la date de sa mort fait problème : les sources imprimées le font mourir en octobre 1620, alors qu’un acte des registres paroissiaux d’Ansouis, où il repose, donne l’année 1621.

Une famille de la robe provençale

Marc-Antoine d’Escalis est le fils aîné d’Artus d’Escalis et de Madeleine Doria, mariés le 21 juin 1552. Son père, seigneur de Bras-d’Asse, de Saint-Julien-d’Asse, d’Estoublon et de Bellegarde, est conseiller du roi et maître à la Chambre des comptes de Provence. Sa mère est la fille de Biaggio Doria, premier consul de Marseille. Sa date de naissance n’est pas documentée : on la place vers 1555.

Une carrière au Parlement d’Aix

En 1582, Marc-Antoine d’Escalis est pourvu d’une charge de conseiller au Parlement d’Aix, celle d’André d’Ardillon, assassiné peu avant le 13 février 1582. Il est reçu le 31 janvier 1584.
En octobre 1593, peu après la mort de François d’Estienne (2 octobre 1593), il est pourvu de sa charge de président à mortier. Mais cette charge, supprimée par l’ordonnance de Blois, n’est rétablie que par l’édit de septembre 1595 : il doit solliciter de nouvelles lettres le 16 décembre 1598. Il est reçu en février 1599 : le 25 février selon Clapiers-Collongue, le 27 selon Fleury Vindry, qui s’appuie sur les registres du Parlement.
Le 14 octobre 1616, il est reçu premier président, au départ de Guillaume du Vair, nommé garde des sceaux de France en mai de la même année. Jean-Louis de Monier est reçu à sa place comme président à mortier, et son successeur à la première présidence, Vincent-Anne de Forbin-Maynier, est reçu le 30 mars 1621. Un portrait gravé de lui, par Jacques Cundier (1724), figure dans le recueil des portraits des premiers présidents du Parlement de Provence.

Vie privée

Marc-Antoine d’Escalis épouse Hortense de Bourdon, dame de Saint-Pons, fille de Melchion, seigneur de Saint-Pons, et d’Anne de Gaye ; les généalogies placent le mariage en 1587. Elle meurt à Aix et est inhumée dans l’église des Cordeliers.

Ansouis

C’est à Ansouis que meurt et est enseveli Marc-Antoine d’Escalis. Les Escalis y sont installés depuis peu. La baronnie d’Ansouis, longtemps aux Sabran, passe en 1614, à la mort de Gaspard de Sabran, à son cousin Sextius d’Escalis, baron de Bras, qui ajoute à son titre celui de baron d’Ansouis. Le grand corps de logis sud du château est précisément construit à partir de 1614.
Quel lien unit Marc-Antoine à ce Sextius ? Les sources consultées ne le disent pas. Les généalogies font de Sextius (1604-1650) son fils, ce qui expliquerait que le premier président termine sa vie au château d’Ansouis. Cette filiation reste à confirmer par des actes.

Sa mort : deux dates en présence

La Chronologie de Clapiers-Collongue le dit « enseveli à Ansouis, le 14 octobre 1620 », et Fleury Vindry, puis les notices qui s’en inspirent, font mourir Marc-Antoine d’Escalis à Ansouis à cette date. Le registre paroissial d’Ansouis dit autre chose. L’acte, inscrit à la date du décès entre deux actes d’octobre 1621, porte :
« Le quatorsiesme jour du mois d’octobre mil six cents vint un, Monsieur Marc Antoine Descalis, premier president au parlement de Provence, est decedé et a esté ensepvely dans l’eglise parrochialle de ce lieu d’Ansois le vintquatre du moys de mars mil six cents vint deux. »
Selon cet acte, Marc-Antoine d’Escalis serait mort le 14 octobre 1621 et inhumé plus de cinq mois plus tard, le 24 mars 1622, dans l’église paroissiale. L’acte ne dit ni où il est mort, ni pourquoi l’inhumation a tardé. Clapiers, qui donne le 14 octobre comme date de la sépulture, ne distingue pas le décès de l’inhumation, ce qui suggère qu’il a eu sous les yeux le même acte, lu autrement. Mais un fait paraît jouer en sens inverse : Vincent-Anne de Forbin-Maynier est reçu premier président le 30 mars 1621, ce qui s’accorderait mieux avec une mort en octobre 1620. L’acte d’Ansouis, dont la lecture est assurée, donne pourtant 1621 : Escalis aurait donc quitté la première présidence avant sa mort. Les motifs de ce départ (démission, maladie, retrait à Ansouis) restent à trouver, sans doute dans les délibérations du Parlement.
L’église d’Ansouis abritait une « tombe des seigneurs d’Ansois », mentionnée dans un acte de 1645.

Postérité

D’après les généalogies, son fils Sextius (1604-1650), baron de Bras et d’Ansouis, épouse en 1626 Marguerite de Brancas, puis en 1629 Marguerite de Jarente. Henri d’Escalis de Sabran, né à Ansouis le 12 février 1630, fils de Sextius et de Madeleine de Jarente selon Clapiers, est reçu président à mortier au Parlement d’Aix le 28 novembre 1655 et meurt à Aix le 14 mai 1701 ; il serait le petit-fils de Marc-Antoine si Sextius est bien son fils. À la fin du XVIIe siècle, la baronnie d’Ansouis passe aux Villeneuve, par le mariage de Marie-Thérèse d’Escalis avec Jean-Hyacinthe de Villeneuve.

Sources et bibliographie pour approfondir

  • Registres paroissiaux d’Ansouis, acte de décès et de sépulture de Marc-Antoine d’Escalis (cote 1 E 2/3, page 2).
  • Fleury Vindry, Les parlementaires français au XVIe siècle, tome I, 2e fascicule (Parlement d’Aix), Paris, Honoré Champion, 1910.
  • Balthasar de Clapiers-Collongues, Chronologie des officiers des Cours souveraines de Provence, publiée, annotée et augmentée par le marquis de Boisgelin, Aix-en-Provence, Société d’Études Provençales.
  • Inventaire des archives de la commune d’Ansouis (FranceArchives), notice sur la seigneurie.
  • Marc-Antoine d’Escalis, Wikipédia ; généalogie sur Geneastar.
  • La Chenaye-Desbois et Badier, Dictionnaire de la noblesse, tome 7, article « Escalis ».
Vue artistique représentant Marc-Antoine d’Escalis.

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Un drame de la misère (Aix-en-Provence, 10 avril 1840) https://www.geneprovence.com/un-drame-de-la-misere-aix-en-provence-10-avril-1840/ https://www.geneprovence.com/un-drame-de-la-misere-aix-en-provence-10-avril-1840/#respond Sat, 13 Jun 2026 09:11:25 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28456 Le 10 avril 1840, la ville d’Aix-en-Provence fut le théâtre d’un de ces drames solitaires que la presse de l’époque relatait avec une concision glaçante. Joseph Pierre Rossignol, un homme…

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Le 10 avril 1840, la ville d’Aix-en-Provence fut le théâtre d’un de ces drames solitaires que la presse de l’époque relatait avec une concision glaçante. Joseph Pierre Rossignol, un homme de 44 ans et deux mois, mit fin à ses jours dans des circonstances particulièrement atroces.
Grâce à l’acte de décès consigné à l’état civil d’Aix, nous en savons davantage sur l’identité de ce « ménager » que le journal Le Mémorial d’Aix désignait simplement sous le nom de Rossignol. Né à Aix, Joseph Pierre Rossignol était le fils de Louis Étienne Rossignol, propriétaire, et de Marguerite Cauvet. Bien qu’il fût issu d’une famille de propriétaires, l’officier civil le déclarait « sans profession » au moment de sa mort.
Il vivait avec son épouse, Anne Marguerite Magdeleine Sexte Girard, au numéro 41 de la rue du Puits-Neuf. C’est là, dans l’intimité de son domicile, qu’il commit l’irréparable.
Joseph Pierre Rossignol choisit une méthode radicale et effroyable : il ingéra une « assez grande quantité d’acide sulfurique » et expira après « douze heures d’horribles souffrances ». Ce délai suggérait une agonie lente, provoquée par les brûlures internes dévastatrices du vitriol.
Pourquoi s’était-il ôté la vie ? La rumeur laissait entendre que son suicide avait été provoqué par un « état maladif dans lequel il se trouvait depuis longtemps », esquissant le portrait d’un homme que la maladie ou la mélancolie minait depuis des années.
Ce furent deux voisins, Gaspard et Jean-Baptiste Leydet, tous deux cultivateurs, qui se présentèrent à la mairie le lendemain, 11 avril, à 11 heures du matin. Ils déclarèrent le décès devant l’adjoint Picard qui, après s’être transporté au domicile de la rue du Puits-Neuf pour constater que l’homme était bien décédé la veille à midi, signa seul l’acte car les témoins ne le savaient faire.
Ce drame ne fut pas le seul à endeuiller la ville ce jour-là. En effet on trouva le 10 avril le cadavre en décomposition d’une « pauvre femme » morte depuis une dizaine de jours. Ce printemps 1840 s’ouvrait ainsi sur une chronique aixoise bien sombre, où la solitude et le dénuement frappaient cruellement les habitants.

  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 11 avril 1840, page 2.
  • Archives départementales des Bouches-du-Rhône, état civil d’Aix-en-Provence, décès de 1840, acte n° 275, cote 202 E 371.

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Jean Augustin de Foresta (vers 1520-1588) : un grand magistrat face aux tourmentes de la Renaissance https://www.geneprovence.com/jean-augustin-de-foresta-1501-1564-un-grand-magistrat-face-aux-tourmentes-de-la-renaissance/ https://www.geneprovence.com/jean-augustin-de-foresta-1501-1564-un-grand-magistrat-face-aux-tourmentes-de-la-renaissance/#respond Thu, 14 May 2026 18:50:35 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28240 Le XVIe siècle provençal est une période de contrastes violents, où l’éclat de la Renaissance se heurte à la montée des tensions confessionnelles. Au cœur de ce tumulte, Jean Augustin…

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Le XVIe siècle provençal est une période de contrastes violents, où l’éclat de la Renaissance se heurte à la montée des tensions confessionnelles. Au cœur de ce tumulte, Jean Augustin de Foresta, baron de Trets, occupe pendant près de trente ans la première place du Parlement de Provence : premier président de 1558 à sa mort en 1588, à l’exception de l’interruption de 1564-1566, il traverse les premières guerres de Religion à la tête de l’ordre judiciaire d’une province au bord de la rupture.

Une ascension au sein de la « noblesse de robe »

Jean Augustin de Foresta est né à Aix-en-Provence vers 1520. Fils cadet de Christophe de Foresta, baron de Trets, seigneur de Lançon et de Mimet, conseiller-médecin ordinaire du roi et maître d’hôtel de François Ier, et de Pélègre Gandolfi, il appartient à une famille dont l’ascension illustre l’essor de cette aristocratie de fonctions qui, par le savoir et le droit, devient le véritable relais du pouvoir royal en province.
Son père lui acquiert une charge de conseiller au Parlement de Provence : il est nommé en août 1543 et reçu en octobre de la même année. Le 29 mars 1554, il devient président à mortier. Le 5 juillet 1558, au lendemain de la mort de Jean Maynier d’Oppède, il est reçu premier président.

Un premier président dans la tourmente des guerres de Religion

Le mandat de Foresta coïncide avec les débuts des guerres de Religion. En juin 1562, Aix est occupée par les bandes catholiques de Durand et de Pontevès-Flassans ; les conseillers suspects d’hérésie prennent la fuite, et le conseiller Jean Salamon est assassiné dans la nuit du 22 au 23 juin. La cour, qu’il préside, doit alors faire informer sur ce meurtre dans un climat où les magistrats chargés de l’enquête craignent pour leur vie.
En 1564, la Couronne suspend le Parlement de Provence et le remplace par une commission de magistrats parisiens présidée par Bernard Prévost de Morsan, président au Parlement de Paris, reçu à Aix le 14 avril 1564. Foresta est lui aussi suspendu de ses fonctions. Selon la notice que lui consacre Wikipédia, d’après la Chronologie de Clapiers-Collongue, il est jugé à Montpellier devant un tribunal spécial, puis gracié par le roi.
Les magistrats provençaux sont rétablis à partir de l’automne 1565 : Foresta siège de nouveau le 23 novembre 1565, sous la présidence de Morsan. Lorsque celui-ci quitte Aix, le 9 décembre 1566, il redevient premier président. Les registres du Parlement l’attestent ensuite en fonction en 1573, en 1579 et jusqu’en septembre 1588. Fleury Vindry le qualifie de « magistrat ligueur ».

L’enracinement seigneurial : la baronnie de Trets

Baron de Trets, Jean Augustin de Foresta s’inscrit dans une famille qui ancre durablement son nom dans la terre du haut de l’Arc. Le 8 septembre 1553, il épouse Anne d’Albertas, fille d’Amiel d’Albertas, seigneur de Villecroze et premier consul de Marseille.
Ses descendants forment plusieurs branches : les barons de La Roquette, les seigneurs de Colongue, ceux de Châteauneuf et du Castelar. L’un d’eux, Jean-Augustin de Foresta, marquis de La Roquette, siège à son tour comme président au Parlement de Provence au XVIIe siècle. Son fils François, né à Aix le 14 octobre 1557, est reçu conseiller au Parlement le 21 novembre 1581.

Mort et postérité

Jean Augustin de Foresta meurt à Aix le 24 octobre 1588 et est enseveli au couvent des Observantins. Il disparaît deux ans avant la rupture de 1590 : le Parlement d’Aix, qui refuse de reconnaître Henri IV, voit alors se dresser en face de lui un parlement rival fidèle au roi, installé hors d’Aix et présidé par Artus Prunier de Saint-André, président au Parlement de Grenoble.
Premier président pendant près de trente ans, avec l’interruption de 1564-1566, il laisse derrière lui une lignée qui continuera de servir la Provence pendant plusieurs siècles.

Sources et bibliographie pour approfondir

  • Fleury Vindry, Les parlementaires français au XVIe siècle, tome I, 2e fascicule (Parlement d’Aix), Paris, Honoré Champion, 1910.
  • Balthasar de Clapiers-Collongues, Chronologie des officiers des Cours souveraines de Provence, Édition de la Société d’Études Provençales, 1909.
  • Archives Départementales des Bouches-du-Rhône (Série B) : Registres des délibérations du Parlement de Provence pour la période 1558-1588.
  • Jean-Scholastique Pitton, Histoire de la ville d’Aix, capitale de la Provence, Aix, 1666.
  • Prosper Cabasse, Essais historiques sur le Parlement de Provence, depuis son origine jusqu’à sa suppression, Paris, 1826.

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Le crime d’être pauvre face à la rigueur des lois (Aix-en-Provence, 19 mars 1840) https://www.geneprovence.com/le-crime-detre-pauvre-face-a-la-rigueur-des-lois-aix-en-provence-19-mars-1840/ https://www.geneprovence.com/le-crime-detre-pauvre-face-a-la-rigueur-des-lois-aix-en-provence-19-mars-1840/#respond Sun, 19 Apr 2026 17:49:19 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28013 Un homme, vêtu de haillons, s’asseyait le 19 mars 1840 sur le banc des prévenus, comme coupable du délit de rupture de ban, au tribunal de police correctionnelle d’Aix-en-Provence. Il…

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Un homme, vêtu de haillons, s’asseyait le 19 mars 1840 sur le banc des prévenus, comme coupable du délit de rupture de ban, au tribunal de police correctionnelle d’Aix-en-Provence. Il s’exprimait avec aisance, mais surtout sa voix laissait entendre le son de la vérité. Voici le dialogue qu’il eut avec le président, à peine modifié pour le rendre plus compréhensible mais en en respectant en tout point le sens :

M. le Président. « Pourquoi avez-vous rompu votre ban ? »

Le prévenu. « Je vais vous le dire : c’est parce que, dans les lieux où l’on m’obligeait à m’installer, je ne trouvais ni travail, ni moyens de subsistance. Si je me présentais chez un employeur pour demander du travail, on exigeait de ma part des garanties de moralité. Or, pouvais-je nier que j’étais sous la surveillance humiliante de la police ? Même si je l’avais fait, cela aurait été inutile, car la police elle-même se rendait chez ceux qui auraient pu m’embaucher pour les avertir de se méfier de moi, en leur précisant que j’étais un ancien détenu. Ces derniers trouvaient alors toujours un prétexte pour m’éconduire. Ainsi, rejeté de partout, sans travail et réduit à la misère, il ne me restait que deux options : soit devenir voleur, soit fuir une surveillance qui m’empêchait de gagner ma vie honnêtement. J’ai choisi la seconde. »

M. le Président. « Mais votre conduite antérieure a été très mauvaise : vous avez déjà été condamné plusieurs fois. »

Le prévenu. « Voici la vérité : j’ai eu le malheur, dans ma jeunesse, d’être sous l’autorité d’une mère aux mœurs légères et d’un père qui me maltraitait sans cesse. Las de ces mauvais traitements, je me suis enfui de la maison familiale. Je n’avais ni métier, ni ressources pour vivre. On m’a arrêté, et j’ai été condamné pour vagabondage à trois ans de prison et cinq ans de surveillance. J’ai purgé ma peine ; mais, à mon retour à la vie civile, la surveillance dont j’étais l’objet m’a privé de toute ressource, et il m’est devenu impossible de travailler. J’ai enfreint une première fois mon interdiction de séjour ; rapidement repris, j’ai été de nouveau condamné pour ce motif à une autre peine de prison, assortie de cinq nouvelles années de surveillance. Une seconde rupture d’interdiction, causée par les mêmes motifs, a entraîné une condamnation similaire. C’est un troisième fait du même genre qui me conduit aujourd’hui devant ce tribunal. »

M. le Procureur du Roi. « Je trouve, en effet, dans mes dossiers une première condamnation pour vagabondage ; les suivantes concernent des ruptures d’interdiction de séjour. »

Le prévenu. « Eh bien ! Suis-je devenu un criminel pour autant ? Ai-je volé quelqu’un ? Non, je n’ai jamais fait de mal à personne. Et pourtant, alors que je ne trouvais nulle part de quoi subvenir à mes besoins et que tous les ateliers se fermaient devant moi, n’aurais-je pas pu, d’une certaine manière légitimement, chercher ma subsistance dans le vol ou le crime ? Mais je ne l’ai pas fait : je suis resté un homme honnête ! »

Le Procureur déclara ensuite que, quels que soient les motifs invoqués par l’accusé pour justifier sa conduite, la loi existait et devait être appliquée. Il en requit donc l’exécution.
Le Tribunal condamna donc le prévenu à huit jours de prison et au maintien de la haute surveillance policière.

  • Source : Le Mémorial d’Aix, 21 mars 1980, p. 2.

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Le mystérieux voyageur du Logis du Pont (Saint-Martin-de-Crau, 12 août 1670) https://www.geneprovence.com/le-mysterieux-voyageur-du-logis-du-pont-saint-martin-de-crau-12-aout-1670/ https://www.geneprovence.com/le-mysterieux-voyageur-du-logis-du-pont-saint-martin-de-crau-12-aout-1670/#respond Wed, 21 Jan 2026 21:36:22 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27403 À l’aube du règne personnel de Louis XIV, la Crau constitue un axe de transit névralgique où circulent les carrosses reliant Marseille, Arles et Aix. Le Logis du Pont sert…

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À l’aube du règne personnel de Louis XIV, la Crau constitue un axe de transit névralgique où circulent les carrosses reliant Marseille, Arles et Aix. Le Logis du Pont sert alors de relais de poste indispensable dans cette steppe aride. Le défunt, marchand facturier de soie, appartient à l’élite artisanale d’Aix, alors capitale parlementaire. Sa « mort subite », probablement un accident cardiovasculaire foudroyant, prive ce voyageur des derniers sacrements, une tragédie spirituelle majeure au XVIIe siècle. L’acte souligne l’importance des réseaux commerciaux textiles et la précision administrative des curés pour identifier les corps anonymes sur les routes de Provence.

« L’an mil six cens septante [j’]ai enseveli un homme qui était d’Aix dans le carrosse, mort de mort subite, au Logis du Pont, pour enseigne Saint-Martin, ayant été averti par Anthoine Bouis, ménager, sans avoir reçu aucun sacrem[en]t, âgé d’environ quarante ans, poil châtain, ayant trouvé sur lui une lettre que Claude Picard lui avait envoyée de Marseille, datée du sixième du courant, l’adresse de laquelle porte a M[onsieu]r de Lédène, marchand facturier de soie, à l’enseigne de Saint-Martin de la Palud, ce douzième août mil six cens septante.
Présents sieurs Claude Paget, bourgeois, et Pierre Clément, fils a M[onsieu]r Jean, procureur au siège d’Arles.
Par moi soussigné. »
[Paget, Clément, Martin curé]
  • Source : Registre paroissial de Saint-Martin-la-Palud, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 151.

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Une présentation rocambolesque du daguerréotype (Aix-en-Provence, 29 décembre 1839) https://www.geneprovence.com/une-presentation-du-daguerreotype-rocambolesque-aix-en-provence-29-decembre-1839/ https://www.geneprovence.com/une-presentation-du-daguerreotype-rocambolesque-aix-en-provence-29-decembre-1839/#respond Tue, 18 Nov 2025 13:31:00 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26748 La merveilleuse invention de la photographie, attribuée à Louis Daguerre (1787-1851) fut jugée immédiatement comme merveilleuse par chaque Français. Ce fut bien entendu Paris qui profita en premier lieu de…

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La merveilleuse invention de la photographie, attribuée à Louis Daguerre (1787-1851) fut jugée immédiatement comme merveilleuse par chaque Français.
Ce fut bien entendu Paris qui profita en premier lieu de l’invention puisqu’il fut organisé sur place quantité de séances de prises de vue pour le bonheur des personnes. Et, de fait, la Province, fut quelque peu oubliée dans un premier temps.
La cathédrale Saint-Sauveur, vers 1870. Claude Gondran. Bibl. Méjanes, Aix.
Mais certains énergumènes sentaient qu’il y avait de l’argent à prendre dans l’affaire et parcouraient les villes pour présenter leur propre invention, clamant être élève de M. Daguerre.
C’est ainsi que l’un d’eux se pointa à Aix en décembre 1839 afin d’y faire une démonstration publique du tout nouveau procédé révolutionnaire, que l’on appelait désormais le daguerréotype. On annonça la séance avec faste, on fixa le prix d’entrée à 2 francs (une belle somme à l’époque), et l’événement devait se dérouler dans une salle de l’école de droit.
Mais voilà : le 22 décembre, jour prévu de l’événement, le ciel était couvert. Pas de soleil, donc pas d’image. L’orateur dut s’excuser devant une assemblée nombreuse et reporter la démonstration au dimanche suivant. Après tout, ce n’était pas sa faute.
Le 29 décembre, rebelote. Cette fois-ci, la météo était splendide : grand ciel bleu, soleil radieux, tout semblait réuni pour que la magie opère. L’appareil fut braqué sur la belle façade de la cathédrale Saint-Sauveur, et l’assistance, émue, retint son souffle. Après un quart d’heure, le moment solennel arriva : on retira la plaque.
Déception totale !
L’image n’était qu’un fouillis de lignes sombres et brouillées. Avec beaucoup d’imagination (et de bonne volonté…), certains crurent deviner un morceau de la façade. Mais rien de net, rien de spectaculaire.
Pourtant, le procédé fonctionnait bel et bien : la veille encore, une superbe épreuve de daguerréotype avait été exposée chez M. Boyer, confiseur de la ville. La faute venait donc moins de l’invention que de son maladroit démonstrateur.
Et pour couronner le tout, lorsque le public, un brin frustré, demanda des explications techniques, l’orateur se lança dans un discours tellement embrouillé qu’il en devint aussi illisible que son image !
Bref, Aix n’eut pas droit ce jour-là à la grande révélation photographique promise… mais plutôt à une séance de prestidigitation ratée.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 4 janvier 1840, p. 2, 3.

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La mort d’une jeune femme en prison (Aix-en-Provence, 26 novembre 1839) https://www.geneprovence.com/la-mort-dune-jeune-femme-en-prison-aix-en-provence-26-juin-1839/ https://www.geneprovence.com/la-mort-dune-jeune-femme-en-prison-aix-en-provence-26-juin-1839/#respond Mon, 22 Sep 2025 05:30:18 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26405 En ce mois de novembre 1839, un drame secouait les murs de la prison d’Aix. Marguerite Girard, une jeune domestique de 24 ans, originaire de Beaufin (Isère) et résidant à…

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En ce mois de novembre 1839, un drame secouait les murs de la prison d’Aix. Marguerite Girard, une jeune domestique de 24 ans, originaire de Beaufin (Isère) et résidant à Marseille, y a trouvé une fin soudaine. Née de François Girard et Nanette Girard, elle était incarcérée à la prison d’Aix, au 1, rue Peyresc.
Marguerite avait été condamnée par le tribunal correctionnel d’Aix. Elle purgeait une peine d’un an pour homicide involontaire sur son nouveau-né.
Le 26 novembre, le concierge des prisons, Sauveur Perrache (27 ans), effectuant sa ronde matinale, découvrit Marguerite inanimée. Il alerta immédiatement M. Dastros, le médecin des prisons. Ce dernier confirma son décès, qu’il attribua à des causes naturelles, probablement une attaque d’apoplexie. L’acte de décès fut également signé par Joseph André (47 ans), guichetier des prisons.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 30 novembre 1839, p. 3.
  • Registre d’état civil d’Aix-en-Provence, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 202 E 370, acte no 711.

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Les paysans dupés par un filou (Aix-en-Provence, 15 mai 1868) https://www.geneprovence.com/les-paysans-dupes-par-un-filou-aix-en-provence-15-mai-1868/ https://www.geneprovence.com/les-paysans-dupes-par-un-filou-aix-en-provence-15-mai-1868/#respond Sun, 07 Sep 2025 20:03:32 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26290 En mai 1868, près d’Aix, un escroc rusé visitait une ferme. Avant d’arriver, il s’était renseigné sur les habitants et leur lieu de naissance. Fort de ces informations, il se…

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En mai 1868, près d’Aix, un escroc rusé visitait une ferme. Avant d’arriver, il s’était renseigné sur les habitants et leur lieu de naissance. Fort de ces informations, il se présenta et interpella les paysans par leurs noms et même le nom de leur village d’origine.
« Je suis, dit-il, envoyé pour vous réclamer certaines sommes que vous devez et si vous ne vous exécutez de bonne grâce, j’ai à ma suite des gendarmes, qui ont l’ordre de vous conduire en prison.
— Mais nous ne devons rien, répondirent les paysans surpris de ces menaces.
— Cherchez bien, insista le filou.
— La seule chose que je doive à cette heure, dit le paysan, ce sont mes contributions.
— C’est précisément cela, répliqua l’escroc, qui saisit la balle au bond. Eh bien ! si vous désirez que je suspende toutes poursuites, vous allez me payer quarante francs. »
Et ce disant, il regarde sa montre et dit : « Mes gendarmes sont à cette campagne que vous voyez. Il est onze heures. À deux heures, ils seront ici. Nous avons la mission de conduire en prison certains individus mauvais débiteurs et notamment l’ermite de Roquefavour, qui doit huit cents francs. »
Le paysan, sa femme et leur fille se consultent. Il n’y a que 25 francs dans la ferme. On les offre au voleur, qui veut bien les accepter et qui promet, vu la facilité qu’ils mettent à s’exécuter, de suspendre toutes poursuites.
Les paysans réclament un reçu. Le filou fouille dans une masse de papiers insignifiants qu’il tenait sous le bras, et dit : « Je l’ai oublié, mais venez au palais de justice à Aix et je vous donnerai quittance. »
Les pauvres paysans, charmés d’en être quittes à si bon marché, se mettent à l’œuvre et préparent un bon dîner pour le filou qui fut on ne peut plus charmant à table. La fille du paysan fut après malade de l’effroi.
Néanmoins pour être complet, ajoutons que l’individu fut pris quelques jours après et qu’il expia en prison les écarts de son imagination féconde.
  • Source : Le Petit Marseillais, 12 juin 1868, p. 2.

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Récit de la peste de Provence (Boulbon, 15 décembre 1720) https://www.geneprovence.com/recit-de-la-peste-de-provence-15-decembre-1720/ https://www.geneprovence.com/recit-de-la-peste-de-provence-15-decembre-1720/#respond Sat, 06 Sep 2025 15:54:29 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26277 Durant toute la seconde moitié de l’année 1720, le curé de Boulbon, Périer, fait le récit de la peste qui s’étend dans un premier temps à Marseille mais peu à…

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Reconstitution du village de Boulbon en 1720. © GénéProvence, 2025.

Durant toute la seconde moitié de l’année 1720, le curé de Boulbon, Périer, fait le récit de la peste qui s’étend dans un premier temps à Marseille mais peu à peu dans un grand nombre de villes et villages de Provence. On a sous sa plume le récit d’un homme inquiet pour le village, ce « misérable lieu », qu’il administre.

« Cette année 1720, il y a eu une récolte abondante. Toutes les terres, les unes et les autres, ont rendu d’un dixième dans le temps de la foire de Beaucaire.
On a soupçonné Marseille de peste et avec juste raison puisqu’elle y est si maligne qu’on assure que depuis le commencement de ce mois d’août, jusqu’à aujourd’hui vingt-huitième août, il y est mort plus de quatorze à quinze mille âmes et il continue à ce qu’il nous en revient à y en mourir toujours sans nombre.
Toutes les villes et villages de la province se gardent et il n’y a plus de commerce ni avec le Languedoc ni avec Avignon, et si Dieu n’y met sa main par sa divine miséricorde, nous sommes tous perdus.
Aubagne, Lançon, sont atteints de ce mal-là, Aix est soupçonné et on assure qu’il est au faubourg.
Le 3 octobre, le parlement, après avoir prêté serment, s’est retiré à Saint-Remy, s’étant eux-mêmes condamnés à faire quarantaine.
La peste est aux quatre coins d’Aix. Le 30 septembre, il y mourut dans une nuit vingt-cinq personnes.
On assure qu’il est mort à Marseille ou à ses bastides plus de cinquante mille âmes.
Nous nous gardons ici le mieux que nous pouvons, jour et nuit.
Aujourd’hui 23 octobre 1720, nous avons renouvelé le vœu de sainte Élisabeth et nous sommes allés en procession à Notre-Dame chanter la grand-messe. Les consuls y ont été pieds nus, la corde au col et la torche à la main, ce qui se continuera in aeternam.
Saint-Remy est soupçonné de contagion. Dieu veuille qu’il n’y ait rien.
J’ai grand peur que la peste n’y soit bientôt déclarée, comme aux autres endroits.
Du onze novembre, on mande qu’il est mort à Marseille ou à ses bastides plus de soixante mille âmes. Il y a eu de terribles désordres dans cette ville, causés par les forçats de galère qu’on avait tirés pour servir les malades et pour servir de corbeaux.
Il y est mort une grande quantité des prêtres et de religieux. Monseigneur l’Archevêque s’y est exposé autant que les prêtres les plus zélés et Dieu l’a conservé jusqu’à aujourd’hui. Le pape a envoyé trois mille saumées1 de blé pour soutenir le pauvre peuple et la contagion fait aujourd’hui à Aix autant de ravages à proportion qu’il en a fait à Marseille, où elle commence fort à calmer.
On soupçonne toujours Saint-Remy et il y a apparence que cette ville aura le même sort que toutes les autres villes et villages, qui ont été soupçonnées où elle est aujourd’hui aux quatre coins. Dieu veuille la préserver.
On dit que Lançon, il n’y est resté presque personne.
Le Martigues et Salon sont confinés.
Le 5 décembre, M. l’Intendant s’est retiré à Barbentane, méchante marque pour Saint-Remy. Madame l’Intendante s’est accouchée en chemin et a fait l’enfant dans son carrosse.
Certainement la contagion doit y être quoi qu’on le cache, mais dans moins de quatre à cinq jours, il sera confiné quoi qu’on en dise.
Le 15, troisième dimanche, à 4 heures du soir, l’ordre de M. de Jossaud, commandant dans cette viguerie, est arrivé, de confiner Saint-Remy.
Dieu veuille nous garder par sa divine miséricorde, car nous sommes en grand danger dans ce misérable lieu où il n’y a pas grand ordre.
Tarascon est en grand danger et nous aussi.
Le 14 décembre, la peste a commencé à Tarascon, par Simiot, poissonnier, qui l’a portée du Martigues. Il est mort avec un bubon. Dieu ait pitié de Tarascon et de nous aussi. On a confiné la traverse d’Arles au faubourg Saint-Jean. »

Note

1. Une saumée représente la charge d’une bête de somme.

  • Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 222.

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Le suicide d’un cultivateur (Aix-en-Provence, 18 novembre 1839) https://www.geneprovence.com/le-suicide-dun-cultivateur-aix-en-provence-18-novembre-1839/ https://www.geneprovence.com/le-suicide-dun-cultivateur-aix-en-provence-18-novembre-1839/#respond Thu, 04 Sep 2025 19:37:32 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26261 Le 18 novembre 1839, un drame secoua la campagne d’Aix-en-Provence. Ce jour-là, Honoré Charles Florens, un cultivateur de 57 ans et 5 mois, mettait fin à ses jours. Natif du…

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Le 18 novembre 1839, un drame secoua la campagne d’Aix-en-Provence. Ce jour-là, Honoré Charles Florens, un cultivateur de 57 ans et 5 mois, mettait fin à ses jours. Natif du Tholonet, près d’Aix, cet homme était le fils de feu Joseph-Pierre Florens et de feue Marie-Thérèse Bourrelly, et l’époux de Marguerite Suzanne Adélaïde Payan.
Il résidait précisément à la campagne de Sainte-Anne, dans le quartier de Valcros. Malheureusement, c’est là qu’il trouva la mort. Le lundi matin, aux alentours de 9 heures, il se suicida en se tirant un coup de fusil dans la poitrine. Cet acte eut lieu au milieu des champs.
Selon les témoignages de l’époque, Honoré Charles Florens traversait de graves difficultés. Il était confronté à de mauvaises affaires, dit-on, et une misère profonde l’accablait. Ces épreuves, visiblement, l’avaient plongé dans un état de désespoir extrême. Il développa une sorte de monomanie du suicide. Cette tragédie le poussa à commettre cet acte désespéré.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 23 novembre 1839, p. 3.
  • Registre d’état civil d’Aix-en-Provence, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 202 E 370, acte no 702.

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