13 - Marseille Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/13-marseille/ 500 ans de faits divers en Provence Wed, 01 Jul 2026 11:59:04 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.1 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 13 - Marseille Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/13-marseille/ 32 32 Drame à la tannerie Jullien (Marseille, 27 juin 1868) https://www.geneprovence.com/drame-a-la-tannerie-jullien-marseille-27-juin-1868/ https://www.geneprovence.com/drame-a-la-tannerie-jullien-marseille-27-juin-1868/#respond Fri, 19 Jun 2026 17:59:18 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28496 C’était un samedi soir ordinaire, vers 18 heures, dans le quartier du Bas-Canet. L’ombre commençait sans doute à s’étirer sur les cuves et les peaux de la tannerie Jullien, alors…

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C’était un samedi soir ordinaire, vers 18 heures, dans le quartier du Bas-Canet. L’ombre commençait sans doute à s’étirer sur les cuves et les peaux de la tannerie Jullien, alors que les ouvriers s’apprêtaient à clore leur rude journée de labeur. Soudain, un événement effroyable vint briser la routine de l’atelier, plongeant l’assistance dans une stupeur indicible.
Un ouvrier, que la chronique de l’époque ne nommait que sous l’initiale mystérieuse de sieur N., tentait une manœuvre délicate mais courante dans ces usines mécanisées du siècle passé. Il voulut passer une courroie par-dessus une roue d’engrenage, un geste mille fois répété qui, ce soir-là, tourna au drame. En un instant, la roue saisit sa main et le malheureux fut entraîné, sans aucune échappatoire possible, par le mouvement de rotation inexorable de la machine.
La violence du mécanisme ne laissa aucune chance à la victime. Lorsqu’on parvint enfin à arrêter l’engin et à extraire l’homme de ses rouages de fer, le spectacle était proprement insoutenable. Tous ses membres étaient littéralement broyés par la puissance des engrenages. Son corps n’offrait plus aux regards horrifiés de ses camarades qu’un immense amas de chairs et d’ossements, déchirés et brisés par la force centrifuge et la compression du métal.
Alertés en toute hâte, les médecins et les représentants de la justice accoururent sur les lieux, mais leur présence ne fut que de pure forme pour la survie de l’homme. Ils ne purent que constater le décès immédiat de celui que le journal qualifiait alors d’imprudent ouvrier. Ce récit, bien que rapporté avec une certaine réserve par la presse de l’époque, témoigne de la dureté des conditions de vie et de la dangerosité du travail industriel en Provence.
  • Source : Le Petit Marseillais, 30 juin 1868, p. 2.

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L’accident fatal du pont du Turrelet (Gap, 26 décembre 1865) https://www.geneprovence.com/laccident-fatal-du-pont-du-turrelet-gap-26-decembre-1865/ https://www.geneprovence.com/laccident-fatal-du-pont-du-turrelet-gap-26-decembre-1865/#respond Mon, 25 May 2026 21:06:08 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28357 En ce funeste mardi 26 décembre 1865, le froid engourdissait encore les voyageurs tandis que la mort rôdait aux portes de Gap (Hautes-Alpes). La lourde voiture des messageries, qui assurait…

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En ce funeste mardi 26 décembre 1865, le froid engourdissait encore les voyageurs tandis que la mort rôdait aux portes de Gap (Hautes-Alpes). La lourde voiture des messageries, qui assurait la longue et harassante liaison depuis Marseille, achevait son périple et s’apprêtait à entrer dans la ville. L’aube poignait à peine dans le ciel bas, puisqu’il n’était que six heures du matin. Soudain, alors que l’équipage passait face à l’usine à gaz, un événement inattendu vint rompre la monotonie de la fin du voyage.
Le cheval placé au milieu de l’attelage s’empêtra maladroitement les jambes dans le brancard1. Effrayés par les secousses brutales et les efforts désespérés de leur compagnon pour se libérer de son entrave, les autres chevaux s’emportèrent.
La diligence, devenue incontrôlable sous la traction folle des bêtes, fut entraînée à vive allure vers le pont du Turrelet. Sur le siège de devant, le conducteur mesura d’un regard l’imminence du péril. Cet homme d’expérience se nommait Jean-Baptiste Oglia. Âgé de cinquante ans, ce courageux conducteur de messageries, natif de Villars de Luzerne2 dans le Piémont, fils de feu Étienne et de défunte Marie-Dominique Antoinette, résidait à Marseille avec son épouse Thérèse Borel. Voyant le désastre inévitable se profiler, il tenta de descendre de la voiture en marche pour sauver sa vie.

Un destin fracassé contre un peuplier

Mais le destin se montra impitoyable et ne lui laissa aucune chance. À l’instant précis où il amorçait son geste de fuite, la voiture, violemment chassée par le garde-fou du pont, fut projetée sans ménagement contre un énorme peuplier qui bordait l’ouvrage. Le malheureux Jean-Baptiste Oglia se retrouva écrasé entre la carcasse de bois de la malle-poste et le tronc majestueux de l’arbre. La mort le faucha de manière instantanée, brisant net le fil de son existence à des kilomètres de son foyer phocéen.
Le chaos de l’impact fit d’autres victimes parmi l’équipage et les passagers. Le postillon, qui l’accompagnait dans sa tâche, fut rudement éjecté de son siège et chuta lourdement au sol, écopant de blessures assez graves. Fort heureusement, les voyageurs enfermés dans l’habitacle furent épargnés par le pire du choc ; seule une religieuse, chahutée par l’embardée, s’en tira avec quelques douloureuses contusions. C’est ainsi que quelques heures plus tard, à neuf heures du matin, le maire Alfred Allier coucha le nom du brave conducteur dans les registres de l’état civil, figeant à jamais dans les archives le souvenir de ce tragique accident.
  • Sources : L’Annonciateur, 30 décembre 1865, p. 1.
  • Registre d’état civil de Gap, année 1865, acte no 295, Archives départementales des Hautes-Alpes, 2 E 65/57/1.
  • 1. Le brancard désigne l’une des deux longues pièces rigides, généralement en bois ou en métal, qui s’avancent à l’avant du véhicule.
  • 2. Aujourd’hui Villar Pellice, métropole de Turin.

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Jean Augustin de Foresta (1501-1564) : un grand magistrat face aux tourmentes de la Renaissance https://www.geneprovence.com/jean-augustin-de-foresta-1501-1564-un-grand-magistrat-face-aux-tourmentes-de-la-renaissance/ https://www.geneprovence.com/jean-augustin-de-foresta-1501-1564-un-grand-magistrat-face-aux-tourmentes-de-la-renaissance/#respond Thu, 14 May 2026 18:50:35 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28240 Le XVIe siècle provençal est une période de contrastes violents, où l’éclat de la Renaissance se heurte à la montée des tensions confessionnelles. Au cœur de ce tumulte, la figure…

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Le XVIe siècle provençal est une période de contrastes violents, où l’éclat de la Renaissance se heurte à la montée des tensions confessionnelles. Au cœur de ce tumulte, la figure de Jean Augustin de Foresta s’impose comme celle d’un serviteur de l’État d’une intégrité rare. Premier président au Parlement de Provence de 1558 à 1564, il fut l’un des piliers de l’ordre judiciaire dans une région alors au bord de la rupture.

Une ascension au sein de la « noblesse de robe »

Jean Augustin de Foresta est né à Aix-en-Provence aux alentours de 1501. Issu d’une famille dont l’ascension sociale illustre parfaitement la fusion entre le négoce et la magistrature, il est le fils de Christophe de Foresta, lui-même conseiller au Parlement. Cette lignée, qui s’ancrera profondément dans la terre de Trets, représente cette aristocratie de fonctions qui, par le savoir et le droit, devient le véritable relais du pouvoir royal en province.
Reçu conseiller au Parlement de Provence en 1522, Jean Augustin y forge sa réputation. Sa connaissance du droit et sa sagesse lui permettent de gravir les échelons de l’institution aixoise. En 1554, il est nommé président à mortier, avant d’atteindre le sommet de sa carrière le 19 juillet 1558, date à laquelle il est installé dans la charge de Premier président, succédant à Jean Maynier d’Oppède.

Un mandat sous le signe du compromis et de la fermeté

Le mandat de Foresta (1558-1564) coïncide avec les prémices des Guerres de Religion. En tant que chef de la justice, il doit faire face à l’émergence du calvinisme dans les grandes cités comme Aix et Marseille, mais aussi dans les campagnes.
Sa mission est double : maintenir l’autorité de la Couronne et préserver la paix civile. Foresta se distingue par une approche que l’on pourrait qualifier de modérée pour l’époque. S’il reste un catholique convaincu, il cherche avant tout à faire appliquer les édits de pacification envoyés par la régente Catherine de Médicis. Il doit notamment gérer l’épineuse application de l’Édit de Janvier (1562), qui accordait une liberté de culte restreinte aux protestants.
Cette position n’est pas sans risque. Le Parlement de Provence est alors traversé par des courants ultra-catholiques radicaux. Foresta, par son autorité, tente de contenir les débordements et d’éviter que la justice ne devienne un simple instrument de vengeance religieuse. Son passage à la tête de la cour est marqué par une volonté de « tempérer les passions par la règle », un crédo qui lui vaudra le respect, bien que posthume, des historiens de la magistrature.

L’enracinement seigneurial : la baronnie de Trets

Comme tout grand magistrat aixois, Jean Augustin de Foresta transforme sa puissance judiciaire en puissance foncière. En 1553, il acquiert la baronnie de Trets. Ce domaine devient le fief de la famille, marquant son passage définitif de la bourgeoisie parlementaire à la noblesse de terre.
Il y fait régner une administration rigoureuse, s’attachant à restaurer les droits seigneuriaux tout en protégeant les populations locales des exactions des bandes armées qui commencent à infester la région. Cette double identité, entre le palais de justice aixois et les terres du haut de l’Arc, définit l’équilibre de sa fin de vie.

Mort et postérité d’un homme « de grand savoir »

Jean Augustin de Foresta s’éteint en fonction le 24 août 1564. Il meurt à un moment charnière, juste avant que la Provence ne sombre dans les décennies les plus sombres des conflits religieux.
L’historiographie provençale a gardé de lui l’image d’un magistrat d’une droiture absolue. Pitton, dans ses chroniques, souligne son « éloquence naturelle et sa grande connaissance des lois ». Il laisse derrière lui une lignée qui continuera de servir la Provence et la France pendant plusieurs siècles.

Sources et bibliographie pour approfondir

  • Jean-Scholastique Pitton, Histoire de la ville d’Aix, capitale de la Provence, Aix, 1666. (Source primaire essentielle pour la vie des présidents).
  • Balthasar de Clapiers-Collongues, Chronologie des officiers des Cours souveraines de Provence, Édition de la Société d’Études Provençales, 1904.
  • Archives Départementales des Bouches-du-Rhône (Série B) : Registres des délibérations du Parlement de Provence pour la période 1558-1564.
  • Prosper Cabasse, Essais historiques sur le Parlement de Provence, depuis son origine jusqu’à sa suppression, Paris, 1826.

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Le mystère du portefeuille sauvé (Marseille, 28 juin 1868) https://www.geneprovence.com/le-mystere-du-portefeuille-sauve-marseille-28-juin-1868/ https://www.geneprovence.com/le-mystere-du-portefeuille-sauve-marseille-28-juin-1868/#respond Tue, 05 May 2026 16:18:49 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28132 Le chemin de Sainte-Marguerite, ce soir-là, fut le théâtre d’un petit drame dont le héros sortit vainqueur par la seule force de son esprit. L’embuscade Notre homme cheminait tranquillement lorsqu’il…

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Le chemin de Sainte-Marguerite, ce soir-là, fut le théâtre d’un petit drame dont le héros sortit vainqueur par la seule force de son esprit.

L’embuscade

Notre homme cheminait tranquillement lorsqu’il aperçut, dans le lointain, trois silhouettes aux allures peu rassurantes. Il comprit d’un coup d’œil que le guet-apens se préparait. Sans ralentir le pas, il agit : d’un geste discret, il ôta sa montre de son gousset, la glissa dans sa main droite, et saisit son porte-monnaie de la gauche. Puis, les bras ballants, les poings fermés, il continua d’avancer.
À cinq pas des bandits, le cri de « Halte ! » fendit le silence.

Le stratagème

Un pistolet sous le nez, notre homme déclara n’avoir pas le sou. Sa parole ne fut pas crue — cela allait de soi. Les trois compères le fouillèrent alors avec soin, retournant chaque poche. Lui se prêtait à l’opération avec une bonne grâce déconcertante, levant obligeamment les bras pour faciliter la besogne.
Le stratagème était d’une simplicité confondante : personne ne songea à regarder ses mains.
Les voleurs le laissèrent repartir bredouilles, persuadés de sa misère.

Le dénouement

Cent mètres plus loin, le courageux Marseillais eut le plaisir de remettre tranquillement sa montre à son gousset et sa bourse en poche. Ce soir-là, le flair et le sang-froid avaient eu raison de trois brigands armés.
  • Source : Le Petit Marseillais, 30 juin 1868, p. 2.

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Graveson (1720-1721) : une communauté provençale face au fléau https://www.geneprovence.com/graveson-1720-1721-une-communaute-provencale-face-au-fleau/ https://www.geneprovence.com/graveson-1720-1721-une-communaute-provencale-face-au-fleau/#respond Wed, 08 Apr 2026 20:27:05 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27963 L’année 1720 marque pour Graveson une bascule tragique. Situé au pied de la Montagnette, ce village de la vallée du Rhône, à la fois prospère et pieux, a vu son…

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L’année 1720 marque pour Graveson une bascule tragique. Situé au pied de la Montagnette, ce village de la vallée du Rhône, à la fois prospère et pieux, a vu son quotidien brusquement rattrapé par la « contagion ». Entre la ferveur des registres paroissiaux et l’effroi des infirmeries de fortune, le bilan de cette période révèle une communauté qui a dû se réinventer pour survivre au milieu du chaos.

Une société agraire et artisanale dynamique

Avant que le mal ne frappe, Graveson s’organise selon une hiérarchie agraire et artisanale très solide. La vie s’articule autour de l’élite foncière représentée par les ménagers, propriétaires de leurs attelages, qui dominent une masse de travailleurs et de vignerons. Cette distinction sociale se lit jusque dans la mort, puisque les plus influents cherchent l’inhumation dans la nef de l’église, tandis que les autres rejoignent le cimetière commun ou les chapelles de confréries comme celle des Pénitents Blancs. Le village dispose d’un tissu artisanal complet comprenant des maîtres cardeurs de laine, des tonneliers, des charrons essentiels au transport et des maîtres bouchers, témoignant d’une économie locale florissante et ouverte sur les villages voisins de Saint-Rémy, Eyragues et Rognonas.

L’été 1721 : l’arrivée de la « contagion »

Si la peste se déclare à Marseille en 1720, c’est en 1721 qu’elle frappe Graveson de plein fouet, transformant radicalement le paysage local. Des infirmeries de campagne sont dressées en urgence au hameau de Cadillan pour isoler les malades, et le chemin de Maillane devient une route de douleur où l’on évacue les suspects de peste. L’élite du savoir paie un prix lourd dans cette lutte. Paul François Bertrand, maître chirurgien, meurt en septembre 1721 à l’infirmerie après avoir combattu le mal, tandis que le jeune apothicaire Honoré Amiel disparaît également à vingt-quatre ans. La peur est telle que le curé refuse la sépulture commune aux victimes soupçonnées de peste, comme Elizabeth Arnaud, enterrée hors les murs. En l’absence de prêtres disponibles, ce sont des domestiques qui pratiquent l’ondoiement d’urgence des nouveau-nés à la maison.

L’hécatombe des notables et le sacrifice des soignants

L’impact sur les familles de notables a été foudroyant, tant sur le plan humain que structurel. La disparition des figures médicales a laissé le village dans un dénuement total, désorganisant les réseaux de soins habituels. Les grandes familles de ménagers voient leurs structures patriarcales vaciller avec le décès de plusieurs chefs de famille sexagénaires ou octogénaires en l’espace de quelques mois, entraînant une accélération brutale des successions et une redistribution des terres. La démographie des notables est également touchée par une mortalité juvénile alarmante, à l’image de la famille du berger Guillaume Jean, dont la fille de quinze ans périt aux infirmeries peu après sa mère, brisant ainsi les stratégies d’alliances matrimoniales patiemment construites.

Résilience et mutations économiques

Malgré ce sombre tableau, les registres de la fin de l’année 1721 montrent une volonté farouche de reconstruction. L’analyse des décès sur la période révèle une espérance de vie moyenne de quarante-huit ans et neuf mois, un chiffre qui masque une cohabitation entre de rares patriarches atteignant quatre-vingts ans et une jeunesse fauchée précocement. Les survivants des familles influentes, comme les Guignard ou les Catalan, verrouillent le pouvoir pour assurer la stabilité. On assiste à une concentration des propriétés par des remariages rapides entre veufs et veuves de même condition. Fait inhabituel, des enfants de dix à quatorze ans apparaissent comme parrains et marraines officiels, témoignant d’un transfert de responsabilité vers une génération très jeune, faute d’adultes survivants dans certaines branches.

Conclusion : le triomphe de la lignée sur le mal

À la fin de l’année 1721, Graveson est un village meurtri mais debout. La reprise des mariages dès décembre montre que la priorité absolue est la sauvegarde du patrimoine foncier et la continuité des lignées. Les charges notariales et les propriétés foncières sont restées entre les mains des familles survivantes qui assurent la transition vers l’année 1722. La peste a emporté des vies, mais elle n’a pas brisé l’organisation sociale provençale, qui s’est refermée sur ses fondamentaux que sont la terre, le droit et la famille pour assurer son avenir.
  • Source : Registre paroissial de Graveson, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 446.

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La fortune d’un orphelin (Marseille, 1845) https://www.geneprovence.com/la-fortune-dun-orphelin-marseille-1845/ https://www.geneprovence.com/la-fortune-dun-orphelin-marseille-1845/#respond Thu, 26 Feb 2026 22:05:51 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27628 C’est l’histoire véridique d’un pauvre enfant abandonné qui, par la force de ses qualités et l’humanité de quelques âmes charitables, a connu un destin exceptionnel. L’histoire commence en 1845. M.…

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C’est l’histoire véridique d’un pauvre enfant abandonné qui, par la force de ses qualités et l’humanité de quelques âmes charitables, a connu un destin exceptionnel.
L’histoire commence en 1845. M. et Mme D., d’honnêtes rentiers de Marseille, recueillirent un enfant abandonné au coin de leur rue. L’enfant, dont la gentillesse et les bonnes qualités n’avaient pas tardé à se concilier leur affection, fut aimé comme leur fils.
Hélas, une fatalité frappa la générosité : la faillite du banquier où était placée leur fortune obligea M. et Mme D… à travailler pour vivre, et à renoncer à garder le jeune garçon auprès d’eux.
L’enfant fut alors placé en apprentissage dans un grand atelier de menuiserie. Le maître de l’atelier ne tarda pas à remarquer son intelligence et en fit bientôt son factotum.
Lorsque l’enfant devint un jeune homme, la confiance de son maître s’accrut. Il l’envoya voyager au Nord de la France et en Allemagne pour y faire ses achats en bois de toutes sortes. Il accomplit sa mission avec un tel succès et une telle habileté qu’à son retour, il obtint un intérêt dans l’entreprise. Mieux encore, il vint épouser, en juin 1868, la fille de son maître.
Loin d’oublier ses bienfaiteurs, M. et Mme D., le jeune homme eut pitié de leur sort et de ce qu’ils étaient devenus. Il tint à ce qu’ils viennent habiter chez lui.
Plus encore, se souvenant de leur grande misère, il leur constitua une rente qui, à elle seule, suffisait à les rendre indépendants et à les faire vivre dans une honnête aisance.
L’histoire s’arrête là et nous sommes bien désolés de ne pas connaître le nom de ce brave jeune homme.
  • Source : Le Petit Marseillais, 23 juin 1868, p. 3.

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Joseph-Toussaint Avril (1775-1841), le Manosquin qui a donné ses lettres à la langue provençale https://www.geneprovence.com/joseph-toussaint-avril-1775-1841-le-manosquin-qui-a-donne-ses-lettres-a-la-langue-provencale/ https://www.geneprovence.com/joseph-toussaint-avril-1775-1841-le-manosquin-qui-a-donne-ses-lettres-a-la-langue-provencale/#respond Tue, 03 Feb 2026 12:10:40 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27429 Une figure de l’érudition et du commerce à Manosque Né le 1er novembre 1775 à Manosque, Joseph-Toussaint Avril est l’une de ces figures régionales dont l’héritage, bien que fondamental, a…

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Représentation imaginaire de Joseph-Toussaint Avril, en l’absence de portrait le représentant.

Une figure de l’érudition et du commerce à Manosque

Né le 1er novembre 1775 à Manosque, Joseph-Toussaint Avril est l’une de ces figures régionales dont l’héritage, bien que fondamental, a été partiellement éclipsé par les mouvements littéraires ultérieurs. Fils de François Avril, maître menuisier, et de Madeleine Eymar, il grandit rue d’Aubette, au cœur de la ville qui sera le théâtre de toute sa vie.
Après une scolarité locale, le jeune Toussaint se tourne vers le commerce, faisant son apprentissage à Marseille dans le négoce du drap. De retour dans sa ville natale, il s’établit comme marchand drapier. Son succès dans les affaires est notable, puisqu’il accèdera plus tard à la présidence du Tribunal de commerce de Manosque.
En 1802, à l’âge de 27 ans, il épouse Thérèse Lieautaud, issue d’une famille de négociants manosquins, avec qui il aura huit enfants. La famille emménage en 1808 dans une demeure de la rue des Marchands, maison qui sera plus tard signalée par une plaque commémorative.
Acte de naissance de Joseph-Toussaint Avril, Manosque, paroisse Saint-Sauveur, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0030.

L’œuvre d’une vie : Le dictionnaire provençal-français

Parallèlement à ses activités professionnelles, Toussaint Avril se consacre à sa passion pour la culture et la langue provençales. En 1826, il publie notamment une chanson descriptive de la fête patronale de Manosque, la Sant Brancaï, célébrée le 12 mai.
Son œuvre maîtresse, celle pour laquelle il est passé à la postérité, est son monumental Dictionnaire provençal-français, suivi d’un Vocabulaire français-provençal.
Publié en 1839 chez un imprimeur d’Apt (E. Cartier), cet ouvrage est un témoignage précieux de l’état de la langue d’Oc au début du XIXe siècle. Avril avait l’ambition de réaliser un outil utile à tout Provençal, quel que soit son lieu de vie. Pour y parvenir, il a cherché à inclure à la fois les termes déjà répertoriés dans les dictionnaires précédents, mais aussi et surtout, ceux qui y étaient omis.

Un regard unique sur l’économie rurale

Ce qui distingue le dictionnaire de J.-T. Avril, c’est son orientation spécifique vers le terrain. L’auteur a intégré un grand nombre de termes en rapport avec l’économie rurale.
Dans son introduction, il indique vouloir ainsi combler l’attente d’une population agricole, qui, selon lui, n’avait pu se satisfaire entièrement dans aucun des dictionnaires provençaux publiés jusqu’alors. L’ouvrage est riche non seulement en définitions, genres et acceptions, mais également en observations relatives à l’histoire naturelle et, bien sûr, à l’économie rurale.
En 1840, Avril enrichit encore son œuvre littéraire avec la publication d’un recueil de chants de Noël provençaux et français, intitulé La Lyre de Judée.
Joseph-Toussaint Avril s’éteint quelques années seulement après la parution de son dictionnaire, le 3 mai 1841, à l’âge de 67 ans, à Manosque.

L’héritage durable

Bien qu’il ait précédé le mouvement du Félibrige, l’effort d’Avril est reconnu par les défenseurs de la langue provençale. En 1892, lors du banquet annuel du Félibrige en Provence, une plaque est posée sur sa maison de la rue des Marchands pour rendre hommage au négociant et érudit.
À noter : Malgré son statut et son importance locale, il ne semble pas exister de portrait ou de gravure formellement identifié de Joseph-Toussaint Avril. Son œuvre reste donc le principal reflet de cet érudit.
Son dictionnaire reste une source de premier ordre pour la généalogie et l’histoire locale, offrant un éclairage unique sur les mots et les usages de la Provence au temps de nos aïeux.
  • Sources : Le Mercure aptésien, 9 mai 1841, p. 3.

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Le mystérieux voyageur du Logis du Pont (Saint-Martin-de-Crau, 12 août 1670) https://www.geneprovence.com/le-mysterieux-voyageur-du-logis-du-pont-saint-martin-de-crau-12-aout-1670/ https://www.geneprovence.com/le-mysterieux-voyageur-du-logis-du-pont-saint-martin-de-crau-12-aout-1670/#respond Wed, 21 Jan 2026 21:36:22 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27403 À l’aube du règne personnel de Louis XIV, la Crau constitue un axe de transit névralgique où circulent les carrosses reliant Marseille, Arles et Aix. Le Logis du Pont sert…

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À l’aube du règne personnel de Louis XIV, la Crau constitue un axe de transit névralgique où circulent les carrosses reliant Marseille, Arles et Aix. Le Logis du Pont sert alors de relais de poste indispensable dans cette steppe aride. Le défunt, marchand facturier de soie, appartient à l’élite artisanale d’Aix, alors capitale parlementaire. Sa « mort subite », probablement un accident cardiovasculaire foudroyant, prive ce voyageur des derniers sacrements, une tragédie spirituelle majeure au XVIIe siècle. L’acte souligne l’importance des réseaux commerciaux textiles et la précision administrative des curés pour identifier les corps anonymes sur les routes de Provence.

« L’an mil six cens septante [j’]ai enseveli un homme qui était d’Aix dans le carrosse, mort de mort subite, au Logis du Pont, pour enseigne Saint-Martin, ayant été averti par Anthoine Bouis, ménager, sans avoir reçu aucun sacrem[en]t, âgé d’environ quarante ans, poil châtain, ayant trouvé sur lui une lettre que Claude Picard lui avait envoyée de Marseille, datée du sixième du courant, l’adresse de laquelle porte a M[onsieu]r de Lédène, marchand facturier de soie, à l’enseigne de Saint-Martin de la Palud, ce douzième août mil six cens septante.
Présents sieurs Claude Paget, bourgeois, et Pierre Clément, fils a M[onsieu]r Jean, procureur au siège d’Arles.
Par moi soussigné. »
[Paget, Clément, Martin curé]
  • Source : Registre paroissial de Saint-Martin-la-Palud, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 151.

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La pièce de dix centimes (Marseille, 15 juin 1868) https://www.geneprovence.com/la-piece-de-dix-centimes-marseille-15-juin-1868/ https://www.geneprovence.com/la-piece-de-dix-centimes-marseille-15-juin-1868/#respond Wed, 21 Jan 2026 17:59:27 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27384 Le cours Belsunce, lieu de promenade et d’affaires de Marseille, fut à la mi-juin 1868 le théâtre d’une scène qui, par la réaction qu’elle provoqua, fit davantage parler que l’incident…

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Le cours Belsunce, lieu de promenade et d’affaires de Marseille, fut à la mi-juin 1868 le théâtre d’une scène qui, par la réaction qu’elle provoqua, fit davantage parler que l’incident lui-même.
Tout commença lorsqu’une dame, dont le costume et les manières permettaient de la reconnaître facilement comme étant étrangère, parut fortement contrariée. Elle venait de perdre un porte-monnaie qui contenait une somme assez importante. Un petit groupe s’était déjà formé autour d’elle, cherchant à l’aider dans ses recherches.
C’est alors qu’une jeune fille de dix-huit ans s’approcha. Elle s’avança en présentant un porte-monnaie, demandant à la dame si c’était bien celui qu’elle avait perdu. La dame poussa un cri de joie et se hâta de confirmer que la somme contenue était intacte. Les passants purent apercevoir dans le porte-monnaie plusieurs billets de banque et de nombreuses pièces d’or.

L’offrande dérisoire

Alors que la jeune fille, pudique et discrète, s’apprêtait à se retirer, la dame l’interpella : « Attendez, ma fille, je veux vous donner une honnête récompense. »
Après s’être fouillée un moment, la dame retira une simple pièce de dix centimes qu’elle lui offrit.
Mais la jeune fille, l’âme fière et honnête, la refusa en rougissant, affirmant qu’elle n’en avait pas besoin pour vivre.
La dame, sans doute étonnée que l’on reconnaisse si mal sa générosité, s’éloigna au milieu de l’indignation des assistants. L’honnêteté de la jeune fille fut saluée, et la pingrerie de l’étrangère fut blâmée par tous ceux qui avaient assisté à cette scène.
  • Source : Le Petit Marseillais, 19 juin 1868, p. 2.

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Le premier mort de la Peste (Salon-de-Provence, 13 septembre 1720) https://www.geneprovence.com/le-premier-mort-de-la-peste-salon-de-provence-13-septembre-1720/ https://www.geneprovence.com/le-premier-mort-de-la-peste-salon-de-provence-13-septembre-1720/#respond Fri, 02 Jan 2026 13:39:23 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27256 En 1720, la Provence affronte l’épidémie de peste bubonique, propagée depuis le port de Marseille par le navire Grand-Saint-Antoine. À Salon, les autorités appliquent rigoureusement les mesures sanitaires de l’époque…

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En 1720, la Provence affronte l’épidémie de peste bubonique, propagée depuis le port de Marseille par le navire Grand-Saint-Antoine. À Salon, les autorités appliquent rigoureusement les mesures sanitaires de l’époque : le billet de santé et la quarantaine. Guillaume Delerse, ancien artisan chapelier, incarne ces exclus confinés hors des murs, dans des abris précaires, pour protéger la communauté. Sa mort solitaire et son inhumation immédiate en terre profane, ordonnées par le juge Michel Tourre, témoignent de la suspension des rites funéraires chrétiens face au risque de contagion, transformant une gestion administrative en tragédie humaine.

L’acte qui suit semble fait état du premier décès officiel à Salon du fait de la Peste de Marseille :

« L’an que dessus [1720] et le treize, a été enseveli à la campagne Guillaume Delerse, jadis chapelier, âgé de quarante ans, lequel faisant quarantaine à cause qu’il venait de Marseille où la mal contagion règne depuis environ deux mois, serait décédé dans sa cabane et aurait été trouvé mort, et ensuite enseveli dans un champ, par ordre de Messire Michel Tourre, juge de cette ville de Salon. »
[Pignard chanoine et curé]

  • Registre paroissial de Salon, année 1720, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 202 E 275.

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