Ce que gagnait le chirurgien de village en Provence

Lorsque vos ancêtres provençaux se blessaient, tombaient malades ou mouraient de façon suspecte, c’est lui qu’on appelait. Lui, le maître chirurgien, dont la boutique jouxtait souvent la place du village, entre l’auberge et l’étude du notaire. Avant que la médecine moderne ne trace des frontières nettes entre les professions de santé, le chirurgien occupait en Provence une place singulière : ni tout à fait le médecin savant, formé à la faculté de Montpellier et qui soignait par les humeurs et les remèdes, ni le simple rebouteux empirique qui remettait les os en place à la force du poignet. Il était l’homme de l’art manuel, celui qui incisait, pansait, saignait, extrayait, et parfois rasait la barbe.
La Provence était, à cet égard, mieux lotie que bien d’autres régions françaises. À la fin de l’Ancien Régime, les départements provençaux figuraient parmi les mieux pourvus du royaume en personnel médical : à Marseille, on comptait 63 chirurgiens pour 34 médecins ; à Castellane, 6 chirurgiens pour 3 médecins seulement. Jusque dans les bourgs les plus reculés — Trigance dans les gorges du Verdon, La Cadière dans le Var, Gréoux en Haute-Provence — on trouvait un praticien installé, souvent père d’une lignée de chirurgiens.
Mais de quoi vivait concrètement cet homme indispensable ? Que lui versait-on pour panser une blessure d’épée, soigner une longue maladie, ou simplement raser la barbe chaque semaine ? Les archives provençales — délibérations de communautés, registres judiciaires, testaments — conservent des traces précises et souvent surprenantes de cette économie de la santé rurale.

Qui était le chirurgien de village ? Statuts et formations

Derrière le titre générique de « chirurgien » se cachait en réalité une hiérarchie complexe, que vos ancêtres distinguaient fort bien. Au bas de l’échelle, l’apprenti débutait sa formation auprès d’un maître établi, apprenant les gestes de base en échange d’un contrat passé devant notaire. À Cavaillon en 1718, le chirurgien Louis Labrousse dut ainsi poursuivre en justice le notaire François-Joseph Manuel de Robion pour récupérer les 10 écus et une charge de blé qui lui restaient dus pour l’apprentissage de son fils Henri-François dans l’art de la chirurgie. L’apprenti devenait ensuite garçon chirurgien, employé salarié d’un maître, avant d’accéder — après examens — à la maîtrise. Au sommet se trouvait le chirurgien-juré, reconnu officiellement par une communauté de chirurgiens.
Pour accéder à la maîtrise, trois voies coexistaient en Provence. Dans certaines villes comme Hyères, Lorgues, La Ciotat ou Digne, on se formait « sur le tas » auprès d’un praticien diplômé. Ailleurs, on passait quatre examens oraux — ostéologie, anatomie, luxations, saignées, plaies, ulcères, médicaments — devant l’une des communautés de chirurgiens d’Aix, Marseille, Arles, Tarascon, Draguignan, Fréjus, Toulon ou Brignoles. À partir de 1767 à Aix, puis 1775 à Marseille, des collèges de chirurgie dispensèrent enfin un enseignement structuré en anatomie, physiologie, pathologie et obstétrique.

Les revenus communaux : quand le village paie son chirurgien

La question du chirurgien était, au XVIIIe siècle, une affaire d’État local. Les conseils de communauté provençaux en délibéraient, le Parlement d’Aix en homologuait les décisions, et les habitants en payaient parfois directement la note. Car attirer un praticien dans un village reculé n’allait pas de soi, et le maintenir encore moins.
Le mécanisme le plus courant était le versement de gages annuels, financés par la communauté elle-même. En 1763, la communauté de Gréoux, en Haute-Provence, obtint du Parlement de Provence l’homologation d’un « capage » — un impôt levé sur chaque habitant du lieu — spécifiquement destiné à subvenir au paiement des gages de son chirurgien, à l’entretien d’une fontaine et à d’autres charges de pareille nature. Le rapprochement est révélateur : aux yeux des consuls, la présence d’un chirurgien relevait de la même nécessité publique que celle d’une fontaine. C’était un service dû à la communauté, que chaque feu devait contribuer à financer.
Mais que se passait-il lorsque la communauté ne parvenait pas à attirer ou à retenir un praticien ? Le document de Venelles, en 1769, répond à cette question avec une brutalité saisissante. La délibération de cette communauté, homologuée par le Parlement de Provence, commence par ce constat accablant : la plupart des habitants du lieu mouraient sans le secours d’un chirurgien. Pour y remédier, il fut décidé d’allouer une rente de 120 livres par an au sieur Boudisson, médecin, à condition qu’il vienne établir sa résidence à Venelles. Ce chiffre de 120 livres annuelles constitue l’une des rares données chiffrées conservées sur les gages d’un praticien de village en Provence au XVIIIe siècle. À titre de comparaison, un employé municipal à Auriol touchait des appointements d’un ordre comparable à la même époque — ce que nous avons pu établir dans un précédent article.
Ces deux documents illustrent une réalité que les généalogistes connaissent bien : la santé de vos ancêtres dépendait souvent moins de leur propre résistance que de la capacité de leur communauté à s’offrir un homme de l’art. Entre Gréoux qui taxait ses habitants pour payer son chirurgien et Venelles dont les habitants mouraient faute d’en avoir un, toute la fragilité du système de santé rural provençal se résume en quelques lignes d’archives.

Les honoraires à l’acte : une économie de l’incertitude

En dehors des gages communaux, la grande majorité des chirurgiens de village vivait de ce qu’on leur payait acte par acte — et les archives judiciaires, précisément parce qu’elles conservent les litiges, nous livrent une série de tarifs d’une précision rare.
La visite ordinaire à domicile se négociait autour de 2 livres. À Avignon en 1723, le chirurgien Brunel dut poursuivre en justice les héritiers d’une certaine Pompone pour récupérer 4 livres 4 sous correspondant à deux visites qu’il lui avait faites — soit 2 livres 2 sous par visite. Un tarif modeste, mais que beaucoup de patients ou leurs familles rechignaient à honorer. Pour un pansement de blessure, le prix montait. En 1750-1751, toujours à Avignon, le garçon du chirurgien Manne reçut 3 livres pour avoir pansé un sculpteur nommé Adam d’un coup d’épée — et c’est le créancier d’Adam qui avança la somme, intégrée dans une dette plus large. Le chirurgien intervenait ainsi au cœur des réseaux de crédit et d’entraide qui structuraient la vie villageoise.
Lorsque les soins s’étiraient sur plusieurs semaines, la note devenait plus substantielle. À Aix-en-Provence en 1691, la ville versa 20 livres au sieur Nicolay, maître chirurgien, pour avoir soigné pendant un mois une jeune fille qui avait reçu quatre blessures d’un dragon du régiment de Rannes. Soit environ 5 livres par semaine de soins intensifs pour une victime de violence militaire. Mais c’est le cas de Jean Oltonne, chirurgien aixois, qui illustre le mieux les extrêmes que pouvait atteindre la rémunération : en 1708, la somme due par Jean-Louis Clémens, huissier à la Cour des Comptes, fut fixée à 60 livres pour un mois de traitement d’une maladie vénérienne. Un tarif élevé, révélateur à la fois de la difficulté du traitement et du rang du patient.
Encore fallait-il être payé. Les archives regorgent de praticiens contraints de porter leurs créances devant les tribunaux. Le chirurgien avignonnais Louis Labaume en fit l’amère expérience en 1711 : il dut poursuivre les héritiers de Charles Bouflard, peintre, pour récupérer 10 livres correspondant aux soins et à la nourriture qu’il avait fournis au défunt lors de sa dernière maladie. Car le chirurgien ne soignait pas seulement — il nourrissait parfois le malade, veillait à son confort, assumait un rôle qui débordait largement le geste médical. Et les héritiers, une fois l’enterrement fait, n’étaient pas toujours pressés de régler ces dettes-là.
Le paiement en nature était une autre réalité quotidienne. À Cavaillon en 1718, c’est une charge de blé — en sus de 10 écus en argent — qui entrait dans le règlement des frais d’apprentissage d’un jeune chirurgien. Le médecin de Saint-Rémy Denis Pélissier, dont les papiers ont été conservés, se faisait parfois régler ses visites par une dinde ou par le ferrage de son cheval. Comme le notait un historien ayant étudié ses comptes, il paraît impossible de déterminer un tarif moyen tant les modalités de paiement variaient d’un patient à l’autre. C’était, au fond, moins un marché régulé qu’une économie de la confiance et de la négociation perpétuelle.

Les revenus annexes : barbe, apprentis et location du privilège

Pour arrondir des revenus médicaux irréguliers et souvent difficiles à recouvrer, le chirurgien de village disposait de plusieurs sources de revenus complémentaires, que les archives nous révèlent avec une précision parfois savoureuse.
La plus banale était la barbe. Malgré les édits royaux qui avaient officiellement séparé la chirurgie de la barberie, nombreux étaient les praticiens qui continuaient à tenir leur clientèle d’abonnés au rasoir. À Avignon en 1744-1745, le chirurgien-juré François Cambaud dut ainsi traîner en justice les mariés Masson pour 19 mois d’abonnement impayé à la barbe, à raison de 6 livres par an. Une somme modeste — moins d’un sou par jour — mais qui, multipliée par une clientèle régulière, constituait un revenu prévisible dans un métier qui en manquait cruellement. La boutique du chirurgien, ouverte sur la rue, était aussi un lieu de sociabilité masculine où l’on venait se faire raser chaque semaine, échanger les nouvelles, et parfois se faire tirer une dent.
La formation d’apprentis représentait une autre source de revenus non négligeable. Prendre un jeune homme sous sa coupe pour lui enseigner l’art chirurgical se monnayait : à Cavaillon en 1718, Louis Labrousse réclamait 10 écus et une charge de blé pour l’apprentissage du fils d’un notaire. Outre la rétribution financière, l’apprenti fournissait une main-d’œuvre gratuite — c’est le garçon de Manne qui pansait les blessés à Avignon, libérant le maître pour d’autres tâches. L’équipement de l’apprenti représentait lui-même un coût non négligeable : à Aix à la fin du XVIe siècle, un compte tutélaire mentionne le paiement de 20 sous pour une trousse garnie d’instruments, plus deux lancettes espagnoles non comprises dans ce prix.
Enfin, le droit d’exercer lui-même pouvait se louer, pratique moins connue mais bien attestée en Provence. À Aix en 1692, le maître chirurgien Antoine Lieutaud loua son « poinçon » — son privilège d’exercer — à un confrère nommé François Bonnet pour deux années et quinze jours, la contrepartie étant estimée en nature. À Avignon en 1714, Louis-François Manne réclamait en justice 7 écus et demi pour six mois de location de son privilège à un certain Datrie, également chirurgien. Soit l’équivalent de 15 écus par an — environ 45 livres — pour le seul droit de pratiquer sous couvert d’une patente établie. Une façon pour le maître de monétiser sa position, et pour le locataire de s’installer sans avoir encore obtenu sa propre maîtrise.

Les revenus exceptionnels : expertises judiciaires et chirurgiens de peste

À côté des honoraires ordinaires et des revenus annexes, certaines circonstances offraient au chirurgien des rémunérations d’une tout autre nature — parfois considérables, parfois payées au prix de la vie.
La première de ces sources exceptionnelles était l’expertise judiciaire. Dès qu’une mort suspecte, une blessure grave ou un décès soudain survenait, la justice seigneuriale ou royale requérait un chirurgien pour examiner le corps et rédiger son rapport. Ces prestations étaient payées par la ville ou la juridiction compétente, indépendamment des parties. À Aix-en-Provence en 1675, la ville versa 50 livres aux médecins Bouchard, Lauthier et Rive, ainsi qu’au chirurgien Nicolay, pour avoir pratiqué l’autopsie du conseiller Puech, décédé subitement — les frais de l’opération ayant été mis à la charge de la ville par décision du Parlement. Sur geneprovence.com, plusieurs articles illustrent concrètement ce rôle : à Simiane-la-Rotonde en 1745, un chirurgien local fut ainsi requis après la découverte nocturne du corps d’Henri Blanc, travailleur assassiné, le vicaire ne pouvant procéder à l’inhumation qu’après la levée de corps et le rapport médical. À Cabannes en 1758, c’est la mort par chute du sergent ordinaire Joseph Jobert qui nécessita l’intervention d’un maître chirurgien, à la réquisition du procureur et du greffier de la juridiction. Ces expertises, répétées tout au long d’une carrière, constituaient un complément de revenus régulier et officiel.
Mais c’est en temps d’épidémie que les rémunérations atteignaient des sommets vertigineux — au prix d’un risque tout aussi vertigineux. En août 1629, la ville d’Aix passa un traité avec Jean Rougier, chirurgien des Martigues, qui s’engagea à venir traiter les pestiférés moyennant 750 livres par mois, plus le vivre, le chauffage, le couchage et un valet pour le temps qu’il serait en quarantaine. Une somme prodigieuse — l’équivalent de plus de six années de gages d’un praticien communal ordinaire — qui dit tout du désespoir des autorités face à la contagion et de la conscience qu’avaient les chirurgiens du risque mortel qu’ils encouraient. Des municipalités pouvaient ainsi se mettre en quasi-faillite pour trouver des volontaires.
Car le risque était réel et fatal. À Graveson, au pied de la Montagnette, la peste de 1721 emporta Paul François Bertrand, maître chirurgien du village, mort en septembre de cette année à l’infirmerie de campagne de Cadillan après avoir combattu le mal au chevet des pestiférés. Avec lui disparut le jeune apothicaire Honoré Amiel, vingt-quatre ans. Leur sacrifice laissa le village dans un dénuement médical total, désorganisant pour longtemps les réseaux de soins habituels. Pour ces chirurgiens-là, le prix payé n’était pas en livres.

Le chirurgien, un notable provincial : patrimoine et statut social

Au-delà des honoraires et des gages, la question de ce que gagnait le chirurgien de village ne se réduit pas à une somme en livres. Elle se lit aussi dans ce qu’il laissait derrière lui — et les testaments conservés dans les archives provençales sont, à cet égard, d’une éloquence remarquable.
À Lorgues en 1655, Jean Chaix, chirurgien de la ville, exprimait dans ses dernières volontés une ambition sociale sans équivoque : il voulait être enseveli dans la grande église, accompagné par messieurs du chapitre et par tous les autres ordres religieux de la ville. Cette sépulture au cœur de l’église, entourée du clergé réuni, n’était pas donnée à tout le monde. Elle signalait un homme parvenu au sommet de la notabilité locale, dont la mémoire méritait d’être honorée avec le même apparat que celle des marchands prospères ou des officiers de justice. Un siècle plus tard, à La Cadière dans le Var, Antoine Gardon, chirurgien du village, léguait 30 livres en 1773 à la confrérie de la Charité établie dans la paroisse voisine de Bandols, laissant à son épouse Anne Riboulet la jouissance de tous ses biens meubles et immeubles, et instituant ses quatre fils héritiers par portions égales. Quatre fils, des biens meubles et immeubles, un legs pieux à une confrérie hors de sa propre paroisse : le portrait d’un homme solidement ancré dans les réseaux de bienfaisance et de sociabilité de sa région.
Plus éloquent encore est le testament de Pierre Rouvier, maître en chirurgie de Trigance, rédigé en 1785 dans ce village perché des gorges du Verdon — l’un des endroits les plus reculés de toute la Provence. Il y léguait à son fils François, lui aussi maître en chirurgie, un jardin arrosable situé au-dessus du moulin à farine, et à ses petits-fils un autre jardin au quartier du Gros-Buis. Terres, jardins, transmission de la profession de père en fils : le chirurgien de village le plus isolé pouvait constituer, au fil d’une carrière, un patrimoine foncier réel et le transmettre à une véritable dynastie familiale.
À Avignon, Louis Labaume incarnait une autre facette de cette intégration sociale : en 1724, les Pénitents de la Miséricorde durent poursuivre ses héritiers pour récupérer 5 écus qu’il leur avait légués pour la nourriture des prisonniers. Un chirurgien qui faisait des dons aux détenus, qui soignait sans distinction juifs et chrétiens, nobles et artisans, était bien davantage qu’un prestataire de soins : il était une figure morale de sa communauté.

Ni riche ni miséreux : une condition honorable et précaire

De 2 livres la visite ordinaire à 750 livres par mois pour affronter la peste, la fourchette des revenus du chirurgien provençal était vertigineuse — et elle dit à elle seule l’extrême diversité des situations que recouvrait ce métier. Entre le garçon chirurgien qui se battait en justice pour récupérer 16 livres de salaire impayé et le maître établi qui léguait jardins et maisons à ses fils, entre Venelles dont les habitants mouraient faute d’avoir un chirurgien et Jean Chaix de Lorgues enterré en grande pompe dans l’église collégiale, il n’y avait pas un chirurgien provençal mais des dizaines de conditions différentes.
Ce que les archives nous disent avec constance, c’est qu’un maître chirurgien installé, habile et patient, pouvait mener une vie honorable : constituer un patrimoine foncier, élever plusieurs enfants, transmettre sa profession et son statut, faire des legs pieux. Mais cette honorabilité reposait sur des fondements fragiles — des honoraires difficiles à recouvrer, des patients insolvables ou récalcitrants, une concurrence entre praticiens qui poussait certains à louer leur propre privilège d’exercer. Et au bout du chemin, pour les plus malchanceux ou les plus courageux, la mort au chevet des pestiférés, comme Paul François Bertrand à Graveson en 1721.
Si vous trouvez dans vos recherches généalogiques un ancêtre qualifié de « maître chirurgien », sachez qu’il occupait dans son village une place enviée — celle d’un homme indispensable, respecté, et suffisamment instruit pour tenir sa propre comptabilité et plaider ses créances devant les tribunaux. Un notable de proximité, ancré dans la terre et dans les corps de sa communauté.

Sources

Archives municipales d’Aix-en-Provence :
  • CC 531 (1591-1613) — Note de 4 écus du maître chirurgien Jean Prouhet pour soins donnés au trompette de la Ville (1611)
  • CC 650 (1675-1676) — Paiement de 50 livres aux médecins et au chirurgien Nicolay pour l’autopsie du conseiller Puech (1675)
  • CC 682 (1691-1692) — Paiement de 20 livres au sieur Nicolay, maître chirurgien, pour un mois de soins à une jeune fille blessée par un dragon (1691)
  • CC 1155 (1586-1602) — Comptes tutélaires : paiement de 20 sous pour une trousse d’instruments pour un apprenti chirurgien
  • BB 140 — Traité avec Jean Rougier, chirurgien des Martigues, pour soigner les pestiférés : 750 livres par mois plus le vivre, le chauffage, le couchage et un valet (1629)
  • BB 182, f° 365 — Estimation d’un trelis vitré remis par Antoine Lieutaud, maître chirurgien, à François Bonnet, chirurgien, pour la location de son poinçon pendant 2 ans et 15 jours (1692)
  • BB 198, f° 303 — Fixation à 60 livres de la somme due par Jean-Louis Clémens au chirurgien Jean Oltonne pour un mois de traitement (1708)
Archives départementales des Bouches-du-Rhône :
  • B 2927 (1763) — Arrêt homologuant l’imposition d’un capage sur les habitants de Gréoux pour subvenir au paiement des gages du chirurgien
  • B 2933 (1769) — Arrêt homologuant la délibération de la communauté de Venelles allouant une rente de 120 livres par an au sieur Boudisson pour établir sa résidence dans le village
Archives départementales du Vaucluse :
  • B 788 (1718) — Poursuites de Louis Labrousse, chirurgien de Cavaillon, contre le notaire Manuel de Robion, pour 10 écus et une charge de blé dus pour l’apprentissage de son fils en chirurgie
  • B 975 (1711) — Poursuites de Louis Labaume, chirurgien, contre les hoirs de Charles Bouflard, peintre, pour 10 livres de soins et nourriture lors de sa dernière maladie
  • B 981 (1714) — Poursuites de Louis-François Manne, maître chirurgien, contre Datrie, chirurgien, pour 7 écus et demi pour la location de son privilège pendant 6 mois
  • B 994 (1723) — Poursuites du chirurgien Brunel contre les hoirs de Pompone pour 4 livres 4 sous correspondant à deux visites
  • B 1014 (1735) — Instance de Pierre Ollivier, garçon chirurgien, contre Mouret, chirurgien, pour un salaire de 16 livres
  • B 1031 (1744-1745) — Poursuites de François Cambaud, chirurgien-juré, contre les mariés Masson pour 19 mois d’abonnement à la barbe à 6 livres par an
  • B 1042 (1750-1751) — Paiement de 3 livres au garçon du chirurgien Manne pour avoir pansé un sculpteur d’un coup d’épée
  • B 813 (1724) — Poursuites des Pénitents de la Miséricorde d’Avignon contre les hoirs de Louis Labaume, chirurgien, pour 5 écus légués pour la nourriture des prisonniers
Archives départementales du Var :
  • E 133 (1655) — Testament de Jean Chaix, chirurgien de Lorgues, léguant une pension viagère de 60 livres à son épouse
  • E 231 (1773) — Testament d’Antoine Gardon, chirurgien de La Cadière, léguant 30 livres à la confrérie de la Charité de Bandols
  • E 299 (1785) — Testament de Pierre Rouvier, maître en chirurgie de Trigance, léguant jardins et biens à ses fils, dont l’un également maître chirurgien
Sur GénéProvence :
  • Graveson (1720-1721) : une communauté provençale face au fléau — mort du maître chirurgien Paul François Bertrand pendant la peste
  • Henri Blanc assassiné la nuit (Simiane-la-Rotonde, 27 mars 1745) — intervention du chirurgien dans une procédure judiciaire
  • La mort du sergent ordinaire (Cabannes, 1er juillet 1758) — visite du maître chirurgien requis par la juridiction
  • Combien gagnait un employé municipal à Auriol en 1745 ? — pour la comparaison des salaires
Bibliographie :
  • François-Xavier Emmanuelli, « Le monde médical provençal à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle », Études Héraultaises, 1984
  • François-Xavier Emmanuelli, « Introduction à l’histoire du XVIIIe siècle communal en Provence », Annales du Midi, tome 87, n° 122, 1975
  • Toby Gelfand, « Deux cultures, une profession : les chirurgiens français au XVIIIe siècle », Revue d’histoire moderne et contemporaine, vol. 27, n° 3, 1980
  • Jamel El Hadj, « La réorganisation d’un groupe professionnel. Les chirurgiens de peste à Marseille aux XVIIeXVIIIe siècles », Rives méditerranéennes, 2017

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