Le mystère du portefeuille sauvé (Marseille, 28 juin 1868)

Le chemin de Sainte-Marguerite, ce soir-là, fut le théâtre d’un petit drame dont le héros sortit vainqueur par la seule force de son esprit.

L’embuscade

Notre homme cheminait tranquillement lorsqu’il aperçut, dans le lointain, trois silhouettes aux allures peu rassurantes. Il comprit d’un coup d’œil que le guet-apens se préparait. Sans ralentir le pas, il agit : d’un geste discret, il ôta sa montre de son gousset, la glissa dans sa main droite, et saisit son porte-monnaie de la gauche. Puis, les bras ballants, les poings fermés, il continua d’avancer.
À cinq pas des bandits, le cri de « Halte ! » fendit le silence.

Le stratagème

Un pistolet sous le nez, notre homme déclara n’avoir pas le sou. Sa parole ne fut pas crue — cela allait de soi. Les trois compères le fouillèrent alors avec soin, retournant chaque poche. Lui se prêtait à l’opération avec une bonne grâce déconcertante, levant obligeamment les bras pour faciliter la besogne.
Le stratagème était d’une simplicité confondante : personne ne songea à regarder ses mains.
Les voleurs le laissèrent repartir bredouilles, persuadés de sa misère.

Le dénouement

Cent mètres plus loin, le courageux Marseillais eut le plaisir de remettre tranquillement sa montre à son gousset et sa bourse en poche. Ce soir-là, le flair et le sang-froid avaient eu raison de trois brigands armés.
  • Source : Le Petit Marseillais, 30 juin 1868, p. 2.

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