83 - Flayosc Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/83-flayosc/ 500 ans de faits divers en Provence Thu, 10 May 2018 19:56:32 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 83 - Flayosc Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/83-flayosc/ 32 32 Le père assassin de son fils (Vins-sur-Caramy, 6 septembre 1879) https://www.geneprovence.com/pere-assassin-de-son-fils-vins-sur-caramy-1879/ https://www.geneprovence.com/pere-assassin-de-son-fils-vins-sur-caramy-1879/#respond Sat, 12 May 2018 02:25:45 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16494 Le 6 septembre 1879, vers six heures du matin, M. Mourlan, cultivateur à Vins-sur-Caramy, se rendit avec sa femme à un petit bastidon qu’il possédait à deux kilomètres et demi…

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Le 6 septembre 1879, vers six heures du matin, M. Mourlan, cultivateur à Vins-sur-Caramy, se rendit avec sa femme à un petit bastidon qu’il possédait à deux kilomètres et demi environ de la commune, près de la route de Cabasse. Arrivés sur place, ils furent étonnés de trouver près du cabanon un homme qui leur était totalement inconnu.
Vins-sur-Caramy. DR.
Vins-sur-Caramy. DR.
La disparition de la corde qui, d’ordinaire, fermait la porte, ayant laissé comprendre à Mourlan que l’étranger avait dû passer la nuit sur place, il échangea quelques mots avec lui. L’homme avoua le fait et manifesta par son attitude son intention de garder l’entrée de la maisonnette et d’empêcher les époux Mourlan d’y pénétrer. Ceux-ci n’insistèrent pas et s’éloignèrent.

Découverte du crime

Quand ils revinrent deux heures et demie plus tard, l’inconnu avait disparu mais, par la porte entrebâillée, ils aperçurent les pieds d’un homme étendu à terre et qui paraissait dormir. Ils le secouèrent et grande fut leur émotion de constater qu’ils ne touchaient qu’un cadavre.
Le substitut et le juge d’instruction furent aussitôt informés et ils se rendirent sur les lieux du crime en compagnie d’un médecin.

pierre-sang

Au milieu du cabanon où gisait le cadavre placé sur le ventre, les pieds près de la porte, la tête reposant à terre présentait d’horribles blessures d’où le sang, s’échappant à flots, avait tout autour imbibé la litière qui couvrait le sol. À droite de la porte et vers l’angle du mur était déposée à terre une veste et sur cette veste, dont une partie était entièrement trempée de sang, se voyait également maculée une très grosse pierre de 20 à 25 kilos, instrument du crime sans aucun doute.
L’état du cadavre indiquait que la mort remontait seulement à quelques heures et le malheureux paraissait âgé d’une vingtaine d’années seulement. Sa position et celle de ses blessures indiquaient qu’il avait été frappé durant son sommeil. Ses poches béantes, une cassette portant des traces d’effraction montraient que l’attentat avait eu le vol pour mobile.

L’enquête

Les investigations du magistrat instructeur amenèrent à la découverte du coupable. Il s’agissait d’un nommé François Leydet, cultivateur de 53 ans, né et domicilié à Flayosc, repris de justice, ayant résidé en diverses localités et laissé partout une réputation détestable.
La victime n’était autre que son propre fils, François Jacques Leydet, âgé de 20 ans.
Après avoir dans un premier temps nié en bloc les accusations, Leydet finit par reconnaître son crime.
Il avait tué son fils pour s’emparer d’un reçu du Crédit de Nice (succursale de Draguignan), constatant le dépôt, fait par le jeune homme d’une somme de 5000 francs.
Profitant de son sommeil, il lui avait fracassé le crâne avec la lourde pierre trouvée près du corps. Par suite de la violence du coup, un fragment du crâne s’était détaché. Il lui avait alors lancé un second caillou puis, comme le corps de son malheureux enfant était encore agité de faibles tressaillements, il saisit par le canon un fusil déposé dans le bastidon et l’abattit avec tant de force que les deux chiens s’enfoncèrent dans la partie postérieure.
Enfin froidement, il remua le cadavre et fouilla minutieusement ses poches pour y trouver la clé de la cassette renfermant le reçu, objet de sa convoitise.
Et deux jours après, le 8 septembre, on le voit l’air satisfait venir dans les bureaux du Crédit de Nice et faire transférer à son nom le reçu des 5000 francs.
La préméditation ne faisait aucun doute. Au mois d’avril 1879, Leydet avait fait part à un nommé Troin de l’existence de ce reçu et du plaisir qu’il aurait à s’en emparer. Aussi l’accusé ne fit-il aucune difficulté de reconnaître qu’il avait conçu le projet de son horrible infanticide dès le premier jeudi de septembre, quand il avait appris que le coffret dont son fils était porteur contenait ce fameux billet de 5000 francs qu’il désirait tant et disait être sa propriété.

Le procès

Le mercredi 28 janvier 1880, la cour d’assises du Var, présidée par M. de Bonnecorse, conseiller à la cour d’appel d’Aix, jugea l’affaire.
L’accusé, défendu par Maître Trotabas, fut reconnu coupable mais on admit des circonstances atténuantes en sa faveur.
En vertu de ce verdict, Leydet fut condamné à la peine des travaux forcés à perpétuité.

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II. La ville comtale d’Aix-en-Provence https://www.geneprovence.com/ii-la-ville-comtale-daix-en-provence/ https://www.geneprovence.com/ii-la-ville-comtale-daix-en-provence/#respond Tue, 31 Jan 2006 14:51:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=1405 Page 1 / Page 2 / Page 3 / Page 4 / Page 5 Cette maison de l’Aumône doit son nom à une autre rue de la Ville Comtale, la rue de l’Aumône-Vieille. Cette rue fut habitée par la célèbre famille Gastinelli.

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Cette maison de l’Aumône doit son nom à une autre rue de la Ville Comtale, la rue de l’Aumône-Vieille. Cette rue fut habitée par la célèbre famille Gastinelli. Au moins trois membres de cette dynastie méritent d’être cités :

  • Mitre Gastinelli, chanoine de Saint-Sauveur, évêque de Sisteron en 1437, envoyé au concile de Ferrare par le roi René. Il serait mort en 1442.
  • Mitre Gastinelli, neveu probable du précédent, nommé évêque de Sisteron en 1455, mort en 1456.
  • Michel Gastinelli, frère du second Mitre de cette liste (et donc neveu du premier), était syndic d’Aix. Il fut élu au moins deux fois à ce poste, en 1433 et en 1445.

Sur le haut de cette rue se trouvait autrefois une impasse, menant à un jardin, dénommée impasse du Paradis. Son nom a suscité bien des interrogations. Certains, comme Roux-Alphéran, y ont vu le site d’un ancien cimetière. De 1790 à 1842, Mme Bourgarel, propriétaire du jardin, affirmait y trouver régulièrement des ossements. Pour étayer son argumentation, Roux-Alphéran affirme que dans de nombreux testaments des Xe au XIIe siècles, le mot paradisus désigne un cimetière et non le royaume des cieux. D’autres, comme l’historien Bouyala d’Arnaud, y voient plutôt une allusion à un jardin magnifique qu’il situe dans l’actuelle rue des Magnans.

bomparLa rue des Magnans, parlons-en justement. Cette rue était apparemment la plus sale et la plus dégoûtante de l’Aix du XIXe siècle. On la nommait parfois aussi rue de Magnan. Son nom lui vient d’Hugues Bompar, seigneur de Magnan, trésorier-général des États de Provence qui y acquit au XVIe siècle le magnifique jardin que nous avons évoqué ci-dessus. Son fils, Vincent, conseiller à la cour des comptes en 1555 et président de ladite cour en 1568, racheta une source d’eau située dans l’actuelle rue Venel (autrefois rue des Rastoin) et qu’il relia au jardin familial, en en faisant un domaine magnifique. Afin de se prémunir d’une acquisition par la ville, il fit placer à l’extérieur de la muraille une plaque reprenant la devise de la famille et sur laquelle on lisait : « Tant qu’à nous plaira, 1584 », assortie de titres dûment signés. Le jardin échut par la suite à Vincent de Castellane, descendant de la famille Bompar, qui le vendit finalement à François de Beaumont en 1619. Michel Bœuf, avocat, en devint propriétaire en 1679.
La famille Bompar-Magnan est aujourd’hui éteinte.
La rue de l’Annonciade porte le nom de l’ancien couvent de l’Annonciade, bâti sur les ruines d’une chapelle Saint-Antoine datant du XIIIe siècle. Saint Antoine était invoqué contre l’ergotisme gangreneux, maladie alors appelée « feu de Saint Antoine » ou « feu sacré ». Cette maladie entraînait la perte du membre contaminé qui devenait noir et sec, comme brûlé. C’est dans cette église qu’avaient lieu les réunions des consuls et de leurs assesseurs jusqu’à l’union du bourg Saint-Sauveur et de la Ville Comtale en 1357.
L’historien Pitton affirme que « lorsque des enfants mouraient avant d’avoir été baptisés, on les exposait sur l’autel aux pieds de l’image de la sainte Vierge (dans la chapelle Saint-Antoine), et à la suite de quelques prières ils donnaient, dit-on, des signes de vie pendant lesquels les religieux leur administraient le baptême. » Un miracle similaire y aurait eu lieu en 1558. Il est narré par l’historien Roux-Alphéran, sur la base des travaux de Pitton : « Un de ces enfants fut laissé sur l’autel après les prières ; il reprit sa vigueur, fut baptisé et par une merveille toute particulière, sept cierges rangés sur un chandelier suspendu au milieu de l’église, à plus de douze pieds de terre, furent miraculeusement allumés. Nous en avons vu le verbal pris par le grand-vicaire et attesté de sept témoins. »
L’historien De Haitze, lui, semble le seul à y voir « fourberie et niaiserie »…
La rue des Marseillais porte ce nom depuis presque sept cents ans. Des commerçants venus de Marseille s’y installaient à l’occasion des foires pour y faire du change de monnaies. Ce sont à ce titre les premiers banquiers aixois. La rue s’est aussi appelée rue du Cambi ( » rue du Change « ) au XIIIe et XIVe siècle.
La rue des Marseillais est coupée à son extrémité ouest par la rue de la Verrerie. Cette rue montait autrefois jusqu’à l’actuelle place des Cardeurs. Le tronçon de rue qui longe l’Hôtel de Ville avait alors pour nom, jusqu’en 1811, la rue de la Juiverie. Comme son nom l’indique, elle était habitée par une forte population juive. Roux-Alphéran cite quelques notaires juifs qui y vivaient : Vidal Davin, en 1366 ; Jacob Bonnet, en 1367 ; Jaffé Crestat, en 1406 ; Durand Jacob, en 1411 ; Salomon Jacob, en 1474.
Dans la rue de la Verrerie proprement dite habitait Magdeleine de Gaillard, sœur de Jean de Gaillard, fils de Pierre, seigneur de Ventabren, trésorier-général des États de Provence. Cette femme épousa à l’âge de treize ans le célèbre Gaspard de Venel, conseiller au Parlement d’Aix. Magdeleine de Gaillard avait acquis la réputation d’intriguer pour parvenir à ses fins. Elle fit attribuer à son frère Jean-Jacques le siège épiscopal d’Apt, en 1671, devint gouvernante des nièces du cardinal Mazarin, puis sous-gouvernante des enfants de France, obtint le privilège exclusif de débiter la glace en Provence, ce qui lui rapportait plus de 20 000 francs de rente [1]. Lorsqu’elle mourut le 21 novembre 1687 au château de Versailles, dans les bras de la duchesse de Mazarin, son corps fut ramené à Aix et inhumé dans l’église du monastère de la Visitation (aujourd’hui 3-9, rue Mignet). Son mari la rejoignit dans la tombe en, 1692.
La rue du Félibre Gaut, anciennement rue du Pont, doit son nom à Jean-Baptiste Gaut (1819-1891), félibre, organisateur du Roumavagi di troubaire à Aix, en 1858 [2]. Le nom de la rue du Pont vient de deux maisons se faisant face à face et qui furent réunies par un arceau ressemblant à un pont. La maison faisant l’angle entre la rue de la Verrerie et la rue de l’Annonciade appartenait à Jean de Lalande, assesseur de la ville d’Aix en 1468 et en 1474. Ce noble, qui vivait au temps du roi René, aurait été l’instituteur d’un des fils du monarque. Avant la destruction de l’église des Cordeliers, son tombeau était orné de l’épitaphe latine qui en atteste :  » Hic in pace quiescit bonae memoriae vir, gloria, flos, virtus urbis Aquensis, in illâ natus, institutus et laureatus doctor fuit egregius Johannes de Lalanda, Jacobis filius, magister reqis filii Johannis vivus, qui migravit in Domino sub principe reqe Renato, Anno MCCCCLXXVII mense maii ci die XXIII. »
Un de ses descendants, Pierre de Lalande, épousa en juin 1577 Françoise de Fabri-Calas, tante de Peiresc, évoqué dans la généalogie au début de cette page.
Il y avait aussi dans cette rue un cul-de-sac appelé le Puits d’Anterre (pous d’Anterro), car un puits public s’y trouvait dans la maison de la famille Anterre (XIVe et XVe siècles).
La rue des Cordeliers est une des plus connues d’Aix, reliant la place de l’hôtel de ville au cours Sextius. Elle se divisait autrefois en trois parties.

  • La partie supérieure était nommée rue Esquicho-Mousquo ( » écrase-mouche « ). Elle était si étroite qu’on disait que pas même une mouche pouvait y passer. Elle n’a été réellement agrandie qu’en 1755, lorsque fut bâti l’Hôtel de Ville. Ce nom d’Esquicho-Mousquo remonte à au moins 1408. À l’extrémité de cette rue, alors bâtie sur une faible longueur, se dressait la porte des Anglais (Anglès), aussi dénommée porte de Saint-Jacques des Pèlerins.
  • Vers 1250, on prolongea la rue dans sa partie intermédiaire, partie qui reçut le nom de rue des Fabres, en raison du nombre d’artisans qui y tenaient leurs échoppes. De nombreuses familles nobles s’y établirent : Florence [3], Pinchinat, Ségur. Cette rue vit aussi le fabuliste aixois Antoine Marie Augustin Vitallis, le 11 novembre 1749. Un peu plus bas, se trouve la maison des Perier, seigneur de Clumans et marquis de Flayosc. Cette famille a donné six conseillers au Parlement qui prirent le parti d’Henri IV à l’époque de la Ligue.
  • La partie inférieure de la rue a pris le nom proprement dit de rue des Cordeliers, qui s’étendit par la suite à toute la ligne, doit son nom à l’église des Cordeliers qui y fut reconstruit après sa ruine par Raymond de Turenne (fin du XIVe siècle). Peu à peu des maisons se construisirent autour et l’on en fit une rue qui poussa jusqu’à de nouveaux remparts. On pouvait voir dans cette église des Cordeliers le tombeau de Marguerite de Cossa, fille du sénéchal Jean de Cossa, comte de Troyes, baron de Grimaud. Morte à Aix le 1er mars 1505, elle avait épousé Honoré de Lascaris, comte de Tende, et en secondes noces, Georges de Grimaldi, baron de Beuil. L’église fut détruite sous la Révolution. On retiendra quelques noms de cordeliers célèbres : Philippe de Aqueriis (mort en 1269), Raymond Gaufridi (mort vers 1300), Antoine Pagi (né à Rognes, mort à Aix le 5 juin 1699) et Honoré Moulin (Aix, 17 février 1685-id., 16 octobre 1758), qui, de son temps, avait recueilli toutes les inscriptions latines et françaises de la ville d’Aix.

La rue Vivaut et la rue des Cardeurs ont été ouvertes au XXe siècle pour former une grande place, aujourd’hui dénommée place des Cardeurs. La rue Vivaut portait les noms de Jean Vivaut et Annibal Vivaut, père et fils, seigneurs du Rouret, qui y habitèrent au XVIIe siècle. Son nom ancien était la rue Sarrille, du nom d’une autre famille. Elle était surtout habitée par une population juive dont quelques noms sont arrivés jusqu’à nous : Vital Trugi (1354), Signoret Natam (1368), Jacob Bondi (1375), Vital de la Garde, syndic des Juifs (1418). Dans cette rue se trouvait une synagogue. On lui connaît aussi le nom de rue Fangouso (« rue Fangeuse »).
La rue des Cardeurs portait autrefois le nom de rue du Boyre, du surnom d’Hugon de Saint-Honoré, dit le Boyre. C’était anciennement la rue Constans, qui doit son nom à une famille noble qui y fit bâtir une demeure à la fin du XIVe siècle. Le nom de rue des Cardeurs ne date que du XVIIe siècle, des cardeurs s’y installant.

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1. Le 8 juin 1657, Antoine de Félix écrit dans ses mémoires : « Il n’y a que cinq ou six ans que l’on a commencé, en Provence, de boire à la glace ».
2. « Le Félibrige est une association littéraire qui fut fondée le 21 mai 1854, au château de Fontségugne, près de Gadagne par sept jeunes poètes : Théodore Aubanel, Jean Brunet, Anselme Mathieu, Frédéric Mistral, Joseph Roumanille, Alphonse Tavan et Joseph Giéra, amphitryon. Ils se réunirent en un banquet d’amis pour la restauration de la langue provençale. Au dessert, on posa les bases de cette association et on adopta le titre pour désigner les adeptes. » Définition du Félibrige, par Paul Ruat, Marseille, 8 février 1905. Pour de plus amples renseignements sur Jean-Baptiste Gaut, voir « Jan-Batisto Gaut (1819-1891) », M.-T. Jouveau, Bulletin de l’association culturelle provençale de Ventabren, 1995).
3. Dominique de Florence, religieux dominicain du couvent de Saint Maximin, est né dans cette rue avant le milieu du XIVe siècle.

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