Bandits Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/bandits/ 500 ans de faits divers en Provence Wed, 15 Oct 2025 15:01:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Bandits Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/bandits/ 32 32 Une attaque de bandits sur la route (La Fare-les-Oliviers, 13 décembre 1839) https://www.geneprovence.com/une-attaque-de-bandits-sur-la-route-la-fare-les-oliviers-13-decembre-1839/ https://www.geneprovence.com/une-attaque-de-bandits-sur-la-route-la-fare-les-oliviers-13-decembre-1839/#respond Wed, 15 Oct 2025 14:54:02 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26570 Au printemps 1838 avait eu lieu dans le bois des Taillades, à Vernègues, l’arrestation d’une diligence allant de Marseille à Nîmes à l’aide d’armes à feu. Les passagers du véhicule…

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Au printemps 1838 avait eu lieu dans le bois des Taillades, à Vernègues, l’arrestation d’une diligence allant de Marseille à Nîmes à l’aide d’armes à feu. Les passagers du véhicule furent totalement délestés de leurs biens mais aussi laissés en état de choc sur le bord de la route.
Par chance, une bonne partie de la bande fut arrêtée au mois de juin suivant et traduite devant les tribunaux.

Voir l’article : Les voleurs du bois des Taillades (Vernègues, 8 mars 1838)

Mais à peine leur procès se terminait-il, courant décembre 1839, que l’on apprenait que la bande continuait à faire parler d’elle.
Des journaux de Marseille révélèrent que le jour même de la condamnation de six malfaiteurs par la Cour d’assises d’Aix, une nouvelle agression venait de se produire sur la même route, entre Marseille et Nîmes, mais cette fois-ci sur le territoire de la commune de La Fare-les-Oliviers.
Ce jour-là deux femmes qui se rendaient à Lambesc (Bouches-du-Rhône) furent arrêtées dans le vallon de La Fare par quatre individus qui leur enlevèrent une somme de 150 francs environ et qui se livrèrent sur elles à de graves violences, dont nous ne connaissons pas la nature.
Fallait-il voir là un hommage aux brigands de la bande condamnés le même jour ou bien un simple fait du hasard ?
Il faut dire que cette fois-ci l’attaque avait eu lieu sur un chemin détourné.
De plus, les victimes indiquèrent après coup à la police que leurs agresseurs étaient des ouvriers piémontais qui venaient chercher du travail au canal d’Arles ou dans les chantiers des environs, ce qui ne correspond pas au type de malfaiteurs qui avaient fait leur coup au printemps 1838.

  • Le Mémorial d’Aix, 28 décembre 1839, p. 3.

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La bande de Capra (Arles, 5 décembre 1847) https://www.geneprovence.com/la-bande-de-capra-arles-5-decembre-1847/ https://www.geneprovence.com/la-bande-de-capra-arles-5-decembre-1847/#respond Sun, 12 Jan 2025 05:30:51 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=24088 La bande de Capra sévit en pays d’Arles Un certain Capra avait organisé à Arles (Bouches-du-Rhône) une bande de voleurs. Celle-ci comptait déjà quatre membres, et du 1er au 5…

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La bande de Capra sévit en pays d’Arles

Un certain Capra avait organisé à Arles (Bouches-du-Rhône) une bande de voleurs. Celle-ci comptait déjà quatre membres, et du 1er au 5 décembre 1847, elle avait commis plusieurs vols. À Fontvieille, notamment, les voleurs avaient pénétré dans l’église, forcé le tabernacle et enlevé deux ciboires en argent. Au Pont-de-Crau, ils avaient dévalisé un magasin d’épiceries. Dans un mas, ils avaient soustrait une somme d’argent.
Capra, chef de la bande, avait en Dominique Certano un jeune émissaire de 16 ans qui allait reconnaître les lieux, vendre le produit des vols, tandis que lui et ses camarades attendaient dans des maisons le résultat de ces démarches.

Chute de la bande et châtiment

Signalés à la gendarmerie, ils furent un jour surpris dans un bois alors qu’ils faisaient un repas avec le fruit de leurs rapines et trahis par la fumée d’un feu qu’ils avaient allumé.
Ils étaient alors quatre. Les gendarmes n’étaient que deux. Capra se mit à fuir et un des gendarmes qui le poursuivait parvint à l’atteindre et le garrotta.
Les trois autres voleurs restaient avec un seul brigadier de gendarmerie, qui faisait acte de grande habileté et de courage en se saisissant de ses deux pistolets et menaçant de faire feu si un des trois hommes bougeait.
Les quatre voleurs furent finalement arrêtés et conduits en prison.
Convaincus de vols avec toutes les circonstances aggravantes, trois des accusés furent condamnés par la Cour d’assises des Bouches-du-Rhône en audience le 20 mars 1848. Le chef de bande Capra fut condamné à l’exposition et à dix ans de travaux forcés, Guillemitto à huit ans, et Amodo à cinq ans de la même peine. Le jeune Certano, lui, était mort à Aix-en-Provence en détention le 6 mars précédent.
  • Sources : La Gazette du Midi, 24 mars 1848, p. 3.
  • État civil de la commune d’Aix-en-Provence, année 1848, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 202 E 319, acte no 191.

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Découverte d’un atelier de fausse monnaie (Marseille, 29 janvier 1848) https://www.geneprovence.com/decouverte-dun-atelier-de-fausse-monnaie-marseille-29-janvier-1848/ https://www.geneprovence.com/decouverte-dun-atelier-de-fausse-monnaie-marseille-29-janvier-1848/#respond Sun, 20 Oct 2024 05:30:20 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=22811 Tout avait commencé quand, le 7 décembre 1747, Apollonie Penna, épouse de Simon Dotto, fut arrêtée sur le port de Marseille sur la plainte d’une revendeuse qui avait reçu d’elle…

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Tout avait commencé quand, le 7 décembre 1747, Apollonie Penna, épouse de Simon Dotto, fut arrêtée sur le port de Marseille sur la plainte d’une revendeuse qui avait reçu d’elle une fausse pièce de 50 centimes. Son mari, qui venait la chercher, fut trouvé porteur d’une pièce semblable et mis également en arrestation. Sur la demande de la police, il avoua avoir reçu d’un ouvrier piémontais une certaine quantité de pièces fausses qu’il était chargé de mettre en circulation. Néanmoins, il refusa de faire connaître le nom de cet individu.
Un mois après l’arrestation des époux Dotto, Astier, commissaire de police à Marseille, se livra, le samedi 29 janvier 1848, à des recherches actives dans le souterrain de la Nerthe. Arrivé vers une heure du matin, il se rendit directement chez les Dotto, arrêta les deux frères, François et Joseph, et les nommés Jean Miniggio et François Azario. Des agents de police furent préposés à la garde de ces individus, tandis que leur chef se rendait dans la galerie du puits no 17.
Astier découvrit une machine à pression, une clé anglaise et plusieurs autres instruments, évidemment destinés à la fabrication de la fausse monnaie. La galerie du puits no 17 fut également explorée, et on y trouva, cachée sous des pierres, une boîte ronde en fer blanc contenant des matrices, des poinçons, du cuivre laminé et des empreintes, l’une à l’effigie de Napoléon et au millésime de 4811, et l’autre portant une couronne et ces mots : « Regno d’Italia, 10 soldi ». D’autres matrices étaient préparées pour reproduire des pièces du canton de Tessin, mais elles étaient beaucoup moins perfectionnées.
Plus tard, sur les indications de quelques-uns des coupables, on découvrit un sac renfermant 540 pièces de cuivre non blanchies, ayant la forme des pièces de 50 centimes. On apprit enfin, par les aveux des principaux inculpés, qu’une association pour la fabrication de la fausse monnaie avait été formée entre Miniggio, Azario et Simon Dotto.
Ce dernier étant le bailleur de fonds, il avait fourni l’argent nécessaire pour acheter la machine et les outils et fait une dépense de 7 ou 800 francs. C’est Miniggio, déjà poursuivi en Sardaigne pour un pareil crime, qui avait donné l’idée de l’entreprise et devait en diriger les travaux. Antoine Penna et François Dotto furent accusés d’avoir pris part à l’association, mais ils prétendaient y être restés complètement étrangers. Quant à Apollonie Penna, elle avoua avoir remis deux pièces de 50 centimes, mais elle ignorait qu’elles étaient fausses.
Du reste, d’après la déclaration de tous les accusés, l’imperfection des produits qu’ils avaient obtenus, les avait engagés à renoncer à leur coupable industrie.
À l’audience à la Cour d’assises d’Aix, presque tous les accusés donnèrent l’impression qu’ils avaient été entraînés par Miniggio, chef de la bande, qui seul avait conçu le crime et l’avait mis à exécution.
Aussi le jury se montra-t-il indulgent, et prononça-t-il un verdict négatif en faveur de Azario, François Dotto, Penna et Apollonie Penna.
Miniggio et Simon Dotto furent seuls déclarés coupables d’avoir contrefait des monnaies étrangères n’ayant pas cours légal en France. Des circonstances atténuantes furent admises en faveur de Simon Dotto.
En conséquence, la cour condamna Miniggio à cinq ans de travaux forcés, et Simon Dotto à quatre ans de prison.
  • Source : La Gazette du Midi, 31 janvier 1848, p. 2 ; ibid., 23 mai 1848, p. 2.

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Les voleurs du bois des Taillades (Vernègues, 8 mars 1838) https://www.geneprovence.com/voleurs-bois-taillades-vernegues-8-mars-1838/ https://www.geneprovence.com/voleurs-bois-taillades-vernegues-8-mars-1838/#respond Sun, 15 Sep 2019 08:44:26 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=17184 Le bois des Taillades, à cheval sur les communes de Lambesc et de Vernègues (Bouches-du-Rhône) a de tout temps été de sinistre mémoire. Considéré comme un coupe-gorge, c’était un lieu…

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Attaque d'une diligence, Francisco de Goya, 19e siècle, DR.
Attaque d’une diligence, Francisco de Goya, 19e siècle, DR.
Le bois des Taillades, à cheval sur les communes de Lambesc et de Vernègues (Bouches-du-Rhône) a de tout temps été de sinistre mémoire. Considéré comme un coupe-gorge, c’était un lieu par lequel on se devait de passer pour faire la route entre Aix et Avignon et où les récits sont nombreux qui relatent cambriolages à mains armés et meurtres en tout genre.
Le 8 mars 1838, la diligence Lauzier, de Marseille à Nîmes, passait par là à une heure de l’après-midi et était en train de gravir la côte, une fois entrée sur le territoire de la commune de Vernègues, quand soudain trois hommes embusqués, dont deux étaient armés, lui crièrent de s’arrêter. En même temps, l’un d’eux fit feu, blessant grièvement un des chevaux de l’équipage et créant un début de panique parmi les passagers.
Les voyageurs furent ensuite systématiquement dépouillés de leurs biens personnels, leur dérobant argent, montres et effets les plus précieux. Une dame qui se trouvait dans le coupé fut notamment laissée sans la moindre pièce de monnaie sur elle, incapable de subvenir dès lors aux besoins de la route. Elle fut donc contrainte d’écrire à sa famille pour qu’on lui envoyât l’argent nécessaire à son voyage.
Leur crime commis, les voleurs abandonnèrent la diligence qui continua sa route, malgré le cheval blessé.
Arrivée à Pont-Royal (commune de Mallemort), elle rencontra la diligence de Lyon, conduite par M. Poulin. Informés de ce qui venait de se produire, les voyageurs lyonnais, qui allaient devoir passer par le bois des Taillades, décidèrent de faire halte et demander à des gendarmes de prendre la route avec eux dans la voiture. Précaution finalement inutile car, passant par là une heure après, ils ne furent pas inquiétés1.
De nos jours, c’est une voie moderne qui passe par ce secteur mais, au XIXe siècle, la route était bien plus difficile à emprunter, passant par des secteurs depuis non utilisés et abandonnés à la végétation, comme la route passant à l’est de Cazan à proximité du château des Taillades.

Suite de l’affaire

Il fallut attendre le mois de juin suivant pour qu’une partie de la troupe soit arrêtée par la gendarmerie, au pont de la Chèvre, près du bois des Taillades.
Mais, sans être découragés par l’incarcération de plusieurs de leurs complices, les voleurs renouvelèrent leurs attentats le 2 mars 1839, aux Biens-Neufs, près de Salon-de-Provence. Le voiturier Fabre et la malle de Toulouse furent arrêtés, mais évidemment cette tentative était dirigée contre la diligence de Toulouse, qui portait soixante mille francs en numéraire, et qui n’échappa aux brigands que par une accélération toute fortuite dans sa marche.
Les indices recueillis par la justice et quelques reconnaissances timides de la part de certains témoins qui n’osaient dire alors que la moitié de la vérité suffirent pour signaler les vrais coupables, et ce résultat fut dû en grande partie au zèle et au courage du gendarme Rieux, de la brigade de Salon. Aux débats lors du procès à la cour d’assises d’Aix en décembre 1839, les témoins devinrent plus explicites, mais quelques-uns se rétractèrent. Aussi après une discussion fort animée, malgré les dénégations opiniâtres des accusés, leurs récriminations violentes, leurs protestations énergiques, à la fin de la cinquième journée, le jury déclara coupables six des accusés. Le septième, Reyne, dont le nom n’avait même pas été prononcé dans les débats, fut acquitté. La Cour condamna les nommés Dor, Venture, Laval, Granon et Galabon, aux travaux forcés à perpétuité, et un certain Bédouin à cinq ans de la même peine. Mais avant le prononcé de l’arrêt, Dor, bien qu’il eût été emmenoté d’avance, ainsi que ses compagnons, se livra à des actes d’une telle violence qu’on dut le faire garrotter entièrement et transporter par huit gendarmes dans son cachot.

Note

1. La diligence Poulin fut bien heureuse de ne pas être arrêtée. On apprit peu après que, après le départ de la diligence Lauzier, une autre diligence, reliant Aix à Avignon, avait aussi été détroussée, mais cette fois sans qu’il fût nécessaire de tirer un coup de feu.


Voir aussi les articles Une attaque de bandits sur la route (La Fare-les-Oliviers, 13 décembre 1839) et Histoire du domaine des Taillades (Lambesc).

  • Le Mémorial d’Aix, samedi 21 décembre 1839, p. 2.

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Bandits abattus dans les vignes (Forcalquier, juillet 1801) https://www.geneprovence.com/bandits-abattus-vigne-forcalquier-1801/ https://www.geneprovence.com/bandits-abattus-vigne-forcalquier-1801/#respond Tue, 25 Jun 2019 00:25:01 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16582 15 thermidor IX (3 août 1801). Trois bandits arrêtés dans les bois par la gendarmerie de Forcalquier (Basses-Alpes) et remis à un détachement d’infanterie, se sont jetés dans les vignes…

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"Ce que j'étois, ce que je suis, ce que je devrois être", estampe, auteur non identifié. Paris, 1797. Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie.
« Ce que j’étois, ce que je suis, ce que je devrois être », estampe, auteur non identifié. Paris, 1797. Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie.
15 thermidor IX (3 août 1801).
Trois bandits arrêtés dans les bois par la gendarmerie de Forcalquier (Basses-Alpes) et remis à un détachement d’infanterie, se sont jetés dans les vignes pour échapper à la justice.
Les soldats, après avoir fait usage de leurs armes, les ont tués.
On a trouvé dans un sac de toile que portait l’un de ces bandits des hardes et des effets d’ordonnance ensanglantés, reconnus pour être la dépouille de militaires qu’ils avaient assassinés.
  • Le Moniteur universel, no 316, 16 thermidor an 9, p. 1.

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Fusillade nocturne (Aix-en-Provence, 12 août 1937) https://www.geneprovence.com/fusillade-nocturne-aix-provence-12-aout-1937/ https://www.geneprovence.com/fusillade-nocturne-aix-provence-12-aout-1937/#respond Sat, 01 Jul 2017 12:03:39 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16328 La rue Gontard est une rue d’Aix-en-Provence, perpendiculaire à l’avenue Victor-Hugo. Avant de la dénommer « rue », on la qualifiait davantage de « traverse » car elle constituait un moyen rapide pour faire…

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La rue Gontard est une rue d’Aix-en-Provence, perpendiculaire à l’avenue Victor-Hugo. Avant de la dénommer « rue », on la qualifiait davantage de « traverse » car elle constituait un moyen rapide pour faire le parcours de la Rotonde à la gare quand l’avenue Victor-Hugo était chargée en charrettes et passants.
Cette rue aujourd’hui fort anodine a été en 1937 le théâtre d’un drame sanglant.
Lire la suite après l’image…
La camionnette abandonnée par les malfaiteurs, rue Gontard. DR.
La camionnette abandonnée par les malfaiteurs, rue Gontard. DR.
12 août 1937, 3 heures du matin. Traverse Gontard, près de l’entrepôt d’alcool de M. Bocheron.
Une camionnette, que l’on reconnaîtra plus tard comme volée à la Coopérative des Chevillards, à Marseille, attend tous feux éteints devant la porte de l’établissement. Cinq ombres sortent du véhicule et se glissent dans l’entrée. Quatre coups de pince-monseigneur et la porte cède.
Mais dans le même temps, la police est alertée par le garage voisin dont l’alarme retentit mais ne dérange pas les cambrioleurs.
Un quart d’heure après, une patrouille d’une dizaine d’agents à vélo vient encercler la bande qui étaient en train de charger un fût de 700 litres d’alcool à 95°, d’une valeur d’environ 25000 francs (environ 11000 €). On entend un cri :
« Haut les mains ! »
Des torches viennent aveugler les cinq hommes qui abandonnent soudain leur butin et brandissent leurs revolvers dont ils font usage. Une course-poursuite s’engage dans les rues d’Aix dont le calme est rompu par les bruits de pas, les cris et les coups de feu.
Un des cambrioleurs est abattu d’une balle dans la poitrine. Il se nomme Joseph Salideti et est originaire de Corse. Il a 31 ans. Cent mètres plus loin, deux hommes tombent à terre : il s’agit d’Abundio Sanchis, 27 ans, touché au bras, et Antonio Lopez, 23 ans, qui est victime d’une grave blessure à la cuisse. Ils sont tous deux espagnols.
Quelques minutes plus tard, un quatrième bandit est interpellé, après s’être réfugié dans une dépendance de la cité universitaire : Carmine Fiorcanzio, 27 ans, originaire d’Italie qui avait été précédemment expulsé de France à la suite de plusieurs condamnations.
Le cinquième malfaiteur parvient en revanche à s’échapper, en prenant la direction de la voie ferrée.
  • Source : Paris Soir, 13 août 1937.
  • Photographie : DR.

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Le procès des assassins de Rocbaron (Rocbaron, 2-4 août 1853) https://www.geneprovence.com/proces-assassins-rocbaron-1853/ https://www.geneprovence.com/proces-assassins-rocbaron-1853/#respond Mon, 04 Aug 2014 00:18:34 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=13503 Les 2, 3 et 4 août 1853, l’affaire des voleurs de Rocbaron est jugée par la Cour d’assises du Var à Draguignan sous la présidence de M. le conseiller de…

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Les 2, 3 et 4 août 1853, l’affaire des voleurs de Rocbaron est jugée par la Cour d’assises du Var à Draguignan sous la présidence de M. le conseiller de Fortis. Le journal Le Var en fait un compte rendu précis.

Trbunal de Draguignan. Cour d'assises du Var.
Trbunal de Draguignan. Cour d’assises du Var.
Peyrier est interrogé le premier. C’est un jeune homme de 23 ans, qui paraît doué d’intelligence et dont le visage a cette impassibilité qu’on rencontre assez souvent chez les hommes qui ont passé une partie de leur vie dans les bagnes ou les maisons de détention. Sa voix est douce ; il s’exprime avec politesse et parle le français presque correctement.
Après avoir dit comment il a été amené à faire des révélations, Peyrier retrace toutes les circonstances de l’assassinat du gendarme Sénès et du vol du trésor public. Il raconte comment quelques jours avant le 28 décembre 1849, à la suite d’une soirée passée au jeu chez l’aubergiste Gassier, Tavan et Riquier le Neuf dirent au Piémontais Baptiste, à Marquet et à lui, qu’il y avait un bon coup à faire, que la voiture qui transportait les fonds du trésor devait bientôt passer et qu’il fallait l’arrêter.
Peyrier prétend avoir d’abord hésité à accepter ces propositions. Cependant, à la fin, il s’était déterminé et avait promis son concours. Quelques jours après, on vint le prévenir que le coup aurait lieu le 28 et qu’il eût à être vers dix heures au Collet-Long. Il fut exact et vit bientôt arriver Tavan, Riquier, Marquet, Baptiste et un jeune homme qu’il connaissait à peine, Ferdinand Bœuf. Dès qu’on aperçut la voiture, on tira sur les gendarmes. L’un fut tué, l’autre prit la fuite en même temps que le convoyeur. La caisse fut enlevée et l’argent distribué le dimanche suivant chez Bœuf. Trois mille francs lui furent remis pour sa part.
Peyrier retrace tous ces faits et donne les plus grands détails sur les circonstances du crime et sur la participation de Tavan, de Riquier, de Marquet, et de Boeuf, soit à l’assassinat, soit au vol. Plusieurs fois M. le président lui fait comprendre la gravite de ces accusations et l’engage, si elles ne sont pas exactes, à n’y pas persister. Peyrier affirme qu’il n’en veut pas à ses co-accusés et que s’il les accuse, c’est qu’ils sont coupables.
Après l’interrogatoire de Peyrier vient celui des autres accusés. Sauf Tavan, qui a 60 ans et a une barbe longue et grisonnante, ce sont tous des jeunes gens dont la figure ne présente aucun cachet particulier. Ils portent le costume des habitants de la campagne.
Ils répondent par des dénégations à toutes les affirmations de Peyrier et déclarent n’avoir jamais eu de rapports avec lui. Ils soutiennent que le jour où le crime était commis ils ont passé la journée les uns avec des camarades, les autres en des endrots qu’ils déterminent.
58 témoins sont entendus. Presque tous viennent confirmer les déclarations de Peyrier. Quelques-uns au contraire, se trouvent en désaccord avec lui sur des circonstances du crime et donnent raison aux alibis invoqués par les accusés. Peyrier n’en continue pas moins cependant à persister dans le récit qu’il a présenté et à déclarer que c’est Tavan, Riquier, Marquet, Baptiste, Bœuf et lui qui ont assassiné le gendarme Sénès et volé le trésor, le 28 décembre 1849.
Après l’audition des témoins, M. le procureur impérial prend la parole.
Dans un réquisitoire qui ne dure pas moins de deux heures et demie, et qui est écouté avec une religieuse attention par le nombreux auditoire qui se trouve dans l’enceinte, M. le procureur général expose les charges de l’accusation. Il groupe toutes les circonstances de la cause et, armé d’une logique inflexible, il en tire de sévères conclusions.
M. le procureur général retrace d’abord dans ses détails les faits du 28 décembre, en assignant à chacun des accusés la place et le rôle que dans sa pensée il a dû occuper. Il montre combien la version de Peyrier est frappée d’un cachet de vérité et comment elle concorde avec l’examen des lieux, les renseignements recueillis, les souvenirs et les affirmations des témoins. Il combat les dénégations persistantes et souvent maladroites des accusés et cherche à démontrer que les alibis qu’ils invoquent sont invraisemblables et inadmissibles.
Peyrier n’a pas de sentiment de haine ou d’animosité contre les accusés. Aucun d’eux ne peut citer le moindre fait à cet égard. S’il parle et s’il les accuse, c’est qu’il dit la vérité. En faisant des révélations il ne peut espérer voir sa position s’améliorer ; il a à craindre au contraire une aggravation qui serait terrible pour lui.
M. le procureur général retrace les habitudes d’oisiveté, de honteux libertinage des accusés. Il les montre affiliés aux sociétés secrètes et passant leurs journées dans les cabarets ou les maisons de jeu. Après avoir résumé toutes les circonstances de la cause et insisté sur l’absence de tout intérêt dans les révélations de Peyrier, M. le procureur général termine en demandant au jury une condamnation qui rassure les populations ne laissant plus impuni le crime du 28 décembre 1849.
À la suite du réquisitoire de M. le Procureur général, la séance est levée et la continuation des débats renvoyée au lendemain.
À l’audience du 4, Me Verrion présente en quelques mots la défense de Peyrier.
La parole est ensuite donnée à Me Jourdan, défenseur de Tavan. Il retrace la vie de Peyrier. Il rappelle les circonstances qui ont accompagné la condamnation aux travaux forcés qu’il subit dans ce moment, et montre combien on doit peu se fier à la parole d’un homme qui ne connaît que la débauche et le crime. Après avoir combattu les déclarations de Peyrier et les témoignages invoqués par l’accusation, le défenseur soutient l’alibi invoqué par Tavan. Il le montre joueur, débauché, mais non voleur. Le défenseur termine en demandant l’acquittement complet de tous les accusés.
Me Muraire discute à son tour les charges de l’accusation. Il passe successivement en revue les allégations de Peyrier, qu’il montre souvent entachées d’inexactitudes et combattues en quelques points par les dépositions des témoins. Comment alors ne pas douter de la véracité de son récit, et ne pas admettre qu’il trompe la justice en affirmant que ses co-accusés ont pris part au crime du 28 décembre. N’est-il pas encore possible de croire que lui-même n’y assistait pas et que c’est sur des indications fournies par un de ses camarades de bagne qu’il a fait son récit.
Me Duval, en présentant la défense de Bœuf, relève quelques circonstances particulières à son client et, comme ses confrères, s’attache principalement à mettre en relief ce qui ressort des dépositions, au point de vue de l’alibi invoqué par Ferdinand Bœuf.
Après les répliques, M. le Président fait un résumé fidèle et impartial des débats. Le jury se retire ensuite dans la chambre des délibérations. Il en sort au bout de deux heures avec un verdict d’acquittement pour tous les accusés.
  • Source : Le Var, 5 août 1853.

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L’affaire du vol de la Recette (Rocbaron, 28 décembre 1849) https://www.geneprovence.com/affaire-vol-recette-rocbaron-28-decembre-1849/ https://www.geneprovence.com/affaire-vol-recette-rocbaron-28-decembre-1849/#respond Fri, 01 Aug 2014 00:28:19 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=13287 Il y a quatre ans, les journaux racontèrent qu'une charrette qui contenait des fonds appartenant à l'État avait été attaquée à Rocbaron (arrondissement de Brignoles), qu'un des gendarmes qui l'escortait avait été assassiné, et qu'une caisse renfermant une somme de 18,000 F avait été enlevée.

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Il y a quatre ans, les journaux racontèrent qu’une charrette qui contenait des fonds appartenant à l’État avait été attaquée à Rocbaron (arrondissement de Brignoles), qu’un des gendarmes qui l’escortait avait été assassiné, et qu’une caisse renfermant une somme de 18,000 F avait été enlevée.
Cette affaire, qui avait alors vivement préoccupé l’opinion publique, était restée depuis dans la plus complète obscurité, lorsqu’il y a quelques mois les révélations faites par un forçat firent connaître à la justice les circonstances particulières du crime, en même temps que les noms des individus qui y avaient pris part.
À la suite d’une longue et minutieuse information, Peyrier (Ferdinand-Louis), âgé de 23 ans, né au Luc, forçat inscrit au bagne sous le n° 4646 ; 2. Tavan (Jean-Baptiste-André), âgé de 60 ans, cordonnier, né à Marseille, demeurant à Garéoult ; 3° Riquier (Jean-Louis), dit le Neuf, âgé de 27 ans, cultivateur. né à Rocbaron, domicilié au Puget-près-Cuers; 4° Blanc (Marc-Antoine), dit Marquet, âgé de 29 ans, cultivateur, né à Comps, domicilié à Garéoult ; 5° Bœuf (Joseph-Ferdinand), âgé de 21 ans, cultivateur, domicilié à Hyères; 6° Baptiste, âgé de 32 ans environ, cultivateur, né en Piémont (ce dernier contumax), ont été traduits devant la cour d’assises du Var.
À dix heures et quart l’audience est ouverte.
M. le président est assisté de MM. Coulomb, président du tribunal civil, et Pascal, vice-président, juges assesseurs, ainsi si que de M. Gariel, juge assesseur suppléant.
Monsieur du Brux, procureur général impérial près la cour impériale d’Aix, occupe le siège du ministère public.
MM. Verrion, Jourdan, Muraire et Duval sont assis au banc de la défense.
Après les formalités d’usage, M. Portal, greffier en chef du tribunal, fait la lecture de l’arrêt de renvoi et ensuite de l’acte d’accusation qui est ainsi conçu :
Paysans sur la place de Rocbaron. DR.
Paysans sur la place de Rocbaron. DR.
Les 8, 18 et 28 de chaque mois, les fonds de l’État sont transportés de la recette particulière de Brignoles à la recette générale du département, à Toulon, sur une petite charrette conduite par un convoyeur et escortée de deux gendarmes.
Le 27 décembre 1849, M. le sous-préfet de Brignoles constatait par un procès-verbal l’envoi d’une somme de 18 000 F, fait par le receveur particulier au receveur général, et le lendemain 28, la caisse renfermant ces fonds était remise au voiturier Bertrand, chargé du transport. À huit heures du matin, Bertrand partait de Brignoles, conduisant sa charrette attelée d’une mule et accompagnée des gendarmes Sénès et Hournesser.
Le convoi cheminait péniblement sur la route départementale de Brignoles à Cuers1 ; le temps était froid, la neige tombait en abondance. Vers midi ou une heure, la charrette avait dépassé la montée dite du Collet-Long et était arrivée sur un plateau incliné placé entre le 8e et le 9e kilomètre.
Bertrand marchait à côté de la charrette ; Sénès était auprès de lui et à quelque distance le gendarme Houmesser. Tout à coup Bertrand entend pousser un cri et retentir le bruit d’un coup de feu, suivi bientôt de cinq autres détonations. Il se retourne et aperçoit six ou sept individus armés de fusils, sans chapeau, ayant la tête couverte soit de bonnets, soit de linges qui ne laissaient voir que leurs yeux, sortant de derrière une touffe d’arbres et couchant en joue les gendarmes. Sénès tombe en s’écriant :
« Nous sommes perdus ! »
Saisi d’épouvante, Bertrand s’enfuit à travers champs et peut encore entendre les assassins se dire entre eux en langue provençale :
« Arrête la charrette, je ne puis pas porter la caisse, elle pèse trop2. »
Après avoir couru pendant cinq ou six minutes, Bertrand se retourne vers l’endroit où le crime vient d’être commis, mais tout avait disparu ; le gendarme Hournesser voyant tomber son camarade et comprenant que toute résistance était impossible, avait pris également la fuite, après avoir essuyé plusieurs coups de feu qui n’avaient pu l’atteindre. Informés de l’évènement, les villages voisins dirigèrent des secours sur le lieu qui en avait été le théâtre ; Sénés gisait couché sur le dos et la figure ensanglantée, à deux mètres du bord du chemin à droite. Transporté à Rocbaron, il y expira au bout de deux heures sans avoir pu prononcer une seule parole. La caisse avait disparu ; après quelques recherches, on la découvrit à 40 ou 50 mètres de la route sur le côté gauche, défoncée et vide ; près de cette caisse fut trouvé un mouchoir en indienne quadrillé et marqué de l’initiale A, plus loin un pantalon en velours usé, dans les poches duquel se trouvaient quelques olives fraîches, puis une chemise en lambeaux.
Des empreintes de pas se dirigeant du côté du village de Garéoult, à travers les collines de Pegomas et de Pegomallon aboutissaient à un endroit près de la route, où les voleurs paraissaient avoir fait halte ; on distinguait quatre empreintes différentes, toutes du côté droit de la route, en allant de Brignoles à Cuers, et elles indiquaient par la position des pieds que quatre des malfaiteurs étaient arrivés sur le lieu du crime par cette direction ; leur fuite s’était opérée à travers un vallon étroit qui serpente sur les flancs d’une montagne dite de Sainte-Philomène. De larges gouttes de sang se faisaient remarquer de distance en distance, à la droite des traces, jusqu’au sommet de la montagne ; là, les voleurs semblaient s’être arrêtés un moment, et à partir de ce point les gouttes de sang disparaissaient. Les voleurs avaient alors traversé un bois appartenant à M. d’Albertas ; la nuit, qui était venue, avait empêché de suivre plus loin leurs traces, et le lendemain il fut impossible de les reprendre, car une neige épaisse avait effacé toutes les empreintes de leur passage.
Chapelle Sainte-Philomène, au sommet de la colline du même nom (commune de Puget-Ville). DR.
Chapelle Sainte-Philomène, au sommet de la colline du même nom (commune de Puget-Ville). DR.
La justice se livra immédiatement aux investigations les plus minutieuses, mais sans succès ; et plus de trois années s’étaient écoulées, lorsqu’il y a peu de temps des révélations importantes sont venues lui faire connaître, non seulement les noms des coupables, mais encore toutes les circonstances qui ont précédé, accompagné ou suivi le crime audacieux du 28 décembre 1849.
Le 26 février 1853, le nommé Ferdinand Peyrier, forçat au bagne de Toulon, né aux Mayons-du-Luc, à peine âgé de vingt-trois ans, et déjà condamné aux travaux forcés à perpétuité pour une longue série de vols à main armée commis dans l’arrondissement de Brignoles, était sur ses demandes réitérées conduit devant M. le procureur impérial de Toulon, et faisait à ce magistrat, sur le crime du 28 décembre, les révélations les plus précises et les plus détaillées.
Dans les derniers mois de 1849, plusieurs individus résidant au village de Garéoult, la plupart cultivateurs et sans fortune avaient la fatale habitude de se réunir dans les cabarets des nommés Blanc et Charles Gassier, surtout chez ce dernier, d’y passer au jeu une partie des nuits. De ce nombre étaient les nommés Peyrier Ferdinand, Requier Louis, dit le Neuf, Tavan Jean-Baptiste-André, Blanc Antoine dit Marquet, Bœuf Ferdinand, et le Piémontais Baptiste, tous joueurs de profession et d’une détestable moralité. Tavan, homme de 59 ans, sans ressources, obligé de recourir à l’assistance des autres et gagnant au jeu des sommes énormes ; le Neuf, coureur de fêtes et de cabarets, plusieurs fois soupçonné de vol.
La vallée de Forcalqueiret par laquelle est passé le convoi. © Sombre Sanglier. CC BY-SA 3.0.
La vallée de Forcalqueiret par laquelle est passé le convoi. © Sombre Sanglier. CC BY-SA 3.0.
Une des nuits du mois de décembre 1849, quinze ou vingt individus avaient joué à la vendôme, au premier étage du cabaret Gassier. Ceux qui avaient gagné s’étaient retirés ; Ferdinand Peyrier, qui avait perdu tout son argent, était resté avec Requier le Neuf, Marquet, Tavan et Baptiste, ainsi que le cabaretier Gassier et sa femme, qui avaient eux-mêmes pris part au jeu ; à la fin de la soirée, tous avaient été malheureux, à l’exception de ces deux derniers. On sort du cabaret ; deux des joueurs désappointés, Tavan et Requier le Neuf, disent à leurs compagnons qu’il y a un bon coup à faire, que les fonds appartenant à l’État passaient bientôt sur la grande route. Tavan, ajoute :
« Tenez-vous prêts, je saurai le moment et je vous le ferai connaître. »
Cette proposition, qui semblait avoir été déjà concertée entre Tavan, Riquier le Neuf et Marquet, fut acceptée par Peyrier et Baptiste ; puis, Riquier quitta ses compagnons, emmenant avec lui Tavan et Peyrier, qu’il fit coucher dans le grenier à foin du sieur Adolphe Rimbaud, boucher, au service duquel Riquier se trouvait en ce moment ; quelques jours après, sous l’empire de la proposition qui lui avait été faite, et pour se disposer à prendre part à son exécution, Peyrier alla prendre à la campagne du Pegnier un fusil de chasse à deux coups, qu’il déposa au domaine du Pellegrin, commune de Bormes, et se rendit aux salins d’Hyères.
Le 26 décembre, deux ou trois jours après son arrivée dans ce lieu, Peyrier y reçut la visite de Riquier le Neuf, qui venait lui donner le mot d’ordre :
« Trouve-toi après-demain, dit-il, vers dix heures, plus tôt avant qu’après, à la montagne du château Prigagon. »
Le Neuf ajouta que chacun devait s’y rendre de son côté ; il était accompagné de Bœuf Ferdinand, qu’il présenta à Peyrier comme devant prendre part à l’exécution de leurs projets. Le lendemain 27 décembre, celui-ci se rendit au domaine du Pellegrin pour y prendre le fusil qu’il y avait déposé. Il en partit le même jour, traversant la plaine de Pierrefeu, se dirigeant vers la montagne entre Cuers et Sainte-Philomène, comme pour aller directement à Garéoult. Arrivé au pied de la montagne, dans une partie cultivée, il se blottit dans une cabane en pierres sèches, où il passa la nuit. Il n’était éloigné que de deux heures environ du lieu du rendez-vous donné pour le lendemain à dix heures ; le 28, à la pointe du jour, Peyrier se mit en marche et arriva le premier au lieu convenu ; il aperçut au bout de quelques instants, venant du côté de Garéoult, mais disséminés comme des chasseurs, Riquier le Neuf, Marquet, Tavan et Baptiste ; Bœuf arriva le dernier, dans une direction qui était à peu près celle qu’avait suivie Peyrier. Tous six, armés d’un fusil double, à l’exception de Bœuf, qui n’avait qu’un fusil à un coup, se dirigèrent vers le point culminant de la montagne, qui formait une espèce de plateau, d’où ils pouvaient, sans être aperçus, voir arriver du bas de la montée la charrette portant les fonds de l’État.
Après avoir quitté une première position que le passage du courrier les avait forcés d’abandonner, ils se postèrent dans une touffe de chênes kermès, en se plaçant en face de la route, et dans l’ordre suivant : Peyrier, le premier du côté de Brignoles, puis Bœuf, Riquier le Neuf, Marquet, Baptiste et Tavan.
« C’est l’heure à laquelle le courrier passait d’habitude », dirent Tavan et Riquier.
Ce dernier assurait avoir travaillé non loin du lieu où ils se trouvaient et avoir vu plus d’une fois passer les convois d’argent.
Après une heure et demie d’attente, la charrette parut au loin. Le conducteur marchait à gauche, les deux gendarmes suivaient, l’un de plus près, l’autre à quelques pas en arrière. Après avoir franchi la côte, ils vont arriver sur le plateau ; ils parlent de se rafraîchir.
« Nous allons tirer tous ensemble, dit Tavan, trois sur celui qui est en avant et les trois autres sur celui qui est en arrière. »
En ce moment le gendarme le plus rapproché aperçoit les six malfaiteurs, saisit sa carabine déposée sur la charrette et fait feu. Baptiste est blessé au bras. Tavan, Baptiste et Marquet ripostent par une décharge et le gendarme tombe dans la neige. Au même instant, Peyrier, Bœuf et Riquier le Neuf tirent, sans pouvoir l’atteindre, sur l’autre gendarme, qui avait pris la fuite, ainsi que le charretier. Aussitôt la caisse est enlevée par Tavel, Riquier, Bœuf et Marquet, qui la portent tour à tour sur leurs épaules.Peyrier accompagne Baptiste, dont il panse la blessure.
Arrivés à une certaine distance dans la montagne de Sainte-Philomène, on brise la caisse, on en retire les sacs d’argent, puis on se sépare, après avoir décidé que le partage aura lieu le dimanche suivant, 30 décembre, aux salins d’Hyères, chez la mère de Bœuf.
« Soyez tranquilles, dit le Neuf, je sais où demeure la mère de Bœuf, et vous pouvez compter sur moi. Il ne vous sera pas fait tort. »
Le dimanche suivant, en effet, chacun de ceux qui avaient pris part à la scène du 28 décembre recevait chez la mère de Bœuf une somme de 3000 francs.

Tels sont les faits révélés par Ferdinand Peyrier, et ils ne permettent pas de jeter le moindre doute sur l’exactitude et la sincérité de ces révélations. Avant de commettre le crime, chacun des complices avait juré de venir en aide à celui d’entre eux qui tomberait dans le malheur. Pendant plus de deux ans, Peyrier a attendu dans les prisons ou au bagne la réalisation de cette promesse, et au risque de se compromettre lui-même, il a voulu, en disant la vérité, donner une certaine satisfaction à des sentiments de vengeance que l’on comprend. Le doute sur la sincérité de Peyrier serait-il permis, quand les déclarations sur les circonstances qui touchent plus ou moins directement au fait lui-même, se trouvent exactement constatées par les autres éléments de l’information : Peyrier désigne, en donnant sur leur compte les indications les plus détaillées, ceux qui ont pris part avec lui au fait du 28 décembre, et toutes les indications sont reconnues vraies ; il parle de ces soirées passées au jeu à Garéoult, chez Gassier Charles, et ce fait a été établi ; il indique surtout cette soirée qui fut comme le point de départ du sinistre projet qui a été réalisé, et à la suite de laquelle Régnier le Neuf l’emmena coucher avec lui au grenier à foin de Roubaud ; et le Neuf a été obligé de convenir de cette circonstance.

Peyrier décrit minutieusement les lieux où le crime a été accompli, et tous ces détails sont de la plus parfaite exactitude. Il énumère les divers incidents qui se sont produits dans la marche de la charrette, gravissant la montée du Collet-Long ; il peint cette marche lente et difficile ; il mentionne le mouvement de traction que le convoyeur et le gendarme imprimaient à la voiture pour aider le mulet qui la traînait ; il raconte qu’au bout de la montée, l’un des gendarmes s’est arrêté pour satisfaire un besoin, que l’autre a demandé à se rafraîchir et tout cela est exact. Peyrier révèle la blessure de Baptiste, et cette blessure est la seule explication possible des gouttes de sang constatées sur le chemin parcouru dans leur fuite par les voleurs ; il indique la direction qu’a dû prendre chacun de ses complices pour arriver au lieu du rendez-vous, et cette direction concorde avec les traces de pas remarquées sur la neige ; il donne enfin la raison des nombreuses empreintes de pas constatées près d’une touffe de chênes kermès, sur le côté droit de la route. Conduit sur les lieux par ordre de l’autorité judiciaire, il donne sans hésitation à chaque individu et à chaque fait sa place exacte.
Comment douter de la sincérité de Peyrier quand, confronté avec ses co-accusés, il déclare énergiquement les reconnaître, leur donne des détails accablants sur ce qui s’est passé dans la journée du 28, et quand ceux-ci n’opposent à cette reconnaissance et à ces détails, que des dénégations, évidemment mensongères ; comment enfin douter de la sincérité de Peyrier et de la culpabilité de ceux qu’il accuse en s’accusant lui-même, quand ces derniers essaient de repousser cette accusation par des alibi qui tombent non seulement devant des déclarations de Peyrier, mais devant des témoignages nombreux et dignes de foi, recueillis dans l’information et devant les variations sans nombre de leurs propres déclarations.
Après cette lecture, M. le président fait à MM. les jurés un exposé sommaire de l’affaire. Il procède ensuite à l’interrogatoire des accusés.
La séance continue.

Notes

1 Le trajet que suivait alors la route de Brignoles à Cuers est approximativement celui que l’on emprunte aujourd’hui en suivant la D43. Notons toutefois quelques différentes notables entre les deux trajets. Si aujourd’hui, cette route contourne Camps-la-Source par le sud-ouest, elle traversait alors la ville de l’ouest vers l’est, puis bifurquait plein sud pour rejoindre le tracé de l’actuelle voie, juste au sud du lieu-dit Pétouide. De même l’ancienne route traversait Forcalqueiret quand elle ne fait aujourd’hui que la contourner. Enfin, avant d’arriver à Cuers, la D43 emprunte le vallon de la Rouvereide, alors qu’il faut imaginer l’ancienne route suivant un tracé parallèle, mais plus en altitude, dans les collines à l’est.
2 Aplanto la carreto, pode pas pourta la caisso, es lourdasso. (Trad. Martine Bautista.)
  • Source : Le Var, 2 août 1853.

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