Institutions Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/institutions/ 500 ans de faits divers en Provence Thu, 04 Jun 2026 12:33:10 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Institutions Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/institutions/ 32 32 Le mystérieux Italien de la gare (La Seyne-sur-Mer, 29 mai 1895) https://www.geneprovence.com/le-mysterieux-italien-de-la-gare-la-seyne-sur-mer-29-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/le-mysterieux-italien-de-la-gare-la-seyne-sur-mer-29-mai-1895/#respond Thu, 04 Jun 2026 12:33:10 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28416 Ce matin du 29 mai 1895, à 6 h 59, un train venu de Nice entra en gare de La Seyne. Parmi les voyageurs se trouvait un homme dont l’attitude…

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Ce matin du 29 mai 1895, à 6 h 59, un train venu de Nice entra en gare de La Seyne. Parmi les voyageurs se trouvait un homme dont l’attitude attira vite l’attention. Avant même que le train ne s’immobilisât, il sauta hors de son compartiment de troisième classe.
Sans attendre, il franchit les barrières qui bordaient la voie ferrée et s’enfuit à travers les abords de la gare. Quelques instants plus tard, il se glissa dans une propriété voisine et se cacha derrière des tas de bois.
La fuite fut de courte durée. Les gendarmes l’aperçurent et l’appréhendèrent aussitôt. L’individu ne tenta aucune résistance. Il se laissa conduire tranquillement jusqu’à la caserne de gendarmerie de La Seyne où on l’enferma provisoirement dans la salle de police, le temps de décider de son sort.
La pièce était étroite et austère. L’homme y resta quelques heures seulement, mais cela lui sembla sans doute interminable. Vers 11 h 30, la patience lui manqua. Il remarqua alors une ouverture qui donnait sur l’endroit où l’on entreposait les bûchers. Cette ouverture se trouvait à environ deux mètres du sol. Il s’en approcha, s’y hissa péniblement et tenta de passer.
Mais l’opération tourna mal. Arrivé à hauteur de l’ouverture, il perdit l’équilibre. Il dut s’agripper un instant, puis dégringola brutalement dans la cave située en contrebas. La chute fut violente. Il se blessa profondément à la tête et une hémorragie abondante se déclara au-dessus de la tempe droite. À côté de lui se trouvait un petit plat en terre qu’il avait probablement heurté du front en tombant, l’écrasant au passage.
Le fracas alerta aussitôt les personnes présentes. On accourut vers la cave et l’on trouva l’homme étendu, blessé. Les gendarmes tentèrent de l’interroger afin de comprendre ce qui s’était passé. Mais ils n’obtinrent aucune réponse claire. De sa bouche ne sortaient que des paroles incohérentes, des mots sans suite. Impossible de tirer de lui la moindre explication.
Les seuls renseignements vinrent des papiers trouvés dans ses vêtements. Ils révélèrent l’identité de cet étrange personnage : il s’agissait d’un Italien nommé Benso-Gio-Balla, âgé de quarante ans.
On manda aussitôt le docteur Loro, appelé en toute hâte. Le médecin examina le blessé avec attention. Malgré l’importance de la plaie et l’hémorragie qui avait suivi la chute, il jugea que les blessures n’étaient pas très graves. Toutefois, par prudence, il ordonna son transport immédiat à l’hospice. Deux gendarmes furent chargés de l’y conduire. Ils prirent la route de Toulon dans une voiture réquisitionnée pour la circonstance. Le blessé arriva à destination vers 4 heures de l’après-midi.
L’affaire n’en resta pas moins étrange. Lorsqu’on fouilla l’homme, on trouva sur lui une somme de 200 francs, composée d’or et de billets italiens. Interrogé sur la provenance de cet argent, il refusa catégoriquement de répondre. Pour mettre fin aux questions, il se déclara fou.
Ce comportement intrigua les autorités. Car, observait-on alors, les véritables aliénés s’efforçaient bien souvent de nier leur folie. Pourquoi cet homme la revendiquait-il avec tant d’insistance ? Était-il réellement dérangé, ou cherchait-il simplement à détourner les soupçons ? Si ses divagations n’étaient qu’un jeu, il était permis de penser que l’on se trouvait en présence d’un individu qui redoutait les investigations de la justice. Une enquête fut ouverte même si nous n’en connaissons pas l’issue.
  • Source : La République du Var, 30 mai 1895, p. 2.

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Jean Augustin de Foresta (1501-1564) : un grand magistrat face aux tourmentes de la Renaissance https://www.geneprovence.com/jean-augustin-de-foresta-1501-1564-un-grand-magistrat-face-aux-tourmentes-de-la-renaissance/ https://www.geneprovence.com/jean-augustin-de-foresta-1501-1564-un-grand-magistrat-face-aux-tourmentes-de-la-renaissance/#respond Thu, 14 May 2026 18:50:35 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28240 Le XVIe siècle provençal est une période de contrastes violents, où l’éclat de la Renaissance se heurte à la montée des tensions confessionnelles. Au cœur de ce tumulte, la figure…

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Le XVIe siècle provençal est une période de contrastes violents, où l’éclat de la Renaissance se heurte à la montée des tensions confessionnelles. Au cœur de ce tumulte, la figure de Jean Augustin de Foresta s’impose comme celle d’un serviteur de l’État d’une intégrité rare. Premier président au Parlement de Provence de 1558 à 1564, il fut l’un des piliers de l’ordre judiciaire dans une région alors au bord de la rupture.

Une ascension au sein de la « noblesse de robe »

Jean Augustin de Foresta est né à Aix-en-Provence aux alentours de 1501. Issu d’une famille dont l’ascension sociale illustre parfaitement la fusion entre le négoce et la magistrature, il est le fils de Christophe de Foresta, lui-même conseiller au Parlement. Cette lignée, qui s’ancrera profondément dans la terre de Trets, représente cette aristocratie de fonctions qui, par le savoir et le droit, devient le véritable relais du pouvoir royal en province.
Reçu conseiller au Parlement de Provence en 1522, Jean Augustin y forge sa réputation. Sa connaissance du droit et sa sagesse lui permettent de gravir les échelons de l’institution aixoise. En 1554, il est nommé président à mortier, avant d’atteindre le sommet de sa carrière le 19 juillet 1558, date à laquelle il est installé dans la charge de Premier président, succédant à Jean Maynier d’Oppède.

Un mandat sous le signe du compromis et de la fermeté

Le mandat de Foresta (1558-1564) coïncide avec les prémices des Guerres de Religion. En tant que chef de la justice, il doit faire face à l’émergence du calvinisme dans les grandes cités comme Aix et Marseille, mais aussi dans les campagnes.
Sa mission est double : maintenir l’autorité de la Couronne et préserver la paix civile. Foresta se distingue par une approche que l’on pourrait qualifier de modérée pour l’époque. S’il reste un catholique convaincu, il cherche avant tout à faire appliquer les édits de pacification envoyés par la régente Catherine de Médicis. Il doit notamment gérer l’épineuse application de l’Édit de Janvier (1562), qui accordait une liberté de culte restreinte aux protestants.
Cette position n’est pas sans risque. Le Parlement de Provence est alors traversé par des courants ultra-catholiques radicaux. Foresta, par son autorité, tente de contenir les débordements et d’éviter que la justice ne devienne un simple instrument de vengeance religieuse. Son passage à la tête de la cour est marqué par une volonté de « tempérer les passions par la règle », un crédo qui lui vaudra le respect, bien que posthume, des historiens de la magistrature.

L’enracinement seigneurial : la baronnie de Trets

Comme tout grand magistrat aixois, Jean Augustin de Foresta transforme sa puissance judiciaire en puissance foncière. En 1553, il acquiert la baronnie de Trets. Ce domaine devient le fief de la famille, marquant son passage définitif de la bourgeoisie parlementaire à la noblesse de terre.
Il y fait régner une administration rigoureuse, s’attachant à restaurer les droits seigneuriaux tout en protégeant les populations locales des exactions des bandes armées qui commencent à infester la région. Cette double identité, entre le palais de justice aixois et les terres du haut de l’Arc, définit l’équilibre de sa fin de vie.

Mort et postérité d’un homme « de grand savoir »

Jean Augustin de Foresta s’éteint en fonction le 24 août 1564. Il meurt à un moment charnière, juste avant que la Provence ne sombre dans les décennies les plus sombres des conflits religieux.
L’historiographie provençale a gardé de lui l’image d’un magistrat d’une droiture absolue. Pitton, dans ses chroniques, souligne son « éloquence naturelle et sa grande connaissance des lois ». Il laisse derrière lui une lignée qui continuera de servir la Provence et la France pendant plusieurs siècles.

Sources et bibliographie pour approfondir

  • Jean-Scholastique Pitton, Histoire de la ville d’Aix, capitale de la Provence, Aix, 1666. (Source primaire essentielle pour la vie des présidents).
  • Balthasar de Clapiers-Collongues, Chronologie des officiers des Cours souveraines de Provence, Édition de la Société d’Études Provençales, 1904.
  • Archives Départementales des Bouches-du-Rhône (Série B) : Registres des délibérations du Parlement de Provence pour la période 1558-1564.
  • Prosper Cabasse, Essais historiques sur le Parlement de Provence, depuis son origine jusqu’à sa suppression, Paris, 1826.

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Le mystère du galant homme (Carnoules, 27 mai 1895) https://www.geneprovence.com/le-mystere-du-galant-homme-carnoules-27-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/le-mystere-du-galant-homme-carnoules-27-mai-1895/#respond Fri, 17 Apr 2026 15:46:03 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27994 Le soir descendait sur la voie ferrée qui séparait les stations de Carnoules et de Puget-Ville. Il était un peu plus de 6 heures lorsque la quiétude des voyageurs du train…

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Le soir descendait sur la voie ferrée qui séparait les stations de Carnoules et de Puget-Ville. Il était un peu plus de 6 heures lorsque la quiétude des voyageurs du train numéro 336 fut brutalement rompue. Trois détonations successives éclatèrent soudainement, propageant l’émoi parmi les passagers. Les tirs provenaient d’un compartiment de deuxième classe d’un modèle nouveau. Le signal d’alarme retentit aussitôt et le lourd convoi s’immobilisa.
Le sous-chef de train principal, un employé nommé Gelas, se précipita avec bravoure vers la voiture d’où venait le tumulte. Les couloirs étaient déserts, les voyageurs affolés s’étaient barricadés dans leurs cabines. L’agent aperçut alors un individu de haute stature et de belle apparence, lequel brandissait un revolver. À la vue du contrôleur, le mystérieux tireur dirigea l’arme contre lui-même et pressa la détente une nouvelle fois, mais il manqua sa cible mais s’égratigna le cuir chevelu. Gelas bondit sur lui et parvint à le désarmer. Le barillet de l’arme mortelle contenait encore un dernier projectile.
On prodigua les premiers secours au malheureux directement sur les lieux de l’arrêt. Sa blessure à la tête fut pansée grâce à la boîte de pharmacie du train. On le descendit ensuite à Solliès-Pont pour qu’il passât la nuit à l’hôpital. Fort heureusement, une seule balle l’avait touché et son état ne semblait guère critique.
Le lendemain matin, sur ordre du procureur de la République monsieur Vuilliez, la gendarmerie l’escorta jusqu’au parquet de Toulon par le train de huit heures. Face aux magistrats, l’inconnu opposa un mutisme absolu quant à son identité. Il déclara seulement appartenir à la haute société italienne, se contentant d’affirmer qu’il était un galant homme et refusait de livrer son nom. L’enquête révéla que l’individu avait acheté un billet à Cannes pour se rendre à La Bocca. Les fouilles de ses vêtements mirent au jour de petits carnets de roulette et une maigre pièce de dix centimes. Tout portait à croire qu’il s’agissait d’un malheureux joueur, acculé à la ruine par la fréquentation assidue de la rouge et de la noire.
On lui proposa bien entendu d’être soigné à l’hospice civil de Toulon, mais il s’y refusa. Aussi la police finit-elle par le remettre en liberté, dans la mesure où l’individu semblait ne plus vouloir réitérer son geste.
Au lieu d’éprouver le moindre regret pour son acte, il ne cessait de maugréait contre l’armurier qui lui avait vendu une arme, qui, selon lui, « n’aurait pas fait de mal à une mouche ».
  • Sources : La République du Var, 29 mai 1895, p. 3 ; ibid., 30 mars 1895, p. 2.

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La fatalité du sergent Bitterlin (Toulon, 27 janvier 1830) https://www.geneprovence.com/la-fatalite-du-sergent-bitterlin-toulon-27-janvier-1830/ https://www.geneprovence.com/la-fatalite-du-sergent-bitterlin-toulon-27-janvier-1830/#respond Sun, 22 Mar 2026 14:47:38 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27842 Voici l’histoire d’un drame qui, en 1830, émut toute la population de la Provence. Joseph Bitterlin était né à Pont-à-Mousson en 1804. Après avoir reçu une instruction soignée, sa famille…

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Voici l’histoire d’un drame qui, en 1830, émut toute la population de la Provence.
Joseph Bitterlin était né à Pont-à-Mousson en 1804. Après avoir reçu une instruction soignée, sa famille le laissa libre de choisir une carrière. À dix-huit ans, il s’engagea volontairement dans le 3e régiment de ligne. On s’accordait généralement à croire que ce sont des chagrins d’amour qui l’avaient mené à cette résolution, bien que son caractère courageux et son cœur agité par la passion de la gloire lui fissent préférer l’état militaire.

L’ascension et la cible de la vexation

Bitterlin fut distingué par ses chefs, aimé et estimé de ses camarades. Il ne tarda pas à obtenir les galons de sous-officier. Ses sympathies, que lui méritait son caractère doux et hardi, s’augmentaient encore de sa beauté physique. Il était soigné à l’excès dans sa toilette, à laquelle il consacrait la majeure partie de la pension que lui faisait sa famille. Sa toilette était toujours de la plus irréprochable élégance, et les officiers de son régiment étaient fiers de leur beau sergent. Bitterlin avait la taille haute et bien prise, sa tête était belle et expressive, et ses cheveux très blonds donnaient à sa physionomie une apparence juvénile qui le rendait plus intéressant encore.
En janvier 1830, le 3e de ligne tenait garnison à Toulon et occupait la caserne Saint-Louis.
Le sergent avait le malheur d’être la cible de l’adjudant Bec. L’adjudant, dont l’esprit inquiet et minutieux cherchait toujours des motifs de vexations contre les sous-officiers, ne put supporter patiemment le régime de vexations auquel son supérieur voulait le soumettre. Cette résistance valut à Bitterlin un redoublement de sévérité, l’adjudant ne cessant de le réprimander et de le punir. Bec cherchait surtout à vexer le sergent contre le goût excessif que Bitterlin avait pour la toilette.

L’humiliation fatale

Ce système atteignit son paroxysme le 26 janvier 1830 au matin, lorsque Bitterlin voulut quitter la caserne. L’adjudant l’arrêta au passage.
« Sergent, lui dit-il, vous ne sortirez pas avec les épaulettes que vous portez…. »
L’adjudant déclara qu’elles n’étaient pas conformes à l’ordonnance.
Bitterlin rétorqua : « Mais vous passez bien quelques fantaisies aux autres. »
L’adjudant répliqua : « Je fais ce qu’il me plaît. »
Bitterlin répondit : « Et moi aussi », et, passant outre, il quitta brusquement l’adjudant.
Le soir, quand le sergent rentra à la caserne, il apprit qu’il avait été porté au livre des punitions pour quatre jours de salle de police.
Dans sa chambre, il ouvrit silencieusement sa malle. De grosses larmes roulaient dans ses yeux bleus. Il en tira un après l’autre tous les menus objets qu’elle contenait, et les distribua à ses amis qui entraient dans sa chambre, leur donnant à chacun un souvenir, sans prononcer une seule parole. Les sous-officiers furent effrayés.
Un de ses chers amis lui dit : « Eh quoi ! pour quatre jours de salle de police, tu veux te tuer ? »
Bitterlin répondit : « Je l’ai dit à l’adjudant, moi aussi je fais ce qu’il me plaît. »
Il s’échappa de ses amis pour cacher ses sanglots et s’enferma dans sa chambre particulière.
Bitterlin expliqua plus tard que son projet ne venait pas de peines d’argent, mais du chagrin causé par la vexation.

Le projet de vengeance et l’erreur funeste

Pendant un repos, Bitterlin prit son fusil, descendit le long du mur des fortifications et chargea son arme. Dans sa précipitation, il mit un tampon trop fort dans le canon, l’obligeant à s’aider d’une pierre et de sa baguette. Il conçut alors un projet funèbre : se venger, se débarrasser de l’adjudant Bec, et se tuer lui-même en se plantant son sabre dans le cœur.
Pendant les manœuvres, il attendait le moment où l’adjudant passerait devant le front des troupes.
Quelques minutes auparavant, un capitaine, ayant appris ce qui s’était passé la veille, en avait fait part au colonel. Le colonel Charles d’Autane, officier de la Légion d’honneur, chevalier de Saint-Louis et de la Couronne de fer, originaire d’Allons (Basses-Alpes), sachant toute l’amitié que Bitterlin avait pour lui, et s’inquiétant de ses dispositions suicidaires, voulait le consoler lui-même.
M. d’Autane se dirigea à pied vers le pont d’Italie et y arriva au moment où Bitterlin gravissait la berge. En voyant apparaître le pompon blanc (couleur distinctive de l’État-Major), Bitterlin eut un mouvement de joie soudaine, croyant que c’était l’adjudant, et apprêta son fusil.
Alors, il reconnut son colonel. Il perdit la tête, se voyant déjà arrêté, traîné devant un conseil de guerre qui le condamnerait aux bagnes, et il préféra la mort à la honte.
Sans plus de délibération et sans même épauler son arme, il la déchargea à six pas environ dans le ventre du bon colonel.
M. d’Autane tomba foudroyé sans proférer un seul cri, sans faire entendre un gémissement. Ainsi périt, le 27 janvier 1830, à trois heures et demie, un brave officier de quarante-deux ans, qui laissait derrière lui une jeune femme et deux enfants1.
La détonation éveilla l’attention de tous. Le tambour-major se jeta sur lui. Bitterlin, qui avait jeté son fusil, cherchait à s’enfoncer le sabre-briquet dans le cœur, mais les larges buffleteries l’en empêchèrent. Bitterlin s’approcha du cadavre et versa d’abondantes larmes, répétant : « Ce n’est pas à lui que j’en voulais, j’aurais dû suivre mon premier projet et ne tuer que moi… »

Le jugement et le dernier acte

Bitterlin fut envoyé à Marseille où se trouvaient alors les Conseils de guerre. Il fut emprisonné au fort Saint-Jean, où il s’attira la sympathie des soldats vétérans. Le procès fut fixé au 22 février 1830 devant le deuxième Conseil de guerre, siégeant au Campement militaire, à la place Saint-Michel, et il fut condamné à mort.
Le jour de l’exécution, le 5 mars au matin, il était calme. Il fit ses adieux, ayant écrit une lettre à son fils à Strasbourg et à une jeune fille.
Le cortège le conduisit jusqu’à la place de la Tourette. Près du cimetière Saint-Laurent, Bitterlin demanda si c’était son lieu de repos. On lui dit que non. Il répliqua : « Là ou ailleurs, qu’importe ! »
Adossé contre le vieux mur, il consentit, après les instances de l’aumônier, à se faire bander les yeux. Le moment suprême approchait. Bitterlin demanda à commander le feu. D’une voix forte, il cria : « Apprêtez armes !… en joue !… feu!… »
Le courageux sergent tomba, frappé de huit balles. Il tomba la face tournée vers le ciel. Le corps du supplicié fut mis en terre au cimetière Saint-Charles.

L’épilogue tragique

L’histoire ne s’arrêta pas là. L’adjudant Bec était inconsolable des suites terribles des tracasseries qu’il avait exercées contre le sergent. Le marasme s’empara de son âme. Enfin, le 30 mars à six heures, il tira son sabre du fourreau, s’en appliqua la pointe sur le cœur et, prenant le lit pour point d’appui, se laissa tomber sur son arme.
Tel est le récit de cette tragique affaire, qui causa une tristesse générale dans toute la population de Marseille et de Toulon. Le destin tragique du sergent Bitterlin, du colonel d’Autane et de l’adjudant Bec s’est joué à Marseille en 1830. Cette sombre chronique, pleine de vexations, de désespoir et d’une erreur fatale, illustre comment un concours de circonstances peut faire basculer l’honneur dans la tragédie. Même après deux siècles, se souvenir de ces hommes et de leur double drame est essentiel pour comprendre la complexité de nos ancêtres. Nous perpétuons leur mémoire, non pour le crime, mais tout simplement par humanité.
Note
1. Encore jeune au moment de sa mort, Charles d’Autane, connu sous le nom de Comte d’Autane, était entré à 13 ans dans les chasseurs de l’armée de Condé. Nommé capitaine le 21 décembre 1811, il avait fait les campagnes de Dalmatie, du Tyrol, d’Allemagne et d’Espagne, et avait même été blessé à Murviedro le 4 novembre 1811 et avait reçu une balle dans la cuisse lors du combat de Loriol, le 2 avril 1815. Au moment de sa mort, il était colonel au 7e régiment d’infanterie de ligne où il avait été nommé le 28 août 1827 et avait commandé le 3e régiment de ligne dans les Alpes et à Toulon. (source : http://genobco.free.fr/provence/Autane.htm)
  • Source : Le Petit Marseillais, 25-27 juin 1868.

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Bénédiction des drapeaux du régiment de Bretagne (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 19 avril 1697) https://www.geneprovence.com/benediction-des-drapeaux-du-regiment-de-bretagne-saint-maximin-la-sainte-baume-19-avril-1697/ https://www.geneprovence.com/benediction-des-drapeaux-du-regiment-de-bretagne-saint-maximin-la-sainte-baume-19-avril-1697/#respond Wed, 11 Feb 2026 18:04:51 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27460 « L’an que dessus [1697] et le 19 avril, nous soussigné curé, étant revêtu d’un surplis, étole et pluvial violet, accompagné du révérend père Monier, notre secondaire, revêtu d’un surplis et…

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« L’an que dessus [1697] et le 19 avril, nous soussigné curé, étant revêtu d’un surplis, étole et pluvial violet, accompagné du révérend père Monier, notre secondaire, revêtu d’un surplis et d’une étole, et de plusieurs autres religieux,
Avons reçu au Maître-Autel le sieur de Fontvieille, lieutenant-colonel du régiment de Bretagne, étant à la tête dudit régiment, les soldats en armes, tambours battants,
Lequel nous a présenté trois drapeaux dudit régiment que nous avons bénis avec les cérémonies accoutumées en pareil cas,
En présence des autres officiers et soldats et d’un grand nombre de messires et de peuple de l’un et l’autre sexe de cette ville de Saint-Maximin,
Et ensuite, nous étant assis, avons remis lesdits trois drapeaux audit sieur lieutenant-colonel, étant à genoux, et lui avons donné le baiser de paix,
Et nous avons fait un petit discours pour animer les grands officiers et soldats, à signaler leur besogne pour le service du roi et ensuite on a dit la messe du Saint-Esprit, laquelle finie, ils nous ont remis les drapeaux et ils se sont retirés dans le même ordre de bataille. »
[Joseph Agnez, curé]

Le 19 avril 1697, à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, cette cérémonie s’inscrit dans le contexte de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697), opposant Louis XIV à une coalition européenne. L’événement est un puissant acte de sacralisation de la guerre au service du Roi de France.
Le curé, en habits violets (couleur pénitentielle/royale) et assisté de religieux, reçoit le régiment de Bretagne en ordre de bataille, tambours battants. Les drapeaux, symboles de l’honneur militaire, de la fidélité au Roi et de l’identité du régiment, sont présentés au Maître-Autel.
La cérémonie obéit à des rites précis : le curé bénit les étendards, puis les remet au lieutenant-colonel de Fontvieille, qui les reçoit à genoux, marquant l’hommage et l’allégeance. Le curé lui donne le baiser de paix (ici, un geste symbolique de bénédiction et de concorde, sans doute direct, réservé à cette occasion au dignitaire). Le discours exhorte les troupes à l’action pour le service du roi. La messe du Saint-Esprit est ensuite dite, implorant l’assistance divine. L’événement, tenu devant un grand nombre de messires et de peuple, est une manifestation publique et religieuse de soutien total à la politique militaire et absolutiste de Louis XIV.

  • Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2810R1.

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Un mois de prison pour de la chasse hors saison (Saint-Andiol, 14 juin 1881) https://www.geneprovence.com/un-mois-de-prison-pour-de-la-chasse-hors-saison-saint-andiol-14-juin-1881/ https://www.geneprovence.com/un-mois-de-prison-pour-de-la-chasse-hors-saison-saint-andiol-14-juin-1881/#respond Mon, 29 Sep 2025 09:23:04 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26459 Le tribunal correctionnel de Tarascon rendit à la mi-juin 1881 un jugement notable. Lors de son audience, un cultivateur de Saint-Andiol, nommé Peysson et surnommé « le Ragot », fut en effet…

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Le tribunal correctionnel de Tarascon rendit à la mi-juin 1881 un jugement notable. Lors de son audience, un cultivateur de Saint-Andiol, nommé Peysson et surnommé « le Ragot », fut en effet condamné à une peine d’un mois de prison ferme. La raison ?
Cette décision sanctionnait un délit de chasse. En effet, Peysson avait été reconnu coupable de braconnage, ayant chassé durant une période interdite. Mais d’ordinaire, du mois à cette époque, les peines pour ce genre de délit étaient plus légères. La sévérité de la sentence s’expliquait par plusieurs facteurs.
D’abord, le prévenu avait des antécédents judiciaires défavorables. De plus, sa conduite durant l’audience avait aggravé son cas. Il avait notamment tenté de tromper la justice en amenant avec lui plusieurs faux témoins. Cependant, ceux-ci décidèrent finalement de se rétracter à la fin des débats. Ce geste, sage pour eux, influença sans doute la décision finale du tribunal.
  • Sources : L’Homme de bronze, 19 juin 1881, p. 3.

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L’enfant et le commissaire brutal (Ollioules, 23 septembre 1869) https://www.geneprovence.com/lenfant-et-le-commissaire-brutal-ollioules-23-septembre-1869/ https://www.geneprovence.com/lenfant-et-le-commissaire-brutal-ollioules-23-septembre-1869/#respond Sat, 13 Sep 2025 09:15:06 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26321 Le jeudi 23 septembre 1869, entre 8 et 9 heures du matin, on entendit de grands cris provenant de la route impériale, à Ollioules (Var). Accourus au bruit, des voisins…

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Le jeudi 23 septembre 1869, entre 8 et 9 heures du matin, on entendit de grands cris provenant de la route impériale, à Ollioules (Var). Accourus au bruit, des voisins virent le commissaire de police du lieu traînant un jeune enfant qui se débattait.
Arrivé sur la place des Aires, le commissaire, voyant une foule assez nombreuse, éprouva un peu de vergogne car il prit l’enfant par les bras, par une jambe et le porta à son bureau. Dans le trajet, l’enfant tomba même deux fois des mains du fonctionnaire.
Arrivés dans le cabinet, l’homme exaspéré et l’enfant en pleurs se trouvèrent seuls et en présence. On ne sait pas précisément ce qui se passa, mais on entendit à deux reprises un bruit sec à travers la cloison, bruit suivi d’un redoublement de cris. Il faut dire que de nombreux curieux encombraient les abords de la mairie, et quelques minutes après, l’enfant sortit avec une blessure sanguinolente à la tête.
On présume que cet enfant, pour avoir quelques petits fruits, avait lancé des pierres dans les micocouliers de la place. Puisqu’il est défendu de faire cela, on imagine que le commissaire aura voulu faire respecter le règlement, même s’il aurait été préférable de verbaliser l’enfant et ses parents.
L’histoire ne dit pas si ce jeune homme aura retenu cette rude leçon.
  • Source : Le Progrès du Var, 24 septembre 1869, p. 3.

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Un accueil tumultueux pour le duc d’Orléans (Aix-en-Provence, 17 novembre 1839) https://www.geneprovence.com/un-accueil-tumultueux-pour-le-duc-dorleans-aix-en-provence-17-novembre-1839/ https://www.geneprovence.com/un-accueil-tumultueux-pour-le-duc-dorleans-aix-en-provence-17-novembre-1839/#respond Mon, 18 Aug 2025 10:26:46 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26142 Le dimanche 17 novembre 1839, Ferdinand-Philippe, duc d’Orléans, passa par Aix. Cet événement, attendu de longue date, fut malheureusement marqué par une série d’incidents, allant d’une tragédie routière à un accueil officiel…

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Le dimanche 17 novembre 1839, Ferdinand-Philippe, duc d’Orléans, passa par Aix. Cet événement, attendu de longue date, fut malheureusement marqué par une série d’incidents, allant d’une tragédie routière à un accueil officiel discutable. Cet épisode nous offre un aperçu unique des réalités de l’époque.

Une arrivée endeuillée : l’accident tragique

Le duc d’Orléans, figure royale triomphante sur les lignes de postes depuis plusieurs mois, traversait la ville ce dimanche-là, entre 14 heures et 15 heures. Son arrivée fut toutefois retardée de quarante-cinq minutes. En effet, un accident dramatique venait de se produire. Un des postillons, qui montait le cheval du prince, chuta brutalement. Les roues de la voiture écrasèrent la tête du malheureux postillon.
Le prince, sans hésiter, descendit de son véhicule. Il aida personnellement à transporter le blessé vers une maison voisine, près de l’auberge de la Mounine. Malheureusement, l’homme expira quelques minutes plus tard. Des secours furent dépêchés aussitôt, un médecin de Bouc fut appelé. Cependant, il ne trouva qu’un cadavre à son arrivée. La victime, Jean-Pierre Jeantet, avait 30 ans1. Il laissait derrière lui une jeune veuve et deux jeunes enfants. Le duc d’Orléans, touché par la situation, remit une aide provisoire de 300 francs à la veuve. Ce geste visait à lui apporter un soutien en attendant la pension à laquelle cet événement tragique lui donnait droit.

Un arc de triomphe en papier mâché et des préparatifs controversés

Le duc d’Orléans, par Jean-Auguste Dominique Ingres, tableau réalisé après 1842. National Gallery, Londres.
En approchant de la Rotonde, à Aix, un spectacle pour le moins surprenant attendait le prince. Un arc de triomphe, construit pour l’occasion, y trônait. Cependant, son style était jugé peu correct. Il semblait même ployer sous un gigantesque entablement depuis la veille. Il comportait un long et étroit arceau, flanqué de deux portes dérobées. Le tout était surmonté de gradins.
Au sommet, un trophée aux couleurs douteuses était déployé. Sa conception raide et disgracieuse, ainsi que ses teintes équivoques, le faisaient étrangement ressembler à une enseigne de bureau de tabac. Peu importe la somme votée par le conseil municipal, il semblait évident que d’autres choix de couleurs auraient pu être faits pour représenter dignement le drapeau national, au lieu de cet orange, ce bleu délavé et ce gris salissant.

Un accueil officiel sous haute tension

Les autorités administratives et municipales patientaient depuis midi pour accueillir l’héritier du trône. Le maire de la ville, lui, avait d’ailleurs déjà présenté ses hommages à Marseille. Pour l’occasion, la compagnie d’artillerie avait pris position. Son lieutenant à cheval et ses canons, tirés par des postillons en tenue négligée (ce qui évoque la célèbre bataille d’Iéna où Napoléon fit transporter son artillerie en poste), se tenaient à gauche de la grille de fer. Cette manœuvre, habilement orchestrée, soulignait les talents stratégiques de leur chef.
Dès que les éclaireurs, prudemment postés, signalèrent l’arrivée des voitures, les artilleurs se hâtèrent. Ils tirèrent leurs vingt et un coups de canon, s’assurant de terminer avant le départ du prince. La compagnie de pompiers et une brigade de gendarmerie s’étaient rangées le long de la chaussée de Marseille. Le commandant de place, représentant à lui seul la garnison, était également présent. Sa présence était jugée non seulement appropriée, mais aussi essentielle pour maintenir l’ordre et la dignité de la cérémonie royale.

Chaos et courtoisie royales

Pourtant, seuls deux sergents de ville et deux agents de police avaient été laissés pour contenir la foule autour de l’arc de triomphe et du cortège. Par conséquent, l’arrivée du prince fut marquée par un désordre complet. Le sous-préfet et le maire d’Aix eurent le plus grand mal à atteindre le duc d’Orléans. En descendant de voiture, l’héritier du trône fut contraint de jouer des coudes. Il dut se frayer un chemin pour passer sous ce monument de fortune. Une heure auparavant, un peintre avait appliqué des marbrures de style sur le monument déjà peu soigné.
Un autre honneur attendait le prince. Il fut présenté à l’officier qui commandait les artilleurs. Ce dernier l’accueillit avec une bienveillance certaine, voire une simplicité, qui toucha profondément le duc d’Orléans.

Une figure royale marquée par la tragédie

Le prince, malgré son rang, affichait une expression sérieuse et triste. Le terrible événement survenu sous ses yeux expliquait amplement cette disposition. Il serra la main de M. Aude, le maire, lui rappelant sa promesse faite à Marseille : « Vous m’aviez promis à Marseille de ne pas faire d’apprêts et de me recevoir sans cérémonie. » Le premier magistrat aurait répondu : « Monseigneur, nous n’avons pas pu faire autrement. »
Aucune acclamation ne se fit entendre. On remarqua à regret que les badauds autour du prince ne se découvraient pas. Cet oubli des plus simples marques de respect fut jugé inqualifiable. Par conséquent, la réception fut brève. Plusieurs discours préparés restèrent manuscrits dans la poche des orateurs.
Le duc d’Orléans regagna sa voiture avec difficulté. Quinze minutes après son arrivée, il repartait. Il laissa à M. le maire l’assurance de sa satisfaction et une somme d’argent destinée aux pauvres de la ville. Le temps, superbe toute la journée, avait attiré une grande partie de la population hors de la ville mais beaucoup étaient restés prisonniers de leurs maisons à cause des pluies récentes.

Une préparation officielle jugée négligente

Évidemment, l’imprévoyance des autorités municipales restait difficile à comprendre. Elles seules avaient dirigé les préparatifs de l’événement. Leur négligence exposa la personne du prince à des démonstrations excessives d’empressement. Un général de sa suite les qualifia d’ailleurs de manière assez brutale.
Note

Il était fils de feu Jean Jeantet, lui aussi postillon, et de Catherine Huc. De plus, Jean-Pierre Jeantet, au moment de son accident, était marié à Anne-Marie Roques. On ignore la localisation de ses origines. Son acte de décès figure à la date du 17 novembre 1839, à 13 heures, dans le registre des décès de l’état civil de Bouc-Bel-Air.

  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 23 novembre 1839, p. 2.
  • Registre d’état civil de Bouc-Bel-Air, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 202 E 393, acte no 17.

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D’un abus de confiance à une tentative de suicide (Toulon, 7 septembre 1869) https://www.geneprovence.com/dun-abus-de-confiance-a-une-tentative-de-suicide-toulon-7-septembre-1869/ https://www.geneprovence.com/dun-abus-de-confiance-a-une-tentative-de-suicide-toulon-7-septembre-1869/#respond Sun, 03 Aug 2025 12:37:43 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26058 Le sergent Garini, un sous-officier de l’infanterie de marine, se trouvait au cœur d’un procès pour abus de confiance. Ses agissements avaient ébranlé la quiétude de la garnison. Selon l’acte…

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Le sergent Garini, un sous-officier de l’infanterie de marine, se trouvait au cœur d’un procès pour abus de confiance. Ses agissements avaient ébranlé la quiétude de la garnison.
Selon l’acte d’accusation, Garini avait soutiré deux montres à des subordonnés. Pour cela, il avait invoqué des motifs divers, jamais clairement établis. Ces objets, d’une valeur modeste, il les avait ensuite engagés au Mont-de-Piété, une sorte de prêteur sur gages. Les jours passèrent, les échéances de remboursement arrivèrent.

Une décision radicale

Mis en demeure de restituer les fonds, le sergent Garini se retrouva acculé. Les poursuites judiciaires imminentes le poussèrent à une décision radicale. Il s’enfuit et trouva refuge dans une maison publique de Toulon, en compagnie d’une femme qui était son amante. Là, dans un acte de désespoir, il tenta de mettre fin à ses jours et la convainquit de le rejoindre dans ce dessein funeste. Le projet macabre impliquait l’ingestion de gaz carbonique.
Fort heureusement, une voisine alertée par des bruits inhabituels intervint. Elle donna l’alarme et appela les secours. Leur intervention rapide permit de sauver le sergent et sa compagne d’une mort certaine. Cet épisode dramatique marqua un tournant dans l’affaire.

Procès et condamnation

C’est à la suite de ces faits que Garini comparut devant le Conseil de guerre. Le capitaine rapporteur, qui faisait office de ministère public, mena l’accusation. La défense, assurée par le remarquable avocat Me Moulard du barreau de Toulon, plaida avec éloquence. Cependant, le verdict tomba, sans appel. Le sergent Garini fut reconnu coupable d’abus de confiance. Il écopa d’une peine de six mois d’emprisonnement.
  • Source : Le Progrès du Var, 13 septembre 1869, p. 5.

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Le curé chassé du village (Saint-Michel-l’Observatoire, 28 mars 1841) https://www.geneprovence.com/le-cure-chasse-du-village-saint-michel-lobservatoire-28-mars-1841/ https://www.geneprovence.com/le-cure-chasse-du-village-saint-michel-lobservatoire-28-mars-1841/#respond Wed, 09 Jul 2025 05:30:29 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=25896 Un dimanche de mars 1841 à Saint-Michel, aujourd’hui nommé Saint-Michel-l’Observatoire, près de Forcalquier (Basses-Alpes), la sérénité habituelle fut brisée par un violent tumulte. L’objet de cette fureur populaire ? Le curé du…

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Un dimanche de mars 1841 à Saint-Michel, aujourd’hui nommé Saint-Michel-l’Observatoire, près de Forcalquier (Basses-Alpes), la sérénité habituelle fut brisée par un violent tumulte. L’objet de cette fureur populaire ? Le curé du village.
En effet, des habitants l’avaient chassé, l’accusant de « mauvais procédés ». Cependant, ils ne purent justifier ces allégations devant les autorités.
Cette population, manifestement exaltée, résista aux gendarmes. D’abord en petit nombre, les forces de l’ordre durent faire face à des jets de pierres. Néanmoins, lorsque les renforts arrivèrent le lendemain, l’agitation cessa. Une quinzaine de personnes furent incarcérées à Forcalquier. Par ailleurs, on estimait à une quarantaine le nombre d’individus compromis dans cette affaire.
Enfin, les grands-vicaires du diocèse de Digne jugèrent nécessaire de fermer l’église. Elle resta interdite pendant plusieurs jours pour permettre le retour au calme et l’arrivée d’un nouveau prêtre.
  • Sources : Le Mercure aptésien, 4 avril 1841, p. 2.

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