Sciences Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/sciences/ 500 ans de faits divers en Provence Tue, 18 Nov 2025 13:38:47 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png Sciences Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/sciences/ 32 32 Une présentation rocambolesque du daguerréotype (Aix-en-Provence, 29 décembre 1839) https://www.geneprovence.com/une-presentation-du-daguerreotype-rocambolesque-aix-en-provence-29-decembre-1839/ https://www.geneprovence.com/une-presentation-du-daguerreotype-rocambolesque-aix-en-provence-29-decembre-1839/#respond Tue, 18 Nov 2025 13:31:00 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26748 La merveilleuse invention de la photographie, attribuée à Louis Daguerre (1787-1851) fut jugée immédiatement comme merveilleuse par chaque Français. Ce fut bien entendu Paris qui profita en premier lieu de…

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La merveilleuse invention de la photographie, attribuée à Louis Daguerre (1787-1851) fut jugée immédiatement comme merveilleuse par chaque Français.
Ce fut bien entendu Paris qui profita en premier lieu de l’invention puisqu’il fut organisé sur place quantité de séances de prises de vue pour le bonheur des personnes. Et, de fait, la Province, fut quelque peu oubliée dans un premier temps.
La cathédrale Saint-Sauveur, vers 1870. Claude Gondran. Bibl. Méjanes, Aix.
Mais certains énergumènes sentaient qu’il y avait de l’argent à prendre dans l’affaire et parcouraient les villes pour présenter leur propre invention, clamant être élève de M. Daguerre.
C’est ainsi que l’un d’eux se pointa à Aix en décembre 1839 afin d’y faire une démonstration publique du tout nouveau procédé révolutionnaire, que l’on appelait désormais le daguerréotype. On annonça la séance avec faste, on fixa le prix d’entrée à 2 francs (une belle somme à l’époque), et l’événement devait se dérouler dans une salle de l’école de droit.
Mais voilà : le 22 décembre, jour prévu de l’événement, le ciel était couvert. Pas de soleil, donc pas d’image. L’orateur dut s’excuser devant une assemblée nombreuse et reporter la démonstration au dimanche suivant. Après tout, ce n’était pas sa faute.
Le 29 décembre, rebelote. Cette fois-ci, la météo était splendide : grand ciel bleu, soleil radieux, tout semblait réuni pour que la magie opère. L’appareil fut braqué sur la belle façade de la cathédrale Saint-Sauveur, et l’assistance, émue, retint son souffle. Après un quart d’heure, le moment solennel arriva : on retira la plaque.
Déception totale !
L’image n’était qu’un fouillis de lignes sombres et brouillées. Avec beaucoup d’imagination (et de bonne volonté…), certains crurent deviner un morceau de la façade. Mais rien de net, rien de spectaculaire.
Pourtant, le procédé fonctionnait bel et bien : la veille encore, une superbe épreuve de daguerréotype avait été exposée chez M. Boyer, confiseur de la ville. La faute venait donc moins de l’invention que de son maladroit démonstrateur.
Et pour couronner le tout, lorsque le public, un brin frustré, demanda des explications techniques, l’orateur se lança dans un discours tellement embrouillé qu’il en devint aussi illisible que son image !
Bref, Aix n’eut pas droit ce jour-là à la grande révélation photographique promise… mais plutôt à une séance de prestidigitation ratée.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 4 janvier 1840, p. 2, 3.

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Souvenirs d’un instituteur (La Tour-d’Aigues, 1841) https://www.geneprovence.com/souvenirs-dun-instituteur-la-tour-daigues-1841/ https://www.geneprovence.com/souvenirs-dun-instituteur-la-tour-daigues-1841/#respond Mon, 29 Sep 2025 21:09:40 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26470 M. Calvière, modeste instituteur de La Tour-d’Aigues, charmant village de Vaucluse, avait mis au point une remarquable horloge dont nous reparlerons ultérieurement et qui fit en son temps la renommée…

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M. Calvière, modeste instituteur de La Tour-d’Aigues, charmant village de Vaucluse, avait mis au point une remarquable horloge dont nous reparlerons ultérieurement et qui fit en son temps la renommée de la commune. Le voici racontant l’origine de son projet :

« Je pouvais avoir de 7 à 8 ans, quand plusieurs de mes camarades de l’école me dirent que pour monter l’horloge de notre village, il faut faire tourner un morceau de bois autour duquel s’entortille une corde tirée par un poids. C’en fut assez ! je crus pouvoir faire une horloge. Je perce un morceau de canne, j’y passe un axe qui porte une aiguille, et sur le milieu de l’axe j’attache le fil qui devait tirer le contre-poids.
Il ne s’agissait plus, d’après moi, que d’attacher une pierre qui eut justement la force de faire dévider un tour en 12 heures.
J’attache donc une pierre ; rien ne remue. J’en mets une plus grosse, je regarde de bien près ; tout est en repos. Je fais une marque et je reviens deux heures après ; rien n’a bougé. Je mets une pierre un peu plus grosse, et la corde se déroule facilement. J’essaie des pierres de toutes dimensions et je ne puis obtenir que le repos absolu ou une rotation rapide qui me déconcerte. Je renonce à ma machine.
Quelques jours après, j’y reviens encore. Cette fois je devais réussir. J’attache un gobelet dans lequel je mets du sable grain à grain, et je ne suis pas plus avancé. Le frottement est vaincu ou il ne l’est pas.
Quelques années après je monte au clocher, je vois l’horloge, j’entrevois le balancier et la porte est fermée. Je fus étonné de tant de roues et je crus que le balancier faisait tout aller. De retour à la maison je cherche vite une roue dentée, je la passe à une cheville, je fais un balancier dont les palettes poussent les dents de la roue une à une ; le balancier n’était pas le mouvement perpétuel, et en s’arrêtant, toute la machine s’arrêtait aussi. Je n’avais donc point encore atteint mon but.
Je monte encore une fois au clocher, je crois découvrir que le poids met tout en branle, que la multiplicité des roues est pour multiplier le mouvement qui à son tour est ralenti par le balancier. Ce fut pour moi l’apparition de l’étoile polaire.
Je calcule des dents, des pignons et des roues, mais un compas, une scie, une hache et mon couteau sont mes seuls instruments et je ne puis rien faire de bien. Il fallait attendre d’avoir un tour et de savoir tourner. Cela ne vint que très tard.
Quand je n’eus plus autant de peur de mon père, je balayai un coin de la remise, et après avoir fait le forgeron auprès du feu, je montai un tour, qui, sans être un tour en l’air, n’était guère solide. Après bien des fatigues je tournai quelques roues, je fis une horloge sans sonnerie. Ce fut merveille, merveille en effet, puisque je n’avais rien copié. Cependant pas autant merveille qu’on pourrait le dire, parce qu’alors j’avais étudié les mathématiques et sans doute les raisons inverses des carrés des longueurs des pendules.
Encouragé par ce succès, je mesure la distance du bord de la cheminée au plancher, j’y trouve le large pour la pendule à seconde et je construis pour cette place une horloge sonnante d’une sonnerie que j’inventai. Je mis à cette horloge le quantième du mois et celui de la lune, la Lettre Dominicale et l’épacte. Et chacun de se récrier : je ne l’aurais pas cru. Il fallait souvent mettre une échelle contre la cheminée pour y faire monter des amateurs qui, gênés dans leurs mouvements, laissaient tomber bien souvent leurs chapeaux.
Je me dis alors : que penserait-on si j’avais déployé à cette horloge tout mon savoir-faire. Gare ! gare ! Je vais en faire une autre qui fera un peu plus de bruit, puisque l’on peut avoir des admirateurs à si bon marché. J’y mis la main un peu avant la Noël 1833 ; j’y travaillai dans les soirées, un peu les jours de pluie et beaucoup le dimanche ; plus j’étais content de mon travail, plus j’étais assidu aux offices ; j’allais quelques fois aux deux messes. Je n’avais presque ni matériaux ni instrument. Je faisais outil de tout fer. À l’arrivée du beau temps une partie de l’horloge allait déjà et avant le commencement de l’hiver cette horloge était en fonctionnement.
C’est cette horloge, Monsieur, qui me fera trouver une place dans le Dictionnaire des Vauclusiens, et qui sait, peut-être à côté de quelque grand homme dont je ne saurai pas seulement délier les souliers ! »

Calvière, instituteur
  • Source :Le Mercure aptésien, 25 avril 1841, p. 2, 3.

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Premier emploi de l’asphalte dans les rues d’Aix (Aix-en-Provence, mars 1839) https://www.geneprovence.com/premier-emploi-de-lasphalte-dans-les-rues-daix-aix-en-provence-mars-1839/ https://www.geneprovence.com/premier-emploi-de-lasphalte-dans-les-rues-daix-aix-en-provence-mars-1839/#respond Wed, 02 Oct 2024 07:53:11 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=22485 À quand remonte l’emploi de l’asphalte dans les rues d’Aix-en-Provence ? C’est en mars 1839 que les frères Agard, industriels aixois, eurent l’idée d’introduire à Aix l’usage de l’asphalte employé…

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À quand remonte l’emploi de l’asphalte dans les rues d’Aix-en-Provence ?
C’est en mars 1839 que les frères Agard, industriels aixois, eurent l’idée d’introduire à Aix l’usage de l’asphalte employé au dallage des trottoirs.
Il ne s’agissait pas encore de l’utiliser pour le revêtement des routes, mais l’idée était de revêtir les trottoirs de ce matériau.
En mars 1839, ils firent donc un essai sur les trottoirs de la rue du Pont-Moreau (actuelle rue Thiers), devant la boutique de M. Levallois, le tailleur. Et le résultat fut jugé très satisfaisant.
Un autre essai eut lieu quelques semaines plus tard, dans la même rue, devant la maison du pharmacien Boyer, encore une fois avec succès.
L’asphalte venait des propriétés de M. de Garidel à Villemus (Basses-Alpes). Autant dire que l’extraction et le transport pouvait s’avérer rentable pour les municipalités provençales.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 6 avril 1839, p. 2 ; ibid., 27 avril 1839, p.2.

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Il y a près de 100 ans, un Misonnais inventait l’horloge parlante https://www.geneprovence.com/il-y-a-80-ans-ernest-esclangon-inventait-horloge-parlante/ https://www.geneprovence.com/il-y-a-80-ans-ernest-esclangon-inventait-horloge-parlante/#respond Wed, 27 Feb 2013 09:37:04 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=2655 Ernest Esclangon, né à Mison (Alpes-de-Haute-Provence) le 17 mars 1876, est l'inventeur de l'horloge parlante. Le 14 février 1933, celle-ci est installée à l'Observatoire de Paris et, pour la première fois, donne au monde l'heure exacte par téléphone. L'horloge parlante existe toujours et donne aujourd'hui l'heure avec une précision de 50 ms. C'est le 17 mars 1786 qu'Ernest Esclangon voit le jour dans le petit village de Mison, alors situé dans les Basses-Alpes. Génie précoce, il fréquente l'école de Mison-les-Armands et vit dans une famille de cinq enfants.

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Ernest Esclangon, né à Mison (Alpes-de-Haute-Provence) le 17 mars 1876, est l’inventeur de l’horloge parlante. Le 14 février 1933, celle-ci est installée à l’Observatoire de Paris et, pour la première fois, donne au monde l’heure exacte par téléphone.
L’horloge parlante existe toujours et donne aujourd’hui l’heure avec une précision de 50 ms.

ernest-esclangon

C’est le 17 mars 1786 qu’Ernest Esclangon voit le jour dans le petit village de Mison, alors situé dans les Basses-Alpes. Génie précoce, il fréquente l’école de Mison-les-Armands et vit dans une famille de cinq enfants. Son père, François Honoré Esclangon, l’envoie à l’internat à Manosque puis à Marseille, où il poursuit ses études et devient bachelier. Il part alors à Nice (Alpes-Maritimes) et y entreprend des études de mathématiques qu’il réussit brillamment, obtenant en 1897 une double licence mathématiques-physique. Il a alors vingt et un ans.

Deux ans plus tard, il devient agrégé de mathématiques. Il part ensuite pour Bordeaux (Gironde), devient d’abord aide-astronome à l’observatoire de la ville, puis, en même temps qu’il est nommé professeur à la faculté des sciences de Bordeaux, devient astronome-adjoint  au service équatorial, où il étudie la constitution des comètes.À la faculté, il enseigne la mécanique rationnelle entre 1902 et 1905 puis, après être devenu maître de conférences en 1905, enseigne entre 1909 et 1919 la calcul différentiel et la géométrie infinitésimale.
mison-ahpLorsque la Première Guerre mondiale éclate en 1914, il est employé au polygone d’artillerie de Gâvres (Morbihan) et y étudie les phénomènes sonores qui accompagnent les tirs d’artillerie.

Après la guerre, il est nommé directeur de l’observatoire de Strasbourg (Bas-Rhin). Il dirigera celui de Paris en 1929.

C’est là, dans la capitale, qu’il met au point l’invention qui fera de lui un scientifique renommé dans le monde entier.

Il meurt le 28 janvier 1954 à Eyrenville (Dordogne) des suites d’une courte maladie. Dans son éloge funèbre, Albert Pérard, membre de la Société française de physique, évoque un homme « d’un naturel gai, d’un caractère enjoué, plaisantant à propos de tout. “Jamais sérieux”, disait sa famille. »

Suffisamment quand même pour léguer au monde une invention si importante.


Photographie du bas : Ernest Esclangon. DR.
Photographie du bas : Le village de Mison d’après une œuvre de Binabik155 under the terms of the GNU Free Documentation License, Version 1.2 or any later version.

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