Marc-Antoine d’Escalis (vers 1555-1621) : un premier président enseveli à Ansouis

Marc-Antoine d’Escalis, baron de Bras et seigneur d’Estoublon, est premier président du Parlement de Provence de 1616 à sa mort. Magistrat aixois à la carrière longue et discrète, il est mal connu, et la date de sa mort fait problème : les sources imprimées le font mourir en octobre 1620, alors qu’un acte des registres paroissiaux d’Ansouis, où il repose, donne l’année 1621.

Une famille de la robe provençale

Marc-Antoine d’Escalis est le fils aîné d’Artus d’Escalis et de Madeleine Doria, mariés le 21 juin 1552. Son père, seigneur de Bras-d’Asse, de Saint-Julien-d’Asse, d’Estoublon et de Bellegarde, est conseiller du roi et maître à la Chambre des comptes de Provence. Sa mère est la fille de Biaggio Doria, premier consul de Marseille. Sa date de naissance n’est pas documentée : on la place vers 1555.

Une carrière au Parlement d’Aix

En 1582, Marc-Antoine d’Escalis est pourvu d’une charge de conseiller au Parlement d’Aix, celle d’André d’Ardillon, assassiné peu avant le 13 février 1582. Il est reçu le 31 janvier 1584.
En octobre 1593, peu après la mort de François d’Estienne (2 octobre 1593), il est pourvu de sa charge de président à mortier. Mais cette charge, supprimée par l’ordonnance de Blois, n’est rétablie que par l’édit de septembre 1595 : il doit solliciter de nouvelles lettres le 16 décembre 1598. Il est reçu en février 1599 : le 25 février selon Clapiers-Collongue, le 27 selon Fleury Vindry, qui s’appuie sur les registres du Parlement.
Le 14 octobre 1616, il est reçu premier président, au départ de Guillaume du Vair, nommé garde des sceaux de France en mai de la même année. Jean-Louis de Monier est reçu à sa place comme président à mortier, et son successeur à la première présidence, Vincent-Anne de Forbin-Maynier, est reçu le 30 mars 1621. Un portrait gravé de lui, par Jacques Cundier (1724), figure dans le recueil des portraits des premiers présidents du Parlement de Provence.

Vie privée

Marc-Antoine d’Escalis épouse Hortense de Bourdon, dame de Saint-Pons, fille de Melchion, seigneur de Saint-Pons, et d’Anne de Gaye ; les généalogies placent le mariage en 1587. Elle meurt à Aix et est inhumée dans l’église des Cordeliers.

Ansouis

C’est à Ansouis que meurt et est enseveli Marc-Antoine d’Escalis. Les Escalis y sont installés depuis peu. La baronnie d’Ansouis, longtemps aux Sabran, passe en 1614, à la mort de Gaspard de Sabran, à son cousin Sextius d’Escalis, baron de Bras, qui ajoute à son titre celui de baron d’Ansouis. Le grand corps de logis sud du château est précisément construit à partir de 1614.
Quel lien unit Marc-Antoine à ce Sextius ? Les sources consultées ne le disent pas. Les généalogies font de Sextius (1604-1650) son fils, ce qui expliquerait que le premier président termine sa vie au château d’Ansouis. Cette filiation reste à confirmer par des actes.

Sa mort : deux dates en présence

La Chronologie de Clapiers-Collongue le dit « enseveli à Ansouis, le 14 octobre 1620 », et Fleury Vindry, puis les notices qui s’en inspirent, font mourir Marc-Antoine d’Escalis à Ansouis à cette date. Le registre paroissial d’Ansouis dit autre chose. L’acte, inscrit à la date du décès entre deux actes d’octobre 1621, porte :
« Le quatorsiesme jour du mois d’octobre mil six cents vint un, Monsieur Marc Antoine Descalis, premier president au parlement de Provence, est decedé et a esté ensepvely dans l’eglise parrochialle de ce lieu d’Ansois le vintquatre du moys de mars mil six cents vint deux. »
Selon cet acte, Marc-Antoine d’Escalis serait mort le 14 octobre 1621 et inhumé plus de cinq mois plus tard, le 24 mars 1622, dans l’église paroissiale. L’acte ne dit ni où il est mort, ni pourquoi l’inhumation a tardé. Clapiers, qui donne le 14 octobre comme date de la sépulture, ne distingue pas le décès de l’inhumation, ce qui suggère qu’il a eu sous les yeux le même acte, lu autrement. Mais un fait paraît jouer en sens inverse : Vincent-Anne de Forbin-Maynier est reçu premier président le 30 mars 1621, ce qui s’accorderait mieux avec une mort en octobre 1620. L’acte d’Ansouis, dont la lecture est assurée, donne pourtant 1621 : Escalis aurait donc quitté la première présidence avant sa mort. Les motifs de ce départ (démission, maladie, retrait à Ansouis) restent à trouver, sans doute dans les délibérations du Parlement.
L’église d’Ansouis abritait une « tombe des seigneurs d’Ansois », mentionnée dans un acte de 1645.

Postérité

D’après les généalogies, son fils Sextius (1604-1650), baron de Bras et d’Ansouis, épouse en 1626 Marguerite de Brancas, puis en 1629 Marguerite de Jarente. Henri d’Escalis de Sabran, né à Ansouis le 12 février 1630, fils de Sextius et de Madeleine de Jarente selon Clapiers, est reçu président à mortier au Parlement d’Aix le 28 novembre 1655 et meurt à Aix le 14 mai 1701 ; il serait le petit-fils de Marc-Antoine si Sextius est bien son fils. À la fin du XVIIe siècle, la baronnie d’Ansouis passe aux Villeneuve, par le mariage de Marie-Thérèse d’Escalis avec Jean-Hyacinthe de Villeneuve.

Sources et bibliographie pour approfondir

  • Registres paroissiaux d’Ansouis, acte de décès et de sépulture de Marc-Antoine d’Escalis (cote 1 E 2/3, page 2).
  • Fleury Vindry, Les parlementaires français au XVIe siècle, tome I, 2e fascicule (Parlement d’Aix), Paris, Honoré Champion, 1910.
  • Balthasar de Clapiers-Collongues, Chronologie des officiers des Cours souveraines de Provence, publiée, annotée et augmentée par le marquis de Boisgelin, Aix-en-Provence, Société d’Études Provençales.
  • Inventaire des archives de la commune d’Ansouis (FranceArchives), notice sur la seigneurie.
  • Marc-Antoine d’Escalis, Wikipédia ; généalogie sur Geneastar.
  • La Chenaye-Desbois et Badier, Dictionnaire de la noblesse, tome 7, article « Escalis ».
Vue artistique représentant Marc-Antoine d’Escalis.

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