13 - Arles Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/13-arles/ 500 ans de faits divers en Provence Fri, 27 Feb 2026 11:53:18 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.9.1 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 13 - Arles Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/13-arles/ 32 32 Un drame de neuf mètres (Arles, 9 février 1840) https://www.geneprovence.com/un-drame-de-neuf-metres-arles-9-fevrier-1840/ https://www.geneprovence.com/un-drame-de-neuf-metres-arles-9-fevrier-1840/#respond Sun, 22 Feb 2026 21:34:10 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27576 Le théâtre, lieu de toutes les magies et de tous les mirages, est aussi, dans ses coulisses, un monde de péril. C’est là, dans les hauteurs sombres où l’on manœuvre…

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Le théâtre, lieu de toutes les magies et de tous les mirages, est aussi, dans ses coulisses, un monde de péril. C’est là, dans les hauteurs sombres où l’on manœuvre les décors, que se joua, un dimanche, une tragédie dénuée de tout artifice, mais d’une déplorable réalité.

Le danger dans la galerie

L’acteur malheureux de ce drame fut un ouvrier machiniste, dont le rôle essentiel est de donner vie à la scène, de monter et descendre les toiles et les décors. L’incident se produisit au théâtre d’Arles (Bouches-du-Rhône), après que le rideau eut été baissé.
Après investigation, il nous semble avoir retrouvé l’identité de la victime de cette histoire. Selon nous, le jeune homme en question se nommait Étienne-Paul Barbier, avait 29 ans, était originaire de Bourg-de-Péage (Drôme) et, au moment des faits, travaillait en qualité de menuisier pour l’entreprise de M. Jean Flory, dans la rue de la Roquette, à Arles.
Dans les arcanes de la machinerie, une des galeries établies pour le service des décors se trouvait obstruée. Voulant à tout prix contourner cet obstacle pour poursuivre son travail, l’ouvrier prit une décision fatale : il entreprit de passer en dehors des garde-fous qui ceignent pourtant ces galeries.

La chute de neuf mètres

L’homme s’engagea dans le vide, comptant sur la seule force de ses bras. Hélas, ses mains durent glisser. Précipité dans le vide, il fit une chute vertigineuse d’une hauteur de neuf mètres, s’écrasant sur la scène, juste à côté de la première coulisse.
L’ouvrier machiniste resta raide sans mouvement après l’impact. Il fut immédiatement transporté à l’hôpital de la ville, l’hôtel-Dieu Saint-Esprit, mais la gravité de ses blessures était telle qu’il y mourut dans la nuit, aux alentours d’une heure du matin.
Ce fut une fin amère et violente, loin des projecteurs. Cependant, au milieu de l’affliction, une seule consolation fut notée : ce passage était très fréquenté et l’on se félicita que personne n’eût occupé cet endroit au moment précis où le malheureux y fut précipité.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 15 février 1840, p. 4.
  • Registre d’état civil de la ville d’Arles, année 1840, 203 E 1170, acte no 59, Archives départementales des Bouches-du-Rhône.

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Le mystérieux voyageur du Logis du Pont (Saint-Martin-de-Crau, 12 août 1670) https://www.geneprovence.com/le-mysterieux-voyageur-du-logis-du-pont-saint-martin-de-crau-12-aout-1670/ https://www.geneprovence.com/le-mysterieux-voyageur-du-logis-du-pont-saint-martin-de-crau-12-aout-1670/#respond Wed, 21 Jan 2026 21:36:22 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27403 À l’aube du règne personnel de Louis XIV, la Crau constitue un axe de transit névralgique où circulent les carrosses reliant Marseille, Arles et Aix. Le Logis du Pont sert…

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À l’aube du règne personnel de Louis XIV, la Crau constitue un axe de transit névralgique où circulent les carrosses reliant Marseille, Arles et Aix. Le Logis du Pont sert alors de relais de poste indispensable dans cette steppe aride. Le défunt, marchand facturier de soie, appartient à l’élite artisanale d’Aix, alors capitale parlementaire. Sa « mort subite », probablement un accident cardiovasculaire foudroyant, prive ce voyageur des derniers sacrements, une tragédie spirituelle majeure au XVIIe siècle. L’acte souligne l’importance des réseaux commerciaux textiles et la précision administrative des curés pour identifier les corps anonymes sur les routes de Provence.

« L’an mil six cens septante [j’]ai enseveli un homme qui était d’Aix dans le carrosse, mort de mort subite, au Logis du Pont, pour enseigne Saint-Martin, ayant été averti par Anthoine Bouis, ménager, sans avoir reçu aucun sacrem[en]t, âgé d’environ quarante ans, poil châtain, ayant trouvé sur lui une lettre que Claude Picard lui avait envoyée de Marseille, datée du sixième du courant, l’adresse de laquelle porte a M[onsieu]r de Lédène, marchand facturier de soie, à l’enseigne de Saint-Martin de la Palud, ce douzième août mil six cens septante.
Présents sieurs Claude Paget, bourgeois, et Pierre Clément, fils a M[onsieu]r Jean, procureur au siège d’Arles.
Par moi soussigné. »
[Paget, Clément, Martin curé]
  • Source : Registre paroissial de Saint-Martin-la-Palud, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 151.

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L’homme au caleçon de bain (Arles, 8 août 1881) https://www.geneprovence.com/lhomme-au-calecon-de-bain-arles-8-aout-1881/ https://www.geneprovence.com/lhomme-au-calecon-de-bain-arles-8-aout-1881/#respond Wed, 21 Jan 2026 18:13:54 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27392 Voici l’un de ces faits divers qui vous font dresser les cheveux sur la tête, rapporté d’Arles en plein été 1881. C’est l’histoire d’un homme que le Rhône a rendu,…

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Voici l’un de ces faits divers qui vous font dresser les cheveux sur la tête, rapporté d’Arles en plein été 1881. C’est l’histoire d’un homme que le Rhône a rendu, et dont la présence a brisé la quiétude estivale.
Le 8 août 1881, Adrien Bernard, pilote installé à Arles, fit une déclaration sidérante au bureau de police. À bord de son bateau mouche n° 1, il venait de repêcher le corps d’un homme inconnu.
La dépouille flottait sur la rive droite du Rhône, près du Fort-de-Pâques, en Camargue. L’équipage du bateau mouche s’était chargé de le transporter jusqu’à Arles.
Le mystère s’épaissit après les constatations légales. Le commissaire de police et le docteur Fanton se rendirent sur place pour examiner le malheureux.
L’homme était âgé d’environ 45 ans. Fait troublant, il était complètement nu, à l’exception d’un caleçon de bain à raies transversales rouges et blanches. Il mesurait 1,65 mètre et portait des « moustaches un peu grisonnantes ». Hormis ces renseignements et sa dentition jugée complète, rien ne permettait de l’identifier.
Selon l’expertise du docteur, la mort remontait à huit ou dix jours, ce qui situerait le début de ce drame entre la fin juillet et le début d’août 1881.
Un procès-verbal fut dressé, mais l’identité de ce nageur ou de cette victime, ainsi que les circonstances exactes de sa fin, restèrent une énigme jetée par le Rhône.
  • Sources : L’Homme de bronze, 14 août 1881, p. 3.
  • Registre d’état civil de la ville d’Arles, no 428, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 1411.

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Un refus d’enterrement religieux (Arles, 25 janvier 1840) https://www.geneprovence.com/un-refus-denterrement-religieux-arles-25-janvier-1840/ https://www.geneprovence.com/un-refus-denterrement-religieux-arles-25-janvier-1840/#respond Thu, 08 Jan 2026 14:02:36 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27301 Ce récit n’est pas celui d’un assassinat ni d’une émeute politique, mais celui d’une mort simple et d’un refus lourd de conséquences, un jour où la charité fut niée et…

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Ce récit n’est pas celui d’un assassinat ni d’une émeute politique, mais celui d’une mort simple et d’un refus lourd de conséquences, un jour où la charité fut niée et où le peuple se prit de colère.

La chute du maçon

Le malheur frappa François-Xavier Clément, un maçon de 43 ans, né à Arles (Bouches-du-Rhône). Son métier, noble mais périlleux, fut sa perte. Alors qu’il travaillait sur un chantier de démolition, un accident survint : il fit une chute et se brisa le crâne. C’était une mort subite, brutale, sur le lieu même de son labeur.
La nouvelle de la tragédie, comme souvent, se répandit rapidement. Mais l’histoire ne s’arrêta pas à cet accident, d’autant plus triste que l’homme avait déjà perdu ses deux parents, mais aussi ses deux précédentes femmes. Non, cette histoire commença avec l’ultime devoir : celui de la sépulture.

Le refus de la bénédiction

Lorsque la famille et les proches sollicitèrent les services de l’Église, ils se heurtèrent à une fin de non-recevoir glaciale. Le curé de la paroisse prononça un refus catégorique d’accorder la sépulture ecclésiastique à François-Xavier Clément.
La raison de ce refus, aussi douloureuse que l’accident lui-même, plongeait le défunt dans l’infamie, le privant du repos en terre consacrée, peut-être en raison de ses idées, de sa conduite, ou de son appartenance à un courant jugé hostile à l’Église. C’était une condamnation morale posthume.

L’immense procession de la colère

Face à l’inflexibilité du prêtre, la famille et les amis de Xavier Clément ne cédèrent pas. Loin d’accepter l’anathème, ils décidèrent d’agir.
Ils prirent le corps du défunt et le portèrent eux-mêmes jusqu’au cimetière. Ce qui aurait dû être une simple marche funèbre devint un événement social retentissant, une véritable démonstration de force morale et populaire.
Ils ne marchaient pas seuls. Ils étaient suivis de près de trois mille personnes. Cette foule immense, portée par l’indignation et la solidarité, accompagnait le maçon déchu. Dans un acte de défiance solennelle et d’hommage vibrant, la foule traversa les rues, chantant les prières des morts, se faisant elle-même l’officiante de la cérémonie que l’Église avait refusée.
L’émotion était palpable. Et la conséquence de l’entêtement du curé fut claire : le peuple entier était fort irrité contre lui et tous blâmaient son intransigeance. Dans cette affaire, la piété populaire avait jugé l’institution, et la voix de trois mille âmes en colère résonnait plus fort que la sentence de l’autel.
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 15 février 1840, p. 4.
  • Registre d’état civil de la ville d’Arles, année 1840, 203 E 1170, acte no 41, Archives départementales des Bouches-du-Rhône.

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L’agression raciste de Mas-Thibert (Arles, 27 juin 1881) https://www.geneprovence.com/lagression-raciste-de-mas-thibert-arles-27-juin-1881/ https://www.geneprovence.com/lagression-raciste-de-mas-thibert-arles-27-juin-1881/#respond Sun, 14 Dec 2025 19:35:00 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27141 Lundi 27 juin 1881, une agression violente secoua le calme de Mas-Thibert, village d’Arles, situé en Crau. En effet, Paul-Émile Pradié, moissonneur de 30 ans, originaire du Pont-Saint-Esprit (Gard), fut…

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Lundi 27 juin 1881, une agression violente secoua le calme de Mas-Thibert, village d’Arles, situé en Crau. En effet, Paul-Émile Pradié, moissonneur de 30 ans, originaire du Pont-Saint-Esprit (Gard), fut blessé par un coup de couteau à l’avant-bras.
L’agression survint lors d’une querelle nationaliste. Pradié rapporta qu’un ouvrier italien passant par-là cherchait du travail, mais n’en avait pas trouvé. De ce fait, il commença à proférer des « allusions blessantes contre la France et les Français ».
Aussitôt, Pradié chercha à « corriger son insolence ». Cependant, au moment précis où le moissonneur levait la main pour frapper son adversaire, l’Italien réagit. Il assena un coup de couteau dans le bras de Pradié.
Heureusement, la blessure du moissonneur n’était « d’aucune gravité ». Pradié fut néanmoins admis d’urgence à l’hôpital. La gendarmerie de la Tour-Saint-Louis dressa un procès-verbal à la suite du récit du blessé et les autorités se lancèrent aussitôt à la recherche du coupable.
  • Sources : L’Homme de bronze, 3 juillet 1881, p. 2.

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Paul Pouech : de l’hôpital au crime (Arles, 27 juin 1881) https://www.geneprovence.com/paul-pouech-de-lhopital-au-crime-arles-27-juin-1881/ https://www.geneprovence.com/paul-pouech-de-lhopital-au-crime-arles-27-juin-1881/#respond Mon, 24 Nov 2025 18:49:45 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26801 Paul Pouech, 44 ans, imprimeur sur étoffes, né à Herse (Ariège), avait été employé comme infirmier à l’hôpital d’Arles, en même temps que la fille Palpan, native d’Arles, employée à…

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Paul Pouech, 44 ans, imprimeur sur étoffes, né à Herse (Ariège), avait été employé comme infirmier à l’hôpital d’Arles, en même temps que la fille Palpan, native d’Arles, employée à la cuisine de cet établissement.
Ayant fait connaissance, ils ne tardèrent pas à avoir des relations et, profitant de leurs heures de congé, ils vivaient maritalement, depuis quatre mois, dans la chambre de Mlle Palpan, rue des Matelots, près de l’impasse de Bras-de-Magne. Puis, désirant avoir plus de liberté, ils quittèrent l’hôpital d’un commun accord et se louèrent ensemble pour faire la moisson, en se promettant de se marier après les travaux de la moisson.
Lundi 27 juin 1881, ils étaient à la Grand-Ponche, en Camargue, depuis trois jours où Pouech n’ayant pu accomplir la tâche d’un moissonneur, avait été attaché auprès de la tante comme gueu. Ces fonctions lui attirèrent des quolibets, on le plaisantait sur sa petite taille et sur son peu de vigueur, la fille Palpan aussi riait de lui et prenait part aux conversations des moissonneurs, à son grand déplaisir.
Exaspéré et pensant que sa maîtresse devait avoir un autre amant, Pouech, excité par le démon de la jalousie, s’arma d’un couteau et en porta, dit-on, douze à quinze coups à sa maîtresse.
Aux cris poussés par la fille Palpan, les moissonneurs et les hommes du mas accoururent soudain et à la vue de cette femme ensanglantée, ils se précipitèrent sur le coupable, lui lièrent les mains derrière le dos, puis les pieds.
Le garde-champêtre du quartier, M. Giot, appelé sur le champ, s’étant assuré que le coupable ne pouvait s’échapper, revint le lendemain matin le prendre et après avoir réquisitionné un des ouvriers, pour l’aider, il délia immédiatement le prisonnier qui déclara avoir bien souffert et demanda à ne plus être attaché, promettant de suivre docilement ses gardiens.
Arrivé à Arles, procès-verbal fut dressé contre lui au sujet de sa tentative d’assassinat et, après une confrontation avec sa victime, il fut, le jeudi 30 juin, au soir, conduit à Tarascon, par la gendarmerie.
La fille Palpan, à son arrivée par le bateau, fut transportée à l’hôpital où la confrontation eut lieu. Par chance elle put survivre à ses blessures.
  • Sources : L’Homme de bronze, 3 juillet 1881, p. 2.

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Quand l’obsession mène au crime (Arles, 24 juin 1881) https://www.geneprovence.com/quand-lobsession-mene-au-crime-arles-24-juin-1881/ https://www.geneprovence.com/quand-lobsession-mene-au-crime-arles-24-juin-1881/#respond Thu, 23 Oct 2025 07:22:43 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26642 Voir aussi : Le drame de la rue Nicolaï (Arles, 1er avril 1881) Baptistin Roumanille, âgé de 41 ans, boulanger demeurant à Arles, avait vécu maritalement, pendant plusieurs années avec…

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Voir aussi : Le drame de la rue Nicolaï (Arles, 1er avril 1881)

Baptistin Roumanille, âgé de 41 ans, boulanger demeurant à Arles, avait vécu maritalement, pendant plusieurs années avec Joséphine Tellier, âgée de 26 ans. Il en avait eu deux enfants, morts en bas âge. Pour être plus libre dans ses relations avec cette fille, il avait abandonné sa femme légitime, Marie Coye, et ses trois enfants mineurs (François, Eugène et Xavier), son domicile à Maussane et jusqu’à sa profession de boulanger et tous deux étaient partis vivre à Arles.
Ce fol amour pour Joséphine Tellier avait fait le malheur de l’un et de l’autre. Joséphine Tellier était légère, peut-être inconstante ; Roumanille jaloux, emporté, vindicatif. Les querelles étaient fréquentes dans ce ménage illégitime. Joséphine, trouvant que la vie commune devenait insupportable, s’était décidée, trois mois et demi avant le crime, à quitter son amant et à rompre avec lui toutes ses relations. Roumanille, plus éperdument amoureux depuis cette séparation, ne cessait de poursuivre de ses obsessions son ancienne concubine par la déterminer à retourner avec lui : supplications, voies de fait, menaces de mort, tout fut fait par lui mais en vain ; la fille Tellier persistait énergiquement dans son refus.
Il résolut de se venger. Il acheta chez un armurier de Trinquetaille un revolver et des cartouches, et il ne fit pas mystère, dans l’entourage de Joséphine Tellier, que la vie lui devenant à charge, il était bien résolu d’en finir sans retard, mais qu’il ne laisserait pas lui survivre et passer dans les bras d’un autre celle avec laquelle il avait si longtemps vécu.
Il hésitait cependant, il espérait toujours une réconciliation, et ce n’est que le 1er avril 1881, c’est-à-dire quinze ou vingt jours après l’achat du revolver qu’il mit ou tenta de mettre à exécution son sinistre projet.
Ce jour-là, il s’approcha aux pas de Joséphine. Il voulut tenter un dernier effort et avoir une explication suprême. Il vint, jusqu’à trois reprises, le matin, l’après-midi et le soir, chez la Mlle Lallemont, rue Nicolaï, où il savait que Joséphine Tellier devait se trouver.
Elle y travaillait, en effet, avec sa sœur, la dame Eulalie Teissier.
Voyant Roumanille, elle voulut sortir en traînant sa sœur. Roumanille les suivit dans l’escalier, les dérangea et, se retournant vers son ancienne maîtresse, lui tira à bout portant deux coups de revolver qui l’atteignirent à la poitrine et au sein gauche.
La victime s’affaissa en s’écriant : « Je suis morte ! »
Croyant l’avoir tuée, Roumanille voulut se tuer à son tour. Il dirigea vers lui son revolver, mais il se blessa seulement et courut, tout sanglant se jeter dans le Rhône.
Un marinier, témoin de cet acte de désespoir, parvint à le retirer de l’eau presque inanimé.
« Tuez-moi ! » lui dit Roumanille, qui s’évanouit.
Les blessures de la victime, comme celles de l’accusé, n’eurent pas de conséquences graves et étaient quasiment guéries au moment du procès à la Cour d’assises d’Aix-en-Provence, lors de l’audience du 24 juin 1881.
Roumanille fut condamné à cinq ans de réclusion et le jury, par la voix de son président, pria le président des assises d’appeler sur le condamné la bienveillance du chef de l’État.
  • Sources : L’Homme de bronze, 26 juin 1881, p. 2.

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Une attaque de bandits sur la route (La Fare-les-Oliviers, 13 décembre 1839) https://www.geneprovence.com/une-attaque-de-bandits-sur-la-route-la-fare-les-oliviers-13-decembre-1839/ https://www.geneprovence.com/une-attaque-de-bandits-sur-la-route-la-fare-les-oliviers-13-decembre-1839/#respond Wed, 15 Oct 2025 14:54:02 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26570 Au printemps 1838 avait eu lieu dans le bois des Taillades, à Vernègues, l’arrestation d’une diligence allant de Marseille à Nîmes à l’aide d’armes à feu. Les passagers du véhicule…

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Au printemps 1838 avait eu lieu dans le bois des Taillades, à Vernègues, l’arrestation d’une diligence allant de Marseille à Nîmes à l’aide d’armes à feu. Les passagers du véhicule furent totalement délestés de leurs biens mais aussi laissés en état de choc sur le bord de la route.
Par chance, une bonne partie de la bande fut arrêtée au mois de juin suivant et traduite devant les tribunaux.

Voir l’article : Les voleurs du bois des Taillades (Vernègues, 8 mars 1838)

Mais à peine leur procès se terminait-il, courant décembre 1839, que l’on apprenait que la bande continuait à faire parler d’elle.
Des journaux de Marseille révélèrent que le jour même de la condamnation de six malfaiteurs par la Cour d’assises d’Aix, une nouvelle agression venait de se produire sur la même route, entre Marseille et Nîmes, mais cette fois-ci sur le territoire de la commune de La Fare-les-Oliviers.
Ce jour-là deux femmes qui se rendaient à Lambesc (Bouches-du-Rhône) furent arrêtées dans le vallon de La Fare par quatre individus qui leur enlevèrent une somme de 150 francs environ et qui se livrèrent sur elles à de graves violences, dont nous ne connaissons pas la nature.
Fallait-il voir là un hommage aux brigands de la bande condamnés le même jour ou bien un simple fait du hasard ?
Il faut dire que cette fois-ci l’attaque avait eu lieu sur un chemin détourné.
De plus, les victimes indiquèrent après coup à la police que leurs agresseurs étaient des ouvriers piémontais qui venaient chercher du travail au canal d’Arles ou dans les chantiers des environs, ce qui ne correspond pas au type de malfaiteurs qui avaient fait leur coup au printemps 1838.

  • Le Mémorial d’Aix, 28 décembre 1839, p. 3.

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Une séquestration familiale (Arles, 17 juin 1881) https://www.geneprovence.com/une-sequestration-familiale-arles-17-juin-1881/ https://www.geneprovence.com/une-sequestration-familiale-arles-17-juin-1881/#respond Mon, 08 Sep 2025 10:39:42 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26297 Dans le mois de juin 1881, la population arlésienne fut particulièrement émue par un acte de séquestration. Le vendredi 17, la police fit une découverte choquante. En effet, les voisins…

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Dans le mois de juin 1881, la population arlésienne fut particulièrement émue par un acte de séquestration. Le vendredi 17, la police fit une découverte choquante. En effet, les voisins de Monsieur G. J., un négociant résidant avenue de la Crau, s’inquiétaient depuis des années de la disparition de l’une de ses filles. Des plaintes avaient été déposées contre lui.
À la suite de ces dénonciations, la police mena des perquisitions à son domicile. Ils y trouvèrent une jeune femme de 29 ans. Elle était enfermée dans une petite pièce orientée au nord, dépourvue de fenêtre sécurisée. La victime portait seulement une chemise.
Cette malheureuse femme était séquestrée dans ce réduit depuis trois ans. Lorsque les forces de l’ordre la libérèrent, elle était accroupie sur un grabat en mauvais état, infesté de puces. Un morceau de couverture recouvrait son corps.
Le parquet fut immédiatement informé. Une descente de justice eut lieu le même jour. La victime n’avait subi semble-t-il aucun acte de violence physique durant sa longue captivité. Cependant, elle était d’une extrême maigreur et sa santé mentale était ébranlée.
  • Source : L’Homme de bronze, 19 juin 1881, p. 2.

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Récit de la peste de Provence (Boulbon, 15 décembre 1720) https://www.geneprovence.com/recit-de-la-peste-de-provence-15-decembre-1720/ https://www.geneprovence.com/recit-de-la-peste-de-provence-15-decembre-1720/#respond Sat, 06 Sep 2025 15:54:29 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26277 Durant toute la seconde moitié de l’année 1720, le curé de Boulbon, Périer, fait le récit de la peste qui s’étend dans un premier temps à Marseille mais peu à…

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Reconstitution du village de Boulbon en 1720. © GénéProvence, 2025.

Durant toute la seconde moitié de l’année 1720, le curé de Boulbon, Périer, fait le récit de la peste qui s’étend dans un premier temps à Marseille mais peu à peu dans un grand nombre de villes et villages de Provence. On a sous sa plume le récit d’un homme inquiet pour le village, ce « misérable lieu », qu’il administre.

« Cette année 1720, il y a eu une récolte abondante. Toutes les terres, les unes et les autres, ont rendu d’un dixième dans le temps de la foire de Beaucaire.
On a soupçonné Marseille de peste et avec juste raison puisqu’elle y est si maligne qu’on assure que depuis le commencement de ce mois d’août, jusqu’à aujourd’hui vingt-huitième août, il y est mort plus de quatorze à quinze mille âmes et il continue à ce qu’il nous en revient à y en mourir toujours sans nombre.
Toutes les villes et villages de la province se gardent et il n’y a plus de commerce ni avec le Languedoc ni avec Avignon, et si Dieu n’y met sa main par sa divine miséricorde, nous sommes tous perdus.
Aubagne, Lançon, sont atteints de ce mal-là, Aix est soupçonné et on assure qu’il est au faubourg.
Le 3 octobre, le parlement, après avoir prêté serment, s’est retiré à Saint-Remy, s’étant eux-mêmes condamnés à faire quarantaine.
La peste est aux quatre coins d’Aix. Le 30 septembre, il y mourut dans une nuit vingt-cinq personnes.
On assure qu’il est mort à Marseille ou à ses bastides plus de cinquante mille âmes.
Nous nous gardons ici le mieux que nous pouvons, jour et nuit.
Aujourd’hui 23 octobre 1720, nous avons renouvelé le vœu de sainte Élisabeth et nous sommes allés en procession à Notre-Dame chanter la grand-messe. Les consuls y ont été pieds nus, la corde au col et la torche à la main, ce qui se continuera in aeternam.
Saint-Remy est soupçonné de contagion. Dieu veuille qu’il n’y ait rien.
J’ai grand peur que la peste n’y soit bientôt déclarée, comme aux autres endroits.
Du onze novembre, on mande qu’il est mort à Marseille ou à ses bastides plus de soixante mille âmes. Il y a eu de terribles désordres dans cette ville, causés par les forçats de galère qu’on avait tirés pour servir les malades et pour servir de corbeaux.
Il y est mort une grande quantité des prêtres et de religieux. Monseigneur l’Archevêque s’y est exposé autant que les prêtres les plus zélés et Dieu l’a conservé jusqu’à aujourd’hui. Le pape a envoyé trois mille saumées1 de blé pour soutenir le pauvre peuple et la contagion fait aujourd’hui à Aix autant de ravages à proportion qu’il en a fait à Marseille, où elle commence fort à calmer.
On soupçonne toujours Saint-Remy et il y a apparence que cette ville aura le même sort que toutes les autres villes et villages, qui ont été soupçonnées où elle est aujourd’hui aux quatre coins. Dieu veuille la préserver.
On dit que Lançon, il n’y est resté presque personne.
Le Martigues et Salon sont confinés.
Le 5 décembre, M. l’Intendant s’est retiré à Barbentane, méchante marque pour Saint-Remy. Madame l’Intendante s’est accouchée en chemin et a fait l’enfant dans son carrosse.
Certainement la contagion doit y être quoi qu’on le cache, mais dans moins de quatre à cinq jours, il sera confiné quoi qu’on en dise.
Le 15, troisième dimanche, à 4 heures du soir, l’ordre de M. de Jossaud, commandant dans cette viguerie, est arrivé, de confiner Saint-Remy.
Dieu veuille nous garder par sa divine miséricorde, car nous sommes en grand danger dans ce misérable lieu où il n’y a pas grand ordre.
Tarascon est en grand danger et nous aussi.
Le 14 décembre, la peste a commencé à Tarascon, par Simiot, poissonnier, qui l’a portée du Martigues. Il est mort avec un bubon. Dieu ait pitié de Tarascon et de nous aussi. On a confiné la traverse d’Arles au faubourg Saint-Jean. »

Note

1. Une saumée représente la charge d’une bête de somme.

  • Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 222.

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