13 - Lambesc Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/13-lambesc/ 500 ans de faits divers en Provence Wed, 15 Oct 2025 15:02:12 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 13 - Lambesc Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/13-lambesc/ 32 32 Une attaque de bandits sur la route (La Fare-les-Oliviers, 13 décembre 1839) https://www.geneprovence.com/une-attaque-de-bandits-sur-la-route-la-fare-les-oliviers-13-decembre-1839/ https://www.geneprovence.com/une-attaque-de-bandits-sur-la-route-la-fare-les-oliviers-13-decembre-1839/#respond Wed, 15 Oct 2025 14:54:02 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26570 Au printemps 1838 avait eu lieu dans le bois des Taillades, à Vernègues, l’arrestation d’une diligence allant de Marseille à Nîmes à l’aide d’armes à feu. Les passagers du véhicule…

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Au printemps 1838 avait eu lieu dans le bois des Taillades, à Vernègues, l’arrestation d’une diligence allant de Marseille à Nîmes à l’aide d’armes à feu. Les passagers du véhicule furent totalement délestés de leurs biens mais aussi laissés en état de choc sur le bord de la route.
Par chance, une bonne partie de la bande fut arrêtée au mois de juin suivant et traduite devant les tribunaux.

Voir l’article : Les voleurs du bois des Taillades (Vernègues, 8 mars 1838)

Mais à peine leur procès se terminait-il, courant décembre 1839, que l’on apprenait que la bande continuait à faire parler d’elle.
Des journaux de Marseille révélèrent que le jour même de la condamnation de six malfaiteurs par la Cour d’assises d’Aix, une nouvelle agression venait de se produire sur la même route, entre Marseille et Nîmes, mais cette fois-ci sur le territoire de la commune de La Fare-les-Oliviers.
Ce jour-là deux femmes qui se rendaient à Lambesc (Bouches-du-Rhône) furent arrêtées dans le vallon de La Fare par quatre individus qui leur enlevèrent une somme de 150 francs environ et qui se livrèrent sur elles à de graves violences, dont nous ne connaissons pas la nature.
Fallait-il voir là un hommage aux brigands de la bande condamnés le même jour ou bien un simple fait du hasard ?
Il faut dire que cette fois-ci l’attaque avait eu lieu sur un chemin détourné.
De plus, les victimes indiquèrent après coup à la police que leurs agresseurs étaient des ouvriers piémontais qui venaient chercher du travail au canal d’Arles ou dans les chantiers des environs, ce qui ne correspond pas au type de malfaiteurs qui avaient fait leur coup au printemps 1838.

  • Le Mémorial d’Aix, 28 décembre 1839, p. 3.

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Tué par le tonnerre (Lambesc, 22 mai 1704) https://www.geneprovence.com/tue-par-le-tonnerre-lambesc-22-mai-1704/ https://www.geneprovence.com/tue-par-le-tonnerre-lambesc-22-mai-1704/#respond Sun, 07 Jul 2024 21:42:41 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=21359 « L’an mil sept cens quatre et le vingt-deux mai, a été enseveli au cimetière de cette paroisse, Jean, scieur a bois, tué le jour précédent par le tonnerre dans le…

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« L’an mil sept cens quatre et le vingt-deux mai, a été enseveli au cimetière de cette paroisse, Jean, scieur a bois, tué le jour précédent par le tonnerre dans le bois de Taillades, venant de Mallemort où il travaillait de son métier, âgé d’environ trente ans ayant trouvé sur lui des marques de catholicité, outre le témoignage de plusieurs personnes qui l’ont assuré, personne pourtant n’ayant su son surnom ni son lieu d’origine.
Présents Jean Fouque et Annibal Pousseau, ne sachant écrire de ce requis. »
[Blanc vicaire]
  • Registre paroissial de Lambesc, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 202 E 182.

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Les voleurs du bois des Taillades (Vernègues, 8 mars 1838) https://www.geneprovence.com/voleurs-bois-taillades-vernegues-8-mars-1838/ https://www.geneprovence.com/voleurs-bois-taillades-vernegues-8-mars-1838/#respond Sun, 15 Sep 2019 08:44:26 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=17184 Le bois des Taillades, à cheval sur les communes de Lambesc et de Vernègues (Bouches-du-Rhône) a de tout temps été de sinistre mémoire. Considéré comme un coupe-gorge, c’était un lieu…

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Attaque d'une diligence, Francisco de Goya, 19e siècle, DR.
Attaque d’une diligence, Francisco de Goya, 19e siècle, DR.
Le bois des Taillades, à cheval sur les communes de Lambesc et de Vernègues (Bouches-du-Rhône) a de tout temps été de sinistre mémoire. Considéré comme un coupe-gorge, c’était un lieu par lequel on se devait de passer pour faire la route entre Aix et Avignon et où les récits sont nombreux qui relatent cambriolages à mains armés et meurtres en tout genre.
Le 8 mars 1838, la diligence Lauzier, de Marseille à Nîmes, passait par là à une heure de l’après-midi et était en train de gravir la côte, une fois entrée sur le territoire de la commune de Vernègues, quand soudain trois hommes embusqués, dont deux étaient armés, lui crièrent de s’arrêter. En même temps, l’un d’eux fit feu, blessant grièvement un des chevaux de l’équipage et créant un début de panique parmi les passagers.
Les voyageurs furent ensuite systématiquement dépouillés de leurs biens personnels, leur dérobant argent, montres et effets les plus précieux. Une dame qui se trouvait dans le coupé fut notamment laissée sans la moindre pièce de monnaie sur elle, incapable de subvenir dès lors aux besoins de la route. Elle fut donc contrainte d’écrire à sa famille pour qu’on lui envoyât l’argent nécessaire à son voyage.
Leur crime commis, les voleurs abandonnèrent la diligence qui continua sa route, malgré le cheval blessé.
Arrivée à Pont-Royal (commune de Mallemort), elle rencontra la diligence de Lyon, conduite par M. Poulin. Informés de ce qui venait de se produire, les voyageurs lyonnais, qui allaient devoir passer par le bois des Taillades, décidèrent de faire halte et demander à des gendarmes de prendre la route avec eux dans la voiture. Précaution finalement inutile car, passant par là une heure après, ils ne furent pas inquiétés1.
De nos jours, c’est une voie moderne qui passe par ce secteur mais, au XIXe siècle, la route était bien plus difficile à emprunter, passant par des secteurs depuis non utilisés et abandonnés à la végétation, comme la route passant à l’est de Cazan à proximité du château des Taillades.

Suite de l’affaire

Il fallut attendre le mois de juin suivant pour qu’une partie de la troupe soit arrêtée par la gendarmerie, au pont de la Chèvre, près du bois des Taillades.
Mais, sans être découragés par l’incarcération de plusieurs de leurs complices, les voleurs renouvelèrent leurs attentats le 2 mars 1839, aux Biens-Neufs, près de Salon-de-Provence. Le voiturier Fabre et la malle de Toulouse furent arrêtés, mais évidemment cette tentative était dirigée contre la diligence de Toulouse, qui portait soixante mille francs en numéraire, et qui n’échappa aux brigands que par une accélération toute fortuite dans sa marche.
Les indices recueillis par la justice et quelques reconnaissances timides de la part de certains témoins qui n’osaient dire alors que la moitié de la vérité suffirent pour signaler les vrais coupables, et ce résultat fut dû en grande partie au zèle et au courage du gendarme Rieux, de la brigade de Salon. Aux débats lors du procès à la cour d’assises d’Aix en décembre 1839, les témoins devinrent plus explicites, mais quelques-uns se rétractèrent. Aussi après une discussion fort animée, malgré les dénégations opiniâtres des accusés, leurs récriminations violentes, leurs protestations énergiques, à la fin de la cinquième journée, le jury déclara coupables six des accusés. Le septième, Reyne, dont le nom n’avait même pas été prononcé dans les débats, fut acquitté. La Cour condamna les nommés Dor, Venture, Laval, Granon et Galabon, aux travaux forcés à perpétuité, et un certain Bédouin à cinq ans de la même peine. Mais avant le prononcé de l’arrêt, Dor, bien qu’il eût été emmenoté d’avance, ainsi que ses compagnons, se livra à des actes d’une telle violence qu’on dut le faire garrotter entièrement et transporter par huit gendarmes dans son cachot.

Note

1. La diligence Poulin fut bien heureuse de ne pas être arrêtée. On apprit peu après que, après le départ de la diligence Lauzier, une autre diligence, reliant Aix à Avignon, avait aussi été détroussée, mais cette fois sans qu’il fût nécessaire de tirer un coup de feu.


Voir aussi les articles Une attaque de bandits sur la route (La Fare-les-Oliviers, 13 décembre 1839) et Histoire du domaine des Taillades (Lambesc).

  • Le Mémorial d’Aix, samedi 21 décembre 1839, p. 2.

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Une offense au maire (Lambesc, 28 septembre 1891) https://www.geneprovence.com/offense-maire-lambesc-28-septembre-1891/ https://www.geneprovence.com/offense-maire-lambesc-28-septembre-1891/#respond Sun, 14 Jul 2019 10:17:29 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16976 Le 28 septembre 1891, un couple de la haute société se disait oui devant M. le maire en mairie de Lambesc (Bouches-du-Rhône). M. Louis-Ernest Fatou, enseigne de vaisseau originaire de…

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Le 28 septembre 1891, un couple de la haute société se disait oui devant M. le maire en mairie de Lambesc (Bouches-du-Rhône). M. Louis-Ernest Fatou, enseigne de vaisseau originaire de Bretagne, épousait en effet Mlle Magdeleine Pauline Alix Joséphine d’Abel de Libran, fille d’un célèbre amiral, née à Paris et domiciliée elle aussi en Bretagne. Si le couple souhaitait s’unir en Provence, c’est que la demoiselle y avait des attaches.
L'hôtel de ville de Lambesc, où fut célébré le mariage. DR.
L’hôtel de ville de Lambesc, où fut célébré le mariage. DR.
C’est sans doute parce que les mariés étaient étrangers à la Provence et n’en avaient pas les coutumes (et aussi parce que monsieur le maire était un peu susceptible, il faut bien l’avouer!) que survint l’affaire avec un grand a !
Comme cela se fait souvent, les fiancés et les témoins se présentèrent à la mairie la veille du mariage religieux et naturellement s’y rendirent en tenue de ville.
M. Delescalle, maire de Lambesc, avait à cette occasion convoqué ses adjoints. En habit noir et en gants blancs, les feuillets du discours préparé pour la circonstance à la main, M.le maire attendait les fiancés dans une pose superbe. Mais il fut absolument décontenancé en voyant arriver la mariée sans couronne de fleurs d’oranger et le cortège en tenue de jour.
Peu au courant de la mode, M. Delescalle prit pour un affront à son autorité cette mise qui lui parut négligée, supprima le discours, s’en tint aux formules légales et ne songea qu’à la vengeance qu’appelait un pareil outrage.
La musique locale dite municipale avait gracieusement offert son concours pour exécuter quelques morceaux pendant le dîner qui devait avoir lieu au château de Libran. Mais le maire s’empresse de lancer une injonction à sa musique pour lui défendre de rendre hommage à la famille la plus honorable et la plus respectée du pays. Les musiciens refusent énergiquement d’obéir à cet ordre et expédient un délégué à M. Delescalle pour le calmer. Le maire ne veut rien entendre et rédige alors un arrêté inimaginable que voici :
« Considérant que le 29 septembre dernier, un délégué de la société musicale municipale de notre commune s’est présenté en notre mairie et nous a adressé des paroles inconvenantes et injurieuses pour les fonctions et attributions dont nous sommes investi ;
« Considérant que si le délégué a tenu un tel langage, c’est qu’il existe dans la société musicale des membres hostiles à nos institution républicaines, membres qui soutiennent et contribuent à jeter le désordre dans le corps musical et par suite à soulever des discussions dans la commune au profit des ennemis de la République ;
« Considérant que la Société musicale non autorisée par M. le préfet, subventionnée en argent et en nature par la commune, est sous la dépendance de notre administration, que par conséquent il nous appartient de la dissoudre et de la reconstituer s’il y a lieu.
« Arrêtons :
« Article 1er. — La Société musicale municipale de la commune de Lambesc est dissoute.
« Art. 2. — Les détenteurs des objets appartenant à ladite Société devront, sous peine de procès verbal, les déposer aux archives de la mairie, dés que nous leur en auront signifié l’ordre.
« Art. 3. — Le garde champêtre de la commune est chargé de l’exécution du présent.
« Fait en mairie, le 2 octobre 1891,
« Le maire de Lambesc,
« Delescalle ».
Une protestation du président et des sociétaires du Cercle musical de Lambesc fut aussitôt rédigée et adressée au maire, dont elle contestait très légitimement les prétendus droits sur sa musique, et le tout fut expédié à M. le préfet. Nous n’en avons malheureusement pas les résultats.
  • D’après Journal de la ville de Saint-Quentin et de l’arrondissement, 22 octobre 1891.

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Histoire du domaine des Taillades (Lambesc) https://www.geneprovence.com/histoire-du-domaine-des-taillades-lambesc/ https://www.geneprovence.com/histoire-du-domaine-des-taillades-lambesc/#respond Fri, 01 Nov 2013 00:34:16 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=9803 Par Alexandre Dumont-Castells Le domaine des Taillades se situe à cinq kilomètres au nord-ouest de Lambesc et à un kilomètre au sud de la D22 à Vernègues. En 1820, neuf personnes y habitaient. [caption id="attachment_9824" align="alignright" width="463"] Le château des Taillades au début du XXe siècle. Coll. P.

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Le domaine des Taillades se situe à cinq kilomètres au nord-ouest de Lambesc et à un kilomètre au sud de la D22 à Vernègues. En 1820, neuf personnes y habitaient.
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Le château des Taillades au début du XXe siècle. Coll. P. Gazanhes.

L’ancienne tour de guet du XIIIe siècle laissa place au château1 actuel des Taillades. Celui-ci fut judicieusement implanté au nord-ouest de la baronnie de Lambesc, tout proche du chemin des Taillades2, afin de dissuader les pillards de s’en prendre aux convois qui y transitaient.

En 1522, Honoré de Lauris était écuyer et seigneur des Taillades. Il hérita, par son père Ferrin de Lauris3 et par l’héritage de leur aïeule Dauphine d’Allamanon, du fief des Taillades.
À sa mort, c’est son fils Esprit qui lui succéda. De son vivant, ce seigneur fut fort apprécié du roi de France, Henri IV, car il le fit viguier de Marseille en 1570. Dans son testament du 3 octobre 1616, Esprit de Lauris demanda à être inhumé en l’église des Trinitaires de Lambesc et là où il avait fait construire son tombeau de famille en la « chapelle de Notre-Dame de Grâce4 ».
Au cours des guerres de Religion, à l’inverse de certains de ses pairs5 de Lambesc, Claude de Lauris (1571-1657) servit avec distinction sous les ordres du seigneur de La Valette, lieutenant-général du roi en Provence et sous ceux du duc d’Épernon. En 1592, Claude de Lauris6 dut faire face aux émeutes d’Aix et de Marseille fomentées par l’huissier Tampe et le teinturier Quarrelasse ; du fait qu’il portait « paroles de trêve de la part du duc d’Épernon, etc.7. »
Le 26 mai 1636, il fut encore exempt de payer, en sa qualité reconnue, les droits de francs-fiefs et lui fut accordée la main-levée de sa terre et de sa seigneurie des Taillades.
Son petit-fils, Joseph-Mathias de Castellane de Lauris des Gérards (1659-1734), marquis des Taillades et d’Ampus, baron de Valbonnette, rendit hommage en 1678 à Louis XIV pour la terre et la seigneurie des Taillades qu’il possédait par succession8 de noble Jean-Baptiste9 de Saint-Chamas (av. 1647-v. 1675), écuyer de Lambesc. Le jour de son union avec Marie-Charlotte de Vassadel de Montmirail, sa mère lui fit un don de 400 000 livres à la condition que le jeune marquis des Taillades portât pour lui et ses héritiers les armes et les noms de la maison de Castellane avant tout autre nom. Joseph-Mathias fut l’oncle maternel du très célèbre Louis-Joseph de Montcalm-Gozon (1712-175910), marquis de Saint-Véran et qui fut commandant en chef des troupes françaises au Canada.
Son arrière-petit-fils, Louis-Joseph de Castellane de Lauris des Gérards de Vassadel (1738-?), fut par la suite seigneur des Taillades.
Cette famille d’écuyer fut connue à Lambesc depuis le XIIIe siècle, période durant laquelle Jean de Saint-Chamas fut coseigneur de Lambesc. Les Saint-Chamas donnèrent un bailli à Lambesc en 1573. Ils possédaient une demeure du XVIe siècle11 sur l’actuelle place Jean-Jaurès.
Avant 1675, la seigneurie des Taillades dépendait12 de noble Jean-Baptiste de Saint-Chamas13 (av. 1647-v. 1675) comme le révèle l’acte de décès de sa veuve Louise de Faudran de Saint-Chamas14 (1631-1718) en date du 28 septembre 1718. Elle revint par héritage à Joseph-Mathias de Castellane de Lauris des Gérards (1659-1734), marquis des Taillades et d’Ampus, baron de Valbonnette.
Acte de décès de Louise de Faudran de Saint-Chamas en date du 28 septembre 1718– Registres paroissiaux de Lambesc.
Acte de décès de Louise de Faudran de Saint-Chamas en date du 28 septembre 1718
– Registres paroissiaux de Lambesc.

Nicolas de Faudran de Laval (v. 1629-1691) fut seigneur des Taillades, tout comme le fut certainement son père Claude de Faudran de Laval, fils de Louise de Lauris des Taillades et de Valbonnette.

Nicolas de Faudran de Laval (v. 1629-1691) se maria le 10 mai 1653 à Jacqueline de Pazier (1638-1692), de la ville d’Arles. Ils eurent pour fils Joseph-André de Faudran15, capitaine de cavalerie, seigneur des Taillades, lequel eut, de Catherine de Rabasse-Vergons, trois filles16 et Balthasard de Faudran-Laval, seigneur des Taillades. Son petit-fils, François de Faudran-Laval, seigneur des Taillades, représentait encore à la mort de son père, en octobre 1759, la maison des Faudran de Laval de Lambesc.
Commanderie des Taillades. Intérieur de la salle d’armes. Coll. P. Gazanhes.
Commanderie des Taillades. Intérieur de la salle d’armes. Coll. P. Gazanhes.

Les Faudran de Laval étaient écuyers et seigneurs des Taillades en 1599 et l’ont été après 1769. Leur tombeau familial était à Lambesc même, depuis au moins 1679, dans la chapelle de Saint-Joseph de l’église de Notre-Dame de La Rose puis, à partir de 1700, de celle de Notre-Dame de l’Assomption.

Cette seigneurie des Taillades avait tous les aspects d’une coseigneurie partagée entre seigneur majeur (les Lauris) et les seigneurs mineurs (les Faudran de Laval17 et les Saint-Chamas18).

Notes

1. Terme profane pour cette ancienne « Commanderie » comme elle fut nommée jadis.
2. La seule voie principale étroite – depuis le Moyen Âge – qui reliait Lambesc à Mallemort et à Saint-Cannat. Elle fut délaissée lors du percement de la grande voie royale, ce qui isola beaucoup plus ce fief du reste de la baronnie de Lambesc.
3. Mort après le 21 juillet 1518 à Lambesc.
4. Souhait que formula aussi son fils, Claude de Lauris (1571-1657), seigneur de Valbonnette et des Taillades dans son testament du 17 avril 1654. Cette famille possède l’hôtel des Taillades dès 1607, hôtel jouxtant celui de Cadenet-Charleval.
5. Tels que les Ligueurs, au service de leur seigneur et duc de Guise, Pierre et Jacques de Gilles de Mousse tués lors du siège en défendant la place de Lambesc le 12 juillet 1589. Leur cousin Louis Esménard – qui, contraint, fit capituler le château de Lambesc – fut pendu sur ordre de La Valette.
6. Il fut un partisan acharné du roi de France contre la Ligue et s’opposa au ravitaillement de la ville de Salon tenue par les Ligueurs, le 13 avril 1593.
7. Nostradamus, 1614 : Histoire de la Provence, p. 932.
8. Dont il avait été institué héritier universel dans son testament de 1675.
9. Grand-oncle de Thérèse de Lauris des Taillades, épouse de François-Louis de Forbin.
10. Il mourut à Québec après avoir été blessé par les Anglais à la bataille des plaines d’Abraham.
11. Détruite lors du tremblement de terre de 1909.
12. Partiellement.
13. Ce même Jean-Baptiste fit construire en 1647 un hôtel particulier dans Lambesc sur une partie de jardin dit « de la Bouvilière » (hôtel de Saint-Chamas) achetée à Henri II de Guise (av. 1640-1675), propriétaire et seigneur de Lambesc. Il fut aussi procureur fondé du seigneur des Taillades le jour du mariage de Thérèse de Lauris, fille d’Émeric, avec François-Louis de Forbin, par contrat de mariage, le 30 mars 1666, à Lambesc (notaire Joseph Bosse).
14. Probablement fille de Claude de Faudran de Laval et d’Étiennette de Forbin-Bonneval.
15. Et Gilles de Faudran-Laval, son frère, appelé « Monsieur », et époux de Thérèse Clausonnier, le 22 janvier 1726 à Lambesc.
16. Thérèse Catherine (1698-1701), Louise Bonne (1709-1724) et Claire (1713-1743) de Faudran de Laval.
17. Probablement jusqu’en 1746, date à laquelle les Faudran de Laval s’acquittèrent de l’afflorinement pour les Taillades.
18. Jusqu’en 1675.

lambescCe texte est extrait de Lambesc (XVIe-XIXe siècles), son terroir, ses domaines et ses gentilshommes, éditions GénéProvence, 2013.

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[Provençal] Le Trembleur / Lou Tremoulaire https://www.geneprovence.com/lhistoire-du-trembleur/ https://www.geneprovence.com/lhistoire-du-trembleur/#respond Mon, 19 Aug 2013 00:14:20 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=7415 Voici une petite histoire inspirée du tremblement de terre de Lambesc, du 11 juin 1909. Nous vous la proposons en français, accompagnée de sa traduction provençale réalisée par Martine Bautista. ILS ÉTAIENT FIANCÉS depuis la Saint-Michel 1908, et se marièrent le 30 avril 1909, le dernier jour permis avant le mois de mai pour respecter la coutume religieuse.

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Voici une petite histoire inspirée du tremblement de terre de Lambesc, du 11 juin 1909. Nous vous la proposons en français, accompagnée de sa traduction provençale réalisée par Martine Bautista.


ILS ÉTAIENT FIANCÉS depuis la Saint-Michel 1908, et se marièrent le 30 avril 1909, le dernier jour permis avant le mois de mai pour respecter la coutume religieuse.
Ils ne partirent pas en voyage de noces, ce n’était pas la mode et le travail pressait aux champs.
Le novi était paysan et fier de l’être. Il était surtout orgueilleux de ses chevaux. Des bêtes splendides pour lesquelles un tiers du domaine était semé en luzerne.
Même le jour de ses noces, il fit attendre le maire et le curé en prenant le temps de donner à manger et à boire à ses chevaux.
Rien d’étonnant par conséquent à ce qu’il préférât passer des nuits de printemps dans les ruisseaux d’arrosage plutôt qu’avec sa jeune épouse.
Tous les paysans qui font de la luzerne savent que celle-ci adore être arrosée durant la nuit. C’est sous la lune qu’elle boit le mieux et puis cela permet de faucher l’eau aux voisins…
La jeune femme faisait bon cœur contre mauvaises nuits, et quoiqu’elle fût lasse de dormir dans ses draps de lin, elle faisait la part des choses en se disant que dès qu’il aurait achevé l’arrosage des luzernes, elle l’aurait enfin pour elle seule !
Le matin du 11 juin 1909, avant de partir aux champs, le jeune paysan annonça à sa femme : « Ce soir, je couche ici… J’ai fini les arrosages… »
Elle était provençale, donc pragmatique, et répondit simplement :
« Bon… Alors, je change les draps… »
Elle chantonna toute la journée en attendant le retour de son jeune mari.
Ils se couchèrent très tôt… À l’heure des poules… Et entreprirent de combler le retard de câlins causé par l’arrosage des luzernes.
lambesc-tremblement-de-terreIl n’y avait pas une heure qu’ils étaient couchés que soudain, braoum, badaroum, roum… Le tremblement de terre !
Les meubles tremblaient, le lit tremblait, la maison tremblait, et la jeune mariée ne se rendit compte de rien !
Elle dit simplement à son homme :
« Va plus doucement mon chéri… Qu’est-ce que qu’ils vont dire les voisins, même la maison qui tremble ! »
Le lendemain, elle ne voulut même pas croire qu’il y avait eu un tremblement de terre… même en sachant que son mari était désormais surnommé « Le Trembleur » !
Et bien des années plus tard, elle regardait encore les fentes des murailles en soupirant : « Quelle nuit… Oh, quelle nuit ! »


ĖRON FIANÇA DESPIÈI la Sant-Miquèu de 1908 e se maridèron lou 30 d’abriéu de 1909, lou darrié jour permes avans lou mes de Mai pèr respeta la coustumo religiouso. Noun partiguèron en viage de noço, èro pas lis usanço en aqueste tèms, demai i’avié forço travai dins li champ.

Lou nòvi èro pacan e fièr de l’èstre. Èro subretout ourgueious de si chivau. De bèstis ufanouso pèr quau un tiers dóu tenemen èro semena de luserno.

Meme lou jour de si noço, faguè espera lou conse e lou capelan en prenènt lou tèms d’apastura e d’abéura si chivau. Rèn d’estounant coume acò que preferissié passa li niue de la primo dins li canau d’arrousage pulèu qu’emé sa jouino nòvi.

Tóuti li pacan que fan de luserno, sabon que i’agrado d’èstre arrousado de niue. Es souto la luno que bèu lou miés e pièi permes d’empega d’aigo i vesin… La jouino femo fasié bon cor contro marrìdi niue emai fuguèsse lasso de dourmi dins si lançòu de lin, se disié que tre l’arrousage de luserno acaba, l’aurié enfin pèr elo souleto !

De matin, lou 11 de jun 1909, avant que de parti i champ, lou jouine pacan venguè à sa femo : « Aqueste sèr, couche aqui… Ai fini lis arrousage… »
Èro prouvençalo, adounc pratico. Respoundeguè simplamen : « Bon… alor change li linçòu… »

Cantounejè touto la journado en esperant lou retour de soun jouine mari. S’empaièron d’ouro… A l’ouro de galino… E entre-prenguèron de faire gingin pèr lou manco causa pèr l’arrousage de luserno.
İ’avié pas uno ouro qu’èron ajassa que subran, braoum, badaroum, roum… Lou terro-tremo !

Li moble tremoulavon. Lou lié tremoulavo. L’oustau tremoulavo. E la jouino nòvi se n’en rendeguè pas comte !

Diguè simplamen à soun ome :

« Vai mai plan moun bèu… de que van dire li vesin ?… meme l’oustau que tremoulo ! »
L’endeman, vouguè pas meme crèire que i’avié agu un terro-tremo… Meme en sachènt que soun ome avié pèr escais-noum « lou tremoulaire » !

Bèn d’annado plus tard, regardavo encaro lis asclo de la muraio en souspirant : « Queto niue… oh, queto niue ! »

Photographie : DR.

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La ferme brûle ! (Lambesc, 13 août 1841) https://www.geneprovence.com/la-ferme-brule-lambesc-13-aout-1841/ https://www.geneprovence.com/la-ferme-brule-lambesc-13-aout-1841/#respond Sun, 25 Sep 2011 18:58:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=209 « Un fâcheux événement vient d’arriver [...] ; la ferme appelée la Crémade, appartenant à M. le comte de Forbin La Barben, est devenue dans le courant de la matinée du 13, la proie des flammes qui l’ont envahie presque dans son entier. La perte du bâtiment et des fourrages est évaluée à 3 000 francs.

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« Un fâcheux événement vient d’arriver […] ; la ferme appelée la Crémade, appartenant à M. le comte de Forbin La Barben, est devenue dans le courant de la matinée du 13, la proie des flammes qui l’ont envahie presque dans son entier. La perte du bâtiment et des fourrages est évaluée à 3 000 francs.
lambesc-avenue-de-la-gareCe sinistre a été occasionné par imprudence. La fermière voulant détruire la vermine qui infectait son poulailler est venue dans la matinée avec de la paille allumée faire passer la flamme sur les barres de bois qui servent de juchoirs aux poules, sans remarquer qu’il existait une trappe au-dessous donnant sur le grenier à foin qui a été incendié aussitôt. »
  • Le Mémorial d’Aix, 15 août 1841, n° 42.
  • Photographie : Avenue de la gare (Lambesc). DR.

 

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Noyé dans le canal de Marseille (Lambesc, 14 août 1861) https://www.geneprovence.com/noye-dans-le-canal-de-marseille-lambesc-14-aout-1861/ https://www.geneprovence.com/noye-dans-le-canal-de-marseille-lambesc-14-aout-1861/#respond Mon, 14 Dec 2009 01:01:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=495 Jugement du tribunal civil d'Aix (Bouches-du-Rhône) en date du 11 juillet 1882, retranscrit sur le registre des décès de Lambesc (Bouches-du-Rhône) le 30 juillet même année.

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Jugement du tribunal civil d’Aix (Bouches-du-Rhône) en date du 11 juillet 1882, retranscrit sur le registre des décès de Lambesc (Bouches-du-Rhône) le 30 juillet même année.

 

« […] Un individu fut trouvé noyé dans le canal de Marseille et dans le terroir de Lambesc le quatorze août mil huit cent soixante un, […] il fut retiré de l’eau et porté à l’hospice ; […] le lendemain, quinze, il fut inhumé à Lambesc sans que son identité ait été reconnue.

lambesccanal

Mais, quelques jours après, on sut positivement que cet individu était le nommé Chaix Jean Joseph, berger à Valbonnette et mari de la dame [Marie Antoinette] Castelas, [dénommée Antoinette Castelas].
[…] À la suite de ce procès-verbal, aucun acte de décès ne fut dressé et l’identité du défunt ayant été prouvée par les dépositions de témoins entendus sous la foi de serment, le tribunal a des éléments suffisants pour éclairer sa religion.

En conséquence, […] le tribunal civil de première instance séant à Aix, suivant MM. Schoell, président, Ravel, juge, Bouteille, premier juge suppléant, […] dit et déclare que le sieur Jean Joseph Chaix, né au Bras-d’Âne [1] (Basses-Alpes) le vingt quatre juin mil huit cent dix neuf, fils de Jean Louis Chaix et de Claire Élisabeth Maraire, époux de Marie Antoinette Castellas [2], est décédé près du pont de Valbonnette, commune de Lambesc, vers le douze août mil huit cent soixante un… »

[1] Bras-d’Asse (Alpes-de-Haute-Provence), dans le canton de Mézel.
[2] Sic avec deux l.

  • Registre d’état-civil de Lambesc
  • Photographie : Viaduc sur le canal de Marseille (Lambesc). DR

Faits divers de Lambesc

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À l’œuvre ! (l’après-tremblement de terre du 11 juin 1909) https://www.geneprovence.com/a-loeuvre-lapres-tremblement-de-terre-du-11-juin-1909/ https://www.geneprovence.com/a-loeuvre-lapres-tremblement-de-terre-du-11-juin-1909/#respond Mon, 29 Jun 2009 19:37:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=593 Louis Teissier, avocat à la cour d'appel d'Aix, licencié ès lettres.

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Louis Teissier, avocat à la cour d’appel d’Aix, licencié ès lettres.
« Maintenant que les heures de stupeur se sont éloignées avec le temps ; après avoir contemplé douloureusement les ruines amoncelées en un instant par les forces aveugles de la nature, il convient d’envisager l’avenir avec confiance et d’ôter définitivement le voile de deuil qui pèse depuis un mois sur notre région.
D’ailleurs, le découragement qui suivit la catastrophe ne fut pas de longue durée, l’espérance qui survit toujours au cœur de l’homme, cette confiance salutaire, cette foi en l’avenir qui triomphe du monde et du destin, triompha bientôt de l’épouvante.

(Cliché Crémieux. DR.)
(Cliché Crémieux. DR.)

Un moment surprise par le choc redoutable, notre cité s’est ressaisie, et l’on se remit à l’ouvrage ; le travail acharné reprit dans les maisons branlantes, l’activité commerciale persista à travers nos rues détruites, sous le réseau des épontilles provisoires.
Malgré tous les prophètes de malheur, qui abusèrent de leur énervement, les populations sinistrées n’ont pas perdu un instant l’espoir du relèvement et l’amour de leur terre.
Le paysan a bientôt quitté le campement improvisé pour regagner les champs, l’ouvrier est sorti des baraques des rescapés, se dirigeant vers son atelier à moitié détruit ; aux étrangers charitables qui accouraient à Saint-Cannat et à Rognes, le lendemain de la catastrophe, les habitants demandaient avec plus d’insistance que du pain, des outils pour continuer leurs travaux interrompus ; les visiteurs, la presse marseillaise et régionale furent étonnés de l’activité salonaise, en ces moments néfastes, et le jour est prochain où, comme San Francisco*, notre ville ressuscitera plus belle de ses ruines.
Bel exemple d’énergie et de solidarité que le peuple provençal sut donner au monde en ces heures de tristesses ; cette race si entreprenante et si hardie a montré par son attachement au sol nourricier qu’elle n’avait rien perdu de ses qualités natives ; malgré le caprice désastreux de cette terre d’amour, tous sont retournés à elle comme à une femme aimée, dont on endure, à cause de sa beauté, toutes les cruelles fantaisies.
Et ce n’est pas la première fois que la « gueuse parfumée » est méchante pour les siens ; au IIIe siècle de notre ère, si l’on en croit les chroniques latines de l’époque, un cataclysme effroyable dévasta notre pays. C’est l’époque où Tauroentum, Maguelonne et de nombreuses villes romaines sur la côte, de Narbonne à Nice, s’abîmèrent dans les flots, il y eut plus de cent mille victimes et Marseille fut détruite. Combien sont infimes à côté de ce désastre les malheurs d’aujourd’hui !
Malgré tout, la Provence resta la douce patrie qui enchantait Ausone par la vie heureuse de son sol, celle dont les troubadours et les félibres chantèrent depuis lors les charmes gracieux, celle qui se manifestait à Arles dernièrement dans l’œuvre et la personne d’un de ses fils les plus glorieux ! Sous l’éternelle joie du ciel et du soleil, comment la mémoire des hommes ne perdrait-elle pas vite le souvenir des épouvantes passées ? Dans ce paradis comme dans celui de Dante, ne doivent plus entrer les plaintes, ni les pleurs.
C’est pourquoi, déjà dans nos campagnes, selon les vers prophétiques de Sully-Prudhomme :

C’est le réveil multiple et graduel du monde
Au branle de ses lois qui n’ont jamais dormi.

(Cliché Crémieux. DR.)
(Cliché Crémieux. DR.)

Les belles moissons qui ondulent dans les plaines de Saint-Cannat et de Lambesc tombent sous les faucilles, l’or du soleil rebâtira les villages détruits, les vignes de Rognes mûrissent sur les coteaux dorés, et sous les treilles en fleurs, dans les lents après-midi de l’été, les jeunes filles recommencent à rêver d’amour.
Toutes les initiatives se concertent, les énergies s’unissent ; les cœurs qui ne faiblirent pas dans le malheur sauront assurer l’avenir, la fatalité plusieurs fois vaincue n’osera plus s’acharner sur les forces qui lui résistèrent victorieusement ; n’y a-t-il pas dans toutes ces pensées consolantes une force qu’on ne retrouve jamais dans la plus vaste plainte, dans la plus belle idée mélancolique ?
« Une grande idée profonde et attristée, a dit un philosophe**, c’est de l’énergie qui éclaire les murs de sa prison en consumant ses ailes dans les ténèbres ; mais la plus timide pensée de confiance, d’abandon enjoué aux lois inévitables, c’est déjà une action qui cherche un point d’appui pour prendre enfin son vol dans l’existence. »
Autour de la ruche dévastée par l’orage, les abeilles rassemblées bourdonnent et s’empressent ; à l’œuvre ! reconstruisons comme elles nos maisons détruites ; et bientôt, comme autrefois, les jours heureux, dorés comme du miel, s’écouleront en heures douces, sous le ciel toujours bleu, sur la vieille terre de Provence. »


* Allusion au tremblement de terre qui a détruit la ville californienne de San Francisco trois années plus tôt.
** Maurice Materlinck, La Sagesse et la Destinée, 1908.

 

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La nuit du 11 juin 1909 à Lambesc https://www.geneprovence.com/la-nuit-du-11-juin-1909-a-lambesc/ https://www.geneprovence.com/la-nuit-du-11-juin-1909-a-lambesc/#respond Mon, 22 Jun 2009 00:01:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=597 Racontée par Raymond Dauphin, témoin oculaire « VENDREDI 11 juin 1909... Cette date fatale restera à jamais gravée dans ma mémoire ; son seul souvenir fera toujours revivre en moi les heures atroces que nous avons passées et le spectacle navrant d'une population désolée.

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Racontée par Raymond Dauphin, témoin oculaire
« VENDREDI 11 juin 1909…
Cette date fatale restera à jamais gravée dans ma mémoire ; son seul souvenir fera toujours revivre en moi les heures atroces que nous avons passées et le spectacle navrant d’une population désolée.
Une vieille habitude veut que je me trouve chaque soir après le souper au café Nicolas, située sur la Grand-Rue ; je passe là quelques heures agréables en compagnie de bons amis.

La ferme de Croigne dans laquelle  les quatre enfants Philip ont trouvé la mort.  Cliché Ruat. DR.
La ferme de Croigne dans laquelle
les quatre enfants Philip ont trouvé la mort.
Cliché Ruat. DR.

Le 11 juin au soir, je me trouvais donc dans cet établissement, causant avec mes amis, loin de me douter qu’une terrible catastrophe nous guettait. Tout d’un coup, à 9 heures 19 très exactement, nous entendons une formidable détonation, nous nous sentons progressivement secoués, on eut dit qu’on pressait fortement sur nos épaules pour nous affaisser. Après ce mouvement de verticalité, un mouvement beaucoup plus fort de latéralité suivit ; les chaises, tables, verres, carafes sont renversées, une cloison dégringola dans le café et la lumière s’éteignit. Une vive panique s’empare de nous tous, nous nous élançons vers la porte, nous nous bousculons, nous marchons sur des personnes qui, s’étant heurtées à des chaises, étaient tombées, et nous arrivons enfin sur la terrasse du café. Là, un spectacle bien plus navrant nous attendait.
Toute une population surprise par le tremblement de terre que nous venions de subir, courait affolée dans les rues ; ici, c’est une femme serrant dans ses bras son enfant nu et appelant à grands cris son mari ; là, c’est un homme, Louis Isnard, demandant du secours pour retirer son père, sa mère, son frère et ses deux sœurs qui sont sous les décombres dans le quartier du Castellas ; successivement, on vit Maurin, Pougaud, Matheron, Chauvet, Philip, etc., venir demander des secours pour retirer des décombres les cadavres de leurs femmes et de leurs enfants.
C’est alors que, après avoir pensé à soi-même, on dut prendre courage et aller sortir des décombres meurtriers les malheureuses victimes. De nombreux habitants se dévouèrent à cette tâche ; nous citerons au hasard Émile Giraud, Albert Allemand, Fernand Giraud, Louis Imbert, etc., qui, sans relâche, travaillèrent toute la nuit à dégager les morts.
Pendant ce temps-là, la population évacuait Lambesc et se retirait tristement sur le plateau de Berthoire.

Restes d’un foyer de Lambesc. Cliché Boissonnas-Détaille. DR.
Restes d’un foyer de Lambesc.
Cliché Boissonnas-Détaille. DR.

Hommes, femmes, enfants, vieillards, infirmes, quittaient leur demeure, craignant qu’une nouvelle secousse ne vint augmenter le nombre des victimes. La température ayant sensiblement baissé, de grands feux s’allumèrent et les flammes qui s’en dégageaient éclairaient des visages empreints de tristesse et de désespoir. Ah ! la terrible nuit ! les six heures qu’elle dura nous sembèrent des siècles ; nous craignions l’obscurité et il nous semblait que, le jour arrivant, un gai soleil et un temps chasseraient de notre esprit le cauchemar qui le hantait. Hélas, il n’en fut rien ! le lendemain, à l’aube, un nouveau spectacle navrant s’offrit à nos yeux, notre pauvre Lambesc nous apparut en ruines ; en rentrant dans nos maisons, nous nous heurtâmes à des tas de plâtras, à des meubles renversés, à des objets que la terrible secousse avait réduits en miettes. Notre pauvre clocher nous apparut fortement ébranlé, notre église toute lézardée, les rues étaient encombrées de matériaux provenant de la chute des murs ; à l’usine Barbier, où je me rendis, une cheminée en maçonnerie de 25 mètres s’était abattue sur le laboratoire qu’elle avait saccagé. Dans le quartier du Castellas, aucune maison n’avait échappé à la terrible catastrophe ; c’était navrant et je renonce à décrire la douleur que provoqua en moi ce terrible spectacle.
À 6 heures du matin, je me trouvais sur la place Lazare-Carnot ; un camion descendait au pas sur la Grand-Rue ; un linceul blancrecouvrait les corps des quatre enfants Philip que les décombres avaient engloutis à la ferme de Croigne ; derrière, venait une voiture sur laquelle un homme et une femme sanglotaient ; c’étaient les maheureux parents qui accompagnaient les corps de leurs chérubins qu’on allait déposer à l’hospice, près de leurs frères d’infortune. Le passage de ce camion de la mort, de cette voiture de douleur, nous étreignit et, silencieux, en pleurant, nous nous découvrîmes.
Telles sont mes impressions sur la terrible catastrophe du 11 juin 1909 ; elles ne donneront au lecteur qu’une vague idée du désastre ; car il n’est pas possible de décrire exactement les heures d’angoisse et les tristes conséquences que provoqua ce tremblement de terre. »

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