13 - Meyreuil Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/13-meyreuil/ 500 ans de faits divers en Provence Sat, 06 Apr 2024 21:24:26 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 13 - Meyreuil Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/13-meyreuil/ 32 32 Miel et abeilles dans la Provence d’hier https://www.geneprovence.com/miel-et-abeilles-dans-la-provence-dhier/ https://www.geneprovence.com/miel-et-abeilles-dans-la-provence-dhier/#respond Sat, 01 Feb 2014 00:18:12 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=10662 [caption id="attachment_10669" align="alignright" width="238"] Essaim naturel. Montfavet (Vaucluse).[/caption]L'abeille est connue en Provence depuis l'Antiquité et nos ancêtres ont, dès cette époque, profité des bienfaits du miel en en faisant une importante consommation. L'arrivée du sucre sur les tables françaises au XVIIIe siècle a pourtant contribué à une nette décrue de la consommation de miel sous nos latitudes.

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Essaim naturel. Montfavet (Vaucluse).
Essaim naturel. Montfavet (Vaucluse).
L’abeille est connue en Provence depuis l’Antiquité et nos ancêtres ont, dès cette époque, profité des bienfaits du miel en en faisant une importante consommation.
L’arrivée du sucre sur les tables françaises au XVIIIe siècle a pourtant contribué à une nette décrue de la consommation de miel sous nos latitudes. Importé d’Amérique du Sud et particulièrement prisé de la bourgeoisie, le sucre s’est progressivement imposé dans l’alimentation de nos ancêtres au détriment du miel.
Lorsque, en 1810, un blocus continental imposé par Napoléon dont le but est l’isolement du Royaume-Uni suspend le commerce colonial maritime et donc l’arrivée de sucre. La conséquence n’en est pourtant pas le retour du miel en grâce, mais le développement d’autres substances, dont le sucre de betterave qui est produit en France même.
Au contraire, durant cette période, le prix du miel double, le rendant ainsi inaccessible à une large partie de la population.

Les ruches et la récolte du miel

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les ruches sont peu entretenues dans la Provence de la première moitié du XIXe siècle. Les quelques propriétaires de ruches ne recherchent aucunement la productivité mais se contentent de récolter le miel lorsque le gâteaux est plein.
Les ruches sont ordinairement construites en planches de bois de sapin, quelques-unes seulement en liège.
Il existe deux méthodes pour récolter le miel : on peut étouffer les abeilles avec de l’acide sulfureux (vapeur de souffre) ou bien en retournant la ruche et en écrasant la partie supérieure des gâteaux pour priver d’air les abeilles et les priver de toute issue. Cette méthode provoque la mort des abeilles et donne au propriétaire de substantiels revenus puisqu’il vend alors la totalité de sa ruche.
Le rucher du curé de Meyreuil (Bouches-du-Rhône).
Le rucher du curé de Meyreuil (Bouches-du-Rhône).
Il existe fort heureusement des propriétaires de ruches provençales plus soucieux du bien-être de leurs abeilles. Le miel est, dans ces ruchers, recueilli sans étouffer les abeilles. Au mois de septembre et au point du jour, on force les abeilles à gagner le haut de leur ruche au moyen de fumées puis un homme qui se couvre les mains et le visage taille les gâteaux et les enlève tout en prenant soin de laisser suffisamment de miel pour permettre aux abeilles de subsister durant l’hiver.

Les types de miel

On distingue trois qualités de miel :
  • Le « miel blanc », qui fait environ 17 % de la récolte ;
  • Le « miel paillé » (ou « paillet »), 33 % ;
  • le « miel roux », 50 %.
Pour obtenir ces types de miel, on jette les gâteaux de la ruche dans une trémie (aussi appelée « auge ») ayant un double fond en bois percé de trous, ou avec de légers vides entre les planches qui le forment. On brise grossièrement les gâteaux et le miel qui coule naturellement est appelé « miel blanc » ou « miel vierge ». C’est un miel de première qualité.
Les gâteaux sont ensuite brisés en menus morceaux. le miel ainsi récolté est nommé « miel paillet » (miel de deuxième qualité).
Enfin, les gâteaux brisés sont déposés dans des coufins de spart – comme pour le détritage des olives. On les presse et la récolte produit du « miel roux », de troisième qualité.

Prix du miel

Plus le miel est vierge (première qualité), plus il est onéreux. En temps normal (entre 1800 et 1850 environ), le miel blanc se vend entre 75 et 87,50 francs les 100 kilos, le miel paillet entre 65 et 75 francs et le miel roux entre 45 et 60 francs.
Bien sûr, on produit aussi de la cire, récoltée dans la ruche. Celle-ci se vend entre 300 et 375 francs les 100 kilos.
Les gâteaux peuvent se vendre aux fabricants de cire qui font eux-mêmes les manipulations nécessaires pour en extraire et séparer les produits.

Production du miel

Foire aux miels (Avignon).
Foire aux miels (Avignon).
Les ruches des Bouches-du-Rhône fournissent annuellement de 350 à 400 quintaux de matière brute, soit un total annuel de 1 500 à 1 600 ruches « désabeillées » tous les ans. En 1825, sur un total de 6 400 ruches des Bouches-Rhône, on en dénombre 1 400 dans l’arrondissement de Marseille, 3 200 dans celui d’Aix et 1 800 dans celui d’Arles.
La récolte ordinaire est de l’ordre de 12 800 kg de miel, soit un chiffre d’affaires de 8 220 francs (à 65 cts le kg). Le marché de la cire représente lui, une production d’1,6 tonne (soit un chiffre d’affaires de 5 600 francs, en comptant le kilo à 3,50 F).
Au total, le marché du miel dans les Bouches-du-Rhône représente à cette époque un chiffre annuel de 13 820 F.

Un bon substitut au sucre en période de crise

Lors de la Première Guerre mondiale, les problèmes d’approvisionnement en sucre se posent et de nombreuses personnes s’interrogent sur l’opportunité de se tourner vers le miel, dont la production a l’avantage d’être régionale. Un éditorialiste aixois plaide ainsi pour ce produit en 1916 :

« Par son origine, le miel est un aliment digne des dieux. Il est distillé par les fleurs de nos prés et de nos champs dont il garde le parfum. Il est limpide et doré, chaud et savoureux, aromatique et subtil. Cependant, il n’altère pas le goût du thé, du café et des autres infusions auxquelles on l’a mélangé. »

Bibliographie

  • Christophe de Villeneuve, Statistique du département des Bouches-du-Rhone : avec atlas, dédiée au roi – Tome IV, A. Ricard, 1821-1829.
  • Serge Davril, « Le sucre est rare et cher. Remplaçons-le par le miel », in Le Mémorial d’Aix, dimanche 8 octobre 1916, 78e année, no 40.
Jean Marie Desbois

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Miraculée de la foudre (Meyreuil, 12 avril 1840) https://www.geneprovence.com/miraculee-de-la-foudre-meyreuil-12-avril-1840/ https://www.geneprovence.com/miraculee-de-la-foudre-meyreuil-12-avril-1840/#respond Fri, 02 Feb 2007 19:50:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=1138 Sources : "Le Mémorial d'Aix", 18 avril 1840."Encore un événement singulier occasionné par le tonnerre ! L'orage de dimanche dernier que nous avons éprouvé à Aix a éclaté avec une violence extrême sur le territoire de Meyreuil, la foudre est tombée sur la maison de campagne appartenant au sieur Vert, ancien passementier.

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« Encore un événement singulier occasionné par le tonnerre ! L’orage de dimanche dernier que nous avons éprouvé à Aix a éclaté avec une violence extrême sur le territoire de Meyreuil, la foudre est tombée sur la maison de campagne appartenant au sieur Vert, ancien passementier. Après avoir laissé plusieurs traces visibles de son action, elle s’est pratiqué un passage dans une chambre où se trouvait couchée et endormie une jeune fille d’environ sept ans, qu’elle a aussitôt apportée, enveloppée de ses couvertures et déposée dans un grenier à foin sans lui faire le moindre mal.

jeune-fille-foudre-meyreuil

« Au même instant, la toiture de l’édifice s’est écroulée avec fracas sur le plafond, qui à son tour a cédé et s’est affaissé sur la cuisine. Le mur du côté du midi s’est également écroulé. La porte de la cuisine que l’on a remarquée avoir donné issue à la foudre est à moitié brûlée et plusieurs éclats de bois d’une certaine dimension, ainsi que des morceaux de verre, ont été trouvés à plusieurs mètres de distance de l’habitation. La vaisselle d’étain du méger a été fondue, sauf une cuiller qui a été retrouvée parfaitement intacte.
« Ce n’est pas sans avoir éprouvé un sentiment de terreur suivi d’une joie indicible que la mère de la pauvre petite fille dont les jours ont été si miraculeusement conservés par la providence, et qui se trouvait pour ainsi dire spectatrice de la catastrophe, étant à laver du linge dans un ruisseau non loin de la maison, a retrouvé son enfant pleine de vie. Elle la croyait tuée par la foudre et ensevelie sous les décombres.
« Nous apprenons avec plaisir que des personnes bienfaisantes se proposent de faire une quête dans la ville et à la campagne pour indemniser le malheureux méger des pertes que ce sinistre lui cause. Une demande de secours sera aussi adressée à M. le ministre du commerce; mais comme il sera certainement insuffisant, nous engageons vivement les personnes charitables de la ville, à s’intéresser à la position de ce malheureux père de famille, que cet événement réduit à la plus profonde misère. »
  • Source : Le Mémorial d’Aix, 18 avril 1840.
màj : 6 avril 2024

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IV. La ville comtale d’Aix-en-Provence https://www.geneprovence.com/iv-la-ville-comtale-daix-en-provence/ https://www.geneprovence.com/iv-la-ville-comtale-daix-en-provence/#respond Tue, 31 Jan 2006 14:31:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=1407 Page 1 / Page 2 / Page 3 / Page 4 / Page 5 La rue Espariat est particulièrement connue à Aix, étant très populeuse et riche en boutiques de tout genre.

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La rue Espariat est particulièrement connue à Aix, étant très populeuse et riche en boutiques de tout genre. Ancienne entrée de la ville d’Aix, cette rue comprenait jusqu’en 1811 deux parties : la partie basse, nommée jusqu’au XIXe siècle rue du Saint-Esprit, et la partie haute, s’étendant de l’actuelle rue Nazareth à la place Saint-Honoré, portant au Moyen Age le nom de rue des Salins. Au temps des première et deuxième Maisons d’Anjou (période des Comtes), des greniers à sel y avaient été érigés. A partir du XVIIe siècle, des gantiers s’y installant, la rue fut dénommée rue des Gantiers (actuelle rue Marius-Reinaud). Nous y reviendrons plus loin.

"Vue de l'entrée du Cours" (détail), par Nicolas Chapuy (1790-1858). Musée Paul Arbaud, Aix. On distingue nettement la porte des Augustins sur la gauche de l'image.
« Vue de l’entrée du Cours » (détail), par Nicolas Chapuy (1790-1858). Musée Paul Arbaud, Aix. On distingue nettement la porte des Augustins sur la gauche de l’image.

Le bas de la rue Espariat était ornée, depuis 1605, d’une porte monumentale, la porte des Augustins, que les Aixois appelaient lou pourtaou rioou (« la porte royale »). Elle se trouvait à l’intersection avec la rue Paul Doumer. C’est par cette entrée que les visiteurs royaux pénétraient en ville (le roi René, son neveu Charles III d’Anjou, les rois de France François Ier, Charles IX, Louis XII, Louis XIV). Le dernier à l’avoir passée fut le duc d’Orléans, Philippe-Égalité, le 20 avril 1776.
La rue Espariat plonge sur la place des Augustins au milieu de laquelle trône une fontaine, construite en 1620 et reconstruite en 1820. A l’occasion de cette reconstruction, on la surmonta d’une colonne en granit, prélevée d’un ancien monument romain de la ville.
Les quelques dizaines de mètres qui séparent cette place et l’intersection d’avec la rue Nazareth, en remontant la rue Espariat, étaient dénommés tantôt rue des Auberges (ou des Hôtelleries), en raison du grand nombre d’auberges qui bordaient la voie (auberge du Lion, auberge du Sarrasin), tantôt rue des Augustins, en raison de la présence d’un couvent dédié à l’ordre des Augustins, situé sur la partie droite en montant.

Le couvent des Augustins remonte aux alentours de 1292. Son seul vestige est le clocher XVe qui orne la rue Espariat de nos jours. Une cage en fer forgé le surmonta à partir de 1677.
Au temps de la Ligue, le couvent hébergea Gaspard de Pontevès, comte de Carcès, grand sénéchal et lieutenant général.

La rue Espariat au début du XXe siècle. Le clocher des Augustins (XVe). DR.
La rue Espariat au début du XXe siècle. Le clocher des Augustins (XVe). DR.

On trouve en remontant la rue sur la partie gauche l’église du Saint-Esprit, célèbre pour avoir vu célébrer le mariage entre Mirabeau et Émilie de Covet-Marignane, le 23 juin 1772. Le lieu abritait à l’origine un hôpital pour enfants trouvés. On observera à l’intérieur un tableau du célèbre peintre aixois Jean Daret, intitulé La Pentecôte.
Nous voici à présent dans la partie haute de la rue, sur l’élégante place d’Albertas. Celle-ci tire son nom de son inventeur, Jean Baptiste d’Albertas, fils d’Henry-Reynaud d’Albertas, seigneur de Bouc et de Dauphin, qui la traça en 1745-1746, après que son père y eût érigé un superbe hôtel (1). Jean Baptiste d’Albertas connut une fin tragique, assassiné par un déséquilibré, Anicet Martel, le 14 juillet 1790, en pleine fête de la Fédération.
Sur l’emplacement de cet hôtel, avant sa construction, un dénommé Jean Agar, originaire de Cavaillon, conseiller au Parlement d’Aix, habitait une maison à la fin du XVIe siècle. Cet homme, ardent ligueur, commanda plusieurs fois les troupes levées par sa compagnie contre le service d’Henri III et d’Henri IV, notamment en 1589 au siège de Grasse après la mort du baron de Vins. « S’étant brouillé à cette époque avec la fameuse comtesse de Sault, nous dit l’historien Roux-Alphéran, il fit cacher dans le palais, de concert avec trois de ses collègues, pendant la nuit du 14 au 15 mars 1590, trois cents hommes de troupe, espérant forcer le Parlement à se déclarer contre la comtesse et faire prévaloir le comte de Carcès sur le duc. Mais les consuls et le conseiller Honoré Sommat du Castellar, chef de la faction opposée, s’étant montrés ayant à leur suite deux pièces de canon et environ neuf cents hommes qui criaient dans les rues: Vive la Messe et son Altesse! ceux qui gardaient le palais prirent la fuite; Agar et ses collègues les conseillers Pierre Puget, seigneur de Tourtour, Melchior Desideri et Arnoux de Bannis, seigneur de Châteauneuf, coururent se cacher derrière une vieille tapisserie où ils furent bientôt découverts. »
Ils furent aussitôt jetés en prison puis transférés le 7 mai 1590 au château de Meyreuil, d’où le duc de Savoie les fit sortir au mois de novembre 1591. Agar mourut le 4 septembre 1595 et fut enseveli dans l’église des Augustins, accompagné de toute la cour, des consuls et des plus notables habitants de la ville. Entre temps, la ville d’Aix avait reconnu Henri IV… Par la suite, le bâtiment passa à une famille de Marseille, les Paule, qui la vendirent après quelques années aux Albertas.
Au numéro 6 de la rue Espariat, le Muséum d’Histoire naturelle d’Aix s’abrite dans l’hôtel d’Éguilles. Au XIXe siècle, de nombreux vermicelliers aixois y travaillaient, donnant le bâtiment un bien triste état. Heureusement, les lieux furent restaurés et ont aujourd’hui retrouvé leur lustre d’antan. Cet hôtel fut bâti vers 1675 d’après les dessins de l’architecte Pierre Puget, par la veuve de Vincent de Boyer, seigneur d’Éguilles, Mme Magdelaine de Forbin d’Oppède. L’hôtel fut achevé par son fils, Jean Baptiste de Boyer d’Éguilles (1645-1709), conseiller au Parlement, amateur éclairé d’art. Il accrocha aux murs de son hôtel des tableaux de Raphaël, Michel-Ange, Andrea del Sarto, le Caravage, le Titien, Rubens, etc.
Alexandre Jean Baptiste de Boyer d’Éguilles, né dans cet hôtel le 29 mars 1708, grand magistrat, membre d’une société jésuite, fut l’objet des poursuites que le Parlement d’Aix mena contre l’ordre jésuite par un arrêté en date du 28 janvier 1763. Accusé de prévarication, de Boyer d’Éguilles fut condamné le 17 mai de la même année au bannissement à perpétuité du royaume. Ses compagnons, l’abbé de Barrigue-Montvalon, les conseillers de Coriolis, Laugier de Beaurecueil, Deydier-Curiol de Mirabeau, d’Arbaud de Jouques père, de Barrigue-Montvalon père, et de Barrigue-Montvalon fils, subirent diverses condamnations à leur tour et tous furent interdits d’exercer encore leur charge. Quelques années plus tard, le roi adoucit la peine et permit à Alexandre de Boyer d’Éguilles de retourner sur ses terres d’Éguilles pour le restant de ses jours.

 

Une anecdote citée par Roux-Alphéran concernant Alexandre de Boyer d’Éguilles après son retour à Éguilles :

On raconte qu’il [Alexandre de Boyer d’Éguilles] s’y faisait raser par un barbier qui était en même temps le chirurgien du lieu. Un jour ayant été assez fortement indisposé, il fit appeler le docteur Pontier, habile médecin et chirurgien d’Aix, en qui il avait confiance, ce qui humilia singulièrement le barbier. Celui-ci lui en fit ses plaintes, prétendant qu’il en aurait su autant que le docteur, et citant pour exemple l’opération de la pierre qu’il avait pratiquée depuis peu sur un habitant d’Éguilles.
— Tu as raison d’en tirer vanité, dit le président; n’est-il pas vrai que le malade mourut dans tes bras, sous l’opération ?
— Belle question, répondit le barbier. Le malade mourut dans mes bras, je l’avoue ; mais n’est-il pas vrai aussi que je finis par lui extraire la pierre ? (Noun aguéri la peiro !).
Le malheureux avait terminé l’opération sur le cadavre du patient !

Notes

1. En 1775, l’hôtel d’Albertas devint la propriété du fils de Jean Baptiste, Jean Baptiste Suzanne d’Albertas, qui devint, après la Révolution, préfet des Bouches-du-Rhône. Il mourut en 1829.

 

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