83 - Draguignan Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/83-draguignan/ 500 ans de faits divers en Provence Wed, 17 Dec 2025 18:37:06 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 83 - Draguignan Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/83-draguignan/ 32 32 Le cordonnier et la caisse vide (Toulon, 30 mai 1869) https://www.geneprovence.com/le-cordonnier-et-la-caisse-vide-toulon-30-mai-1869/ https://www.geneprovence.com/le-cordonnier-et-la-caisse-vide-toulon-30-mai-1869/#respond Wed, 17 Dec 2025 18:37:06 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27205 C’est devant la Cour d’assises de Draguignan (Var) que fut jugé Joseph Malfatto, un jeune homme de vingt ans, ouvrier cordonnier, natif de Dessecci, en Italie, mais résidant en dernier…

L’article Le cordonnier et la caisse vide (Toulon, 30 mai 1869) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

C’est devant la Cour d’assises de Draguignan (Var) que fut jugé Joseph Malfatto, un jeune homme de vingt ans, ouvrier cordonnier, natif de Dessecci, en Italie, mais résidant en dernier lieu à Toulon. Il était traduit pour abus de confiance au préjudice de son employeur.

La confiance brisée

Malfatto était au service du sieur Marquet, fabricant de chaussures établi place Sainte-Pierre, à Toulon. Il y occupait une position de confiance en tant que commis, chargé de la vente des marchandises dans la boutique proche de la place Royale, pour un salaire de vingt francs par semaine.
L’arrangement dura longtemps, mais Marquet commença à s’apercevoir que les comptes de son employé étaient en déficit considérable, tarissant les bénéfices attendus. Les habitudes de dépense de Malfatto, jugées excessive, n’aidaient pas à dissiper les soupçons.

Le stratagème des dix francs

Pour vérifier la fidélité de son commis, M. Marquet mit au point un ingénieux stratagème.
Le 30 mai 1869, il pria deux de ses amis d’aller acheter des chaussures au magasin de la rue Royale. À chacun, il remit la somme de dix francs. Les amis procédèrent à l’achat et rapportèrent à Marquet le montant exact payé. Le soir, lors du relevé des comptes de la journée, Malfatto ne fit état que de la vente, et avait retenu pour lui la somme de 15 francs 50 centimes.
Il s’agissait là d’un mode opératoire habituel. Une autre fois, au mois de mars, une somme de 37 francs avait été détournée de la même façon. L’employeur estimait que les détournements commis par Malfatto s’élevaient à une somme approximative de 2 000 francs, bien qu’il ne pût préciser tous les faits.

Le procès et l’incroyable verdict

Une perquisition au domicile de Malfatto confirma les soupçons : elle y amena la découverte d’un morceau de veau et d’une empeigne (une partie de chaussure) que le sieur Marquet reconnut formellement comme étant sa propriété.
Tous ces faits furent reprochés à Malfatto devant la cour. Cependant, le jury en délibérant donna un verdict négatif. Contre toute attente, Malfatto, accusé d’abus de confiance, fut acquitté.
  • Source : Le Progrès du Var, 15 novembre 1869, p. 3.

L’article Le cordonnier et la caisse vide (Toulon, 30 mai 1869) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/le-cordonnier-et-la-caisse-vide-toulon-30-mai-1869/feed/ 0
L’arrestation de l’assassin de M. Samson (Toulon, 25 septembre 1869) https://www.geneprovence.com/larrestation-de-lassassin-de-m-samson-toulon-25-septembre-1869/ https://www.geneprovence.com/larrestation-de-lassassin-de-m-samson-toulon-25-septembre-1869/#respond Thu, 02 Oct 2025 20:34:18 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26482 Marius Samson, négociant de 45 ans, fut assassiné dans sa maison, 10, rue du Parti, à Toulon, le 23 septembre 1869. L’assassin avait pris la poudre d’escampette et il fallut…

L’article L’arrestation de l’assassin de M. Samson (Toulon, 25 septembre 1869) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Marius Samson, négociant de 45 ans, fut assassiné dans sa maison, 10, rue du Parti, à Toulon, le 23 septembre 1869. L’assassin avait pris la poudre d’escampette et il fallut attendre le surlendemain, 25 septembre, pour que la police arrête le coupable. Celui-ci, du nom de Consauve, arriva de Marseille (Bouches-du-Rhône) un samedi matin, par le train express de dix heures. Une voiture l’attendait sur le quai de la gare. Une foule immense s’était amassée. Tout le monde voulait voir l’accusé.
Consauve semblait terriblement pâle et décomposé. Des gens qui l’avaient vu la veille hésitaient à le reconnaître. Pourtant, il est descendu du wagon avec vivacité, entre deux gendarmes. Il regarda la foule, peu impressionné et jeta autour de lui un regard plein d’assurance. Puis, il monta dans une voiture rapidement sous bonne escorte.
Le véhicule se mit en route. Il était escorté par quatre gendarmes à cheval. Le cortège passa par l’avenue de la Banque où les chevaux prirent le galop. Ensuite, ils longèrent le boulevard. Enfin, ils arrivèrent au palais de justice où Consauve subit son premier interrogatoire.
Un médecin légiste l’examina, constatant qu’il avait subi des blessures en perpétrant son crime.

L’arrestation de Consauve

Pendant deux jours, il s’était rendu au café des Mille-Colonnes. Ce café était situé rue Beauveau. Il lisait les journaux de Toulon et semblait y prêter une attention particulière. L’établissement était très long. Cela lui permettait de s’isoler des autres clients. En outre, de nombreux spectateurs du théâtre voisin allaient dans ce café.
Ses allures étranges intriguèrent toutefois la police. Un agent spécial fut chargé de le surveiller. Le soir du crime, le mercredi, Consauve sortit du café et l’agent l’appréhenda. Consauve résista vivement. Puis, il fut conduit au poste de police le plus proche. Les enquêteurs fouillèrent sa malle, où ils trouvèrent une paire de chaussettes complètement ensanglantées.
L’enquête permit de découvrir d’autres faits. Après avoir tué sa victime, Consauve l’avait dépouillée. Il avait volé une somme d’environ mille francs. On sait que M. Samson gardait ses recettes du jour chez lui. La somme figurait sur ses livres de caisse. Cependant, elle n’avait pas été retrouvée. Par conséquent, l’assassin l’avait sûrement volée. Cela lui avait permis de fuir plus facilement.
Depuis l’arrestation, les parents de Consauve s’étaient retirés à la campagne. Ils ne voulaient pas assister aux scènes douloureuses de la justice. Par ailleurs, Consauve était réputé violent et vindicatif. Pour un rien, il se mettait en colère. Il avait même menacé son père à plusieurs reprises. Quelques années plus tôt, il avait été condamné et le tribunal correctionnel de Toulon l’avait fait emprisonner. Il avait blessé et frappé un honorable négociant de la ville. Peu après, ce négociant s’était suicidé par pendaison. La veuve fut entendue par le procureur et donna des explications sur le passé de Consauve.

L’enquête

Il apparut des premiers éléments de l’enquête que Consauve s’était présenté à Marseille, sous un faux nom, à l’hôtel de Vichy, cours Belsunce, où il avait élu domicile dès le lendemain du crime et qu’il prenait ses dispositions pour s’expatrier sur un navire de commerce étranger, au moment où il fut arrêté.
Le samedi 25 septembre, il subit un long interrogatoire à Toulon. On le confronta alors avec le cadavre de M. Samson, qui était resté exposé à l’amphithéâtre du cimetière, dans un état de décomposition avancé. L’effet recherché n’eut pas lieu. L’accusé ne parut ressentir aucune émotion et se borna à dire qu’il ne reconnaissait pas le visage de M. Samson mais qu’il reconnaissait parfaitement les souliers jaunes dont il était chaussé.
Avant d’être conduit on cimetière, Consauve fut transporté sur les lieux du crime, dans la chambre à coucher pour y être soumis à certaines constatations. On nota que cela l’irrita particulièrement, bien qu’il ne se départît pas un instant de son système de défense.
Aussi, lorsqu’on appliqua ses pieds sur les traces de pas du meurtrier dans le sang, on s’aperçut que ceux-ci collaient parfaitement à ceux du coupable. On se rendit même compte que l’empreinte d’une légère difformité d’un doigt du pied droit de l’assassin se retrouvait aussi chez Consauve.
Bien entendu, il rejeta le fait sur le compte de la fatalité et se renferma dans ses dénégations habituelles.
À plusieurs reprises il s’emporta. D’abord, lorsqu’il entendit l’un des parents de M. Samson l’appeler « assassin », il s’emporta avec fougue et faillit perdre tout sang-froid. Il fit même mine un moment de se jeter sur celui qui l’a ainsi appelé et les gendarmes durent le retenir pour l’empêcher de se livrer à des voies de fait.
Il se fâcha également à l’encontre des agents de la force publique sous prétexte que ceux-ci le serraient de trop près et que l’un d’eux lui avait fait mal au bras. Ces incidents ayant produit, sans doute, un effet violent sur son système nerveux, Consauve rentra dans sa prison dans un état d’exaltation indicible.
D’après les constatations des médecins, parmi les blessures dont il portait la trace sur différentes parties du corps, l’une d’elles avait visiblement été produite par une morsure qui avait déchiré une partie de son bras.

Impact de la présence de l’assassin en ville

L’intérêt de curiosité qu’excitait cette affaire dans la ville de Toulon était si grand que, pendant toute la journée du samedi 25, la foule ne cessa de stationner aux différents points où l’on supposait que l’accusé serait conduit.
L’encombrement était même si grand, aux abords du palais de justice et près de la Porte-Neuve où le crime avait été commis, que le fiacre dans lequel l’accusé était monté avait peine à se frayer un passage à travers le flot des curieux.
Le lundi suivant, 27 septembre 1869, Consauve subit un nouvel interrogatoire au cours duquel il persista à nier toute participation au crime dont on l’accusait.
Pour autant, Consauve ne semblait pas réaliser ce qu’il encourait. Une semaine plus tard, on le voyait dans sa cellule, mangeant de fort bon appétit. Tous les jours il sortait et se promenait dans la cour de la prison en compagnie d’enfants arrêtés pour vagabondage et auxquels il adressait de temps à autre un cours de morale.

Le procès

Le mercredi 20 octobre, Consauve fut extrait de sa cellule toulonnaise et conduit à Draguignan pour comparaître devant la cour d’assises dont la session s’ouvrait le 26.
Avant son départ, il demanda à voir son père et eut avec lui un assez long entretien dans lequel il lui demanda de la patience, en ajoutant que son innocence ne manquerait pas d’être reconnue par le jury.

Il sera condamné le 3 novembre aux travaux forcés à perpétuité.

  • Source : Le Progrès du Var, 1er octobre 1869, p. 2 ; 3 octobre 1869, p. 2, 3.

L’article L’arrestation de l’assassin de M. Samson (Toulon, 25 septembre 1869) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/larrestation-de-lassassin-de-m-samson-toulon-25-septembre-1869/feed/ 0
Un hérétique face à l’Inquisition (Draguignan, 16 mai 1558) https://www.geneprovence.com/un-heretique-face-a-linquisition-draguignan-16-mai-1558/ https://www.geneprovence.com/un-heretique-face-a-linquisition-draguignan-16-mai-1558/#respond Mon, 11 Aug 2025 15:58:08 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26108 Au cœur de la Provence du XVIe siècle, où les vallées vaudoises résonnaient des échos d’une foi divergente, se déroula un drame singulier. Voici l’histoire de Romeyer, un humble corailleur, qui,…

L’article Un hérétique face à l’Inquisition (Draguignan, 16 mai 1558) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Au cœur de la Provence du XVIe siècle, où les vallées vaudoises résonnaient des échos d’une foi divergente, se déroula un drame singulier. Voici l’histoire de Romeyer, un humble corailleur, qui, par un concours de circonstances funestes, devint le jouet d’une justice implacable et le symbole du martyre protestant. Son arrestation à Draguignan, en avril 1558, marqua le début d’une tragédie personnelle qui révéla les tensions religieuses et l’intolérance d’une époque.

Des Vaudois, la foi et la liberté

Il faut d’abord se souvenir du contexte. Les Vaudois du Dauphiné et de la Provence, depuis longtemps, payaient le prix fort pour leur foi. Ils demeuraient fidèles à leur Église, un bastion de l’Évangile et de la liberté. La vallée de La Grave, par exemple, avait jadis abrité une importante population de Vaudois, à tel point que l’on en venait parfois à appeler cette région les vallées vaudoises.
Romeyer, lui, était originaire de Villar-d’Arêne, un village isolé de cette vallée. Il avait pris soin d’emmener sa famille à Genève, un lieu sûr pour leur instruction religieuse. Mais les affaires le rappelaient en France. Habile artisan, il travaillait le corail. Il se rendit alors à Marseille pour acheter des marchandises. Sur le chemin, il cherchait à vendre celles qu’il transportait avec lui.

L’engrenage fatal d’une rencontre

En passant par Draguignan, Romeyer fit la rencontre qui scella son destin. Il présenta ses coraux à Lanteaume, un orfèvre local. Lanteaume trouva les pièces magnifiques et voulut les acquérir. Mais les deux hommes ne parvinrent pas à s’entendre sur le prix. Ils se séparèrent donc sans conclure de marché.
Cependant, Lanteaume, animé par une jalousie certaine, ne voulut pas laisser filer cette opportunité. Il eut une idée funeste. Il conseilla à Romeyer de montrer ses richesses à un seigneur de la ville, un homme réputé opulent. Cet homme n’était autre que le baron de Lauris, gendre de Maynier d’Oppède (1495-1558). Le nom de Lauris, il faut le préciser, est resté gravé en lettres de sang dans l’histoire des Vaudois.
La convoitise de Lauris s’éveilla à la vue de ces belles pièces. Lanteaume, alors, alla l’avertir : Romeyer était luthérien. Cette accusation suffit. La confiscation des biens suivait inévitablement une sentence de mort. Les deux complices, Lanteaume et Lauris, s’entendirent à demi-mot. Ils anticipaient déjà leur part de cette spoliation.

Un procès inique et la résistance d’un avocat

Romeyer fut donc arrêté. L’ordre venait de Lauris lui-même. Le viguier de Draguignan procéda à l’arrestation en avril 1558. Plusieurs interrogatoires suivirent. Romeyer, avec une simplicité déconcertante, confessa sa foi. Le tribunal de Draguignan se réunit ensuite pour le juger.
Un moine observantin, qui avait prêché le carême dans la ville, se montra particulièrement virulent. Il s’écria : « Je vous chanter une messe au Saint-Esprit, pour qu’il suggérât aux juges de condamner au feu ce maudit luthérien. » Mais sa messe n’eut pas l’effet escompté. Un jeune avocat, courageusement, se leva à la barre du tribunal. Il fit remarquer que Romeyer n’avait commis aucun délit. Il n’avait ni prêché ni dogmatisé en France. Il était étranger. Il voyageait en Provence uniquement pour son commerce. Par conséquent, la juridiction du tribunal ne pouvait ni le juger ni le condamner.
Tout le barreau approuva cette argumentation. Les voix des juges furent partagées. La moitié vota pour l’acquittement, l’autre moitié pour la condamnation. Ce fut une impasse. Les méthodes employées pour briser cette égalité des votes furent singulières. L’un des juges, Barbesi, se retira dans la prison de Romeyer. Il prétexta de la fermeté dont le prisonnier avait fait preuve lors de ses interrogatoires. Il voulait le voir, disait-il.

Un interrogatoire cruel

Ce Barbesi, selon un chroniqueur contemporain du nom de Crespin, était un homme étrange. Il était ignare, obèse, difforme, nez plat et large, regard hideux. Il jurait souvent. Il était lourd, naturellement gourmand et paillard. Dès son arrivée, il interpella l’infortuné prisonnier : « D’où es-tu ? Qui es-tu ? ! En qui crois-tu ? »
Romeyer, avec calme, répondit : « Je suis Dauphinois, j’habite Genève. Je fais le commerce du corail. Je crois en Dieu et en Christ mon Sauveur. »
Barbesi continua, sarcastique : « Croient-ils en Dieu, ceux de Genève ? Le prient-ils ? Le servent-ils ? »
« Mieux que vous ! » répondit vivement Romeyer.
Cette réponse, semble-t-il poussa Barbesi à voter en faveur de la condamnation. Mais l’égale répartition des voix empêcha le prononcé du jugement.

La fureur de la foule et la pression cléricale

Le moine observantin, qui avait fait de cette affaire une croisade personnelle, ne supportait pas cette incertitude. Il voyait déjà le crédit de ses prières et l’efficacité de ses messes compromises. Il fit alors sonner les cloches à toute volée. Il ameuta la populace. Il cria que les bons catholiques ne pouvaient tolérer qu’un luthérien infâme échappe à la justice. Il porta son armée de moines devant l’official et les consuls de la ville. Il leur rappela leur devoir de protecteurs de la foi.
Ensemble, soutenus par une populace en colère, ils se ruèrent aux portes des magistrats. Ils hurlaient qu’ils ne voulaient pas que l’hérétique soit libéré. Ils se plaindraient au Parlement, au roi, au pape, à toutes les puissances du monde et des enfers. Ils exigeaient qu’il fût puni. Ce moine, insidieusement, semait les graines d’événements tragiques.

Un aller-retour à Aix

Le représentant du roi, soucieux de respecter les formes judiciaires, s’opposa à cette violence. Mais la foule répondait en chœur : « Qu’on le tue ! qu’on le tue ! Au feu ! au feu ! Qu’il soit brûlé ! » Le clergé s’unissait à ces cris. Le magistrat, impuissant face au tumulte, décida de se rendre à Aix pour en référer au parlement, qui jouait alors le rôle équivalent d’une cour d’appel. La population se dispersa, mais le moine veilla à ce que les conseils de la ville sanctionnent cette décision.
Quatre personnes furent désignées pour accompagner le procureur du roi et présenter la condamnation de Romeyer. Le premier consul, Cavalier, le juge Barbesi, l’avocat-général et un greffier firent partie de la délégation. Mais un des présidents de la Cour d’Aix, nommé Ambrois, les réprimanda. Il leur dit : « Vous n’avez certes pas besoin de tant de cérémonies pour faire brûler un hérétique. »
La députation visait à activer le jugement de mort. Arrivée à Aix, elle exposa l’affaire à la Cour, qui n’avait pas l’instruction complète mais qui interdit au tribunal de Draguignan de juger.
La sentence tomba finalement. Romeyer fut condamné à subir la question, puis la roue, et enfin à être brûlé vif. Son martyr devait être perpétuel. Le moine envoyé pour lui offrir une abjuration revint de sa prison en déclarant qu’il l’avait trouvé pertinax, c’est-à-dire persévérant et qu’il était donc damné.
Aussitôt, les curés firent annoncer dans toutes les paroisses environnantes que le 16 du mois de mai aurait lieu le supplice. À Draguignan, on fit publier à son de trompe que tout catholique devait apporter du bois pour le bûcher. Le lieutenant du roi, qui avait tenté de le sauver, quitta la ville pour ne pas être témoin de cette exécution inique. Mais son substitut, accompagné de juges et de consuls, se rendit à la prison du condamné où il appliqua la question.

Le supplice de Romeyer

Devant lui, on étala les instruments de torture : tenailles, cordes, coins, barreaux de fer. « Dénonce tes complices et abjure tes erreurs, sans t’exposer à ces tourments », lui dit-on. Romeyer répondit avec force : « Je n’ai point de complices. Je n’ai rien à abjurer, car je ne professe que la loi du Christ. » Il ajouta : « Vous l’appellerez maintenant perverse et erronnée, mais au jour du jugement, Dieu le proclamera juste et sainte contre ses transgresseurs. »
Ses bourreaux lui dirent alors : « Implore donc la Vierge. »
Romeyer, épuisé, s’écria : « Nous n’avons qu’un seul médiateur… Ô Jésus ! ô mon Dieu !… grâce !… » Puis, il s’évanouit. La torture recommença, plus atroce, au point qu’on le laissa pour mort. De crainte qu’il n’expirât avant d’être brûlé, les moines et les prêtres le détachèrent de la roue. Ses os des bras et des jambes étaient brisés. La pointe de ses os sortaient de ses chairs. On lui laissa une collation pour le ramener à la vie.
Il fut ensuite transporté sur le lieu du supplice. On l’attacha avec une chaîne de fer au poteau du bûcher. Un moine lui dit encore : « Invoque la Vierge et les saints ! » Le martyr de Villar-d’Arêne fit un signe négatif de la tête. Alors, les bourreaux mirent le feu au bûcher. La flamme s’éleva rapidement, le brasier s’éteignit soudainement. Romeyer demeura suspendu au poteau, au-dessus du foyer dévorant. Ses membres inférieurs rôtissaient. Ses entrailles exhalaient des odeurs de mort. Son corps était déjà à moitié brûlé. On voyait ses lèvres s’agiter sans qu’il en sortît aucun son.
Romeyer mort, Lauris et Lanteaume purent se partager ses biens.
  • D’après Alexis Muston, « Martyre d’un Vaudois à Draguignan (1558) » in La Liberté de penser, revue philosophique et littéraire, tome VII, no 38, janvier 1851, Paris, pp. 199-203.

L’article Un hérétique face à l’Inquisition (Draguignan, 16 mai 1558) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/un-heretique-face-a-linquisition-draguignan-16-mai-1558/feed/ 0
La veuve et le valet (Fréjus, 15 mai 1895) https://www.geneprovence.com/la-veuve-et-le-valet-frejus-15-mai-1895/ https://www.geneprovence.com/la-veuve-et-le-valet-frejus-15-mai-1895/#respond Wed, 02 Jul 2025 05:30:25 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=25813 Le mercredi 15 mai 1895, au matin, M. Louis Destelle, cultivateur de 53 ans habitant Fréjus (Var), mourait subitement, sans que rien ne fît prévoir une fin aussi brusque. Au contraire, il jouissait jusqu’alors…

L’article La veuve et le valet (Fréjus, 15 mai 1895) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Le mercredi 15 mai 1895, au matin, M. Louis Destelle, cultivateur de 53 ans habitant Fréjus (Var), mourait subitement, sans que rien ne fît prévoir une fin aussi brusque. Au contraire, il jouissait jusqu’alors d’une santé merveilleuse. Aussi cette mort impressionna-t-elle tout le monde et bientôt la rumeur publique accusa la veuve, Marie Sénéquier, d’avoir empoisonné son mari, de connivence avec son valet, un certain Pierre Fougerat.
Le fils Destelle, brouillé avec ses parents pour des raisons familiale, habitait à Saint-Raphaël. Prévenu du malheur qui le frappait, il accourut à Fréjus pour voir son père, et tout aussitôt les mêmes soupçons assaillirent son esprit.
Depuis longtemps déjà, il savait, d’ailleurs, que sa mère voulait le dépouiller de ses biens pour les mettre sur la tête de Fougerat.
Il alla donc trouver M. Antoine Foata, commissaire de police, et il rédigea une plainte en règle.
Le parquet de Draguignan, averti immédiatement, envoya le lendemain, vers les trois heures, pour faire une enquête, MM. Guichon de Grandpont, juge d’instruction, Michel, substitut du procureur de la République, le juge suppléant, Balp, docteur en médecine, et Lamy, greffier du parquet.
Pendant que M. Balp procédait à l’autopsie, M. Guichon de Grandpont entendait les témoins de cette triste affaire.
Le parquet repartit de Fréjus le soir, vers 22 heures.
M. Balp emporta huit bocaux où étaient déposés les viscères de la victime, ne pouvant immédiatement se prononcer s’il y avait crime ou non.
Le vendredi 17, à 7 heures du matin, eurent lieu les obsèques du malheureux Destelle qu’une foule nombreuse accompagnait jusqu’à sa dernière demeure.
  • Source : La République du Var, 18 mai 1895, p. 2.
  • État civil de la ville de Fréjus, Archives départementales du Var, 7 E 65_55, acte no 33.

L’article La veuve et le valet (Fréjus, 15 mai 1895) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/la-veuve-et-le-valet-frejus-15-mai-1895/feed/ 0
La petite fille brûlée (Draguignan, 6 février 1793) https://www.geneprovence.com/la-petite-fille-brulee-draguignan-6-fevrier-1793/ https://www.geneprovence.com/la-petite-fille-brulee-draguignan-6-fevrier-1793/#respond Wed, 21 May 2025 08:21:10 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=25471 « Aujourd’hui, sixième février 1793, à deux heures après midi, […] Est comparu en la maison commune le citoyen Blaise Barbier, juge de paix de la cité de Draguignan, instruit par…

L’article La petite fille brûlée (Draguignan, 6 février 1793) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

« Aujourd’hui, sixième février 1793, à deux heures après midi, […]
Est comparu en la maison commune le citoyen Blaise Barbier, juge de paix de la cité de Draguignan, instruit par des citoyens qu’une fille âgé de quatre ans environ est morte ce matin dans la maison de François Boyer, regrettier de cette ville, rue de la Poissonnerie, d’une mort violente, […]
Nous [nous] sommes transportés à la maison dudit Boyer, où nous avons trouvé au premier étage sur le devant, la nommée Catherine Martin, fille de Georges, tailleur de pierres, âgée de quatre ans et le citoyen Hugou-Lange [chirurgien de cette ville], l’ayant visitée, nous a déclaré que cette fille avait toutes les parties de son corps brûlées et calcinées, ce qui paraissait avoir été occasionné par des suites de feu qui ont commencé à brûler tous ses habillements, dont il n’a resté de trace que quelques lambeaux de ses bas.
De tout quoi avons dressé le présent procès-verbal… »
  • Registre d’état civil de la commune de Draguignan, Archives départementales du Var, 7 E 53_27.

L’article La petite fille brûlée (Draguignan, 6 février 1793) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/la-petite-fille-brulee-draguignan-6-fevrier-1793/feed/ 0
Une frayeur bleue au café d’Aragon (Les Arcs, 17 mai 1868) https://www.geneprovence.com/une-frayeur-bleue-au-cafe-daragon-les-arcs-17-mai-1868/ https://www.geneprovence.com/une-frayeur-bleue-au-cafe-daragon-les-arcs-17-mai-1868/#respond Wed, 12 Feb 2025 05:30:54 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=24421 Dimanche 17 mai 1868, l’après-midi s’annonçait paisible aux Arcs, une commune du Var située au sud de Draguignan. Pourtant, le ciel, qui était jusque-là clément, se chargea soudain de nuages…

L’article Une frayeur bleue au café d’Aragon (Les Arcs, 17 mai 1868) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Dimanche 17 mai 1868, l’après-midi s’annonçait paisible aux Arcs, une commune du Var située au sud de Draguignan. Pourtant, le ciel, qui était jusque-là clément, se chargea soudain de nuages menaçants. Un orage violent éclata, et la foudre, capricieuse, choisit une cible inattendue : le café d’Aragon.
L’établissement, qui ne désemplissait pas en ce jour dominical, offrait un refuge chaleureux aux habitués. Soudain, un éclair fulgura et la foudre s’introduisit avec fracas par le tuyau du poêle. Un silence de mort suivit l’instant de stupeur. La suie, projetée par l’impact, recouvrit les visages, qui devinrent aussitôt livides. L’air se chargea d’une odeur âcre.
Les clients, qui discutaient joyeusement quelques instants auparavant, restèrent figés, les yeux écarquillés. On entendait les cœurs battre à tout rompre. Heureusement, après cette intrusion spectaculaire, la foudre ressortit aussi vite qu’elle était apparue, sans causer de blessures.
L’incident, bien que terrifiant, se solda par une simple frayeur. On se souvint longtemps de cet orage qui visita le café d’Aragon, transformant une paisible après-midi en un moment de pure adrénaline. La foudre, ce jour-là, avait choisi d’effrayer plutôt que de tuer.
  • Source : Le Petit Marseillais, 20 mai 1868, p. 2.

L’article Une frayeur bleue au café d’Aragon (Les Arcs, 17 mai 1868) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/une-frayeur-bleue-au-cafe-daragon-les-arcs-17-mai-1868/feed/ 0
Une enfant accidentée par un train (Peymeinade, 29 avril 1895) https://www.geneprovence.com/une-enfant-accidentee-par-un-train-peymeinade-29-avril-1895/ https://www.geneprovence.com/une-enfant-accidentee-par-un-train-peymeinade-29-avril-1895/#respond Wed, 06 Nov 2024 05:30:01 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=23089 Un drame émut la communauté de Peymeinade ce 29 avril 1895, au matin. Une petite fille de 27 mois, née de la famille Marchio et résidant dans le quartier de…

L’article Une enfant accidentée par un train (Peymeinade, 29 avril 1895) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Un drame émut la communauté de Peymeinade ce 29 avril 1895, au matin. Une petite fille de 27 mois, née de la famille Marchio et résidant dans le quartier de Sainte-Anne, trouva la mort de manière tragique sur la ligne du Sud-France.
Vers 9h30, le train reliant Grasse à Draguignan s’immobilisa brusquement devant le pont du torrent. Les voyageurs, paniqués, quittèrent leurs wagons, redoutant une catastrophe ferroviaire. Mais la réalité était bien plus terrible.
La petite Marchio, d’origine italienne, jouait inconsciemment sur les voies. Le train, arrivant à toute vitesse, l’avait percutée violemment, l’entraînant sur plusieurs mètres avant de la projeter violemment. Le corps de l’enfant était tellement mutilé qu’il était méconnaissable.
Ce drame suscita une vive émotion dans la région.
  • Source : La République du Var, 1er mai 1895, p. 2.

L’article Une enfant accidentée par un train (Peymeinade, 29 avril 1895) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/une-enfant-accidentee-par-un-train-peymeinade-29-avril-1895/feed/ 0
Un incendie volontaire (Salernes, 16 février 1895) https://www.geneprovence.com/un-incendie-volontaire-salernes-16-fevrier-1895/ https://www.geneprovence.com/un-incendie-volontaire-salernes-16-fevrier-1895/#respond Sun, 13 Oct 2024 05:30:28 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=22690 Dans la nuit du 16 février 1895, un incendie éclatait dans une maison de campagne située à un kilomètre de Salernes, quartier de Gourgarat, appartenant au nommé Charles-Antoine Abbat, 59…

L’article Un incendie volontaire (Salernes, 16 février 1895) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Dans la nuit du 16 février 1895, un incendie éclatait dans une maison de campagne située à un kilomètre de Salernes, quartier de Gourgarat, appartenant au nommé Charles-Antoine Abbat, 59 ans, né à Salernes, arrondissement de Draguignan (Var), le 4 novembre 1835, fils de Jean-Baptiste et de Marie-Clarisse Lautard, marié, cultivateur, et demeurant à Salernes.

L’incendie

Vers une heure du matin, des ouvriers qui travaillaient à la fabrique de tomettes du sieur Dauphin aperçurent de la lumière à la fenêtre de cette maison de campagne, distante d’environ 500 mètres de la fabrique. Ils n’attribuèrent d’abord aucune importance à ce fait. Mais peu de temps après, ayant vu les flammes sortir par la toiture, ils accoururent sur le lieu du sinistre et vinrent tout d’abord frapper à la porte de l’habitation occupée par Abbat et sa famille, qui se trouvait sur leur chemin à 25 mètres de la maison dévorée par l’incendie. Ce ne fut qu’après trois appels consécutifs qu’Abbat se décida à répondre. Comme il ne se hâtait pas de paraître, l’ouvrier Roux l’appela une quatrième fois et c’est alors seulement qu’il se montra, simplement vêtu d’un pantalon et sans souliers.
Quand on arriva sur les lieux, tout secours était devenu inutile. Le feu achevait son œuvre de destruction ; toiture et plancher s’effondraient dans les flammes et il ne restait plus que les quatre murs de la maison incendiée.

L’enquête

La gendarmerie de Salernes, aussitôt prévenue, se rendait immédiatement sur les lieux, recueillait des renseignements, interrogeait Abbat dont le peu d’empressement à se montrer aux voisins accourus à son secours et l’indifférence en présence du désastre qui l’atteignait avaient éveillé les soupçons de tous les assistants.
Après avoir essayé de nier, Abbat passa de témoin à suspect principal. Enfin, il fit les aveux les plus complets. Il reconnut qu’il avait mis lui-même le feu à sa maison de campagne pour toucher le montant de la prime d’assurance, évaluée à 1 200 francs auprès de la compagnie Le Soleil.
Devant le juge d’instruction, il renouvela ses aveux. Au surplus, les charges les plus graves étaient relevées contre lui. Sa fille, la jeune Emma-Marie, l’avait entendu dans la nuit du crime rentrer furtivement vers une heure du matin, fermant les portes avec les plus grandes précautions, évitant de faire le moindre bruit, se recouchant sans lumière. Au dehors, le chien n’avait pas aboyé.
Après le réquisitoire sévère du Procureur de la République et l’éloquente plaidoirie de Me Giraud, le jury entre en délibération et après quelques instants rapporte un verdict de culpabilité, mitigé par des circonstances atténuantes.
En conséquence, la Cour, après avoir délibéré, le condamna à deux ans de prison.
  • Source : La République du Var, 30 avril 1895, p. 2, 1er mai, p. 2.

L’article Un incendie volontaire (Salernes, 16 février 1895) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/un-incendie-volontaire-salernes-16-fevrier-1895/feed/ 0
L’horrible demande du suicidé (Draguignan, 24 septembre 1838) https://www.geneprovence.com/lhorrible-demande-suicide-draguignan-24-septembre-1838/ https://www.geneprovence.com/lhorrible-demande-suicide-draguignan-24-septembre-1838/#respond Sun, 31 Mar 2024 13:14:35 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=20100 L’histoire ne se déroule pas à Draguignan (Var), mais à une heure environ de là, en 1838. Seulement, il ne nous a pas été possible de déterminer la commune dans…

L’article L’horrible demande du suicidé (Draguignan, 24 septembre 1838) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

horrible-demande-suicide

L’histoire ne se déroule pas à Draguignan (Var), mais à une heure environ de là, en 1838. Seulement, il ne nous a pas été possible de déterminer la commune dans laquelle s’est produit cet horrible événement.
Ce lundi 24 septembre 1838, un homme avait décidé d’en finir avec la vie. Une décision funeste, certes, comme beaucoup en font le choix aujourd’hui mais même tout au long des siècles passés. On trouve tant de traces de suicides au XIXe siècle.
Ce jour-là, lorsqu’on pénètre dans la maison de l’homme, on trouve ce paysan mort sur son fauteuil tenant dans ses mains le fusil qui lui a tiré dans la tête.
Pourtant, l’enquête va révéler un détail particulièrement sordide. Il semblerait en effet que ce malheureux, qui était en proie à une grave maladie douloureuse, peut-être un cancer, avait demandé à sa fillette de 6 ans de lui remettre son fusil qui était suspendu au mur de son appartement.
Puis, il s’était installé, avait placé le canon dans sa bouche et avait demandé à l’enfant de presser la détente de l’arme, ne pouvant l’atteindre lui-même.
La petite fille l’avait fait, bien entendu.
Mais imaginez l’horreur de la demande d’une telle chose. Ce faisant, cet homme sans vergogne, tout désespéré qu’il était, faisait de son enfant une criminelle contre son gré, une parricide même. Ô temps, ô mœurs !
  • Sources : Le Mémorial d’Aix, 6 octobre 1838, p. 3.

L’article L’horrible demande du suicidé (Draguignan, 24 septembre 1838) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/lhorrible-demande-suicide-draguignan-24-septembre-1838/feed/ 0
Le père assassin de son fils (Vins-sur-Caramy, 6 septembre 1879) https://www.geneprovence.com/pere-assassin-de-son-fils-vins-sur-caramy-1879/ https://www.geneprovence.com/pere-assassin-de-son-fils-vins-sur-caramy-1879/#respond Sat, 12 May 2018 02:25:45 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=16494 Le 6 septembre 1879, vers six heures du matin, M. Mourlan, cultivateur à Vins-sur-Caramy, se rendit avec sa femme à un petit bastidon qu’il possédait à deux kilomètres et demi…

L’article Le père assassin de son fils (Vins-sur-Caramy, 6 septembre 1879) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Le 6 septembre 1879, vers six heures du matin, M. Mourlan, cultivateur à Vins-sur-Caramy, se rendit avec sa femme à un petit bastidon qu’il possédait à deux kilomètres et demi environ de la commune, près de la route de Cabasse. Arrivés sur place, ils furent étonnés de trouver près du cabanon un homme qui leur était totalement inconnu.
Vins-sur-Caramy. DR.
Vins-sur-Caramy. DR.
La disparition de la corde qui, d’ordinaire, fermait la porte, ayant laissé comprendre à Mourlan que l’étranger avait dû passer la nuit sur place, il échangea quelques mots avec lui. L’homme avoua le fait et manifesta par son attitude son intention de garder l’entrée de la maisonnette et d’empêcher les époux Mourlan d’y pénétrer. Ceux-ci n’insistèrent pas et s’éloignèrent.

Découverte du crime

Quand ils revinrent deux heures et demie plus tard, l’inconnu avait disparu mais, par la porte entrebâillée, ils aperçurent les pieds d’un homme étendu à terre et qui paraissait dormir. Ils le secouèrent et grande fut leur émotion de constater qu’ils ne touchaient qu’un cadavre.
Le substitut et le juge d’instruction furent aussitôt informés et ils se rendirent sur les lieux du crime en compagnie d’un médecin.

pierre-sang

Au milieu du cabanon où gisait le cadavre placé sur le ventre, les pieds près de la porte, la tête reposant à terre présentait d’horribles blessures d’où le sang, s’échappant à flots, avait tout autour imbibé la litière qui couvrait le sol. À droite de la porte et vers l’angle du mur était déposée à terre une veste et sur cette veste, dont une partie était entièrement trempée de sang, se voyait également maculée une très grosse pierre de 20 à 25 kilos, instrument du crime sans aucun doute.
L’état du cadavre indiquait que la mort remontait seulement à quelques heures et le malheureux paraissait âgé d’une vingtaine d’années seulement. Sa position et celle de ses blessures indiquaient qu’il avait été frappé durant son sommeil. Ses poches béantes, une cassette portant des traces d’effraction montraient que l’attentat avait eu le vol pour mobile.

L’enquête

Les investigations du magistrat instructeur amenèrent à la découverte du coupable. Il s’agissait d’un nommé François Leydet, cultivateur de 53 ans, né et domicilié à Flayosc, repris de justice, ayant résidé en diverses localités et laissé partout une réputation détestable.
La victime n’était autre que son propre fils, François Jacques Leydet, âgé de 20 ans.
Après avoir dans un premier temps nié en bloc les accusations, Leydet finit par reconnaître son crime.
Il avait tué son fils pour s’emparer d’un reçu du Crédit de Nice (succursale de Draguignan), constatant le dépôt, fait par le jeune homme d’une somme de 5000 francs.
Profitant de son sommeil, il lui avait fracassé le crâne avec la lourde pierre trouvée près du corps. Par suite de la violence du coup, un fragment du crâne s’était détaché. Il lui avait alors lancé un second caillou puis, comme le corps de son malheureux enfant était encore agité de faibles tressaillements, il saisit par le canon un fusil déposé dans le bastidon et l’abattit avec tant de force que les deux chiens s’enfoncèrent dans la partie postérieure.
Enfin froidement, il remua le cadavre et fouilla minutieusement ses poches pour y trouver la clé de la cassette renfermant le reçu, objet de sa convoitise.
Et deux jours après, le 8 septembre, on le voit l’air satisfait venir dans les bureaux du Crédit de Nice et faire transférer à son nom le reçu des 5000 francs.
La préméditation ne faisait aucun doute. Au mois d’avril 1879, Leydet avait fait part à un nommé Troin de l’existence de ce reçu et du plaisir qu’il aurait à s’en emparer. Aussi l’accusé ne fit-il aucune difficulté de reconnaître qu’il avait conçu le projet de son horrible infanticide dès le premier jeudi de septembre, quand il avait appris que le coffret dont son fils était porteur contenait ce fameux billet de 5000 francs qu’il désirait tant et disait être sa propriété.

Le procès

Le mercredi 28 janvier 1880, la cour d’assises du Var, présidée par M. de Bonnecorse, conseiller à la cour d’appel d’Aix, jugea l’affaire.
L’accusé, défendu par Maître Trotabas, fut reconnu coupable mais on admit des circonstances atténuantes en sa faveur.
En vertu de ce verdict, Leydet fut condamné à la peine des travaux forcés à perpétuité.

L’article Le père assassin de son fils (Vins-sur-Caramy, 6 septembre 1879) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/pere-assassin-de-son-fils-vins-sur-caramy-1879/feed/ 0