84 - Avignon Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/84-avignon/ 500 ans de faits divers en Provence Tue, 14 Jul 2026 18:10:12 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 84 - Avignon Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/84-avignon/ 32 32 Le coup de sang de l’aubergiste (Avignon, 22 avril 1813) https://www.geneprovence.com/le-coup-de-sang-de-laubergiste-avignon-22-avril-1813/ https://www.geneprovence.com/le-coup-de-sang-de-laubergiste-avignon-22-avril-1813/#respond Mon, 29 Jun 2026 15:06:18 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28643 Cette altercation sur la route d’Avignon en avril 1813 illustre la transition délicate du droit routier sous le Premier Empire, marqué par la codification récente du Code de la route…

L’article Le coup de sang de l’aubergiste (Avignon, 22 avril 1813) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Cette altercation sur la route d’Avignon en avril 1813 illustre la transition délicate du droit routier sous le Premier Empire, marqué par la codification récente du Code de la route impérial. Le transport de la garance, plante tinctoriale majeure de l’économie vauclusienne, confère au charretier une place centrale dans l’activité industrielle locale. L’accès prioritaire sur les axes de communication génère de vives tensions d’honneur entre rouliers professionnels et notables pressés. La réaction impulsive de l’aubergiste Molin, homme de « très grosse corpulence », traduit cliniquement un accès de fureur hypertensive, typique des crises de pléthore sanguine documentées par la médecine du XIXe siècle.

« Aujourd’hui vingt-deux avril mil huit cent treize, entre une et deux heures après-midi, devant nous, commissaire de police du premier arrondissement de cette ville d’Avignon,
S’est présenté le sieur Dominique Rey, cultivateur domicilié à L’Isle1, département de Vaucluse, lequel nous a dit et exposé que depuis environ deux mois il s’était occupé avec sa charrette à transporter des garances2 en cette ville, pour Monsieur Boyer, négociant ;
Qu’aujourd’hui, sur environ dix heures du matin, se trouvant avec sa dite charrette chargée de garances, sur la route du pont de la Durance à Avignon, à une distance d’environ trois quarts de lieue ancienne3 de cette ville, il a vu venir à lui une petite voiture découverte, conduite par un homme de très grosse corpulence, à lui inconnu, qui, étant parvenu à quelques pas du déclarant, lui a dit d’un ton haut et menaçant de se détourner pour le laisser passer avec sa voiture ;
Le déclarant a de suite obéi, en lui observant cependant que, suivant l’usage4, cela ne se pratiquait pas ainsi. L’inconnu, en passant à côté du déclarant, lui a dit qu’il était un polisson, et a continué de clabauder5 en tournant la tête du côté du déclarant et continuant de lui dire qu’il était un polisson, et que rien ne le retenait de descendre de sa voiture et de lui casser son fouet sur la figure.
Le déclarant lui a observé qu’il avait tort de le menacer et a ajouté : « Je vous ai cédé le chemin qui ne vous était pas dû, que voulez-vous de plus ? »
L’inconnu alors est descendu de sa voiture, s’est porté sur le déclarant, et l’ayant frappé fortement avec les poings à l’estomac, celui-ci est tombé par terre sur un tas de gravier, où il s’est blessé au coude du bras droit, et au genou du même côté. L’inconnu s’est saisi de deux poignées de gravier, ce que voyant le déclarant s’est aussi armé de deux cailloux, mais ledit inconnu, ayant laissé tomber par terre le gravier qu’il tenait dans les mains, le déclarant en a fait de même.
Cependant ledit déclarant s’étant relevé, a prié le sieur Joseph Ricard, cultivateur de la commune de Saint-Andiol, qui se trouvait présent, de se souvenir et de vouloir bien rendre témoignage devant qui de droit de ce qu’il venait de voir, et en même temps, il a dit à l’inconnu : « Monsieur, à présent que vous m’avez frappé, dites-moi, je vous prie, votre nom », l’inconnu lui a répondu : « Je te le dirai demain de mes nouvelles, j’ai la loi dans ma poche6 et je t’apprendrai à t’y conformer ».
L’inconnu a soutenu à demander le nom du déclarant ; celui-ci lui a répondu qu’il se nommait Dominique Rey, de L’Isle, et a continué son chemin, enfin à peu de distance de là.
Le déclarant, apercevant sur les bords du chemin des cultivateurs qui étaient assis et prenaient leur repas, il leur a demandé le nom du monsieur qui conduisait la voiture qui venait de passer, on lui a répondu que c’était Monsieur Molin, aubergiste au Palais-Royal7.
Le déclarant observe qu’avant de parvenir aux cultivateurs mentionnés ci-dessus, il avait aperçu dans un pré deux hommes qui coupaient des amarines8, auxquels il avait demandé s’ils connaissaient le monsieur qui conduisait la susdite voiture. L’un lui a répondu qu’il ne le connaissait pas, mais que l’autre, qui était vannier, le connaissait pour être Monsieur Molin du Palais-Royal ; ce que celui-ci a confirmé au déclarant.
À Avignon, les an et jour susdits, signé Dominique Rey, Rouge fils, conforme à l’original. »

Notes

1. L’Isle : il s’agit de la commune de L’Isle-sur-la-Sorgue, située dans le Vaucluse.
2. Garances : la garance des teinturiers (rubia tinctorum) est une plante largement cultivée dans le Vaucluse au XIXe siècle. Ses racines, une fois séchées et broyées, fournissaient une teinture rouge très demandée par l’industrie textile, notamment pour les uniformes militaires.
3. Trois quarts de lieue ancienne : la lieue ancienne valait un peu moins de 4 kilomètres. Trois quarts de lieue représentent donc environ 3 kilomètres, situant l’altercation dans la campagne ou la zone maraîchère à l’approche d’Avignon.
4. Suivant l’usage : fait référence aux règles de courtoisie et de priorité de l’époque sur les chemins. Les voitures légères et rapides devaient généralement faciliter le passage des lourdes charrettes de marchandises chargées (comme celle de garance), plus difficiles à manœuvrer.
5. Clabauder : signifie ici crier, pester, faire du tapage et proférer des injures à tort et à travers pendant la dispute.
6. « J’ai la loi dans ma poche » : formule provocatrice de l’agresseur pour signifier qu’il s’estime intouchable, qu’il prétend avoir le droit pour lui ou qu’il dispose de protections suffisantes pour ne pas craindre la justice.
7. Palais-Royal : il s’agit du nom de l’enseigne de l’auberge ou de l’hôtel tenu par Monsieur Molin à Avignon. À cette époque, de nombreux établissements de province adoptaient des noms de lieux parisiens célèbres.
8. Amarines : terme d’origine provençale (amarinier) désignant l’osier ou le saule qui pousse au bord de l’eau, notamment près de la Durance. Ses rameaux souples sont récoltés par les vanniers pour tresser des paniers et des cages à légumes.
  • Registre de police d’Avignon, Archives municipales d’Avignon, 1J129, p. 6, 7.

L’article Le coup de sang de l’aubergiste (Avignon, 22 avril 1813) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/le-coup-de-sang-de-laubergiste-avignon-22-avril-1813/feed/ 0
Une immense inondation (Avignon, 16 novembre 1674) https://www.geneprovence.com/une-immense-inondation-avignon-16-novembre-1674/ https://www.geneprovence.com/une-immense-inondation-avignon-16-novembre-1674/#respond Sun, 29 Mar 2026 09:38:01 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27909 L’inondation de novembre 1674 s’inscrit dans l’aléa climatique majeur du bassin rhodanien sous le règne de Louis XIV. Ce débordement du Rhône, favorisé par le Petit Âge Glaciaire, dépasse les…

L’article Une immense inondation (Avignon, 16 novembre 1674) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

L’inondation de novembre 1674 s’inscrit dans l’aléa climatique majeur du bassin rhodanien sous le règne de Louis XIV. Ce débordement du Rhône, favorisé par le Petit Âge Glaciaire, dépasse les crues de référence de 1588 et de 1660. Les repères inscrits dans les cloîtres avignonnais témoignent de l’importance de la culture du risque dans une cité enserrée par ses remparts, où l’eau infiltre les caves par remontée de nappe. La mesure précise en « pans » et « pouces » reflète l’usage du système métrique provençal ancien, indispensable pour évaluer l’ampleur des dommages sanitaires et structurels dans les couvents.

« La plus forte dont on ait gardé le souvenir. La ligne où montèrent les eaux était marquée dans le cloître des Grands-Augustins contre un pilier. On y avait mis en latin l’inscription suivante : »

[INSCRIPTION OMISE]

« La même inondation était marquée dans le cloître des Cordeliers, au-dessus de l’inscription placée en mémoire de la cérémonie faite en 1660 par le roi Louis XIV.
Une inscription latine disait que les eaux avaient atteint la ligne inférieure marquée le 16 novembre 1674.
L’eau monta dans le cloître des Minimes à 9 pans, 5 pouces (2,40 mètres environ) au-dessus de l’inondation du 18 septembre 1588. »
  • Source : “Fais particuliers arrivés dans la ville d’Avignon depuis l’année 795 jusqu’à l’année 1720”, Registre manuscrit, Archives municipales d’Avignon, 1Z8.

L’article Une immense inondation (Avignon, 16 novembre 1674) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/une-immense-inondation-avignon-16-novembre-1674/feed/ 0
La mort du conducteur de barque (Boulbon, 11 février 1724) https://www.geneprovence.com/la-mort-du-conducteur-de-barque-boulbon-11-fevrier-1724/ https://www.geneprovence.com/la-mort-du-conducteur-de-barque-boulbon-11-fevrier-1724/#respond Tue, 13 Jan 2026 09:02:47 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27316 Au début du XVIIIe siècle, le Rhône demeure l’artère vitale du commerce provençal, où les patrons de barques assurent le transport du grain entre Lyon et les ports du Bas-Rhône…

L’article La mort du conducteur de barque (Boulbon, 11 février 1724) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Au début du XVIIIe siècle, le Rhône demeure l’artère vitale du commerce provençal, où les patrons de barques assurent le transport du grain entre Lyon et les ports du Bas-Rhône comme Tarascon. La mort de Guillaume Guiot à soixante-quinze ans, loin de son domicile lyonnais, souligne la rudesse de ce métier exercé jusqu’à un âge avancé. Sa découverte au pied de la Croix de la Mission de Boulbon suggère un malaise fatal survenu lors d’un trajet pédestre, probablement pour rejoindre son point d’attache ou chercher du secours après avoir quitté le fleuve à Avignon.

« Le 12 février 1724, a été enseveli sieur Guillaume Guiot, âgé d’environ 75 ans, originaire de Tarascon, habitant de Lyon depuis quelque temps,
Lequel étant descendu à la conduite d’une barque chargée de blé pour Tarascon, il aurait pris terre à Avignon, et serait venu jusqu’en ce lieu où on l’aurait trouvé mort à la Croix de la Mission, hier, onzième du courant, à deux heures après midi.
Requiescat in pace.1« 
[Perier vicaire]

« Repose en paix. »

  • Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 222.

L’article La mort du conducteur de barque (Boulbon, 11 février 1724) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/la-mort-du-conducteur-de-barque-boulbon-11-fevrier-1724/feed/ 0
Un fort coup de tonnerre (Avignon, 19 juin 1752) https://www.geneprovence.com/un-fort-coup-de-tonnerre-avignon-19-juin-1752/ https://www.geneprovence.com/un-fort-coup-de-tonnerre-avignon-19-juin-1752/#respond Tue, 09 Dec 2025 09:35:02 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27066 Le coup de tonnerre de 1752 se produit dans un Avignon sous l’autorité temporelle des Papes, où le quotidien des habitants est rythmé par la superstition et une méfiance palpable…

L’article Un fort coup de tonnerre (Avignon, 19 juin 1752) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Le coup de tonnerre de 1752 se produit dans un Avignon sous l’autorité temporelle des Papes, où le quotidien des habitants est rythmé par la superstition et une méfiance palpable envers les phénomènes naturels jugés extraordinaires. À cette époque, l’absence de compréhension scientifique claire de la foudre et du tonnerre amplifie la résonance de tels événements. Ils ne sont pas de simples faits météorologiques, mais des moments de forte anxiété collective, souvent interprétés par la population, majoritairement agricole ou artisanale, comme des présages ou l’expression de la colère divine. Cette chronique anonyme, par sa précision topographique et temporelle, témoigne d’une curiosité pré-scientifique, cherchant à dissocier le prodige de l’observation rigoureuse, en notant notamment la direction des « nuages assez épais ».

« Le 19 juin à 6 heures du matin, un coup de tonnerre s’est fait entendre à Avignon et à six lieues à la ronde ; il a grondé avec la même force pendant plus de huit minutes. Le temps était à la bise et très serein.
On n’apercevait que trois nuages assez épais, poussés l’un du nord-ouest au sud-est, l’autre du sud-ouest au nord-est et le troisième du nord au sud.
Leur choc a été immédiatement suivi de ce coup de tonnerre. »
  • Source : « Fais particuliers arrivés dans la ville d’Avignon depuis l’année 795 jusqu’à l’année 1720 », Registre manuscrit, Archives municipales d’Avignon, 1Z8.

L’article Un fort coup de tonnerre (Avignon, 19 juin 1752) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/un-fort-coup-de-tonnerre-avignon-19-juin-1752/feed/ 0
Bagarre dans la rue Argentière (Avignon, 18 avril 1813) https://www.geneprovence.com/bagarre-dans-la-rue-argentiere-avignon-18-avril-1813/ https://www.geneprovence.com/bagarre-dans-la-rue-argentiere-avignon-18-avril-1813/#respond Fri, 19 Sep 2025 21:25:38 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26365 « Ce jourd’hui, 18 avril 1813, sur environ 9 heures du soir, nous, commissaire de police du premier arrondissement de cette ville d’Avignon, passant dans la rue Argentière, avons aperçu trois…

L’article Bagarre dans la rue Argentière (Avignon, 18 avril 1813) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

« Ce jourd’hui, 18 avril 1813, sur environ 9 heures du soir, nous, commissaire de police du premier arrondissement de cette ville d’Avignon, passant dans la rue Argentière, avons aperçu trois hommes qui disputaient entre eux et dont deux ont pris la fuite en nous apercevant.
Rue Argentière de nos jours.
© Jean Marie Desbois, 2025.
Nous avons enjoint à celui qui était resté sur les lieux de nous suivre. Il a obéi et, l’ayant conduit à l’hôtel de ville, nous lui avons demandé ses nom, prénom, et sa profession et résidence et de nous dire le sujet de la dispute qu’il avait avec les deux autres individus dans la rue Argentière, au moment où nous étions arrivés.
Il nous a dit se nommer Joseph Faure, boulanger, travailleur de son état dans cette ville chez le sieur Pascal, maître boulanger, rue de l’Arc-de-l’Agneau, et a ajouté que sur les 8 heures du soir de ce jour, étant au café du sieur Lieutard, maison de la veuve Grous, place de l’Hôtel-de-Ville où étaient aussi plusieurs personnes. Les sieurs Polliard fils, Boutoment et François Lamy, imprimeur, sont entrés.
Le sieur Lamy, lui adressant la parole, lui a demandé s’il avait porté le levain, qu’à l’heure qu’il était, il ne devait pas être là avec ses boîtes à revers mais bien à son travail, qu’il ne ferait pas gagner une fortune au cafetier et ne le ferait pas pisser dans un pot de chambre d’argent, et, après beaucoup d’autres plaisanteries grossières de la même nature, Lamy a fini par lui dire qu’il était un couillon, ce qui l’a porté à répliquer :
« Je ne sais pas, du moins pas plus que vous. »
Lamy l’a alors provoqué, lui disant de sortir avec lui.
Le déclarant s’est levé et alors, Lamy le saisissant au col, lui a dit : « Allons marcher avec moi » et l’a amené dans ladite rue Argentière où, arrivés, le déclarant lui a observé qu’il était trop tard pour se battre et qu’il fallait remettre la partie à demain.
À ces mots, Lamy lui a porté un coup de poing à côté de l’œil gauche. Le déclarant le saisit au corps et, l’ayant renversé par terre sans cependant le frapper, lui a dit :
« Eh bien, de qui dépends-tu à présent ? »
Dans ce moment, le sieur Polliard fils, étant survenu, a saisi le déclarant par les jambes et l’a traîné par terre, ce qui a facilité Lamy à se relever, et alors ce dernier s’est mis à frapper le déclarant, ce qui l’a porté à crier au secours.
M. Delapierre, voisin de celui-ci, s’est alors mis à sa fenêtre et Polliard a alors pris la fuite.
Le déclarant observe que, lorsque Lamy l’a provoqué dans le café Lieutard, ç’a été en présence dudit Lieutard, desdits Maillet, Bollier jeune, Vernay, Coutelier, Guigues et autres.
Il a observé en outre que, pendant la rixe qui a eu lieu entre lui Lamy et Polliard, son mouchoir à carreaux rayés rouge lui avait été enlevé.
Puis il a signé après lecture faite.
À Avignon, les an et jour susdits. »
[Signatures]
***
Rue de l’Arc-de-l’Agneau de nos jours.
© Jean Marie Desbois, 2025.
« Ce joud’hui, 20 avril 1813, entre 11 heures et midi, devant nous commissaire de police du premier arrondissement de cette ville d’Avignon, s’est présenté le sieur Joseph Faure, garçon boulanger, travailleur en cette ville chez le sieur Pascal, rue de l’Arc-de-l’Agneau,
Qui nous a dit qu’aujourd’hui, entre 9 et 10 heures du matin, la mère du sieur Polliard, désigné dans la plainte ci-dessus, s’est présentée dans la boutique dudit sieur Pascal et a dit à ce dernier :
« Avez-vous passé dispute avec François Lamy ? N’avez-vous pas perdu un mouchoir ? »
Et sur la réponse affirmative, cette femme lui a dit :
« Mon fils l’a trouvé et l’a démarqué, n’étant pas dans l’intention de le rendre, attendu qu’il en a lui-même perdu plusieurs qu’on ne lui a pas rendus. »
Et elle a rendu en même temps au déclarant son dit mouchoir que celui-ci a déposé en nos mains pour être envoyé à qui de droit, nous observant que tout le raisonnement ci-dessus et la restitution faite par elle en présence de la nommée Marthe Blanc, de la commune de Noves, nourrice de l’épouse du sieur Pascal, qui se trouvait dans la maison de cette dernière, étant venue pour la voir.
Le déclarant a signé après lecture faite.
À Avignon, les an et jour susdits. »
  • Registre de police d’Avignon, Archives municipales d’Avignon, 1J129, p. 3-5.

L’article Bagarre dans la rue Argentière (Avignon, 18 avril 1813) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/bagarre-dans-la-rue-argentiere-avignon-18-avril-1813/feed/ 0
Récit de la peste de Provence (Boulbon, 15 décembre 1720) https://www.geneprovence.com/recit-de-la-peste-de-provence-15-decembre-1720/ https://www.geneprovence.com/recit-de-la-peste-de-provence-15-decembre-1720/#respond Sat, 06 Sep 2025 15:54:29 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26277 Durant toute la seconde moitié de l’année 1720, le curé de Boulbon, Périer, fait le récit de la peste qui s’étend dans un premier temps à Marseille mais peu à…

L’article Récit de la peste de Provence (Boulbon, 15 décembre 1720) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Reconstitution du village de Boulbon en 1720. © GénéProvence, 2025.

Durant toute la seconde moitié de l’année 1720, le curé de Boulbon, Périer, fait le récit de la peste qui s’étend dans un premier temps à Marseille mais peu à peu dans un grand nombre de villes et villages de Provence. On a sous sa plume le récit d’un homme inquiet pour le village, ce « misérable lieu », qu’il administre.

« Cette année 1720, il y a eu une récolte abondante. Toutes les terres, les unes et les autres, ont rendu d’un dixième dans le temps de la foire de Beaucaire.
On a soupçonné Marseille de peste et avec juste raison puisqu’elle y est si maligne qu’on assure que depuis le commencement de ce mois d’août, jusqu’à aujourd’hui vingt-huitième août, il y est mort plus de quatorze à quinze mille âmes et il continue à ce qu’il nous en revient à y en mourir toujours sans nombre.
Toutes les villes et villages de la province se gardent et il n’y a plus de commerce ni avec le Languedoc ni avec Avignon, et si Dieu n’y met sa main par sa divine miséricorde, nous sommes tous perdus.
Aubagne, Lançon, sont atteints de ce mal-là, Aix est soupçonné et on assure qu’il est au faubourg.
Le 3 octobre, le parlement, après avoir prêté serment, s’est retiré à Saint-Remy, s’étant eux-mêmes condamnés à faire quarantaine.
La peste est aux quatre coins d’Aix. Le 30 septembre, il y mourut dans une nuit vingt-cinq personnes.
On assure qu’il est mort à Marseille ou à ses bastides plus de cinquante mille âmes.
Nous nous gardons ici le mieux que nous pouvons, jour et nuit.
Aujourd’hui 23 octobre 1720, nous avons renouvelé le vœu de sainte Élisabeth et nous sommes allés en procession à Notre-Dame chanter la grand-messe. Les consuls y ont été pieds nus, la corde au col et la torche à la main, ce qui se continuera in aeternam.
Saint-Remy est soupçonné de contagion. Dieu veuille qu’il n’y ait rien.
J’ai grand peur que la peste n’y soit bientôt déclarée, comme aux autres endroits.
Du onze novembre, on mande qu’il est mort à Marseille ou à ses bastides plus de soixante mille âmes. Il y a eu de terribles désordres dans cette ville, causés par les forçats de galère qu’on avait tirés pour servir les malades et pour servir de corbeaux.
Il y est mort une grande quantité des prêtres et de religieux. Monseigneur l’Archevêque s’y est exposé autant que les prêtres les plus zélés et Dieu l’a conservé jusqu’à aujourd’hui. Le pape a envoyé trois mille saumées1 de blé pour soutenir le pauvre peuple et la contagion fait aujourd’hui à Aix autant de ravages à proportion qu’il en a fait à Marseille, où elle commence fort à calmer.
On soupçonne toujours Saint-Remy et il y a apparence que cette ville aura le même sort que toutes les autres villes et villages, qui ont été soupçonnées où elle est aujourd’hui aux quatre coins. Dieu veuille la préserver.
On dit que Lançon, il n’y est resté presque personne.
Le Martigues et Salon sont confinés.
Le 5 décembre, M. l’Intendant s’est retiré à Barbentane, méchante marque pour Saint-Remy. Madame l’Intendante s’est accouchée en chemin et a fait l’enfant dans son carrosse.
Certainement la contagion doit y être quoi qu’on le cache, mais dans moins de quatre à cinq jours, il sera confiné quoi qu’on en dise.
Le 15, troisième dimanche, à 4 heures du soir, l’ordre de M. de Jossaud, commandant dans cette viguerie, est arrivé, de confiner Saint-Remy.
Dieu veuille nous garder par sa divine miséricorde, car nous sommes en grand danger dans ce misérable lieu où il n’y a pas grand ordre.
Tarascon est en grand danger et nous aussi.
Le 14 décembre, la peste a commencé à Tarascon, par Simiot, poissonnier, qui l’a portée du Martigues. Il est mort avec un bubon. Dieu ait pitié de Tarascon et de nous aussi. On a confiné la traverse d’Arles au faubourg Saint-Jean. »

Note

1. Une saumée représente la charge d’une bête de somme.

  • Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 222.

L’article Récit de la peste de Provence (Boulbon, 15 décembre 1720) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/recit-de-la-peste-de-provence-15-decembre-1720/feed/ 0
Coup de couteau à la maison de tolérance (Avignon, 23 mai 1868) https://www.geneprovence.com/coup-de-couteau-a-la-maison-de-tolerance-avignon-23-mai-1868/ https://www.geneprovence.com/coup-de-couteau-a-la-maison-de-tolerance-avignon-23-mai-1868/#respond Thu, 13 Mar 2025 05:30:08 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=24721 Le 23 mai 1868 au soir eut lieu dans la ville d’Avignon (Vaucluse) une tentative d’assassinat dans une maison de tolérance. Un jeune homme, brasseur de 26 ans, reçut dans…

L’article Coup de couteau à la maison de tolérance (Avignon, 23 mai 1868) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Le 23 mai 1868 au soir eut lieu dans la ville d’Avignon (Vaucluse) une tentative d’assassinat dans une maison de tolérance.
Un jeune homme, brasseur de 26 ans, reçut dans le côté droit un coup de couteau porté par une jeune fille qui travaillait dans la maison.
Aussitôt, plusieurs médecins furent appelés et le jeune homme alité. On craignait pour sa vie. Soit il parvint à sortir de son état grave et se remettre, soit il mourut dans une autre commune, mais il ne nous a pas été possible de retrouver l’identité du jeune homme impliqué dans ce fait divers.
La fille, elle, fut arrêtée par la police.
  • Source : Le Petit Marseillais, 25 mai 1868, p. 2.

L’article Coup de couteau à la maison de tolérance (Avignon, 23 mai 1868) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/coup-de-couteau-a-la-maison-de-tolerance-avignon-23-mai-1868/feed/ 0
Une violente rixe (Aix-en-Provence, 16 juillet 1839) https://www.geneprovence.com/une-violente-rixe-aix-en-provence-16-juillet-1839/ https://www.geneprovence.com/une-violente-rixe-aix-en-provence-16-juillet-1839/#respond Thu, 30 Jan 2025 05:30:20 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=24285 Le 16 juillet 1839, quelques ouvriers charrons, attablés dans un petit café du Faubourg, à Aix-en-Provence, aperçurent trois compagnons boulangers arrivant par la route d’Avignon et se dirigeant vers Marseille.…

L’article Une violente rixe (Aix-en-Provence, 16 juillet 1839) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Le 16 juillet 1839, quelques ouvriers charrons, attablés dans un petit café du Faubourg, à Aix-en-Provence, aperçurent trois compagnons boulangers arrivant par la route d’Avignon et se dirigeant vers Marseille. L’un des charrons sortit immédiatement et interpella les passants qu’il reconnut à leurs bâtons de voyage et leurs petits sacs. Ces derniers continuèrent leur chemin sans répondre. L’homme appela alors à l’aide ses camarades restés au café.
Tous, armés de gros bâtons, se lancèrent à la poursuite des voyageurs et les rattrapèrent à l’entrée de la Rotonde. Une violente et inégale lutte s’engagea alors, les agresseurs étant supérieurs en nombre et cherchant à régler une querelle vieille de plusieurs années. Deux boulangers d’Avignon furent blessés. L’intervention de passants, attirés par le bruit, arracha les victimes innocentes à une mort certaine. Les charrons s’enfuirent et se barricadèrent dans une chambre, mais les forces de l’ordre arrivèrent rapidement et arrêtèrent les coupables.
Un boulanger blessé, dont l’état était très alarmant, se trouvait à l’hôpital de la ville.
Deux jours plus tard, on apprit qu’une trentaine d’ouvriers boulangers de Marseille étaient venus à Aix pour venger leurs compagnons. Cependant, ayant appris que les coupables étaient déjà entre les mains de la justice, ils s’étaient retirés tranquillement, satisfaits de la réparation.
Trois hommes furent cités devant le tribunal de police d’Aix le 1er août au sujet de l’agression du 16 juillet. René Corneille, ouvrier cordier demeurant à Chartres, et Jean Robin, ouvrier charron demeurant à Marseille, furent condamnés chacun à deux ans d’emprisonnement pour coups et blessures volontaires avec préméditation sur la personne des boulangers. Quant au troisième, François Espric, bourrelier demeurant à Béziers, il fut acquitté.
  • Source : Le Mémorial d’Aix, 20 juillet 1839, p. 3 ; 3 août 1839, p. 3.

L’article Une violente rixe (Aix-en-Provence, 16 juillet 1839) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/une-violente-rixe-aix-en-provence-16-juillet-1839/feed/ 0
Le mendiant mort à la campagne (Cabannes, 7 août 1766) https://www.geneprovence.com/le-mendiant-mort-a-la-campagne-cabannes-7-aout-1766/ https://www.geneprovence.com/le-mendiant-mort-a-la-campagne-cabannes-7-aout-1766/#respond Mon, 27 Jan 2025 05:30:27 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=24257 « L’an que dessus [1766] et le sept du mois d’août, est mort dans la campagne soudainement après lui avoir administré le sacrement de pénitence, François, jeune homme tiré de la…

L’article Le mendiant mort à la campagne (Cabannes, 7 août 1766) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

« L’an que dessus [1766] et le sept du mois d’août, est mort dans la campagne soudainement après lui avoir administré le sacrement de pénitence, François, jeune homme tiré de la maison de l’aumône d’Avignon, âgé d’environ 26 ans, vivant en mendiant et habitant de cette paroisse depuis la plus tendre jeunesse, et a été enseveli au cimetière, en présence des soussignés. »
[Vachet, curé, Indignoux, Nourrit, second]
  • Sources : Registre paroissial de Cabannes, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 203 E 227.

L’article Le mendiant mort à la campagne (Cabannes, 7 août 1766) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/le-mendiant-mort-a-la-campagne-cabannes-7-aout-1766/feed/ 0
Morte faute de lait (Boulbon, 31 mai 1688) https://www.geneprovence.com/morte-faute-de-lait-boulbon-31-mai-1688/ https://www.geneprovence.com/morte-faute-de-lait-boulbon-31-mai-1688/#respond Tue, 07 Jan 2025 05:30:26 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=23995 Le drame de Boulbon en mai 1688 met en lumière la vulnérabilité extrême des nourrissons face aux crises sanitaires maternelles sous Louis XIV. L’expression « faute de lait » désigne une déshydratation…

L’article Morte faute de lait (Boulbon, 31 mai 1688) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>

Le drame de Boulbon en mai 1688 met en lumière la vulnérabilité extrême des nourrissons face aux crises sanitaires maternelles sous Louis XIV. L’expression « faute de lait » désigne une déshydratation et une dénutrition aiguës consécutives à l’arrêt de la lactation de la mère, elle-même frappée par une affection foudroyante lors de son voyage entre Arles, Avignon et Tarascon. L’addendum du vicaire, signalant le décès rapide de Magdeleine Vialle, confirme l’hypothèse d’une maladie infectieuse transmissible ou d’une fièvre puerpérale. Ce double décès illustre les dangers des déplacements pour les femmes allaitantes, privées de réseaux de solidarité ou de nourrices de secours.

« L’an 1688 et le dernier jour du mois de mai, sur le soir, a été ensevelie au cimetière Notre-Dame de la Valette, décédée au mas de Granel le même jour,
Jeanne Peirone, âgée d’environ deux mois, fille légitime et naturelle à ce qu’a dit la mère qui était en voyage à Mathieu Peiron, d’Avignon, et à Magdeleine Vialle, originaire de Tarascon, reconnue dans cette paroisse, laquelle a dit qu’elle venait d’Arles pour des affaires et que, par défaut de santé, elle avait été obligée de coucher audit mas, où ladite fille est décédée faute de lait.
En foi de ce, me suis soussigné.
À Bourbon, les an et jours susdits. »

[Lande vicaire]

« Addendum : Nota que ladite Magdeleine Vialle est décédée à Tarascon où elle fut portée, après avoir été malade quelques jours en ce lieu où elle avait reçu les sacrements. »

  • Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, cote 203 E 221.

L’article Morte faute de lait (Boulbon, 31 mai 1688) est apparu en premier sur GénéProvence.

]]>
https://www.geneprovence.com/morte-faute-de-lait-boulbon-31-mai-1688/feed/ 0