Morte faute de lait (Boulbon, 31 mai 1688)

Le drame de Boulbon en mai 1688 met en lumière la vulnérabilité extrême des nourrissons face aux crises sanitaires maternelles sous Louis XIV. L’expression « faute de lait » désigne une déshydratation et une dénutrition aiguës consécutives à l’arrêt de la lactation de la mère, elle-même frappée par une affection foudroyante lors de son voyage entre Arles, Avignon et Tarascon. L’addendum du vicaire, signalant le décès rapide de Magdeleine Vialle, confirme l’hypothèse d’une maladie infectieuse transmissible ou d’une fièvre puerpérale. Ce double décès illustre les dangers des déplacements pour les femmes allaitantes, privées de réseaux de solidarité ou de nourrices de secours.

« L’an 1688 et le dernier jour du mois de mai, sur le soir, a été ensevelie au cimetière Notre-Dame de la Valette, décédée au mas de Granel le même jour,
Jeanne Peirone, âgée d’environ deux mois, fille légitime et naturelle à ce qu’a dit la mère qui était en voyage à Mathieu Peiron, d’Avignon, et à Magdeleine Vialle, originaire de Tarascon, reconnue dans cette paroisse, laquelle a dit qu’elle venait d’Arles pour des affaires et que, par défaut de santé, elle avait été obligée de coucher audit mas, où ladite fille est décédée faute de lait.
En foi de ce, me suis soussigné.
À Bourbon, les an et jours susdits. »

[Lande vicaire]

« Addendum : Nota que ladite Magdeleine Vialle est décédée à Tarascon où elle fut portée, après avoir été malade quelques jours en ce lieu où elle avait reçu les sacrements. »

  • Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, cote 203 E 221.

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