
Aix-en-Provence, en ce milieu du XVIIe siècle, est la ville parlementaire par excellence, centre politique et judiciaire de la Provence. L’acte de sépulture de Charles et François Meynier, fils d’un huissier du Parlement, révèle un drame domestique fréquent : le risque omniprésent d’incendie au sein des habitations urbaines chauffées à la cheminée et éclairées à la chandelle. La mention de leur père, un « Monsieur » de la basoche, souligne l’impact de ce fléau sur toutes les couches de la société aixoise. Ce témoignage, tiré des registres des Grands-Carmes, rappelle la brutalité de la mort et l’absence de moyens médicaux efficaces pour traiter les brûlures étendues, confiant alors ces jeunes vies à la seule miséricorde de Dieu.
« Nous avons ensevely ce douzième février dans nostre Eglise au fond de la chapelle de Ste Anne deux jeunes garçons que le feu avoit bruslés, l’un appellé Charles, et l’autre François Meynier, tous deux fils de Monsieur Louys Meynier, huyssier au Parlement. »
- Source : Registre des décès des Grands-Carmes, ville d’Aix, année 1664.