En janvier 1877, le maire de Seillons-Source-d’Argens se confronte à une réalité biologique complexe que le droit civil de l’époque peine à catégoriser. Dans cette Provence rurale du XIXe siècle, l’enregistrement à l’état civil impose une binarité stricte, cruciale pour la transmission du nom, du patrimoine et l’accomplissement futur des obligations militaires. Médicalement, ce cas d’intersexuation, alors nommé hermaphrodisme, place l’officier public face à une ambiguïté morphologique déroutante. Ce document administratif consigne l’incertitude des témoins et du déclarant, illustrant la confrontation entre les particularités de la nature et la rigueur d’une administration française obsédée par la définition précise des identités sexuelles.
« L’an mil huit cent soixante-dix-sept et le quinze du mois de janvier, à six heures du matin, devant nous Brémond André, maire et officier de l’état civil de la commune de Seillons, arrondissement de Brignoles, département du Var,

Lesquels nous un présenté un enfant sans vie du sexe hermaphrodite, déclarants qu’il est rejeton dudit sieur Gassier Fortuné, l’un des comparants et de dame Ventre Erminie, âgée de vingt-quatre ans, sans profession, domiciliée à Seillons. »
- Registre d’état civil de Seillons-Source-d’Argens
- Anecdote transmise par Didier Verlaque