En cette fin d’année 1812, alors que la Grande Armée subit le désastre de la retraite de Russie, l’arrière-pays provençal, loin des champs de bataille de la Péninsule, se retrouve au cœur de l’espionnage impérial. Aix-en-Provence, siège de la sous-préfecture, doit appliquer la surveillance la plus stricte exigée par le régime de Napoléon Ier. Cet ordre de police concerne un individu spécifique : un mulâtre, orfèvre de profession et natif de Ténériffe, soupçonné d’être un émissaire de la Junte de Cadix, centre de la résistance espagnole alliée aux Anglais. Cet acte administratif illustre la paranoïa du régime face aux menaces extérieures et met en lumière la présence et la suspicion entourant les étrangers dans la société aixoise de l’époque.
(19 novembre 1812)
Sous-préfecture d’Aix, Bouches-du-Rhône à M. le Maire d’Aix1.
Aix, le 19 9bre 1812.
Francois-Xavier Fabre, Portrait de mulâtre, vers 1810.
« Je vous transmets, monsieur, le signalement d’un mulâtre, natif de Ténériffe, nommé Don Diego Correa, et qui prend aussi le nom de Gorballan. Cet homme, qui étoit dans les États-Unis au mois de juin dernier, a été signalé à la police générale comme étant chargé par la junte de Cadix de se rendre en France pour y commettre le plus exécrable attentat.
Je vous invite à prendre sur le champ toutes les mesures convenables pour que cet individu soit arrêté s’il se trouvoit dans votre commune ou s’il venoit à y paroitre; vous aurez soin de m’informer du résultat des mesures que vous aurez prises.
J’ai l’honneur de vous saluer. »
Le secrét. en chef [Moutet]
Signalement :
Agé d’environ 40 à 45 ans, taille d’environ 5 pieds 5 pouces2, ouvrier en orfèvrerie.
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