Un curé susceptible (Gréasque, 13 février 1782)

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Ce bref acte paroissial de Gréasque en 1782 est un écho des tensions juridiques et honorifiques fréquentes en Provence à la veille de la Révolution. La récente érection de Gréasque en paroisse indépendante (1776), détachée de Fuveau, engendrait des conflits de compétence et de préséance entre les curés. La mention de l’officialité (tribunal ecclésiastique) et des droits honorifiques illustre la grande importance des privilèges et de la hiérarchie pour le clergé de l’Ancien Régime, où l’honneur et l’autorité étaient âprement défendus.
À la suite d’un mariage en date du 12 février 1782, on trouve le lendemain le texte qui suit :
« J’approuve l’écrit ci dessus et le susdit mariage fait en notre absence, parce que des affaires indispensables nous ont appelé ailleurs. Sans préjudicier à mes droits qui déboutent M. le curé de Fuveau de toutes prétentions & droits honorifiques ici, comme il conste par un décret de mille sept cent septante six1 de l’officialité, il a été prié par nous, après nous avoir offert ses services, de venir exercer son ministère, et il a daigné se rendre à notre prière. Mais comme tout titre de curé qu’il prend sans désigner sa paroisse paraît contraire à nos privilèges, nous avons jugé convenable de ne le reconnaître que pour curé de Fuveau & non de Gréasque jusqu’à ce qu’il en soit jugé autrement, et de l’écrire pour en perpétuer le souvenir. »

Note

1. C’est l’année où Gréasque est devenue paroisse indépendante par soustraction de Fuveau.

  • Archives communales de Gréasque, registre paroissial.
  • Texte transmis par Didier Verlaque.
  • Photographie : Vue générale de Gréasque. DR.

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