
À Gréasque en 1782, quelques années avant la Révolution, l’administration de la Provence reposait encore sur un maillage d’autorités locales incarnées par des figures comme Thomas Deleuil, ici « lieutenant du juge ». Ce notable local représentait l’ordre seigneurial et était le garant des registres paroissiaux (BMS), qui faisaient office d’état civil. La conservation de ces feuillets était cruciale, car ils constituaient la seule preuve légale des droits civils des habitants. L’accident d’une « écritoire » renversée, simple maladresse, acquérait alors une gravité institutionnelle : il exigeait une procédure de ratificaton et de paraphe, exécutée au « château seigneurial », pour restaurer la légalité et garantir la continuité des actes officiels.
« Nous Thomas Deleuil, lieutenant du juge de ce lieu de Gréasque, avons raturé la feuille ci-devant attachée que par mégarde il y avait été versé dessus aux écritoire et qu’il n’était pas possible de continuer les actes y contenus, et l’avons paraphée à chaque commencement.
Fait à Gréasque dans le château seigneurial le vingt deux juin mil sept cent quatre vingt deux. »
- Archives communales de Gréasque, registre des BMS.
- Texte transmis par Didier Verlaque.