Un colporteur mort sans secours ni confession (Lardiers, 17 février 1781)

En ce mois de février 1781, la haute Provence rurale, caractérisée par l’isolement des villages comme Lardiers et des hivers rigoureux, rend l’assistance complexe face à la maladie ou à la mort subite. L’arrivée d’un colporteur, voyageur essentiel mais étranger du Dauphiné, soulevait souvent la suspicion, une réaction exacerbée par la crainte persistante des épidémies dans l’Europe d’Ancien Régime. L’absence de secours et de charité immédiate, malgré la demande du mourant, met en lumière la dureté du contexte social, mais aussi l’importance absolue accordée par l’Église aux derniers sacrements de la « bonne mort », attestée ici par la mention de sa « catholicité ».

colporteur

« Le dix-sept du mois de février, l’an mil sept cent quatre-vingt-un, le long de son chemin près le village a été prévenu de mort accélérée par défaut de prompt secours qu’il a vainement demandé comme aussi un confesseur ce qui constate sa catholicité et, le lendemain, a été enterré aux formes ecclésiastiques dans le cimetière de cette paroisse de Lardiers Barthélemy Charles, du lieu de Valjofré (La Mure), en Dauphiné, jeune homme âgé d’environ cinquante cinq ans, colporteur de quelques drogues et de graines de jardin.
En foi de quoi j’ai signé avec les soussignés. »
[Roux, Meffre, recteur, Laugier fils]
  • Registre paroissial de Lardiers, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence.
  • Illustration : DR.

 

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