Le drame de Mas-Thibert (Arles, 7 avril 1914)

Ce fait divers survenu à Mas-Thibert en avril 1914 illustre la violence des drames passionnels et la rapidité des investigations policières au début du XXe siècle. Le rendez-vous bucolique en bord de Rhône, dissimulé dans une oseraie, bascule brusquement en tentative d’homicide par arme à feu. Malgré la gravité des blessures au cou subies par le cycliste Louis Loret, la fuite de l’inconnue est de courte durée : le maillage des forces de l’ordre et l’usage du télégraphe permettent l’arrestation rapide de cette Nordiste de 37 ans en gare d’Arles. Son refus de s’expliquer lors de la garde à vue et son placement immédiat sous mandat d’arrêt témoignent du traitement judiciaire strict des affaires criminelles à la veille de la Première Guerre mondiale.

La gare de Mas-Thibert vers 1914. DR.
La gare de Mas-Thibert vers 1914. DR.

Ce 7 avril 1914, un train entre en gare de Mas-Thibert, commune d’Arles, située près de Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône). Un cycliste, Louis Loret, 35 ans, semble attendre sur le quai. Quand une femme en descend, il la rejoint et tous les deux sortent du bâtiment pour se retrouver en quelques pas sur les bords du Rhône, dans une oseraie où ils prennent un repas frugal.
Mais soudain, cette scène bucolique et amoureuse bascule. Les gens passant à proximité entendent deux coups de feu et voient soudain l’homme s’échapper des roseaux, blessé au cou de deux balles. Grièvement atteint, il est transporté à Saint-Martin-de-Crau pour y recevoir les premiers soins.
La femme, elle, est introuvable. Son signalement est diffusé entre les polices locales et, le soir, à 6 heures, elle est interpellée en gare d’Arles, revenant de Saint-Martin. Elle se nomme Castellin, a 37 ans et est domiciliée à Roubaix. Interrogée par les policiers, elle préfère garder le silence et est écrouée sur ordre du procureur de la République.
  • Source : Le Petit Parisien, 8 avril 1914.

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