Un sergent royal ayant perdu la raison (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 27 mai 1688)

1688, sous le règne de Louis XIV, est une période où la foi et les institutions royales structurent profondément la vie provençale. Le destin tragique de Nicolas Arnaud, sergent du roi à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, offre un rare aperçu des angoisses spirituelles de l’époque. En tant qu’officier subalterne, Arnaud représentait l’autorité monarchique locale. Son décès, marqué par la « perte de l’usage de la raison », souligne non seulement l’absence de traitement pour les maladies mentales brutales, mais surtout le risque suprême de mourir sans confession ni eucharistie, un enjeu essentiel pour le salut de l’âme dans une société catholique fervente. Le prêtre a donc jugé bon d’insister sur cette incapacité dans l’acte.

« L’an que dessus [1688] et le 27 mai, est décédé à midi, muni du sacrement de l’extrême-onction, n’ayant pu recevoir ceux de la pénitence et de l’eucharistie,
Ayant perdu l’usage de la raison, Nicolas Arnaud, sergent du roi, âgé d’environ 55 ans, fils à feu Pierre Arnaud et de Diane Giraude, marié en cette ville de Saint-Maximin avec Laugière Guérine.
Il a été enseveli.
Présents Honoré Rebout et Honoré Arbaud. »
[H. Rebout, D. Albert, secondaire, H. Arbaud]
  • Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2809R1.

Laisser un commentaire