Des portes fermées la nuit (Embrun, 12 janvier 1724)

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À Embrun, cité archiépiscopale des Hautes-Alpes, la fermeture nocturne des portes au XVIIIe siècle répond à des impératifs de sécurité et de police sanitaire. Ce règlement strict transforme la ville en enceinte hermétique dès le coucher du soleil, isolant les faubourgs du centre urbain. En janvier 1724, cette discipline municipale se heurte à l’urgence du secours spirituel et médical. Le décès de Nicolas Bonafons, notable du hameau du Petit-Puy, met en lumière la confrontation entre la rigidité administrative des portiers et le devoir pastoral du curé, contraint de constater une agonie sans sacrements derrière les remparts clos.

« Nicolas Bonafons feu Michel du Petit-Puy, hameau de ma paroisse, ancien et bon catholique, d’une probité et d’une piété reconnues, est décédé au Petit-Puy le 12 janvier 1724 à 4 heures du matin sans pouvoir être secouru spirituellement par les sacrements de l’Église parce qu’on ne peut pas ouvrir les portes de la ville, comme étant ville de guerre.
Et a été inhumé aux Cordeliers ce 13 janvier 1724.
Présents les ecclésiastiques soussignés, les cordeliers, la confrérie des pénitents blancs. »
[Signatures]
  • Registre paroissial de Sainte-Cécile d’Embrun
  • Texte signalé par Géraldine Surian

 

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