Bénédiction des drapeaux du régiment de Bretagne (Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, 19 avril 1697)

« L’an que dessus [1697] et le 19 avril, nous soussigné curé, étant revêtu d’un surplis, étole et pluvial violet, accompagné du révérend père Monier, notre secondaire, revêtu d’un surplis et d’une étole, et de plusieurs autres religieux,
Avons reçu au Maître-Autel le sieur de Fontvieille, lieutenant-colonel du régiment de Bretagne, étant à la tête dudit régiment, les soldats en armes, tambours battants,
Lequel nous a présenté trois drapeaux dudit régiment que nous avons bénis avec les cérémonies accoutumées en pareil cas,
En présence des autres officiers et soldats et d’un grand nombre de messires et de peuple de l’un et l’autre sexe de cette ville de Saint-Maximin,
Et ensuite, nous étant assis, avons remis lesdits trois drapeaux audit sieur lieutenant-colonel, étant à genoux, et lui avons donné le baiser de paix,
Et nous avons fait un petit discours pour animer les grands officiers et soldats, à signaler leur besogne pour le service du roi et ensuite on a dit la messe du Saint-Esprit, laquelle finie, ils nous ont remis les drapeaux et ils se sont retirés dans le même ordre de bataille. »
[Joseph Agnez, curé]

Le 19 avril 1697, à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, cette cérémonie s’inscrit dans le contexte de la Guerre de la Ligue d’Augsbourg (1688-1697), opposant Louis XIV à une coalition européenne. L’événement est un puissant acte de sacralisation de la guerre au service du Roi de France.
Le curé, en habits violets (couleur pénitentielle/royale) et assisté de religieux, reçoit le régiment de Bretagne en ordre de bataille, tambours battants. Les drapeaux, symboles de l’honneur militaire, de la fidélité au Roi et de l’identité du régiment, sont présentés au Maître-Autel.
La cérémonie obéit à des rites précis : le curé bénit les étendards, puis les remet au lieutenant-colonel de Fontvieille, qui les reçoit à genoux, marquant l’hommage et l’allégeance. Le curé lui donne le baiser de paix (ici, un geste symbolique de bénédiction et de concorde, sans doute direct, réservé à cette occasion au dignitaire). Le discours exhorte les troupes à l’action pour le service du roi. La messe du Saint-Esprit est ensuite dite, implorant l’assistance divine. L’événement, tenu devant un grand nombre de messires et de peuple, est une manifestation publique et religieuse de soutien total à la politique militaire et absolutiste de Louis XIV.

  • Source : Registre paroissial de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, Archives départementales du Var, 2 MI EC2810R1.

Laisser un commentaire