
Le 18 juillet 1865, à la veille de la Saint-Vincent-de-Paul, un incendie foudroyant ravagea le hameau de Sainte-Marie, dépendant de la commune de Vars (Hautes-Alpes).
Le feu né d’un jeu d’enfants
L’origine du désastre fut d’une banalité qui laisse songeur : deux jeunes enfants s’amusaient avec des allumettes. Dans ce hameau de montagne, le feu prit une ampleur immédiate. Alertés par une épaisse colonne de fumée, la gendarmerie et les sapeurs-pompiers de Guillestre se précipitèrent vers le village.
Malgré leur courage et une intrépidité qui ne faiblit point, les sauveteurs ne purent rien contre la fureur du sinistre. Quarante-six maisons furent la proie des flammes. Cette nuit-là, chefs de famille, mères et enfants durent dormir à la belle étoile, contemplant les restes fumants de leurs demeures lors d’une nuit effroyable.
La solidarité des autorités et de l’évêque
Alors qu’il rentrait du Briançonnais, Monseigneur Bernadou, l’évêque du diocèse, apprit la nouvelle à son passage à Saint-Clément. Ému par le sort de cette partie de son troupeau, il rebroussa chemin sans hésiter pour porter secours aux victimes.
Le matin du 20 juillet, l’évêque vida littéralement sa bourse en faveur des malheureux, distribuant instantanément 320 francs. Cette générosité tomba le jour même de la fête de Saint-Vincent-de-Paul, patron des œuvres charitables, une coïncidence qui frappa les esprits.
Peu après le départ du prélat, le sous-préfet et le procureur impérial d’Embrun arrivèrent sur le théâtre du désastre. Le premier magistrat de l’arrondissement versa lui aussi une somme de 200 francs à titre de premier secours pour les affligés. Grâce à cette assistance bienveillante du gouvernement et de l’Église, les habitants de Vars ne furent pas totalement abandonnés à leur détresse.
- Sources : L’Annonciateur, édition du 22 juillet 1865, p. 1.