
Cette tragique mention dans les registres paroissiaux de Tourtour en 1642 met en lumière la réalité clinique de la rage avant l’ère pasteurienne. La période d’incubation de quarante jours décrite ici correspond précisément aux observations médicales modernes du virus. Le jeune Jean Fadon, originaire de Bauduen et demeurant dans une bastide isolée, subit l’évolution classique de la maladie : une cicatrisation apparente de la morsure suivie d’une phase de dysphagie et d’hydrophobie. Dans cette Provence rurale du XVIIe siècle, l’impossibilité de s’alimenter marquait l’entrée irréversible dans la phase terminale d’une pathologie alors incurable.
« Le jour dit [1er avril] 1642, avons enterré un pauvre enfant nommé Jean Fadon, natif de Bauduen, qui demeurait en [une] certaine bastide à Beauvezet (?),
Qui, étant mordu d’un chien enragé et étant guéri, il se trouva dans l’impossibilité de manger quoique ce soit de contraire [à son état], jusqu’à ce que la rage l’emporte. Il est mort et [a été] enseveli au cimetière de Tourtour, à l’extrémité d’icelui du côté du levant quarante jours après sa morsure. »
- Source : Archives départementales du Var, 1MIEC204R1.