❖ L’année 1650 s’inscrit dans une période de forte mortalité infantile en Provence, où les pathologies respiratoires faisaient des ravages au printemps. Le terme de « déflux » employé par le curé de Tourtour désigne un écoulement d’humeurs, correspondant ici aux symptômes foudroyants de l’angine maligne ou de la diphtérie. La rapidité du décès, survenu en seulement quarante-huit heures, suggère une forme infectieuse sévère provoquant l’asphyxie. Cette fille de notable, issue de la famille de la Mano, succombe à une affection que les connaissances médicales du XVIIe siècle, limitées à la théorie des humeurs, ne permettaient pas de juguler.
« Le vingt-huit du mois [de mai ?] 1650 avons enseveli Madon de la Mano, fille de feu M. de la Mano, âgée d’environ huit ans, morte d’un déflux qui lui tombait sur la gorge et a été dépêchée (emportée) en deux jours de cette dangereuse et fâcheuse maladie ou plutôt, [comme on le soupçonne], [par cette] cause […]. »
- Source : Archives départementales du Var, 1MIEC204R1.