Un parrain de huit ans (Boulbon, 24 janvier 1679)

Ce baptême célébré à Boulbon en janvier 1679 met en lumière les pratiques de parrainage et la transmission des alliances familiales ou notables sous le règne de Louis XIV. Le choix d’un parrain âgé d’à peine huit ans — le jeune Pierre Chabert, orphelin de père de la bourgeoisie de Barbentane — illustre la valeur avant tout symbolique, sociale et patrimoniale du compérage. La suppléance assurée par un tiers représenté ou par la présence tutélaire de la famille garantissait la validité du sacrement selon le droit canonique tridentin, tout en scellant les liens d’amitié ou de clientèle entre cet hôte de Boulbon et une notable lignée bourgeoise du village voisin. La signature autographe apposée par le jeune parrain sur le registre témoigne en outre de l’alphabétisation précoce des enfants issus des élites roturières provençales du XVIIe siècle.

« L’an que dessus [1679] et le vingt-quatre janvier est née, et le trente dudit [mois] a été baptisée Marie-Thérèse, fille légitime et naturelle à Guillaume Fredière, hôte de ce lieu, et à Guillaumette Michelle.
Le parrain a été sieur Pierre Chabert, de Barbentane, âgé de huit ans, son père ayant prêté la personne pour lui, fils à feu Jean Chabert, bourgeois de Barbentane, qui a signé, et non la marraine n’ayant su écrire, qui a été honnête fille Thérèse Poildavoine, fille à feu sieur Maximin, bourgeois de ce lieu. »
Chabert, Tamisier vicaire
  • Source : Registre paroissial de Boulbon, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, cote 203 E 221.

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