Abattu sur le chemin de Pélissanne (Salon-de-Provence, 10 mars 1793)

Le meurtre d’Étienne Roussier survient dans un climat de tensions paroxystiques entre les sections républicaines de Marseille et les autorités modérées de Salon-de-Provence au printemps 1793. La victime, qualifiée de « bourgeois », appartient à la classe aisée visée par l’agitation politique locale. L’intervention immédiate du juge de paix et l’enregistrement tardif du procès-verbal témoignent de la désorganisation administrative sous la Terreur. Sur le plan médico-légal, l’absence de vol constatée par la présence de bijoux sur le corps suggère une exécution ciblée ou un règlement de comptes politique plutôt qu’un crime crapuleux sur ce chemin de transit vers Pélissanne.

« Aujourd’hui quatorzième du mois de mai mille sept cent quatre vingt treize de la République, le second, à neuf heures du matin, par devant l’officier public de cette commune de Salon nommé par délibération du quinze janvier dernier […], il a été présenté à moi François Blanc, officier public, un verbal par le citoyen Jean Amelin, greffier du juge de paix de cette même ville et, de suite, je l’ai enregistré, dans lequel verbal se trouve en date du dix mars dernier, conçu en ces termes :
L’an mille sept cent quatre vingt treize de la République, le deuxième, et le dix mars à huit heures du matin, sur le bruit public qu’il existe un homme mort dans la propriété des hoirs Gazot, sur le chemin de Pélissanne, quartier du Pairon, nous Antoine Michel, juge e paix du canton de Salon, nous nous sommes transporté audit lieu en compagnie de notre secrétaire greffier, où nous avons reconnu le cadavre du citoyen Étienne Roussier, bourgeois de cette ville de Salon, âgé d’environ soixante ans, lequel avait reçu plusieurs blessures, dont il était vraisemblablement mort et, tout de suite, il en a été fait la visite.
Les papiers et les bijoux qu’on trouvait sur ledit cadavre ont été rendus aux parents dudit défunt, son décès a été dénoncé à l’officier public et, ayant prescrit la sépulture dudit Roussier, elle a eu lieu immédiatement après notre ordonnance, à Salon l’an et jours dits, et nous nous sommes soussigné avec notre secrétaire greffier.
[Michel, juge de paix, Amelin, greffier à l’original]
et nous officier public avons de suite procédé à l’enregistrement dudit verbal mentionné ci-dessus.
[F. Blanc, officier public]
  • Registre d’état-civil de Salon-de-Provence

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