
Au milieu du XVIIIe siècle, Martigues vit au rythme de ses trois quartiers et de son activité maritime intense. Jean Antoine Abeille, modeste matelot de soixante ans, s’aventure sur la « route du Levant », axe commercial vital reliant la Provence aux échelles de l’Empire ottoman. Il navigue sur un pingue, ce bâtiment de charge à poupe étroite prisé pour le transport des marchandises. Sa mort subite, loin des siens, témoigne de la rudesse du quotidien des gens de mer, où l’absence de soins médicaux transforme chaque malaise en issue fatale, validée par le seul serment du capitaine.
« L’an que dessus, et le quatorze janvier, Jean Antoine Abeille, matelot de cette paroisse, mari de Marie Magdelene Bouchet, âgé d’environ soixante ans, embarqué sur le pingue commandé par le capitaine Jacques Ferrier, étant au levant, est mort subitement dans la route suivant le témoignage dudit Ferrier et de plusieurs de son équipage, nous en avons fait les funérailles par ordre de sa dite femme et nous sommes sousignés. »
- Registre paroissial de l’Île (Martigues).
- Texte transmis par Géraldine Surian.