En cette fin de XVIIIe siècle, la Provence se plie avec difficulté aux impératifs de la modernité sanitaire. La déclaration royale du 10 mars 1776, portée par Louis XVI, impose une rupture brutale avec la tradition séculaire de l’inhumation « ad sanctos ». À Aix-en-Provence, comme ailleurs, la promiscuité des morts et des vivants au sein des édifices religieux est désormais dénoncée par les médecins. Ces derniers alertent sur les exhalaisons méphitiques, ces gaz issus de la décomposition, jugés responsables de maladies mortelles. L’acte suivant témoigne de la résistance des familles notables, pour qui le rang social se manifestait jusque sous les dalles des églises.

(gravure de Claude Sauvageot)
« Nous avons cessé d’ensevelir les morts dans notre église le 6e janvier 1777 par rapport à l’arrêt général de Sa Majesté qui a été homologué au Parlement pour les ensevelir aux cimetières. »
[Frère Paul sacristain des Cordelliers]
- Registre de sépultures, couvent des Cordeliers, 202 E 100.
Les corps étaient enterrés sous les dalles du pavement de l’église, dalles soulevées à l’occasion d’un enterrement ; les familles aisées pouvaient faire construire une chapelle sur les côtés de l’église, à l’intérieur d’une église, chapelle dédiée à un saint protecteur, et où étaient ensevelis les membres de la famille ; l’ornement de ces chapelles reflétait la gloire et la richesse des familles.
Un édit de 1776 interdit les inhumations dans les églises pour des raisons de salubrité, mais cet édit n’est pas totalement respecté.
Faits divers d’Aix-en-Provence