Mort dans une odeur insupportable (Montmeyan, 2 janvier 1784)

Le Var rural de l’Ancien Régime est un monde où la maladie et l’insalubrité sont des faits sociaux quotidiens. À Montmeyan en janvier 1784, cet acte paroissial témoigne de l’étroite sociologie villageoise et du rôle central du curé, seul rédacteur officiel des causes de décès. La mention précise d’un « foie gangréné » et de « l’odeur insupportable » souligne l’impuissance de la médecine de l’époque face aux infections internes, notamment la putréfaction abdominale. Elle révèle la nécessité pratique d’une dérogation aux usages funéraires, qui exigeaient d’attendre vingt-quatre heures. Ce document met en lumière une interprétation factuelle : la décomposition, bien plus que la maladie, est ce qui précipite l’enterrement.

« Nous avons enterré Joseph Roch Dauphin le même jour qu’il est mort, et quatorze heures seulement après son décès, parce qu’il est mort d’un abcès auprès la rate avec le foie gangréné.
Pendant sa maladie, il exhalait une odeur insupportable, et ce n’était qu’à force de parfumer sa chambre qu’on pouvait lui donner les secours temporels et spirituels et d’abord après son décès, il n’y avait pas moyen de rester auprès et voila ce qui nous obligea de ne pas attendre les vingt quatre heures. »
  • Registre paroissial de Montmeyan, Archives départementales du Var, 2MI EC2218 R1.
  • Remerciements à Marie-Françoise Allouis.

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