
1638 : le règne de Louis XIII et de Richelieu est marqué par l’accroissement des charges fiscales dues à la Guerre de Trente Ans, exacerbant les tensions sociales dans toute la Provence. Ce bref acte nous plonge dans la ruralité de la Crau arlésienne, où Anthoine Bouys, simple « granger » gérant le mas de Biord, était un acteur essentiel de l’économie agropastorale. Son assassinat nocturne au cœur de l’exploitation souligne l’insécurité chronique des campagnes, entre brigandage et règlements de comptes. L’intervention immédiate du vicaire, seul dépositaire de la mémoire et de l’état civil dans cette société sous-administrée, rappelle le rôle central de l’Église face à la mort subite, un événement trop banal pour la justice royale.
« L’an mil six cens trente huict et le quatriesme février Anthoine Bouys granger du mas de Biord feu assassiné de nuit audit mas & feu enseveli au cimetière de St Martin de la Palud par moy Honoré Martin prestre & vicaire de l’église dudit lieu soubsigné. »
[H. Martin, prestre & vicaire]
- Ville d’Arles, paroisse de Saint-Martin-de-Crau, 203 E 166, registre non folioté.
- Texte transmis par Sébastien Avy.
- Photographie : Un mas en Crau. DR.