En Provence, à la veille de la Révolution, l’Église catholique régit strictement la vie des communautés rurales. En 1782, cet acte d’Eyguières et Roquemartine témoigne de la forte mortalité infantile, imposant la pratique de l’ondoiement d’urgence si le nouveau-né est en péril de mort. La mention « femme mal instruite » révèle l’inquiétude du curé, garant de la validité sacramentelle, car seul un baptême valide garantit le salut de l’âme. Elle souligne également l’analphabétisme (« tous illiterés ») et la précarité sociale des « travailleurs » de la terre, contrastant avec l’autorité cléricale. Le baptême « sous condition » est ainsi un moyen, pour la paroisse, de s’assurer du rite sans invalider une action de charité.

L’an cy dessus et le quinze juin j’ai baptisé* François Esprit Julian né le meme jour, fils légitime et naturel a Esprit Julian travailleur et a Marie Nouguier. Le parrain a été François Gilles et la marraine Magdelaine Roux son épouse tous illiterés.
* Sous condition doutant de la validité du bapteme qu’une femme mal instruite luy avoit donné a la maison en foy de ce j’ai signé et fait le renvoy.
Chastelas procuré
- Registre de décès de Roquemartine, 202 E 96
- Texte transmis par Sébastien Avy