04 - Mure-Argens (La) Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/04-mure-argens-la/ 500 ans de faits divers en Provence Sat, 29 Aug 2026 15:58:45 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=7.0.4 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 04 - Mure-Argens (La) Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/04-mure-argens-la/ 32 32 Le coup de froid d’août 1784 (La Mure-Argens, 10 août 1784) https://www.geneprovence.com/le-coup-de-froid-daout-1784-la-mure-argens-10-aout-1784/ https://www.geneprovence.com/le-coup-de-froid-daout-1784-la-mure-argens-10-aout-1784/#respond Sat, 29 Aug 2026 15:58:45 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=29090 Cette observation météorologique rédigée en août 1784 par le curé Périer témoigne des extrêmes climatiques qui ont frappé la Haute-Provence à la fin du XVIIIe siècle. La survenue d’une gelée…

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Cette observation météorologique rédigée en août 1784 par le curé Périer témoigne des extrêmes climatiques qui ont frappé la Haute-Provence à la fin du XVIIIe siècle. La survenue d’une gelée blanche au cœur de l’été, détruisant les cultures sensibles comme les haricots et les citrouilles dans le plan de La Mure et à Saint-André, constitue un phénomène d’inversion thermique saisissant. L’épisode s’inscrit dans un contexte mondial d’anomalies atmosphériques majeures, consécutives à l’éruption du volcan islandais Laki en 1783, qui avait engendré des perturbations thermiques violentes à travers toute l’Europe. Malgré cette sécheresse marquée et l’avancement des moissons de deux semaines, la rigueur de la terre sèche a paradoxalement préservé la qualité des céréales, garantissant un grain bien nourri.

« Cette année 1784, la nuit du 9 au 10 d’août, il a tellement fait froid que les haricots et citrouilliers ont été gelés dans tout le plan et à Saint-André ; j’ai vu moi-même de la gelée blanche dans mon jardin, et au pied de l’astre ; et le 24 de ce même mois, j’ai vu des citrouilles gelées dans le jardin de Saint-Roch, au-devant les Chaillan à Saint-André. La terre était très sèche et les chaleurs excessives. On a fait la moisson quinze jours plutôt que les autres années à cause de la sécheresse. La récolte a pourtant été bonne et le grain bien nourri. »
[Périer, curé]
  • Source : Registre paroissial de La Mure-Argens, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0308.

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Cinq gros tonnerres (Allons, 13 décembre 1783) https://www.geneprovence.com/cinq-gros-tonnerres-allons-13-decembre-1783/ https://www.geneprovence.com/cinq-gros-tonnerres-allons-13-decembre-1783/#respond Sat, 04 Jul 2026 14:54:54 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28770 L’enregistrement de ces « cinq gros tonnerres » en décembre 1783 par le curé d’Allons témoigne de l’intérêt des clercs pour l’observation des phénomènes météorologiques exceptionnels à la fin de l’Ancien Régime.…

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L’enregistrement de ces « cinq gros tonnerres » en décembre 1783 par le curé d’Allons témoigne de l’intérêt des clercs pour l’observation des phénomènes météorologiques exceptionnels à la fin de l’Ancien Régime. Un tel épisode orageux en plein cœur de l’hiver alpin constitue une anomalie climatique frappante pour les contemporains. Sur le plan historique, cet événement s’inscrira dans le contexte global de l’année 1783, marquée par des perturbations atmosphériques majeures en Europe à la suite de l’éruption du volcan islandais Laki. En précisant que la foudre a éclaté du côté de Vauclause, un quartier montagneux situé au nord du village, le curé documente avec précision la topographie et la trajectoire de cette manifestation céleste redoutée par les habitants.

« Cette année 1783 et le 13 du mois de Xbre, à quatre heures du soir, il a fait cinq gros tonnerres du côté de Vauclause. »
  • Source : Registre paroissial de La Mure-Argens, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 1MI5/0308.

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Le prix de l’âme et des relevailles : les coulisses d’une paroisse du Verdon en 1779 https://www.geneprovence.com/le-prix-de-lame-et-des-relevailles-les-coulisses-dune-paroisse-du-verdon-en-1779/ https://www.geneprovence.com/le-prix-de-lame-et-des-relevailles-les-coulisses-dune-paroisse-du-verdon-en-1779/#respond Fri, 19 Jun 2026 19:27:37 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=28502 Les registres paroissiaux de l’Ancien Régime sont, pour le généalogiste, une suite souvent monotone de baptêmes, mariages et sépultures. Pourtant, au détour d’un feuillet, le chercheur chanceux tombe parfois sur…

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Les registres paroissiaux de l’Ancien Régime sont, pour le généalogiste, une suite souvent monotone de baptêmes, mariages et sépultures. Pourtant, au détour d’un feuillet, le chercheur chanceux tombe parfois sur des notes d’« usages » ou de « prônes » rédigées par le curé. C’est précisément le cas dans le registre de La Mure-Argens pour l’année 1777, où trois feuillets insérés hors-série nous plongent de manière brute et vivante dans le quotidien, les rituels et les comptes d’une paroisse de la vallée du Verdon à la fin du XVIIIe siècle.
Loin d’être de simples listes de sacrements, ces pages révèlent les négociations permanentes d’un prêtre de montagne face aux exigences de sa hiérarchie, aux coutumes immuables de ses ouailles et aux réalités économiques d’une région isolée.

Prier pour le Roi, mais après les vêpres : la politique au clocher

Sous l’Ancien Régime, l’église paroissiale est le principal canal de transmission de la volonté royale. Le prêtre y est autant un pasteur d’âmes qu’un relais de l’État. En cette fin de XVIIIe siècle, la pression centrale s’accentue pour réaffirmer la piété monarchique. C’est ce que rappelle le curé de La Mure en tête de ses notes, recopiant une injonction reçue d’un personnage de premier plan : Monseigneur Jean-Baptiste-Charles-Marie de Beauvais, évêque de Senez.
Nommé à la tête de ce petit diocèse alpin en 1773, Mgr de Beauvais n’est pas un inconnu. C’est l’un des plus grands orateurs sacrés de la cour de Versailles sous Louis XV et Louis XVI, célèbre pour ses sermons audacieux devant la famille royale. Très attaché aux prérogatives de la Couronne, le prélat ordonne en septembre 1779 que l’on chante « à perpétuité », immédiatement après la messe de paroisse, le Domine, salvum fac Regem (« Ô Seigneur, sauve le Roi »), suivi du Gloria Patri et de l’oraison pour le souverain.
L’ordre de Mgr de Beauvais (1779) obligeant à prier pour le Roi, astucieusement déplacé après les vêpres par le curé en raison de la fuite des paroissiens. AD04 1MI5/0308.
Mais à La Mure, la majesté royale se heurte à une réalité beaucoup plus terre-à-terre : l’emploi du temps des paysans bas-alpins. Le commentaire du curé, ajouté à la suite de l’ordre épiscopal, est un régal de pragmatisme pastoral :
« … mais comme cela derangeoit a cause des absents, je l’ai mis aprés les vêpres. »
La scène se devine sans peine : sitôt la messe paroissiale terminée, les fidèles s’empressent de quitter l’église pour s’occuper du bétail ou des travaux des champs, refusant de s’attarder pour les chants politiques imposés par Versailles. Face à cette résistance passive et pour s’éviter une église vide, le curé choisit d’obéir à l’évêque sur le fond, mais d’adaptation de l’horaire sur la forme, déplaçant la prière pour le Roi en fin de journée, au moment des vêpres, là où seuls les plus dévots sont encore présents.

L’énigme du casuel biffé : le coût de la mort et la guerre des liards

En tournant la page du registre, le lecteur est frappé par un contraste visuel saisissant : les deux pages suivantes sont intégralement balafrées de grandes croix à l’encre noire. En tête de la page de droite, le curé a inscrit cette sentence sans appel : « Casuel. il a été supprimé ».
La mention « supprimé » et les grandes ratures à l’encre, témoins directs d’un conflit ou d’une réforme des droits casuels à La Mure. AD04 1MI5/0308
Le casuel — ce droit perçu par le prêtre à l’occasion des baptêmes, mariages et sépultures — est le point de friction majeur entre l’Église et le peuple de Haute-Provence à la fin de l’Ancien Régime. Le document de La Mure-Argens nous livre le détail méticuleux de ce que coûtait un enterrement en 1779, avant que la justice, les édits royaux ou l’évêque ne viennent y mettre un coup d’arrêt.
Pour un défunt ayant fait sa première communion, le deuil implique une mise en scène codifiée où la piété s’évalue en denrées et en monnaie sonnante et trébuchante. Le curé exigeait dix sols pour la messe paroissiale, auxquels s’ajoutaient quatorze sols pour sa propre peine. Mais le plus fascinant réside dans l’obligation des offrandes en nature. Le rituel imposait à la « plus proche parente » de porter une chandelle ou un cierge de deux onces, accompagné d’un petit pain ou d’un « quart d’un pain ordinaire » pesant environ une livre. Pour les petits enterrements ou les anniversaires de décès, le pain s’accompagnait systématiquement d’un « demi-pot de vin ».
C’est au cœur de ce système que le curé consigne une pépite anthropologique sur la vie économique de la communauté. Au paragraphe 6°, évoquant l’offrande dominicale que doivent porter les familles des défunts, il écrit :
« … elles offrent le petit pain, une chandelle et un liard ; mais le plus souvent elles offrent deux liards ou piece equivalente, un Dimanche l’autre non, a cause de la rareté des liards. »
Quand la pénurie nationale de monnaie s’invite à la quête : le curé note l’absence de liards dans la vallée du Verdon. AD04 1MI5/0308
Cette simple remarque valide une réalité historique bien connue des historiens de l’économie, comme Ernest Labrousse ou Guy Antonetti : la dramatique pénurie de petite monnaie de cuivre (le liard valant trois deniers, soit un quart de sou) dans les provinces rattachées et montagneuses de la fin du XVIIIe siècle. L’État central privilégiait alors la frappe des pièces d’or et d’argent pour le grand commerce, laissant les paysans des Alpes démunis pour leurs échanges quotidiens. À La Mure, cette crise du numéraire se règle directement à l’autel : le curé se fait banquier et gère un véritable « compte courant » avec les familles, acceptant qu’elles payent le double un dimanche sur deux.
Pourquoi ces deux pages ont-elles été si violemment biffées ? L’explication se trouve dans les cahiers de doléances de 1789 des sénéchaussées voisines (Castellane, Forcalquier), où le refus de payer le casuel et les exigences en nature des prêtres reviennent comme une obsession. Face à cette grogne populaire, l’édit royal de 1778 avait justement tenté de limiter et d’unifier les tarifs ecclésiastiques. Qu’elle soit le résultat d’un rappel à l’ordre de Mgr de Beauvais ou d’une fronde ouverte des paroissiens, cette grande rature matérialise la fin d’un système abusif.

Femmes et nouveaux couples : des rites de passage très encadrés

Le dernier feuillet met en lumière un autre aspect de la vie des femmes de La Mure au XVIIIe siècle : le rituel des relevailles, alors appelé « le relèvement des couches » (paragraphe 8°).
Conformément au rituel catholique de l’époque étudié par les folkloristes, la femme ayant accouché était considérée comme impure et devait attendre à la porte de l’église. Le curé venait l’y chercher pour la réintégrer symboliquement dans la communauté des fidèles. À La Mure, ce rite de passage se double d’une dimension solidaire et festive très provençale, analysée par l’historien Alain Collomp. La jeune mère doit fournir deux chandelles et six sols pour la messe, mais elle doit surtout apporter une portion de pain « pour être beni et distribué au peuple a la porte de l’eglise ». Ce partage du pain intègre tout le village à la célébration de la vie nouvelle et transforme l’obligation religieuse en obligation sociale.
L’archive s’achève sur une confidence financière rare. Évoquant les tarifs des mariages, le curé note qu’ils étaient fixés autrefois à 15 sols pour les bans, 15 sols pour la célébration et 6 sols pour la messe. Mais il ajoute, sans fard :
« …mais Mr Cauvin qui estoit mon predecesseur s’etant fait payer 3lt [livres tournois] pour le tout J’ai soutenu cet usage. »
L’aveu est de taille. Monsieur Cauvin, l’ancien curé, avait unilatéralement augmenté les tarifs du mariage pour les passer à trois livres (soit une hausse spectaculaire). Loin de revenir à l’ancien tarif plus équitable pour ses ouailles, le curé actuel admet avoir « soutenu l’usage », perpétuant cette inflation pastorale à son unique profit.
Une gestion très humaine des affaires de l’église : le curé avoue maintenir l’augmentation des tarifs du mariage décidée par son prédécesseur. AD04 1MI5/0308

Conclusion

Ces trois feuillets glissés dans le registre de La Mure-Argens sont une mine d’or pour l’histoire des mentalités bas-alpines. Ils nous montrent une Église locale au fonctionnement très humain, gérant au quotidien les exigences de la politique royale, les rituels immuables de la vie et de la mort, et les compromis économiques imposés par la pauvreté du temps. Pour le généalogiste, ils rappellent que derrière les dates de baptême ou de sépulture de nos ancêtres se cache toujours une histoire de pain partagé, de liards économisés et de traditions solidement ancrées au pied de nos montagnes.

Sources de l’article

Source primaire :
• Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence (AD04), Registre paroissial de La Mure-Argens, baptêmes, mariages, sépultures (1777-1792), feuillets d’usages insérés après l’année 1777, cote 1MI5/0308.
Sources secondaires (références historiques) :
• Sur le clergé et Mgr de Beauvais : Abbé Pierre-Toussaint de Marseille, Histoire des diocèses de Sisteron et Senez, réédition de 1973 (initialement publié en 1889).
• Sur la crise monétaire et la pénurie des liards : Ernest Labrousse, Esquisse du mouvement des prix et des revenus en France au XVIIIe siècle (1933) et Guy Antonetti, Histoire monétaire de l’Ancien Régime (2001).
• Sur les rites des relevailles et la sociabilité alpine : Arnold van Gennep, Le Manuel de folklore français contemporain (Tome 1, cycles de la vie) et Alain Collomp, La Maison du père : Famille et village en Haute-Provence aux XVIIe et XVIIIe siècles (1983).
• Sur la contestation du casuel : Cahiers de doléances de la sénéchaussée de Forcalquier et de Castellane pour les États généraux de 1789, édités par les Archives Départementales.

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Mort d’un coup de foudre (La Mure-Argens, 19 juin 1757) https://www.geneprovence.com/mort-dun-coup-de-foudre-la-mure-argens-19-juin-1757/ https://www.geneprovence.com/mort-dun-coup-de-foudre-la-mure-argens-19-juin-1757/#comments Wed, 11 Jan 2012 00:30:00 +0000 http://s430202914.onlinehome.fr/geneprovence/?p=156 « L’an cy-dessus et le dix-neuf juin a été enseveli M. Jean Joseph Gimbert, fils de Jacques et de Claire Isouard, après les formalités de justice, attendu sa mort violente d’un coup de tonnerre, mort le jour d’hier. » [LATIL vicaire] Registre paroissial de La Mure-Argens Illustration : Chêne frappé de la foudre. Maxim Nikivorovitch Vorobiev, 1842.

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L’accident survenu à La Mure-Argens en juin 1757 témoigne de la violence des orages d’été dans les zones montagneuses de la Haute-Provence. Le décès de Jean Joseph Gimbert par un « coup de tonnerre », terme de l’époque désignant la foudre, provoque un arrêt cardiaque instantané ou une asphyxie par sidération nerveuse. Cette mort subite et spectaculaire exige, sous l’Ancien Régime, l’ouverture d’une enquête par les officiers de la justice seigneuriale ou royale afin de confirmer l’origine naturelle et accidentelle du drame. Cette procédure médico-légale obligatoire explique le délai de l’inhumation, finalement autorisée par le vicaire.

« L’an cy-dessus et le dix-neuf juin a été enseveli M. Jean Joseph Gimbert, fils de Jacques et de Claire Isouard, après les formalités de justice, attendu sa mort violente d’un coup de tonnerre, mort le jour d’hier. »
[LATIL vicaire]

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  • Registre paroissial de La Mure-Argens
  • Illustration : Chêne frappé de la foudre. Maxim Nikivorovitch Vorobiev, 1842.

 

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