05 - Gap Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/05-gap/ 500 ans de faits divers en Provence Mon, 08 Dec 2025 12:32:18 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.8.3 https://www.geneprovence.com/wp-content/uploads/2024/04/cropped-434541497_912630390609581_141579584347965292_n-32x32.png 05 - Gap Archives - GénéProvence https://www.geneprovence.com/category/05-gap/ 32 32 Le mort d’Aspres (Aspres-sur-Buëch, 7 mars 1660) https://www.geneprovence.com/le-mort-daspres-aspres-sur-buech-7-mars-1660/ https://www.geneprovence.com/le-mort-daspres-aspres-sur-buech-7-mars-1660/#respond Mon, 08 Dec 2025 12:32:18 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=27039 C’est une micro-histoire provençale du XVIIe siècle, celle des Hautes-Alpes frontalières et rurales. En 1660, le Dauphiné vient d’être dévasté par les guerres de Religion et la misère est endémique.…

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C’est une micro-histoire provençale du XVIIe siècle, celle des Hautes-Alpes frontalières et rurales. En 1660, le Dauphiné vient d’être dévasté par les guerres de Religion et la misère est endémique. L’acte témoigne de la réalité d’une vie paysanne où la survie dépend du labeur, même dans la rigueur du mois de mars. La « pulmonie ou mal de côté » est une description commune de la pleurésie ou de la pneumonie, affections souvent mortelles. La dévotion de Guigues Ressegaire, qui reçoit les sacrements avec ferveur avant de « rendre l’esprit en parlant », souligne l’importance omniprésente de la foi et du curé, « Messire Esprit Guigues », dans l’accompagnement des derniers instants.

« L’an 1660 et le huitième jour du mois de mars, je soussigné, Messire Esprit Guigues, prêtre et curé de la paroisse d’Aspres, diocèse de Gap,
Certifie à tous qu’il appartiendra comme Guigues Ressegaire, fils de feu Claude, mari de Giraud, fille de feu Claude Duran,
Décédé hier sur les six à sept heures du soir, quatrième dimanche du carême, d’une pulmonie ou mal de côté qu’il contracta jeudi dernier en fossant en chemise sur les épaules en sa terre au-delà du Poul,
Il se confessa hier matin et reçu le saint viatique du corps de Notre-Seigneur, avec une grande dévotion,
Et le soir, l’étant allé voir pour l’exhorter, comme s’il n’eut point eu du mal, donnant des saints avertissements à ses enfants, il rendit l’esprit en parlant, pendant que j’étais retourné en l’église pour lui apporter le saint sacrement de l’extrême onction.
Nous lui avons accordé sépulture ce matin en la forme de la sainte Église romaine, au cimetière de Saint-Giraud, où reposent les cendres de ses prédécesseurs.
Il est mort au commencement de son année soixante-troisième. »
[Guigues, prêtre et curé d’Aspres]

Podcast

  • Registre paroissial d’Aspres-sur-Buëch, Archives départementales des Hautes-Alpes, 5 Mi 468.

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Générosité militaire vs misère ouvrière (La Fare-en-Champsaur, janvier 1865) https://www.geneprovence.com/generosite-militaire-vs-misere-ouvriere-la-fare-en-champsaur-janvier-1865/ https://www.geneprovence.com/generosite-militaire-vs-misere-ouvriere-la-fare-en-champsaur-janvier-1865/#respond Mon, 01 Dec 2025 19:10:20 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=26854 Un pauvre ouvrier mineur du département de l’Isère, sans argent et sans travail, nanti d’un livret en conformité avec la loi, se trouvait de passage au hameau des Barraques, à…

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Un pauvre ouvrier mineur du département de l’Isère, sans argent et sans travail, nanti d’un livret en conformité avec la loi, se trouvait de passage au hameau des Barraques, à La Fare-en-Champsaur (Hautes-Alpes), dans le courant de mois de janvier 1865.
Il se rendait au tunnel du canal de Gap, afin d’y trouver du travail, lorsqu’il eut la bonne idée de se rendre à la caserne de gendarmerie du lieu et d’exposer aux braves militaires qui l’occupaient l’émouvant récit de sa misère.
À peine avait-il achevé le triste narré de sa situation, qu’aussitôt ces braves soldats s’empressèrent de faire parmi eux une collecte qui donna la somme ronde de 5 francs. Ils la lui remirent immédiatement pour qu’il lui fût possible de continuer sa route.
Arrivé à sa destination, ce malheureux ne put trouver de travail. De plus, il tomba malade et fut obligé, faute de moyens, d’aller demander asile à l’hospice civil de Gap, qui le recueillit et l’hébergea pendant quinze jours. Sorti de l’établissement, il se rendit de nouveau au chantier des travaux du tunnel, mais cette fois encore il ne put y être employé.
Force lui fut donc de reprendre la route de l’Isère.
Alors qu’il passait par La Fare, il lui revint à l’esprit la générosité des militaires qui y habitaient et n’hésita pas un seul instant à aller une seconde fois leur exposer sa pénible position d’ouvrier malade, sans argent et sans travail, persuadé d’avance qu’ils compatiraient à sa misère.
Il avait pensé juste, car à peine leur eut-il achevé le récit de son sort, qu’ils firent aussitôt non seulement une nouvelle collecte parmi eux, mais encore dans tout le hameau, qui permit de recueillir une somme capable de lui permettre de prendre la diligence jusqu’à Grenoble, de se restaurer convenablement, ce qu’il n’avait pu faire depuis longtemps, et de mettre dans sa bourse vide la somme de 5 francs.
  • Sources : L’Annonciateur, édition du 18 février 1865, p. 3.

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Le destin tragique de François André (Tallard, 26 novembre 1864) https://www.geneprovence.com/le-destin-tragique-de-francois-andre-tallard-26-novembre-1864/ https://www.geneprovence.com/le-destin-tragique-de-francois-andre-tallard-26-novembre-1864/#respond Wed, 16 Jul 2025 05:30:45 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=25944 Dans la nuit glaciale du 25 au 26 novembre 1864, un drame secoua la paisible plaine de Lachaud, près de Tallard. François André, de son nom complet François Joseph André, un propriétaire…

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Dans la nuit glaciale du 25 au 26 novembre 1864, un drame secoua la paisible plaine de Lachaud, près de Tallard. François André, de son nom complet François Joseph André, un propriétaire fermier cultivateur de 37 ans, domicilié à Tallard mais originaire de Neffes, avait trouvé la mort dans des circonstances des plus tragiques.
Le fils de Joseph André, cultivateur de 65 ans, et de la défunte Rose Para, revenait de Gap, à bord de sa voiture lourdement chargée de fumier, labeur quotidien de cet homme de la terre. Le voyage de retour vers son foyer et sa femme, Madeleine Pauchon, s’était brutalement transformé en fatalité.
Selon les témoignages recueillis, le malheureux, qui se trouvait en état d’ivresse, aurait tenté de descendre de son véhicule. Dans un geste malheureux et déséquilibré, il se serait laissé tomber directement devant les roues de sa propre charrette. Le poids implacable du chargement et le mouvement de la voiture avaient alors écrasé ses reins, lui broyant la colonne vertébrale.
Transporté en urgence, François André succomba à ses blessures 24 heures plus tard, rendant son dernier souffle dans la maison de Monsieur Conilh, située rue des Arcs, à Tallard. Cet accident brutal laissa une famille endeuillée en cette fin d’automne.
  • Sources : L’Annonciateur, édition du 3 décembre 1864, p. 1.
    Registre d’état civil de Tallard, année 1864, no 28, Archives départementales des Hautes-Alpes, 2 E 175/7/1

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Un propriétaire dupé par deux habiles filous (Gap, 11 novembre 1864) https://www.geneprovence.com/un-proprietaire-dupe-par-deux-habiles-filous-gap-11-novembre-1864/ https://www.geneprovence.com/un-proprietaire-dupe-par-deux-habiles-filous-gap-11-novembre-1864/#respond Sun, 29 Jun 2025 11:58:27 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=25782 Le 11 novembre 1864, jour de foire à Gap, M. Casimir Rougny, 54 ans, propriétaire à la Rochette (Hautes-Alpes), marchandait des moutons sur le champ de foire. Il fut accosté par deux individus qui…

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Le 11 novembre 1864, jour de foire à Gap, M. Casimir Rougny, 54 ans, propriétaire à la Rochette (Hautes-Alpes), marchandait des moutons sur le champ de foire. Il fut accosté par deux individus qui firent comme s’ils ne se connaissaient pas.
L’un d’eux demanda qui voulait l’accompagner, offrant 20 francs à celui qui aurait cette obligeance. Il les tira de sa poche, les donna à son compère, en lui disant : « Partagez, vous aurez 10 francs chacun. »
Arrivés à la pépinière, il offrit encore 20 francs à celui qui voudrait le conduire dans une maison de tolérance. Rougny répondit qu’il n’en connaissait pas.
L’autre s’offrit, et en partant, il remit à Rougny un sac de toile, fermé avec un cadenas, contenant, disait-il, 8000 francs. Quand il eut fait quelques pas, il se retourna, et dit à Rougny : « Je ne vous connais pas, donnez-moi une garantie. »
Celui-ci lui remit sa bourse, qui contenait 275 francs, et les deux filous partirent, en disant de les attendre.
Rougny fut fidèle à cette recommandation et attendrait encore si on ne lui avait pas dit qu’il avait été victime de ce qu’on appelait alors un « vol à l’Américaine ».
  • Sources : L’Annonciateur, édition du 19 novembre 1864, p. 1.

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Le malaise du confiseur (Gap, 9 novembre 1864) https://www.geneprovence.com/le-malaise-du-confiseur-gap-9-novembre-1864/ https://www.geneprovence.com/le-malaise-du-confiseur-gap-9-novembre-1864/#respond Wed, 30 Apr 2025 05:30:11 +0000 http://www.geneprovence.com/?p=25214 Étienne Signoret était confiseur à Gap (Hautes-Alpes) sur la place Saint-Étienne. Âgé de 42 ans, il était né aux Crottes (commune aujourd’hui nommée Crots) de feu André Signoret et de…

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Étienne Signoret était confiseur à Gap (Hautes-Alpes) sur la place Saint-Étienne. Âgé de 42 ans, il était né aux Crottes (commune aujourd’hui nommée Crots) de feu André Signoret et de Magdeleine Jame, celle-ci étant toujours domiciliée aux Crottes.
Après son mariage avec Lucie Chouvet, il avait décidé de s’installer définitivement à Gap pour y exercer son activité de confiseur-pâtissier.
Il était 14 heures environ, ce mercredi 9 novembre 1864, et, comme à son habitude, Étienne pétrissait ses pâtes dans son cabinet. Celui-ci était particulièrement étroit et l’air n’y passait guère, mais tous les jours il travaillait là.
Est-ce parce qu’il faisait particulièrement froid ou pour son travail ? Il alluma un fourneau rempli de charbon de bois. La chaleur le réconforta mais il se sentit rapidement incommodé. Mais il lui fallait poursuivre.
Ne le voyant pas revenir à la boutique, son épouse Lucie s’inquiéta et l’appela. Elle le retrouva allongée sur le sol. Il était mort. Gap venait de perdre un confiseur de talent.
  • Sources : L’Annonciateur, 12 novembre 1864, p. 2.

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Un incendie au hameau de Larra (La Bâtie-Vieille, 5 novembre 1864) https://www.geneprovence.com/un-incendie-au-hameau-de-larra-la-batie-vieille-5-novembre-1864/ https://www.geneprovence.com/un-incendie-au-hameau-de-larra-la-batie-vieille-5-novembre-1864/#respond Thu, 03 Apr 2025 05:30:35 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=24913 Un incendie éclata le samedi 5 novembre 1864 au hameau de Larra, commune de la Bâtie-Vieille (Hautes-Alpes), à l’intérieur et à la partie supérieure d’un vaste bâtiment construit en pierre…

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Un incendie éclata le samedi 5 novembre 1864 au hameau de Larra, commune de la Bâtie-Vieille (Hautes-Alpes), à l’intérieur et à la partie supérieure d’un vaste bâtiment construit en pierre et couvert en chaume, mais heureusement détaché de ceux du hameau qui formaient groupe. Aussi le feu se circonscrit-il à cette maison.
Ce bâtiment appartenait à MM. Scipion Aubin, père et fils, domiciliés à Gap, et il était habité par MM. Auguste Dussert et Michel Soubra, fermiers.
Par suite du sinistre, qui ne semblait pas avoir d’autre cause qu’un vice de construction de cheminée, tout l’édifice et ce qu’il contenait en foin et paille devinrent la proie des flammes, en dépit de l’intervention rapide des secours venus des environs. À ceux-ci se joignirent la compagnie des sapeurs-pompiers de Gap et la brigade de gendarmerie locale, ainsi que d’un détachement du 38e de ligne, commandé par un officier.
Malgré le mauvais temps et la difficulté du terrain détrempé, tout le monde fit son devoir.
Le curé de Rambaud, village voisin, arrivé parmi les premiers, se distingua particulièrement. Aussi mobilier et bestiaux furent sauvés. Les planchers aussi furent préservés par la direction donnée aux travailleurs par le prêtre.
Néanmoins, une fois le feu éteint, on ne put que constater l’étendue des dégâts dont le montant global s’élevait à 2200 francs, dont 2000 étaient couverts par la Compagnie d’assurances du Soleil.
Plus de peur que de mal en somme pour la population de La Bâtie-Vieille qui se souvint longtemps de ce 5 novembre 1864.
  • Sources : L’Annonciateur, 12 novembre 1864, p. 1, 2.

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Deux frères ensevelis (Saint-Firmin, 7 mai 1864) https://www.geneprovence.com/deux-freres-ensevelis-saint-firmin-7-mai-1864/ https://www.geneprovence.com/deux-freres-ensevelis-saint-firmin-7-mai-1864/#respond Thu, 06 Feb 2025 05:30:37 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=24353 Une tragédie en montagne Le 8 mai 1864 était un dimanche. Au matin de cette triste journée, une nouvelle atteignit Gap (Hautes-Alpes), nouvelle selon laquelle deux ouvriers puisatiers avaient été…

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Une tragédie en montagne

Le 8 mai 1864 était un dimanche. Au matin de cette triste journée, une nouvelle atteignit Gap (Hautes-Alpes), nouvelle selon laquelle deux ouvriers puisatiers avaient été pris par un éboulement de terrain, dans une montagne du Valgaudemar, sur la commune de Veynes.
Alerté immédiatement, le préfet, accompagné de l’ingénieur de l’arrondissement, se rendit sur les lieux, pendant que le Procureur impérial se hâtait, de son côté, de s’y transporter, ainsi que le Commandant de la gendarmerie.
Les deux victimes, de la même famille, Pierre et Hippolyte Freynet, l’un âgé de 27 ans, l’autre de 23, habitaient le hameau du Villard, dans la commune de Saint-Firmin. Depuis des années, motivés par un espoir farfelu, les frères, issus d’une famille très modeste, exploraient sans relâche les entrailles de la terre, persuadés de découvrir un filon qui assurerait la fortune de la famille. Ils pensaient avoir trouvé dans une combe, au quartier de la Coste de la Croix, le lieu idéal. Avec une persévérance et une énergie surhumaines, les deux frères sondaient donc en tous sens, dans cette solitude, les flancs d’une montagne au terrain presque entièrement friable. Plusieurs galeries, creusées déjà sans succès, avaient été abandonnées ; c’était la dernière, la plus profonde, qui venait de les engloutir.

Une course contre la montre

La sœur de ces malheureux donna l’éveil. Les habitants du Villard et de Saint-Firmin accoururent. C’était au fond même de la galerie, à plus de 130 mètres, que l’éboulement s’était produit. La galerie, haute à peine d’un mètre et demi, sur 60 centimètres de largeur, ne livrait passage qu’à une seule personne. À trente-cinq mètres environ de l’éboulement, elle était plus qu’à moitié remplie par l’éboulement même, et ce n’était qu’à plat ventre, pour ainsi dire, qu’on pouvait dès lors avancer. D’un autre côté, les étais insuffisants placés par les imprudents puisatiers pouvaient laisser craindre de nouveaux écroulements.
Malgré ces obstacles et ces dangers, de braves gens pénétrèrent audacieusement dans le couloir obscur. On put s’approcher à quelque distance d’Hippolyte, qui était vivant. Il disait n’être enseveli que jusqu’à la ceinture et il parlait. Son frère, disait-il, était mort sans doute et il se trouvait sous ses pieds. Cette situation terrible anima le dévouement de tous. Des hommes se succédaient, se glissaient jusqu’au malheureux, et travaillaient avec les mains, l’usage de tout instrument étant impossible dans un espace aussi restreint.
Dès les premiers moments, le jeune vicaire de la paroisse s’était enfoncé dans la galerie pour y porter secours et encouragements.
On croyait à chaque instant s’approcher du succès, quand, après avoir dégagé les jambes, on trouva les pieds pris et serrés, d’une manière inextricable, dans le croisement d’étais brisés. Cette complication inattendue ne refroidit le courage de personne. Un des frères des victimes, gravement malade, sortit de son lit pour venir travailler à son tour. Il fallut employer la force pour le faire partir, tant il s’accrochait à l’espoir de retrouver ses frères et on le rapporta presque inanimé dans le chalet de la famille. Avertis par les soins de M. Long, un des premiers sur le théâtre du sinistre, l’ingénieur et les ouvriers de la mine du Roux étaient arrivés en toute hâte.
Mais tant de dévouement n’amenait plus aucun progrès, et les pieds du malheureux jeune homme restaient toujours fixés sous l’étreinte qui les retenait. D’un autre côté, l’air se raréfiait de plus en plus, malgré tous les essais de ventilation. On ne pouvait disposer pour cet objet d’aucun instrument spécial, le mode d’exploitation des mines voisines n’en ayant jamais exigé l’emploi.
Sur ces entrefaites, un second éboulement mit en péril un instant la vie de plusieurs travailleurs. De ce moment, le découragement commença à envahir la plupart, et, malgré les efforts des autorités locales, des chefs et ouvriers mineurs, et de la gendarmerie de Saint-Firmin, qui donnait l’exemple de la persévérance et du courage, quand le préfet arriva, le chantier ne comptait plus guère que des hommes hésitants et abattus.
La présence du chef du département, ses exhortations et ses promesses, réveillèrent le zèle et le dévouement de tous. L’ingénieur de l’arrondissement reconnut, en accord avec l’ingénieur de la mine du Roux, que les pieds d’Hippolyte et les poutres qui les serraient étaient engagés de telle sorte qu’il était désormais impossible de continuer les travaux dans les conditions voulues. Il fallait se résoudre à couper les deux jambes ou à provoquer un éboulement qui devait engloutir complètement Hippolyte Freynet et ceux qui voulaient le sauver.
On étaya le chantier autant que possible à mesure qu’on avançait. C’était un long travail, mais le malheureux Hippolyte était d’une constitution très robuste, et semblait encore avoir assez de vie. On avait même pu lui faire absorber quelques aliments. Il y avait donc encore de l’espoir.

Le drame inévitable

La nuit venue, il se mit à tomber une pluie abondante, mais le travail continuait avec la même ardeur. Le préfet, les ingénieurs, et le procureur Impérial, constamment près de la galerie, motivaient tout le monde.
À 2 heures du matin, on constata que Freynet pouvait encore parler mais que sa voix devenait plus faible. Des éboulements successifs l’avaient de nouveau enterré jusqu’à la poitrine.
À 3 heures et demie, un nouvel éboulement l’enterra jusqu’aux épaules.
À 4 heures, il ne répondait plus et il gardait sa tête inclinée, sans mouvement.
Mais le travail se poursuivait néanmoins avec activité. Mais chaque fois qu’un nouvel appel était fait au puisatier, plus grande devenait l’appréhension qu’il ne fût déjà mort.
Dans l’après-midi du lundi, le doute et l’espoir n’étaient plus permis. Il ne restait qu’à achever le déblaiement pour enlever les deux cadavres.
Le préfet se rendit au chalet de la famille Freynet, où l’attendait une scène de désolation. Le troisième frère agonisait, victime de son dévouement, et la famille en larmes n’allait plus se composer que du père et de la mère septuagénaires, de deux filles non mariées et d’un idiot. Le préfet promit à ces pauvres gens les secours du gouvernement de l’empereur.
On retira le premier cadavre le lundi dans l’après-midi, et le second dans la nuit seulement.

Des gens à ne pas oublier

Pierre Joseph Freynet avait 27 ans. Il était né au hameau du Villard et était cultivateur.
Hippolyte Freynet, lui, avait 23 ans, et était soldat au moment des faits.
Leurs parents se nommaient Joseph Freynet et Marie Richou.
Par bonheur, le troisième frère survécut malgré son état de santé vacillant.

  • Sources : L’Annonciateur, 14 mai 1864, p. 1, 2.
  • État civil de Saint-Firmin, Archives départementales des Hautes-Alpes, 2 E 148/8/1.

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L’accident du tombereau (La Bâtie-Neuve, 18 septembre 1863) https://www.geneprovence.com/laccident-du-tombereau-la-batie-neuve-18-septembre-1863/ https://www.geneprovence.com/laccident-du-tombereau-la-batie-neuve-18-septembre-1863/#respond Sat, 21 Dec 2024 05:30:50 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=23792 Le 18 septembre 1863, vers les sept heures du soir, Jean Martinet, célibataire de 58 ans, propriétaire à la Bâtie-Neuve, de retour de la foire de Gap, conduisait un tombereau…

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Le 18 septembre 1863, vers les sept heures du soir, Jean Martinet, célibataire de 58 ans, propriétaire à la Bâtie-Neuve, de retour de la foire de Gap, conduisait un tombereau attelé d’une jument, chargé d’un porc et de diverses autres marchandises.
Arrivé au quartier des Fayes, sur la route impériale n° 94, la jument s’épouvanta aux grognements du porc et prit le mors aux dents sans qu’on pût la retenir, de sorte qu’une des roues passa sur un mètre de pierres assez élevé.
Le tombereau versa et Martinet se trouva pris dessous. Il fut traîné sur quelques mètres et eut plusieurs côtes cassées du côté gauche.
Malgré les prompts secours de son frère Germain, de Joseph Escallier, et les soins que lui prodigua le docteur Nevière, médecin à Chorges, il succomba à ses blessures le lendemain 19, à dix heures du soir, dans la maison de son frère, Antoine Martinet.
  • Sources : L’Annonciateur, 26 septembre 1863, p. 1.
  • Registre d’état civil de La Bâtie-Neuve, Archives départementales des Hautes-Alpes, 2 E 18/6/1.

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Le village en flammes (Rambaud, 10 mars 1862) https://www.geneprovence.com/le-village-en-flammes-rambaud-10-mars-1862/ https://www.geneprovence.com/le-village-en-flammes-rambaud-10-mars-1862/#respond Wed, 27 Nov 2024 05:30:38 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=23434 Le village de Rambaud fut frappé par un drame le lundi 10 mars 1862. Vers midi, un incendie d’origine criminelle ravagea une grande partie du bourg. Les flammes, nées vers…

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Le village de Rambaud fut frappé par un drame le lundi 10 mars 1862. Vers midi, un incendie d’origine criminelle ravagea une grande partie du bourg. Les flammes, nées vers l’ancien presbytère, se propagèrent rapidement aux habitations voisines, réduisant en cendres six maisons et quatre granges.
Alertés par la gravité de la situation, les sapeurs-pompiers de Gap se rendirent immédiatement sur place. Malgré leur intervention rapide, le feu résista pendant près de cinq heures, détruisant une partie importante du patrimoine bâti de Rambaud. Les pompiers parvinrent toutefois à sauver quelques bâtiments et une partie du mobilier.
On conclut rapidement à un acte de malveillance. Un individu, récemment libéré de la maison centrale d’Embrun, fut interpellé et placé en garde à vue.
Cette catastrophe plongea les habitants de Rambaud dans la consternation. Les sinistrés, dont la plupart n’étaient pas assurés, se retrouvèrent sans abri et sans ressources. La compagnie d’assurances « Le Soleil », qui couvrait seulement deux des maisons incendiées, fut accusée de ne pas apporter l’aide nécessaire aux victimes.
  • L’Annonciateur, 15 mars 1862, p. 3.

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L’accident de Joseph Boyer (Gap, 15 décembre 1850) https://www.geneprovence.com/laccident-de-joseph-boyer-gap-15-decembre-1850/ https://www.geneprovence.com/laccident-de-joseph-boyer-gap-15-decembre-1850/#respond Tue, 22 Oct 2024 05:30:27 +0000 https://www.geneprovence.com/?p=22843 Joseph Boyer, 65 ans, était un cultivateur de La Bâtie-Vieille (Hautes-Alpes). Lui, sa femme Marianne Astier et son fils, Fidèle Boyer, 40 ans, vivaient au village mais les deux hommes…

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Joseph Boyer, 65 ans, était un cultivateur de La Bâtie-Vieille (Hautes-Alpes). Lui, sa femme Marianne Astier et son fils, Fidèle Boyer, 40 ans, vivaient au village mais les deux hommes devaient régulièrement faire le trajet vers Gap, la grande ville de la région, pour leurs affaires.
Ce 15 décembre 1850, il faisait froid et, après avoir conclu quelque transaction à Gap, le père et son fils s’autorisèrent une virée au cabaret pour s’y réchauffer.
D’un verre l’autre, les heures passèrent et il fallait songer à rentrer, d’autant que la nuit était tombée depuis un moment. Entre le centre de Gap et La Bâtie-Vieille, il y a bien deux heures de marche en hiver et les deux hommes se mirent en route, par la route de Rambaud.
Le vent glacial fouettait leurs visages tandis qu’ils s’enfonçaient dans la nuit. Les étoiles, rares et pâles, offraient une lumière ténue, insuffisante pour éclairer les chemins escarpés. L’ombre des collines s’allongeait, créant une atmosphère oppressante.
Le trajet se fit dans la bonne humeur mais le froid était piquant et il fallait hâter le pas tout en faisant attention aux ravins qui bordaient les routes sur les hauteurs des Fauvins.

L’accident

Il était 20 heures environ et les deux hommes étaient ivres. Lorsqu’ils passèrent au bord du précipice de La Palue, au fond duquel coulait un torrent, Joseph, sans doute étourdi par un vertige, fit un faux pas et tomba dans le vide, cognant son corps et sa tête sur les pierres.
Son fils eut beau crier, Joseph dégringola lamentablement jusqu’au bas du ravin. Fidèle se précipita dans le noir et, atteignant le vieux Joseph, il ne put recueillir qu’un dernier râle de sa part.
La police fut avertie dans les meilleurs délais et il fallut attendre son intervention pour dégager le corps et le ramener au domicile familial.

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