
L’année 1715 marque la fin du règne de Louis XIV et le début de la Régence, un contexte de transition qui favorisait l’insécurité. En Provence, le commerce maritime autour du grand port de Marseille restait une cible privilégiée. Cet acte de décès survenu à Grans révèle la dure réalité des voyages. La victime, un modeste chapelier dépouillé par des « corsaires » – probablement des pirates barbaresques ou des brigands des mers – a succombé à ses blessures, à l’exposition ou à la maladie après le pillage. Son corps, retrouvé sans papiers ni biens, témoigne de la violence de ces agressions et de la misère à laquelle étaient exposés les voyageurs et artisans sur les routes de la région, même loin de la mer.
« L’an 1715 et le onze décembre on a trouvé mort sur les deux heures du matin un homme inconnu qui se disoit de la ville de Marseille et demeurant dans la rue de Saint-Jean, chapelier de profession à ce qu’il disoit et qui, s’étant embarqué, avoit été dépouillé par quelques corsaires, il étoit agé denviron cinquante ans à ce quont asseuré les gens du bourg qui lui avoient parlé le soir precedent et qui lavoient relevé.
Il a été enseveli le soir dans notre cimetière sans avoir rien trouvé dans ses poches qui ait peu faire connoître qu’il étoit aynsi […] avec les témoins soubsignés Me François Belon prêtre et secondaire et Genet Tartonne signés avec nous. »
- Registre paroissial de Grans
- Texte tranmis par Laurence Doré