
Ce bref acte paroissial de 1747 nous plonge au cœur de la France rurale de l’Ancien Régime, une époque où la vie des « travailleurs » et « grangiers » comme Joseph Chabert, représentant la paysannerie labourant les terres (ici, en Crau), était rudimentaire et précaire. L’inhumation « sur place » et la mention d’un corps « pourri et corrompu » témoignent de l’isolement et de la rapidité de la mort soudaine en milieu agricole, loin de toute assistance immédiate. L’absence de « blessure ni coup » et l’intervention du curé, seul administrateur de cet enterrement hors cimetière, confirment la fatalité d’une fin naturelle, mais anonyme et solitaire, dans la campagne provençale.
« L’an 1747 et le premier juin a été enseveli Joseph Chabert, travailleur et grangier, habitant de Regardevenir, en cette paroisse, âgé d’environ 60 ans, au terroir dit Tarusse,
Après en avoir béni le sépulcre pour l’impossibilité d’être transporté au cimetière,
Ayant été trouvé audit lieu pourri et corrompu, jetant des puanteurs insupportables, et visité par nous soussignés qui n’avons reconnu aucune blessure ni coup,
Mort soudainement selon toute apparence, manquant de son habitation depuis plusieurs jours,
En foi de quoi nous nous sommes signés. »
[Cornille, Nicolas, Chave curé]
- Registre paroissial de Saint-Martin-la-Palud, Archives départementales des Bouches-du-Rhône, 203 E 151.