Exhumation d’un cadavre (Arles, 15 janvier 1825)

Sous la Restauration, en ce début d’année 1825, le déplacement du corps d’une « demoiselle » originaire de Châteauneuf-de-Gadagne vers Arles pour une inhumation temporaire puis son exhumation, illustre les nécessités administratives et sociales des familles provençales. Cet acte, dicté par la réquisition de proches, révèle une société où l’identité et la sépulture nécessitent une supervision rigoureuse. L’intervention d’un juge de paix assisté d’un docteur en médecine, loin d’être anecdotique, souligne l’importance du contrôle judiciaire et médical des corps à l’époque, que ce soit pour une identification formelle ou la vérification des causes de la mort. Ces démarches complexes témoignent du statut de « propriétaire agriculteur » des requérants et de la centralité des registres d’état civil dans l’ordre public.

 

Entrée du cimetière. Caspar David Friedrich, 1825.
Entrée du cimetière.
Caspar David Friedrich, 1825.
« Par le procès-verbal du quinze janvier mil huit cent vingt-cinq dressé par suite de la réquisition des sieurs Pierre Revol, propriétaire agriculteur, demeurant à [Châteauneuf-de-]Gadagne, département de Vaucluse, et Benoît Revol, oncle du susnommé, monsieur Surate Jean François, avocat, juge de paix de l’arrondissement de la ville d’Arles, assisté du sieur Étienne Antoine Lieutaud, greffier deladite justice de paix et accompagnés du sieur Gabriel Auguste Rolland, docteur en médecine, s’est transporté à la Martellière dite la Peissonne, près du domaine de Mollèges, quartier du Plan-du-Bourg, terroir d’Arles, pour faire exhumer un cadavre du sexe féminin qui avait été inhumé du huit décembre dernier et qui a été reconnu ce jourd’hui par les sieurs Pierre et Benoît Revol pour être celui de la demoiselle Magdeleine Revol, de Gadagne, frère et oncle de la défunte.
[…] et de suite il a été ordonné par Mondet, sieur juge de paix d’après la réquisition des comparaissants que ledit cadavre fut transporté en cette ville [de Gadagne] pour le faire inhumer dans le cimetière d’icelle. »
  • Source : Registre d’état civil d’Arles.

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