Fusillée en temps de peste (Salon-de-Provence, 30 septembre 1721)

En 1721, la Provence fait face à la Grande Peste, la dernière épidémie majeure en Europe, qui atteint Salon-de-Provence après avoir dévasté Marseille. Face à ce fléau, l’autorité royale, représentée par l’intendance militaire, instaure un régime de terreur sanitaire. En l’absence de remède, le cordon sanitaire et la destruction radicale des « hardes » (vêtements et biens) contaminés sont les seules mesures jugées efficaces. L’acte éclaire le dilemme des classes populaires : pour Marguerite Barrotte, veuve et issue du monde des travailleurs, cacher des effets pestiférés dans l’hôpital n’était pas un simple vol, mais une tentative désespérée de préserver un capital vital. Cette transgression était punie par une justice expéditive, faisant de son exécution un exemple terrifiant pour maintenir l’ordre et enrayer la contagion.

Le trente septembre a été fusillée Marguerite Barrotte, ou Rappi, âgée de trente-huit ans, native de Cadenet, habitante à Salon, veuve de feu Jacques Jean Bartas, travailleur, valet de M. de Bardonnis, ayant été fusillée pour avoir cachée des hardes pestiférées dans l’hôpital.
Ainsi l’atteste
Pignard, curé

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  • Source : Registre paroissial de Salon
  • Texte signalé par Alexandre Dumont-Castells

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