La fin tragique de Marguerite Marcel (Entrecasteaux, 17 janvier 1738)

Antoine Watteau, Jeune femme assise, vue de trois-quarts, tournée vers la droite, 1726, Bibl. nat. de France.
Antoine Watteau, Jeune femme assise, vue de trois-quarts, tournée vers la droite, 1726, Bibl. nat. de France.

En janvier 1738, le village d’Entrecasteaux est le théâtre d’un drame impliquant Marguerite Marcel, une célibataire de trente ans. À cette époque, une femme non mariée de cet âge appartient à une frange vulnérable de la société provençale, souvent confinée aux marges de l’autorité paternelle. Le registre paroissial consigne ici une mort violente par précipitation, un geste que le curé qualifie de « frénésie ». Ce terme médical ancien désigne alors un délire aigu accompagné de fièvre, interprété comme une altération soudaine des facultés mentales, permettant ainsi d’éluder la question du péché de désespoir.

« Marguerite Marcel, fille de Jean, agée de trente années, est morte après s’être précipitée du haut en bas de sa maison, pour s’être trouvée enceinte devant le public, et ayant eu le temps, avant de mourir de demander pardon à Dieu de sa faute.
Elle a reçu les derniers sacrements le dix-sept janvier 1738 et [a été] enterrée au cimetière selon les formes ordinaires. »
[Pons, vicaire]
  • Registre paroissial d’Entrecasteaux
  • Texte transmis par Christian Murazzano

Laisser un commentaire