L’assassinat de Catherine Guieu (Puy-Sanières, 5 décembre 1791)

En décembre 1791, en pleine Révolution française, l’assassinat de Catherine Guieu à Puy-Sanières (Hautes-Alpes, aux portes de la Provence) met en lumière l’instabilité des institutions. L’autorité judiciaire du district d’Embrun, récemment établie, peine à fonctionner : la mort par balle d’une veuve n’est connue que par « bruit public » après plusieurs jours. Ce fait divers rural illustre la précarité de la vie en montagne et la vulnérabilité des femmes. L’enquête est lancée par un tribunal révolutionnaire qui dépêche le « premier chirurgien » pour un constat médico-légal, soulignant les débuts de la médecine légale sous un régime juridique nouveau.

« Ce jour d’hui cinquième décembre mil sept cents quatre vingt onze, vu la requête présentée à MM. les juges du tribunal du district d’Embrun et le decret à cet effet rendu tel qu’il suit :
mort-de-barbara-radziwillRencontré l’accusateur public qu’il vient d’apprendre par bruit public que la nommée Catherine Guieu, veuve d’André Bouteille, de Puy-Sagnières, est morte d’un coup de fusil qu’elle doit avoir reçu il y a environ huit à dix jours, qu’il est intéressant d’en connaître l’auteur pour qu’il subisse la peine qu’il a encourue, en conséquence :
Nous requérons à ce qu’il plaise au tribunal, informé du contenu en la présente tant à charge qu’à décharge, circonstances et dépendances, permette à cet effet que témoins seraient assignés par devant le commissaire, qu’il plaise au tribunal de commettre le premier chirurgien duement assermenté pour se transporter au lieu du Puy Sagnieres dressant verbal des cicatrices et meurtrissures qu’a reçu la dite Catherine Guieu qui sera duement recensé et remis au greffe pour y avoir recours le cas échéant […]. »
  • Registre d’état-civil du Puy-Saint-Eusèbe
  • Texte transmis par Nathalie Blouet
  • Illustration : Józef Simmler, Mort de Barbara Radziwiłł (détail), Musée national de Varsovie, 1860

 

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