Mariage de « débauchés » (Banon, 26 octobre 1716)

En 1716, dans le Haut-Dauphiné provençal dépendant de l’évêché d’Apt, l’autorité royale et ecclésiastique maintient une pression forte sur les mœurs. L’union forcée d’Esperit Chabaud et de Catherine Girard, veuve qualifiée de « débauchée » dans l’acte, illustre le poids de l’honneur et de la moralité publique. Chabaud, emprisonné pour avoir « ravi l’honneur » de sa future épouse et l’avoir engrossée, n’a d’autre choix que le mariage réparateur. La dispense d’évêque, obtenue rapidement, permet de légitimer l’enfant et de rétablir un semblant d’ordre social, au détriment des libertés individuelles des paysans et artisans de la région.

F. Boucher (1703-1770), Paysanne à la cruche, estampe, Bibl. nat. de France.
F. Boucher (1703-1770), Paysanne à la cruche, estampe, Bibl. nat. de France.
« Le vingt sixième octobre de l’an cy dessus [1716] après une publication tant seulement faite de mariage à cause de la dispense de deux bancs reçue de Monseigneur l’évêque d’Apt dans toutes les formes ;
Ont été épousés Esperit Chabaud, détenu en prison l’espace d’environ quinze jours dans le château de Banon pour avoir ravi l’honneur dont il a eu un enfant déclaré présent, fils de feu Antoine et de feue Thérèse Michel d’une part
Et Catherine Girard, débauchée du susdit Esperit, et veuve d’Antoine Rey, tous les deux de la paroisse de Banon diocèse d’Apt… »
  • Registre paroissial de Banon, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence.
  • Texte transmis par Yve Chetaille

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