
Le printemps 1789 en Provence s’ouvre dans un climat de tension extrême, marqué par la rareté des ressources et une surveillance accrue des autorités judiciaires sur les morts suspectes. La mention de l’ordonnance du lieutenant civil et criminel souligne l’obligation légale de l’enquête avant l’inhumation, visant à écarter l’hypothèse d’un crime ou d’un suicide, alors privé de sépulture chrétienne. Maximin Audibert incarne cette jeunesse rurale vouée au service des bastides, ces domaines agricoles périurbains de Martigues. Sa chute dans le puits de Plan-Fossan expose les risques matériels quotidiens des travailleurs de force, souvent confrontés à des installations dépourvues de margelles sécurisées.
« L’an mil sept cens quatre vingt neuf et le cinq avril, en exécution de l’ordonnance de M. le lieutenant civil et criminel au siège de cette ville, en date de ce jourd’hui, le cadavre de Maximin Audibert, fils cadet de Charles, travailleur du quartier de Saint-Julien, valet à la bastide du s[ieur]r Conil (?) au quartier de Plan-Fossan, trouvé noié dans un puits, a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse de Ferrières.
Présens et témoins messires Jean Baptiste Ferrand, notre vicaire, et Jean Baptiste Pin, bourgeois avec nous soussignés. »
[Ferrand, vic., Pin, Graillet]
- Registre paroissial de Martigues – Ferrières, Archives des Bouches-du-Rhône, 202 E 212.
- Texte signalé par Géraldine Surian.