Suicide par noyade au moulin (Valensole, 13 février 1629)

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En 1629, Valensole subit les rigueurs de l’hiver et les tensions sociales d’une Provence marquée par les épidémies. Le sort d’Isabeau Liotard révèle le traitement juridique et religieux du suicide sous l’Ancien Régime. Considéré comme un crime de lèse-majesté divine, l’acte entraîne une privation de sépulture en terre consacrée. La sentence du juge Girardy impose une mise en terre nocturne, infamante, visant à effacer le souvenir du défunt. La mention du mari cardeur souligne l’appartenance à l’artisanat textile local, pilier de l’économie bas-alpine, où les difficultés matérielles pesaient lourdement sur les foyers.

« [Le 13 février 1629], Isabeau Liotard, femme de Jean Rouchon, cardeur, fut trouvée noyée [au] moulin de Salomon Blanc et le quinzième du mois fut ensevelie par l’autorité et sentence de Monsieur Marc Antoine Girardy, juge de cette ville, en terre commune (hors cimetière et terre consacrée), sans prêtres ni croix ni lumière et ce fut de nuit.
Ainsi m’a été rapporté à moi soussigné. »
  • Registre paroissial de Valensole, AD04 1MI5/0130

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