L’accord de 1761, rédigé à Châteauroux-les-Alpes, dans la Haute-Provence alors sous l’autorité du Parlement d’Aix, illustre la puissance de l’Église comme arbitre social et moral durant l’Ancien Régime. Dans cette société rurale et pieuse, souvent régie par les coutumes, le recours aux « œuvres pies » pour clore un différend financier est fréquent. Les protagonistes, Jean Bonnabel et Joseph Peytavin, qualifiés de « probe », étaient probablement des notables ou des chefs de famille aisés, soucieux de leur réputation et préférant un arrangement devant le curé Fournier plutôt que les coûts et les incertitudes d’un long procès civil.
« Je soussigné curé de Châteauroux certifie que probe Jean Bonnabel feu Claude et sieur Joseph Peytavin feu probe Claude de ce lieu sur une contestation qu’ils avaient ensemble au sujet d’une somme d’argent, pour terminer leur différend et pour éviter les suites faits […] d’un procès, d’un commun accord et de leur plein gré convinrent l’année du jubilé 1759 que cette somme serait employée en œuvres pies et notamment pour la décoration des autels : ce dernier objet a été rempli car de ce fond ont été achetées les deux dalmatiques qui sont a la sacristie de l’église paroissiale du présent lieu, avec leur étole et les deux manipules.
L’étoffe des ces dalmatiques1 est une dauphine avec un galon en système. Elles ont couté compris la façon quatre vingt dix livres quatorze sols.
Ayant fait le présent pour servir de mémoire à la postérité du don qui a été fait à cette église et de témoignage à la piété des ses auteurs à Châteauroux le 16 mars 1761. »
[Fournier, curé]
1. Pour en savoir davantage sur les dalmatiques, cliquez ici.
- Registre paroissial de Châteauroux-les-Alpes.
- Texte transmis par Marie-Thérèse Rostan.