Un enfant à deux têtes (Sigottier, 17 décembre 1772)

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À la fin de l’Ancien Régime, en 1772, la petite communauté rurale de Sigottier, aux confins du Dauphiné et de la Provence, affronte un événement rare. La naissance de cet « enfant à deux têtes », ou dicephalus, rompt la routine du village. Pour le couple Pieusin-Cornillon, cet « acte de Dieu » s’inscrit dans la précarité biologique de l’époque, où la tératologie échappe à toute explication scientifique précise. L’enregistrement par le curé, qui procède à un baptême « sous condition », montre l’application rigoureuse des protocoles religieux pour assurer le salut de l’âme sans cautionner un corps jugé monstrueux. Ce document saisit la vie quotidienne confrontée à l’extraordinaire.

« Le 17 décembre 1772 a été arraché du ventre de sa mère un fils qui avait deux têtes bien formées, ce qui est un véritable phénomène, de Paul Pieusin et d’Elizabeth Cornillon. Il avait reçu l’eau sous condition et a été enterré dans le cimetière de cette paroisse. Les susdits père et mère ont été légitimement mariés. »
[Pouillard curé]

  • Registre paroissial de Sigottier
  • Texte transmis par Patrick Begou

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