Ce fait divers de 1901 se déroule à Aix-en-Provence, cité d’eaux et de traditions, où l’usage des fontaines thermales publiques reste fréquent, surtout parmi les classes modestes. En pleine « Belle Époque », l’émergence d’une stricte morale bourgeoise coexiste avec la réalité de l’hygiène populaire : l’absence de commodités privées contraint souvent à des solutions de fortune. Cet « acte de pudeur » matinal sur le Cours Mirabeau est l’intrusion brutale d’un besoin intime dans l’espace public. Le « bain de siège » pratiqué par cette femme, peut-être pour des raisons thérapeutiques ou simplement d’hygiène corporelle, témoigne de l’écart sociologique entre les nouvelles normes sociales et la vie quotidienne d’une partie de la population provençale.
« Mardi matin, vers 5 heures, une femme inconnue a procédé à ses ablutions à la fontaine d’eau chaude située au beau milieu du cours Mirabeau.
Et n’allez pas croire qu’il s’agissait là d’un simple débarbouillage.

Il paraît même que la femme en question a pris dans un baquet un bain de siège et, après s’être séchée sur toutes les faces, elle s’en est allée comme elle était venue, laissant ébahis les quelques passants témoins de ses agissements. »
- Sources : Le National, dimanche 9 juin 1901, n° 1563.